CE QUI A DEJA ÉTÉ RÉALISÉ
Je ne voudrais pas vous laisser croire que toutes les parties du discours de M. Bourassa se ressemblent et que l'on n'y trouve que des affirmations risquées ou même malhonnêtes, comme l'affaire Breakey, ou que des propositions ridicules, comme celle de l'exploitation forcée de nos forêts. Il y a des choses excellentes, il y prêche des doctrines saines et préconise les réformes les plus recommandables, comme la classification des terres publiques, la création d'écoles académiques, de réserves de colonisation, et de réserves forestières pour protéger le régime des eaux et assurer la perpétuité de nos pouvoirs hydrauliques. Encore une fois, tout cela est excellent et il faut se hâter de mettre la main à la pâte et de réaliser ces
excellentes réformes, à moins à moins que ce ne soit déjà
fait.
Dans quel pays M. Bourassa a-t-il habité au cours de ces dernières années, dans quel nuage, dans quel rêve a-t-il vécu pour que l'œuvre que nous avons modestement accomplie lui soit passée au-dessus de la tête ?
M. Bourassa désire la classification des cantons. Ignore-t-il que cette classification est déjà un fait accompli dans cinquante-trois cantons et que nous sommes à la terminer dans plusieurs autres ?
M. Bourassa veut améliorer notre système d'instruction publique en établissant, à côté des écoles primaires et des écoles modèles, des écoles académiques. Ignore-t-il que, d'après les statistiques officielles, il y avait, l'an dernier, dans cette province, environ deux cents académies fréquentées par plus de 30,000 élèves ?
M. Bourassa désire la création de réserves de colonisation. Ignore-t-il qu'au cours de ces dernières années, nous en avons établi un grand nombre ;
lo. Réserve du chemin Gouin, dans le bassin de la Lièvre ;
2o. Réserve de la Péribonka, au Lac St-Jean ;
3o. Réserve de Sayabec à Matane, dans la Métapédia ;
4o. Réserve du chemin Mercier, dans Bonaventure ;
5o. Réserve du canton Rolette, dans Montmagny.
Nous sommes à organiser aussi des centres de colonisation au Lac des Isles, aux lacs Squatteck, au Témiscamingue, dans la Mattawin, et dans les cantons Packington et Robinson, dans Témiscouata.
M. Bourassa désire l'établissement de réserves forestières. En 1905, il n'y en avait aucune dans la province de Québec, carie Parc National des Laurentides est plutôt, à proprement parler, une réserve de chasse et -de pêche. Cette question a immédiatemnet sollicité mon attention et nous avons successivement créé depuis deux ans :
Milles carrés
Le Parc de Gaspé 2,523 1-3
La Réserve de Rimouski 1,249 2-3
La Réserve de la Chaudière 156
La Réserve de Témiscouata 227
La Réserve de Bonaventure 1,733
Labrador 110,000
La Réserve de Barachois 113
La Réserve St-Maurice 21,121
La Réserve d'Ottawa 27,652
La Réserve Rivière Quelle 340
Total 165,115
Ce qui, avec le Parc National, fait une superficie totale de 107,707,253 acres. Au point de vue des réserves forestières, nous laissons dans l'ombre toutes les autres provinces de la Confédération (Ontario n'a que 11,728,000 acres) et nous sommes à la tête du continent américain. Nous avons plus de réserves forestières dans la province de Québec, qu'il n'y en a dans tous les Etats de l'Union Américaine.