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Totei. . .28,123.. . . . .82,861,314
Messieurs, j'appelle votre attention, j'appelle l'attention de l'opinion publique sur ces chiffres trop éloquents, sinistrement éloquents. En dix ans, de 1897 à 1907, le gouvernement de Québec a vendu vingt-trois mil!'e, cent vingt-et-un milles de concessions forestières. Voilà ce que ces messieurs ont vendu en dix ans. Et voulez-vous savoir ce que le gouvernement d’Ontario a vendu en quarante ans, de 1897 à 1907 ? Seulement 11,644 milles ! Ce contraste parle aar lui-même.
Pourquoi äonc MM. Gouin, Turgeon et leurs prédécesseurs se sont-ils ainsi acharnés à vendre, à livrer le domaine public aux spéculateurs, comme
FT POPUUN
ainistisutse te 188
je le prouverai dans un instant? Pour.
quoi ? Pour boucler leur budget, et Maxqu r Icurs déficits, C'est blen clair, Hiäns son discours de Château suay, M, Gouin réc'ame pour l'adini nistration libérale, à Québec, durant les exercis de 1SM—10900, ÉCHIRTIR 1501-02, FOS-N, 1002-04, 1-05 et 1905-06 dos ITp'US accumulés for Mmant Un total de 579,009, Eh ble ñ, que devient ce prétendu surplus, €!
vous retrinch°z des recettes les 2 61,574 prix des 25,121 milles de forûts vendus par « messieurs ? Il dispo-
raît COumre une ombre, et à sn p'ace VOUS vorez rer un déficit de S$1.- LÉ TE l'aite itrer en ligne de compte, sf vons le voulez, le famenx surpius de S560000 rée mé par M.
Gotin, por le dernier exercice fist et le réime actuel reste encore avee un déficit de S1,980 971.
Disons, en pas ant, un mnt de ce surplus annoncé à son de trompe par ie premier-ministre €@t ses organes, (On nous affirme qu'il est de $ 700,000.
Œh bien, je soumets À votre con:1d4ration les chiffres suivants qui montrent quelle a ét4 l'auzmentati n des taxes durant l'exercice de 1107, en faisant la comparaison avec d'année 1897 :
Taxes sur es successions en , 1907 SRE AN CR VE .F068,278 res sur les successions en
nr” TAN . 229,41
SET Augmentation. . dre .$338,837
Taxes sur corporations com- Re merciales en1907. . . . .S$164,362
Taxes sur corporations com- TRS merciales en 1897. . . . . 1:1,404
H Los) 4) Augmentation. . Aer .8329,958 Taxes pour l'entretien des
aliénés en 1007... .. . 112,912 Taxes pour l'entretien des a aliénés en 1897. . . . . . 1,973 Augmentation, . .. . . . .8104,509
Taxes sur les transports d’ac- ae tions, etc, en 1907. . . .$ 38,65 Taxes sur les ttrancnorts d’ac-
tions, etc., en 1897. . . . 00.000
Augmentation. . . . . . .S 38,65 Si vous récapitulez ces augmenta-
tions, vous arrivez À un total de $712-
OS. Retranchez de cette somme eg SIN de ja taxe sur les mutations le propriété, perce encore en INT,
abolle par les conservateurs, et
VOUS Testez avec N37,762 d'aumentation d'impôts dont est comptable l'administration rale, Le surpius die IM, Gouin, VOA, Il à été fubri- UuS à coup de taxes !
Il sied bien, après cela, à M. Gouin, du dite : \ujourd'hui ou le vend pas de limites à bois et l'on a un surnil
is de S3500,000. Vous ne ve ndez pas
ho INITEsS, cetté annee, parce que VOUS avez fait marcher SOus hante pression votre machine à
taxer, Mais lendint dix ans vous ivez véndu nodomaine national,
Vous l'aveg vendu sans prévoyance, à l'aveugle, t tavec une Impéritle, une pPrécipitation, un Mépris des vrais princines Économiques et une fn<ouciainca de l'avenir absolument Stupéflants, Nos forêts sont notre plus précieux tréor, tant au point de Vue des riches Ccisences qu'elles renferment, qu'au point de vue du régime des eux dont cles assurent le cours et la perpétuité! Ce trésor. Vous l'avez gaspillé follement, Vendre 23,00 milles de forêts en dix ans, dans les conditions où vous l'avez fait, c'est insens6é !
