LE COUPLET DES COLONS
Que puis-je penser de la bonne foi de M. Bourassa, quand il affirme que les licenciés coupent le bois au-dessous du diamètre fixé par les règlements, qu'ils rasent complètement les lots et qu'ils ne laissent au colon pas un morceau de bois pour se bâtir, pas une perche pour clôturer leurs terres ! M. Bourassa peut-il préciser des. faits et apporter quelques preuves ?
L'enquête de la grande commission de colonisation a porté sur ce point ; il en a personnellement suivi les travaux et il en connaît les conclusions. Dans tous les centres de colonisation, il y a des dizaines et des dizaines de moulins exclusivement alimentés par le bois pris sur les lots de colons. Dans la vallée de la Matapédia, pour ne citer qu'un exemple, il y a, en dehors des moulins des licenciés, vingt-cinq moulins ainsi alimentés par les colons et qui mettent sur le marché des millions de pieds de bois de sciage, sans parler du bois de pulpe et de centaines de mille dormants de chemin de fer.
En tout cas, depuis le mois de mars 1905, — -je parle ici de mon expérience personnelle, — malgré la surveillance la plus active, le contrôle le plus sévère et les enquêtes les plus minutieuses, jamais nous ne sommes arrivés à constater aucune infraction sérieuse : deux ou trois infractions minimes ont été constatées et elles ont été immédiatement et sévèrement punies.