LE CIRCUIT DE L'EST
A l'issue du Circuit de l'Est, épreuve d'aviaUon organisée en septembre dernier, un banquet eut lieu en l'honneur des triomphateurs, offert par les soins de l'Aéro- Club de France. Le général Brun, ministre tic. la Guerre, y assistait, entouré d'un grand nombre de personnalités. M. Millerand prononça l'allocution suivante :
Je ne prends la parole que pour m'acquitte!' d'une dette en remerciant l'Aéro-Clul) de France de m'avoir associé à M. le général Brun dans la présidence de cette belle fête.
Si c'est au ministre de la Guerre que revient l'honneur de parler, ce soir, au nom du Gouvernement, il ne le doit pas seulement à des raisons protocolaires.
J'ai fait mes débuts comme ministre de l'Aviation en allant recevoir à la gare du xNord, vous vous rappelez au milieu de quel concours de peuple et de quel enthousiasme, Blériot qui venait, par sa traversée de la Manche, de démontrer que l'homme avait conquis les airs.
Depuis cet émouvant exploit jusqu'à la triom-
phale réussite du Circuit de l'Est, que nous ^ fêtons particulièrement ce soir; du 2ojuillet4909 au 17 août 1910, pour nous arrêter là, et sans parler ni de AVeyman volant de Paris à Clermont, ni de Bielovucie renouvelant en aéroplane la course classique Paris-Bordeaux, ni de l'héroïque et infortuné Chavez franchissant les Alpes; que de transformations survenues, en ce court espace de temps, dans l'art de l'aviateur!
La moins intéressante n'est certes pas qu'il soit devenu l'auxiliaire hardi et souple de la défense nationale. Et c'est parce qu'il a revêtu cet aspect nouveau que je vais céder la parole à mon collègue de la Guerre.
La France a vu avec une joie patriotique ses officiers et ses soldats s'élancer sur les traces de leurs camarades : le sous-lieutenant Paulhan et le sapeur Lalham.
Instruit par la plus cruelle leçon qu'il n'est de garant indéfectible du Droit que la Force, notre pays entend appuyer ses volontés pacifiques sur une armée et sur une marine capables d'inspirer aux uns la confiance, aux autres le respect. 11 salue avec allégresse l'arme nouvelle dont sont dotées ses armées.
Quels services est-elle appelée à leur rendre en temps de guerre, ce n'est pas à moi qu'il appartient d'essayer de le prévoir. Ce que je sais, c'est qu'il n'en est point qui convienne mieux aux qualités fondamentales de notre