Ce n'était pas pour faire face aux besoins du commerce que vous jetiez ainsi aux enchères nos riches conces- Sions, C'était Pour boucher les lézardes de votre édifice fiscal, Au îlieu d'aborder, comme des hommes, le problème financier, de rechercher dans les réformes efficaces, dans une Meilleure ailministration de notre do- Maire, l'équilibre budgétaire qui vous fuyait, et le surcroît de recettes dont Vous aviez besoin, vous avez sacrifié Pour un plat de lentilles Je patrimoint de l'avenir,
En présence des critiques que font entendre contre cette lamentable politique tous les hommes indépendants ‘âu pouvoir, M. Gouin a tenté une défense, Dans son discours de Ch4tauguay, il m'a personnellement, jinterpe'lé au sujet de la comparaison
que j'avais faite aux Trois-Rivières, entre Ontario et Québec. I a prétendu que les forêts d'Ontario ont beau- Coup plus de valeur que celles de Qué-
bec; i] a cité ensuite une vente de lmites
faite Dar le gouvernement de
Boucherville, dont le résultat a été très peu satisfaisant. Puis, il m'a sommé de répondre à 5 argumentation, dans mon premie discours public. Eh bien, c'est aujourd'hui mon nremier discours public depuis l’assemblée ide Châteauguay, et je relève le défi de M. Gouin.
D'abord ii n'est pas du tout prouvé que les forêts d'Ontario sontt supérieures aux nôtres dans leur ensemble.
On a cité récemment les témoignages rendus par MM. Booth et Eddy, deux experts dans le commerce de ‘bois, devant la conmission de colonisation, et ces témoignages ne sont nullement défavorables à Québec. Ainsi M. Booth déclare qu’il y a beaucoup plus de pin rouge dans Québec que dans Ontario, et que le pin rouge vaut tout autant que le pin blanc. Et lorsqu'on lui deamande, si, d'après son expérience, un acheteur de limites serait justifiable de payer plus cher dans Ontario que dans ‘Quéléec, il répond qu'ii m'en sait trop rien, et que le système de Québec est, à ses yeux, aussi avantageux que celui d'Ontario. M. Eddy donne des réponses dans le même sens. J'ai ici le rapport de l'enquête tenue à Hull, et je pourrais citer encore d’autres témoignages qui concourent à établir que nos forêts ont une “valeur égale à celles d'Ontario. Mais Supposons que nos limites soient quelque peu inférieures en valeur, y a-t-il un homme sensé qui osera soutenir que celles d'Ontario valent vingtdeux fois plus ? Or, le prix moyen que le gouvernement Gouin a obtenu par mille en 1906, a été de $195, ttandis qu’à Ontario, en 1903, le prix moyen a été de $4,461 ; soit $4,266 de plus par mille carré, ou 22 fois plus que n'ont obtenu MM. Gouin et Turgeon. M. Gouin aura-t-il l’impu:eur de prétendre que les forêts de sa province valent 22 fois moins que celles de la province voisine ?
Et n’aura-t-il pas la décence de comprendre combien il est odieux et coupable, fui le premier-ministre, qui devrait être le défenseur naturel de mos intérêts, en dépréciant ainsi notre meilleur et notre plus riche actif.
D'ailleurs, il y a un fait qui démontre bien que nos limites sont sacrififées à la spéculation. C'est que, dans un grand nombre de cas, elles
sont revendues presque immédiate.
ment par Jdeurs acquéreurs avec un ‘énorme profit. Prenez, par exemple, le cas de la limite vendue à M. Veilleux pour $20,000, et revendue dans l'espace de dix-huit mois, une première dois $75,000, et une seconde fois $112,- 000. Prenez encore le cas de M. Dupuis, député de (Châteauguay, qui achetait pour $26,000 une limite et qui la revendait quelque mois plus tard $65,000, faisant sans bour délier, car il avaitt payé avec un billet, ‘un profit de $39,000. Prenez surtout ie cas fameux dont il a été si souvent question en chambre et dans la presse, celui de la concession vendue à M.
B'eakey par M. T'urgeon, 1,000 milles, à $105, et revendue par M. Brea- ‘key—ou par son syndicat, c'est (a même chose,—peu de temps après à la compagnie Burgess Sulphide, de Berlin Falls, pour la somme de $SUU,- 000, ce qui faisait au (premier acquéreur un bénéfice de $695,000. On pourrait citer vingt autres exemples analogues. Tout cela prouve que nos 1limites sont sacrifiées à la spéculation et que ce système de vente de concessions forestières à outrance, a ‘ét6 un désastre pour la province.
Mais passons à l'argument du “tu quoque.” M. Gouin nous a cité la ventte du 15 décembre 1892, qui n’a rapporté qu’une somme peu élevée, Nous sommes parfaitement d'accord avec lui quand il dit que cette vente n'a pas été profitable pour le trésor provincial. Nous traversions à <e moment une période de crise commerciale et financière, et cela explique en grande partie l'insuccès de ces enchères. Mais le gouvernement conserwateur a compris alors qu’une politique prudente s'imposait. Cette vente du 15 décembre 1892 a été la seule vente très considérable de limites qui se soit faite sous les administrations de Boucherville, Taillon et Flynn. A part L: 2,353 milles qui furent alors affermés, il n’y a eu durant les cinq années de 1892 à 1897, que 1,606 milles carrés de concessions forestières.
