‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 53 sur 73 · ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU TOURING-CLUB · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU TOURING-CLUB

privées pour aider de toutes les manières l'œuvre du tourisme.

J'aurais été, messieurs, un bien mauvais ministre si, mis en présence d'une question qui intéresse à un si haut degré l'avenir de ce pays et sa richesse, — j'avais passé indifférent sans même l'examiner. Sitôt que le problème m'a été signalé, je me suis tourné naturellement vers les conseillers que leur coaipétence et leur passé m'indiquaient, pour causer avec eux de ce qu'on pourrait faire. Ai-je besoin de dire que votre président était, à tous points de vue, le premier désigné pour que je prisse ses conseils? J'ai causé avec lui, avec d'autres ; j'ai conféré avec mes services, j'ai étudié ce qui s'était fait au dehors, et je suis arrivé à une conclusion qui, en même temps qu'elle m'a valu — et j'en ai été très touché — beaucoup d'approbations, m'a altiré aussi — et je n'en ai été ni surpris, ni ému — quelques critiques.

Comment, a-t-on dit, — et je reconnais là, messieurs, le sentiment d'indépendance qui, heureusement, caractérise les associations telles que la vôtre, — comment, a-t-on dit, lEtat va se permettre de s'occuper du tourisme! Messieurs, heureusement pour tout le monde, il y a quelque temps que l'Etat s'occupe avec vous du tourisme, et M. le Président voulait bien rappeler, tout à l'heure, que bien avant moi, mes prédécesseurs en venant à cette place même pré-

sider vos assemblées générales ont tenu à manifester publiquement au Touring-Club comme aux associations analogues la sympathie et l'appui du Gouvernement de la République. Mais j'entends et je comprends vos préoccupations. On n'a pas obtenu les admirables résultats auxquels vous êtes arrivés sans avoir le souci jaloux de veiller sur le patrimoine ainsi conquis. On désire, et c'est justice, examiner avec la prudence nécessaire toute initiative susceptible de compromettre des résultats si laborieusement acquis. Rien de plus naturel, rien de plus légitime. Mais, peut-être, pour juger ce qui est proposé, est-il bon de le connaître? De quoi donc s'agit-il ? De créer une direction nouvelle? Point du tout, et la forme même à laquelle nous avons naturellement été conduits est à elle seule la garantie que ni le Touring-Club, ni FAulomobile-Glub, ni aucune des associations qui, servant l'intérêt général, se sont, depuis tant d'années, et avec tant de succès, occupées de tourisme, n'ont rien à craindre de l'institution nouvelle. Que doit-elle être, en effet?

Voici le texte même qui définit, dans ses grandes lignes, l'organisme nouveau : « 11 est créé au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes (dit un article de la loi de hnances qui sera naturellement soumis et discuté au Parlement), un Office national du Tourisme, ayant pour objet de centraliser et de

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tenir à Ja disposition du public les renseignements de loule nature concernant le tourisme sous toutes SCS formes ; de rechercher tous les moyens propres à développer "le tourisme et de provoquer toutes les mesures tendant à améliorer les conditions de transport, de circulation et le commerce du tourisme.

« L'Office national du Tourisme est investi de la personnalité civile.

« Un règlement d'administration publique prescrira les mesures d'exécution... »

Est-ce Ja première fois, messieurs, qu'un office de ce genre est créé? Vous connaissez tous l'Office national dii Commerce extérieur et l'Office colonial.

Qu'est-ce que doit être l'Office national du Tourisme? Une institution qui vive en dehors du ministère, ayant à sa tête, comme les autres offices du môme genre, un Conseil de perfectionnement composé en majeure partie non de fonctionnaires, mais d'hommes appartenant aux grandes associations sportives ayant en la matière une compétence certaine et indiscutable.

L'Office fera ce qu'il est impossible à chacune des associations isolées de faire.

Dans un esprit de méthode et d'unité, il unii'ji et il coordonnera les efforts si louables dont je vous parlais tout à l'heure.

Voilà à grands traits et en raccourci le but que se propose et que doit atteindre cette œuvre

dressée... contre le Touring-Club !... En vérité^ messieurs, ça n'est pas à un de vos « anciens » ça n'est pas à votre Président de se disculpe d'un tel reproche.

L'Ofiice nouveau sera le lien nécessaire entre tous ceux qui, sur quelques points du pays qu'ils! se trouvent, se sont donné pour tâche de développer, de faire mieux connaître, de rendre plus accessibles les richesses naturelles que nous n'avons pas encore su, malgré tant d'efforts, faire connaître comme elles le méritent. [Applaudissements.)

Voilà l'œuvre que je poursuis, et je ne l'ai pas entreprise sans me rappeler avec fierté que j'élaisun des membres de votre grande Association et que ce titre de membre du Touring-Club créait, peut-être, au ministre des Travaux publics un devoir plus étroit encore d'aider autant qu'il dépendj-ail de lui l'œuvre admirable à laquelle vous travaillez.

Au début de mon discours, je vous remerciais de cette œuvre; je veux le terminer comme je l'ai commencé, en vous adressant, du fond du cœur, au nom du Gouvernement et au nom du pays, mes remerciements et mes félicitations. {Applaudissements .)

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