LE PÉNITENCIER DE GASTELLUCGIO
durée. Cette affectation systématique n'était pas sans inconvénients, c'est elle qui avait soulevé Tannée dernière des critiques de la part de la Commission du budget. En môme temps qiie Ton reconnaissait qu'une modification s'imposait, on recherchait s'il n'était pas possible de tirer parti d'un établissement qui existe, de ses bâtiments, de son organisation, et surtout de la possibilité de développer la culture agricole dans
nie.
C'est dans cette voie que le Gouvernement est entré. Il est bien vrai que certaines hypothèses ont été envisagées qui n'ont pas paru d'une réalisation pratique.
Mais il est un système auquel le Gouvernement s'est attaché et qui lui paraît, au contraire, mériter l'attention et la faveur de la Chambre. Nous n'avons pas, en France, pour les réclusionnaires, d'établissements agricoles, c'est-à-dire d'établissements où ils puissent utiliser les connaissances qu'ils ont acquises dans la vie, et il nous a paru que,s'agissant de condamnés de cette sorte, nous ne pouvions mieux faire que de les placer dans un milieu où ils pourraient utiliser ce qu'ils savent, et de renoncer à essayer, comme cela se fai actuellement dans la plupart des maisons centrales, de leur apprendre un métier qu'ils ne connaissent pas et dans lequel par conséquent ils sont bien loin d'exceller.
Cette solution, j'ose le dire, serait très pratique et permettrait de remédier à certains inconvénients qui avaient frappé la précédente Commission. Elle avait signalé, en effet, que plusieurs parties de l'établissement étaient malsaines : l'administration pénitentiaire s'est préoccupée de porter remède à cet état de choses ; elle entretenait à Castelluccvo 4^0 wràt*3>% *X^ ^ f pensé que si elle y envoyait ^00 Tfeç\x^\o\v^vt^»
choisis parmi les condamnés que j'appellerai agricoles, on pourrait limiter le séjour et l'exploitation tout à la fois et supprimer un quartier signalé comme plus particulièrement malsain, le quartier Saint-Antoine.
Dans ces conditions, on pourrait utiliser pratiquement les aptitudes d'une certaine catégorie de condamnés, ce qu'en France nous ne parvenons pas à faire; nous commettrions donc une véritable imprudence en nous privant d'un établissement qui offre précisément toutes les conditions nécessaires pour arriver à la réalisation d'une réforme très désirable suivant moi.
On s'en rend bien compte et l'honorable M. Léo Melliet lui-même vous dit : Nous ne demandons pas la suppression de Gastelluccio. Nous demandons la suspension du fonctionnement de Castelluccio jusqu'à ce que Ton ait trouvé un modus vivendi acceptable. Le jour où l'on nous fera des propositions qui nous sembleront acceptables, nous voterons le crédit.
La Chambre comprend bien qu'on ne peut pas garder un établissement sans l'utiliser, et que supprimer aujourd'hui ce crédit, c'est en réalité supprimer l'établissement. D'ailleurs nous ne lui demandons pas de maintenir l'établissement sans indiquer la destination à laquelle il sera appelé; bien au contraire : dans nos maisons centrales, sans qu'il y ait une grande majorité de condamnés appartenant à la classe agricole, il y en a malheureusement au moins 200 appartenant à cette catégorie ; aujourd'hui nous les plaçons dans une maison centrale où, comme je le disais, on demande à ces gens habitués à manier la pelle, la pioche ou la charrue, de s'exercer à un métier qu'ils ne connaissent absolument pas. Il y a là une perte de force. Il n'est pas douteux c\u& \^a Yt&rn^ Ylw&k&k&