Cela peut-il être comparé aux 23,000 milles vendus par l'administration li- (bérale ?
Et puis, M. Gouin s'imagine-t-il justifier son régime en recherchant dans le passé des actes administratifs
qu'il puisse reprocher À ses adversaires ? J'admets, sans chicaner un instant, que tous les gouvernements ont commis des fautes, Mais parce qu'une erreur a été commise Ii y a quinze ou vingt ans, est-ce une raison pour approuver l'erreur qui se commet aujourd'hui ? L'expérience du passé ne doit-elle pas profiter au présent ? Parce que durant des périodes antérieures, qui ont été souvent des rériodes d'essai, d'organisation, de préparation, on n'aurait pas toujours adopté les meilleurs procédés, les meilleurs systèmes, la meilleure pratique, faut-il dire aujourd'hui qu'on estt justifiable de ne pas réaliser les réformes reconnues désirables ? Pour moi, je n'en suis pas. Je comprends, je vois, je sais qu'en matière de colonisation, d'agriculture, d'administration de notre domaine national, il y a de grandes, de bonnes, de fécondes réformes à opérer, Et je ne me tiens pas iié par ce qui a pu se faire, et se faire peut-être avec raison, il y a trente, quinze, ou dix ans. Tout évolue en ce monde; les conditions fi-
nanvières, industrielles, économiques d'un pays ne sont pas immuabies et
à des situations nouvelles il faut une politique nouvelle et des moyens nouveaux,
M. Gouin aura beau entasser les statitstiques compilées dans les départements ministériels, il ne détruira pas l'effet des révélations et des constatations douloureuses qui se sont produites en ces derniers temps. Le procès (Prévosti1selin a démontré que l’administration de nos mines ouvre la porte à des spéculations audacieuses au détriment du trésor, Les faits nombreux et scandaleux mis au Jour par la presse conservatrice et indépendante, les documents obtenus par l’insistance de nos énergiques dé6putés conservateurs dans l’Assemblée législative, prouvent à l'évidence que notre domaine public est livré à l'arbitraire, à la spéculation, au pillage et que la province n'en retire pas les revenus qu'elle aurait droit d'en attendre. Des réformes s'imposent, tous les esprits éclairés le reconnalssent, Or, ce qui frappe l'opinion, c'est l'impuissance de rétormer Ccont le gouvernement actuel semble atteint.
Réformer l'administration? Mais M.
Gouin n'a même pas été capable de réformer son ministère ! Au mois de novembre 1906, il a eu la velléité de mettre à la porte M. Jean Frévost, dont il jugeait trop compromettants les funambulesques exploits en Belgique, et il n’en a pas eu l'énergie.
Maintenant, écoutez messieurs Gouin et Turgeon. Tout est bien, tout est beau, tout est ‘bon, puisqu'ils sont 2 pouvoir. Pendant dix ans, l’administration libérale de Québec g'est croisée des bras, en attendant le subside fédéral. A présent que plusieurs centaines de mille piastres additionrelles vont tomber dans notre trésor, cex messieurs vont pouvoir distr'buer un peu plus d'argent à droite et à gauche. Ils pousseront peut-être l'initiative jusqu'à subventionner quelques entreprises de plus. Mais je vous défie de voir paraître à l’hor'zon risistériel aucune conception large et hzrdie, capable de lancer puiss :m- Meut notre provinæ dans lg voie du L ogrès.
Progrès, réformes ! I] se rencoatrera peut-être des journaux et des orateurs libéraux qui s'étonneront d'entendre ces mots tomber de lèvres con- <crvatrices. Si cet étonnement est sin:
cère, il sera causé par la méconnaissance de notre histoire et de nos principes. Le mot réforme est inscrit à toutes les pages des annales du parti conservateur : réforme judiciaire, réforme seigneuriale, réforme électorale, réforme constitutionnelle, réforme économique. Le mot progrès ne nous est pas moins familier. C'est le parti Conservateur qui a canalisé le St-Laurent, uni l'Atlantique au Pacifique par des liens de fer, multiplié sur toute la surface du pays les voies de communications, donné l'essor aux industries nationales, fertilisé les solitudes, et préparé par ses efforts un glorieux avenir à la nation canadienne.
