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LA DERNIERE PERIODE

60 Enfin, nous arrivons à la dernière période, celle de 1897 à 1907.

N'en déplaise à M. Gouin, nous affirmons que ses traits caractéristiques, à part l'inertie et la stagnation, ont été l'augmentation des dépenses, l’augmentation des taxes, et la dilapidation du domaine public.

D'abord, les dépenses. Ouvrez :eg comptes publics de 1896 à la page 15 et ceux de 1906, à Ja page 13, et vous verrez qu'en cette dernière année, is

dépenses ordinaires ont été de $5,179.- UUU en chiffres ronds, tandis qu'en IS elles n'avaient été que de 4.

0,000, Soit une augmentation de SOU, UE si M. Gouin veut absolument nrendre l'année INOT pour terme u. »Mmparaison, il trouvera q'ié son budge: de dépenses est ellvore So20,000 hius élevé que le nôtre, Je sais bien qu'il prétendra qu'en 1:)7 Sa dépense n'a été que de K{S00.000 environ. Mais il devra ajouter que S550,000 sont disparus du Gervice de la dette et de l'amortiss ment par l'affectation de S5,000,000 reçues du Pacifique au paiement des emprunts de 1854 et 187$, Et ce n'est pas ]làÀ évidemment une diminution rée dépeases contrôlables.

Quant aux taxes, M. Gouin a déclaré à St-Eustache, que jai accusé faussement son souvernement,etfla annonce solennellement qu'il al'ait le faire une réponse péremptoire. Quelle est donc cette réponse qui va me co:fonare à jamais ? Ecoutez, c'est le preier-ministre de la province de Québec qui parle. “ Cette réponse, ditil, je la trouve dans un discours de M. Bergeron,” qui a dit telle et toile chose, tel et tel jour. Eh bien, M.

Gouin me permettra de lui dire que ce n'est pas là un argument de premierministre, Pas même un argument d'homme politique de troisième casse Quand on sait discuter, on ré- Fond à j'énoncé d'un fait par une Preuve contraire, non pas pas un ot:dit. Remarquez bien que M. Gouin a donné aux paroles de M. Bergeron, ui sens absolu qu'elles n'ont pas.

de

le des

M. Gouin le taxeux

C'est avec des documents publics, moi, que je vais répondre à M. Gouin.

Je l’accuse, et je vais établir cela péremptoirement, d'avoir essayé ce tromper l'opinion quand il a voulu jui faire croire que son gouvernement h'a pas augmenté les taxes. Ouvr?z le statut de 1894 (57 Victoria, Chap.

16, page S1), et celui de 1906 (6, Edouard VII, page GS), et faites ne COMparaison. En 1894, Ja taxe sur les successions, en ligne directe, était dé 1-2 à 3 pour cent, euivant le chifîre des héritages ; en 1906, M. Go‘in

a augmenté cette taxe et l'a portée de 1 à 5 pour cent. En IS, la même taxe, en ge coilatérule, éLair de 5, », 6 et N pour cent, suivant les Cas ; en 1906, M. €‘ “'iin l'a augmentée et porice à 5,6, 7, et Ÿ pour cent. En 18)1, la taxe élu payée une fois pour toutes par la succession, et aucun héritier n'étuit obigé de parer deux fois ; en 1906, M, Gouin a inventé un machinisme savant qui soutire à l'hér:'1e1 direct où coliuteral, au-delà d'un certain chiffre, une taxe additionnelle de 1 à 3 pour cent en ligne directe, et de 1 à © pour cent en ligne collatéruie, be eurte que, avec ja machine de Al.

Gouin, un fi:s pourrait ètre forcé de payer une taxe dé N j». C, pour tu!

cher à la succession de son père, et tel autre héritier pourrait être appelé à payer une axe de 14 pour cent, avant u'entrer 21 possession dés biens 4 !.

iui sont légués, A\h ! cest un nab:!e homme, M. Gouin ! Il est courtors, conchiiant, modéré, plausible. Muis défiez-vous de lui ; avec ses airs de n'y pas toucher, il touche, et touche tort, jusqu'à écorcher vifs les héritiers t'op coss'is. Je m\ demande comnent l'auteur de ce pressoir successoral, à la fois si compliqué et si facile d opération, si merveilleusement agencé et si puissamment compressif, a j'u avoir l'inconscience de reprocher aux conservateurs d'avoir ‘“ taxé les vivants et les morts.” Y a-t-Il un s°ül homme qui, après avoir admiré € détail l'appareil ingénieux et redou‘'able fabriqué par le premier-ministre, en 1906, ne reconnaisse en lui l'artiste par excellence, le maître des maître et ne sente ce cri s'échapper spontanément de ses lèvres : “ Il n’y a pas seus le soleil un ‘ taxeux ‘” plus taxeux que M. Gouin.”

Si le temps me le permettait, je vous démontrerais encore que M.

Gouin a remanié et alourdi la taxe sur les corporations commerciales ; qu'il me suffise de signaler le statut 6 Edouard VII, chapitre 10, adopté à la session de 1906. C'est encore à cette session que M. Gouin a fait voter la taxe sur les transports d'actions, de bons, obligations et débentures. (Voir statut G Edouard VII, chapitre 12).

Comme vous le voyez, Mesiseurs, la æ&s<sion de 1906 a été pour M. Gouin une grosse session, une session mémO-

rable, une session le taxation à outrance, C'est que, voyez-vous, le premier-

ministre et ses collègues avaient peur du cri de réprobation qui s'élevait de bius en plus fort, dans la provinrs, contre la Gllapidation du domaine publie, contre l'allénation criminelle # Los forêts,, contre le gospl'lage insensï de notre patrimoine national, It ü.0rs, placés entre Charybde et Seylla, entre ja crainte de l'opinion publique réveillée, et le gouffre béant du déûcit, ils se sont jetés à corps perdu dans la taxe.

En effet, ne l'oubliez pas, Messieurs, et qua les rengaînes de la presse subventionnée, que les déclamations ces ministres ne vous donnent pas le change sur ce point ; depuis dix ans notre budget provinciai a été constamment en déficit ; et ce déficit permanent n'a été comblé que par la veute Systématique du domaine public. La preuve est facile à faire. Voici un tableau des ventes de concessions forestières que le gouvernement provincial a faites depuis 1898 :

Année nombre de milles Produit 1898. .1,213 67-120. .$ 30,610 IS9S bis. .1.933 41-60 . . . 124,171 1900. . .4,903 ae te STD AT :

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