LA VRAIE VERSION
Il n'est donc pas étonnant que le juge Bossé ait écarté cette partie du témoignage de l'Epine, qui m'incriminait, et qu'il ait lu entre les lignes ce qui en jaillit, à mon sens, avec une lumière aveuglante, à savoir : que de l'Epine, venu ici pour chercher fortune, a voulu tirer a ses co-associés belges une carotte de $60,000, et que, pour mieux arriver à ces fins, il a 'invoqué la nécessité politique de verser cette somme à la Caisse Electorale. Cette hypothèse résulte des faits, des circonstances, de la correspondance et de son témoignage même. Il affirme que les négociations ont été rompues lors du dernier vôyage de M. DeJardin à Québec, au commencement du mois de novembre 1900, parce qu'on en exigeait la somme de $60,000 comptant et que celui-ci n'en a. offert que $40,000. Veuillez bien vous rappeler de cette date et de ce chiffre. Or, comment expliquer, si cette somme était pour moi et non pour lui, que, dans une lettre du 4 juillet précédent, il ait proposé au Syndicat de verser le montant en deux paiements, la moitié en 1906 et l'autre moitié en 1907 ? Si cette somme m'eut été destinée, est-ce qu'avant de faire cette proposition. l'Epine ne m'en aurait pas parlé ? Et cependant que dit-il dans son témoignage ?
Q. Dans votre lettre du 4 juillet, vous disiez ceci : " Voulezvous me dire si, au point de vue des paiements au cas où l'affaire se ferait, je puis proposer ceci :
" 1. En 1906, 15 cents l'acre ;
" 2. En 1907, 15 cents l'acre."
Avez-vous eu occasion de discuter avec quelqu'un, à Québec, cette proposition de répartir le paiement des trente cents sur deux ans ?
R, Je ne pense pas. Non, c'est de mon cru, c'est de mon chef. Je cherchais à négocier des affaires.