‹ Politique française et étrangèreChapitre 36 sur 76 · LES CALOMNIES DE LA PRESSE NATIONALISTE · texte numérisé non relu

LES CALOMNIES DE LA PRESSE NATIONALISTE

M. le Président du Conseil. — Et il y a malheureusement, au moins dans une certaine clientèle intoxiquée depuis longtemps, tant de promptitude à accepter fût-ce les plus extraordinaires absurdités, que personne ne s'avisera de remarquer que ce plaignant eût tout d'abord posé sa candidature à cinq années de réclusion, pour ne pas dire davantage. [Rires et applaudissements à V extrême gauche.)

D'ailleurs, pour rendre l'affirmation plus croyable , on entre dans des détails. La preuve que la plainte a été déposée, c'est que, cédant à des sollicitations pressantes, son auteur Ta retirée [Applaudissements à gauche) ; puis un autre jour encore — car tout ceci est sufûsamment dosé et gradué, vous pouvez le croire — [Très bien! très bien!) on afûrme qu'il a été remboursé, enfin — et ici on entre dans le domaine de la précision — on nomme l'honorable avocat qui, effrayé des conséquences qu'eût pu avoir une plainte de cette sorte, a décliné toute responsabilité et a refusé de s'en charger.

Eh bien! jamais une plainte n'a été déposée, jamais! Il n'y avait pas par conséquent à la retirer ; et quant à l'avocat qu'on a mis en cause, je suis autorisé à dire que jamais il n'a reçu la visite d'un sieur G. M..., que jamais il n'a été chargé de s'occuper d'une affaire de cette sorte, d'une plainte de cette nature.

Et enfin, — car on a mis un nom sur ces initiales, — s'il y a, de par le monde, un Gonzaiès Meyer ayant posé sa candidature à une croix, je demande à ceux qui nous calomnient de nous donner son adresse, car depuis trois jours, je le fais chercher inutilement. (Vifs applaudissements et rires à gauche et à /'e«rtrême gauche.)

A V extrême gauche. — G* est ua vfeùXafcA* »^^-

M. le Président dc Conseil. — Ne riez pas! Sans doute, quand il faut apporter à la tribune des feits et des preuves, alors la perfidie de certaines polémiques s'évanouit devant l'évidence des faits. Mais cette heure ne vient pas toujours, et il y a longtemps que la recette a été donnée de cette mé- Ihode.

On sait à merveille comment après certains événements l'opinion publique est impressionnable. On leint d'être sollicité par le désir de vérifier les titres réels ou d'un explorateur ou d'un planteur. C'est en réalité le dernier souci de ces prétendus censeurs. Mais ils se souviennent d'une parole célèbre, ancienne, mais qui n'a jamais été plus d'actualité : on peut calomnier impunément, il en restera toujours quelque ehosc. (Vifs applaudissements à gauche et à Vextrême gauche.)

Est-ce que la méthode employée, est-ce que les procédés dont on s'est servi n'indiquent pas d'une façon claire, d'une façon certaine, et l'inspiration et le lut poursuivi? C'est d'abord un bruit rasant la terre, un « grand scandale »... « Le parent très proche d'un personnage considérable » ; puis la rumeur grandit : &n désigne maintenant le ministère : des décorations ont été obtenues à prix d'argent, d'autres ont été payées, mais la marchandise n'a pas été livrée... une plainte a été déposée. Messieurs, nous sommes absolument persuadés que de cette campagne il faut retenir une leçon. On ne frappera pas toujours des coups aussi maladroits. C'est beaucoup moins à des actes particuliers qu'on en veut qu'à la politique même du Gouvernement. (Applaudissements à gauche et à C extrême gauche.) Certains événements et cextames &\&t\t3&\w& s^t

Page 1