‹ Politique française et étrangèreChapitre 35 sur 76 · LES CALOMNIES DE LA PRESSE CLÉRICALE ET NATIONALISTE · texte numérisé non relu

LES CALOMNIES DE LA PRESSE CLÉRICALE ET NATIONALISTE

Chambre des députés. Séance du 49 novembre 1900. — La Chambre était à la veille de discuter, sur la demande du Gouvernement, le projet de loi sur les associations et les congrégations. La faction nationaliste choisit ce moment pour lancer les accusations de corruption contre un haut fonctionnaire appartenant au cabinet d'un ministre. Elle prétendait que ce fonctionnaire avait trafiqué des croix de la Légion d'honneur. MM. Decrais, minisire des colonies, et Millerand, ministre du commerce, fournirent à la Chambre sur ces incidents des explications catégoriques qui furent vivement applaudies. La majorité somma alors M. Drumont de paraître à la tribune pour donner les preuves des accusations : elles avaient été, ea effet, lancées d'abord par son journal. Mais M. Drumont se contenta de dire que les articles diffamatoires n'étaient pas de lui, et, distinguant entre sa qualité de député et sa profession de journaliste, il déclara qu'il n'avait pas de preuves formelles à apporter à la tribune où, d'ailleurs, il n'avait, disait-il, porté d'accusation contre personne...

La Chambre, par 379 voix contre 31, vota un ordre du jour de confiance dans le Gouvernement.

M. Waldeck-Rousseau, Président du Conseil, ministre de l'Intérieur et des Cultes. — La Chambre pense bien qu'après le débat qui vient de se dérouler et dont elle a elle-fnême tiré la moralité, je ne vieng défendre ni M. le ministre des colonies ni le Gouvernement.

M. Cu ahles Behnard. — Ni E\Ke\\

M. le Président. — Je vous rappelle à Tordre, monsieur Bernard.

M. le Président du Conseil. — Quand, pendant une longue semaine, dans des visées faciles à apercevoir, on met un homme sur la sellette, quand on le torture de la façon la plus cruelle... [Très bien! très bim! à gauche.)

M. Fiiuiin Faure. — Comme vous avez torturé Chanoine. [Bruit à gauche.)

M. le Président du Conseil... et quand, le jour venu, on se présente les mains vides ; quand on en est réduit, député, à plaider qu'on est cependant journaliste et à se retrancher derrière les rumeurs qu'on a soi-même créées (Vifs applaudissements à gauche et à V extrême gauche), s'il reste un accusé devant l'opinion publique, ce n'est pas sur les bancs du Gouvernement qu'il faut aller le chercher. (Applaudissements sur un grand nombre de bancs.)

Mais il m'a semblé qu'il y avait une conclusion d'ordre plus général à tirer des événements qui viennent d'occuper l'attention.

Avant de la formuler, il faut qu'une dernière fois la Chambre et ceux qu'on essaie d'émouvoir prennent la mesure du cynisme avec lequel, habilement, certaines affirmations sont lancées. Mes deux collègues vous ont parlé de certains dossiers de décorations ; ils sont restés muets sur une affaire, qui, cependant, a plus qu'aucune autre défrayé la campagne de diffamation; ils m'ont laissé le soin de la faire connaître.

On raconte d'abord qu'un sieur G. M... a déposé une plainte au parquet, dans laquelle il déclare avoir' payé 25.000 francs pour être chevalier de la Légion d'honneur. (Mouvements divers,) M. Périmer. — S'il eu èlaAl îâwsv,, il se serait fait arrêter.

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