AVANT-PROPOS
Les questions financières ont été pendant longtemps l’objet des plus injustes dédains. Mises en suspicion et mal comprises, elles paraissaient ne répondre qu’à de vulgaires préoccupations et n’avoir aucun rapport avec l’intérêt général.
On se rend mieux compte aujourd’hui de leur intime connexité avec les questions politiques et sociales de l’ordre le plus élevé. On sait quel secours puissant et décisif de bonnes finances apportent à la politique ; on sait aussi que sans un dessein et un plan bien déterminés, sans une direction utile et élevée, les finances risquent de n’être plus qu’un instrument de spéculation stérile, un moyen de dissipation et de ruine.
La politique et les finances ne peuvent donc pas être séparées; elles,doivent être unies comme l’esprit l’est à la matière, comme l’âme l’est au corps.
C’est dans cette pensée que nous avons écrit dans le journal la Liberté une série d’articles sur les questions de la Conversion et de VAmortissement. Ces questions sont, à nos yeux, d’une extrême importance; elles font essentiellement partie du programme que nous avons plusieurs fois exposé, et qui tend à l’amélioration des conditions du travail, à la réduction du taux de l’intérêt des capitaux, à la réforme des impôts, au progrès et au bien-être des classes laborieuses.
Quelques-uns de ces articles ont perdu leur actualité ; d’autres nous ont paru avoir gardé leur à-propos et leur utilité, dans un moment où les plus graves problèmes financiers vont recevoir une solution qui ne saurait plus être différée. Nous en avons extrait tout ce qui peut éclairer cette solution et la rendre surtout plus conforme aux grands intérêts dont la défense nous a constamment préoccupé.
Nous conservons à ces articles, en les publiant, leur ordre chronologique, afin de mieux marquer les étapes parcourues, les phases diverses de la discussion et la consécration que les faits ont apportée à nos théories.
C’est avec une profonde conviction que nous soutenons.
depuis longtemps déjà, la cause de la conversion, à laquelle se rattachent par un lien direct les questions de remboursement ou de perpétuité des dettes publiques, de leur amortissement ou de l’allégement de leurs charges, soit au point de vue du capital, soit à celui de l’intérêt, par voie de réductions successives.
Nos conclusions ont été souvent combattues ; mais nous avons la conscience de n’avoir eu d’autre objet en les proposant que le bien public et l’avancement des classes laborieuses. A travers toutes les vicissitudes de notre vie, le principe inscrit en tête de cette brochure est resté pour nous immuable comme la vérité.