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NÉCESSITÉ DE LA CONVERSION

28 janvior 1878.

La conclusion de la paix va rendre au pays la disposition de toutes ses forces. Les transactions, paralysées depuis plus d» deux années, par les incertitudes et les péripéties de la guerre d’Orient, vont se ranimer, et les capitaux affluer sur le marché. Aussi, malgré l’hostilité des uns, l’indifférence des autres, l’esprit de routine sera vaincu, et la conversion, quoi qu’on fasse, s’imposera désormais au gouvernement comme le moyen le plus sûr de procurer à l’industrie le bon marché des capitaux et de diminuer les charges du Trésor.

La conversion s’opérera dans un avenir peu éloigné, on en peut dire, dès aujourd’hui, ce que l’antiquité disait du destin : Volentem ducit, nolentem trahit. Elle entraînera, par son irrésistible logique, ceux qui lui font obstacle; elle viendra en aide à ceux qui sauront s’en servir pour le bien de tous ; elle emportera comme un fétu de paille ceux qui essayeront

de s’ÿ opposer. Il n’y auna ni surprises, ni secrets, ni petits moyens, ni agiotage, ni S3>ndicats, ni conciliabules de banquiers; tout se fera sans . mystère, au grand jour. Nous ne savons point la forme qui sera adoptée pour la réalisation de cette grande opération, mais il est évident quelle consistera en un échange de rentes 5 pour 100 contre du 3 pour 100, car une conversion des rentes 5 pour 100 en 4 1/2 pour 100 serait un fait brutal sans compensation pour les rentiers et constituerait une faute capitale. Nous avons conseillé la conversion en 3 pour 100 des rentes 5 pour 100, en acceptant ces dernières au-dessus du pair, à 106, 108 et même 110 francs (1); car, to, en accordant une large compensation aux rentiers, le gouvernement bénéficierait de 51,433,000 francs sur le pied de l’échange à raison de 106 francs, et de 47,056,000 francs sur le pied de 108 francs. A 110 francs même, il réaliserait encore un beau bénéfice. On pourrait ne pas aller jusque-là si le 3 pour 100 venait à dépasser 75 francs, ce qui est probable, et se rapprochait du cours de 80 francs. Le rentier converti n’aurait alors rien à regretter, il perdrait quelque chose sur son revenu, comme l’ensemble des capitalistes, mais il serait largement indemnisé de cette perle par l’amélioration de son capital.

(1) Voit Questions financières.

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