Le parti conservateur est à la fois traditionnel et progressif, Nous sommes traditionnels parce que nous sommes énergiquement attachés et profondément dévoués aux idées, aux principes, aux institutions dont l'expérience de nos pères et les leçons du passé nous ont démontré la puissance conservatrice de l'ordre et de la stabilité sociale, Nous repoussons de
toute notre énergie les doctrines et les tendances de ces novateurs téméraires et ignares dont les utopies et les théories pernicieuses produiraient bientôt ici les résultats néfastes qu'elles ont produits ailleurs, Nous les repoussons, non par opportunisme, mais par conviction. Nous voulons par dessus tout je maintien de cette antique alliance entre l'Eglise et la nationalité canadienne, qui a été pour nous, n’en déplaise à certains modernes docteurs, notre meilleur élément de grandeur et de force. Nous sommes convaincus que les pouvoirs publics ne peuvent faire acte de plus saine politique qu'en assurant à l'Eglise et à ses oeuvres, dans toutes les sphères de l'activité sociale, la plus large liberté, aussi bien que la protection et l’assistance compatibles avec la mission et le rôle naturels de l'Etat. Nous croyons que les gouvernements et les parlements conscients de leurs devoirs doivent opposer une barrière infranchissable à toute mesure, à toute législation susceptible d’affaiblir l'institution familiale, de violer le droit de propriété, d'entamer quelqu’une de ces forces que l'illustre Le Play appelait les “autorités sociales.” Voilà comment et pourquoi nous sommes conservateurs et tradititonnels.
Mais nous sommes en même temps progressifs. Nous comprenons qu'un pays ne peut rester éternellement dans le statu quo, que les nations comme les individus sont soumis à la loi du progrès, que dans l'ordre politique, dans l’ordre économique, dans l’ordre social, il faut savoir reconnattre les transformations inévitables, rechercher et réaliser les améliorations réclamées par les besoins du temps où nous vivons. Et nous tenons pour certain qu’à l’heure actuelle, la province de Québec traverse une de ces phases critiques qui exigent un ensemble de réformes müûrement délibérées et courageusement accomplies.
Les journaux fiibéraux s'amusent parfois à dire que le parti conservateur n’a pas de programme. Ce n'est lè qu’un lieu commun de polémique ministérielle. Notre programme, {il est dans les motions faites en chambre par nos représentants depuis dix ans, dans les discours prononcés mar
nos orateurs, dans l'attitude et les luttes de notre presse, Faut-il en retracer les grandes lignes ? En éducation nous avons dit et nous disons:
“la politique hors ce domaine sacré!” et voilà pourquoi nous avons tué au Conseil législatif le bill qui créait un ministère de l'instruction publique.
Nous voulons rendre au Conseil de l'instruction publique les pouvoirs qui lui ont été enlevés par la loi de 1SYY, Et nous croyons qu'il est facile, avec le concours de ce corps important— dont les délibérations renferment une foule de recommandations demeurées Sans effet—de fortifier notre corps enseignant en améliorant sa situation, de rendre plus efficace l’inspectorat, de perfectionner et de vulgariser davantage la formation pédagogique, de stimuler le zèle des municipalités scolaires pour le progrès éducationnel, Et tout cela sans empiéter sur aucun droit. Car, en matière d'éducation nous reconnaissons que les droits primordiaux appartiennent à la famille et à l'Eglise, et que le rôle propre de l'Etat est de suppléer, de protéger, d'aider, non pas de supplanter ni d’accaparer.
Dans l'administration de notre Ido- Maine public, i] faut de prompts remèdes aux maux que nous avons signalés tout à l'heure. Evitons les ventes réitérées des concessions forestières, et, lorsqu'elles devront avoir lieu, entourons-les de précautions et de garanties qui en assurent la Productivité. Les lois et les règlements relatifs à l'exploitation de nos forêts doivent être révisés de manière à assurer aux générations qui nous suivront cette richesse qu'il serait criminel de dilapider. On peut obtenir ce résultat, entre autres moyens, par Îa coupe règlée et par l'interdiction d’abattre les arbres au-dessous d'un certain diamètre, En 1903 et en 1904, le partit conservateur dans la Législature, a formulé sa politique au sujet des droits sur le bois de pulpe, et de leur remaniement de manière à garder ici notre bois à assurer à notre province l'accroissement d’une fructueuse industrie ainsi qu'une plus grande somme de travail, de salaires et (de profits pour nos ouvriers et nos colons. (Journaux de l’Assemblée législative, 1906, p. 467 ; 1904, p. 966).
Notre système de colonisation doit subir une ‘transformation complète.
A tout prix nous devons augmenter notre population et agrandir notre province. I'Ouest marche à pas de géant, et dans quelqu®s années, si es vieilles provinces n'y prennent garde, le centre de gravité de la Confédération sera déplacé! La province de Québec, qui occupe une place à part dans le Canada confédéré, et qui a tant besoin de conserver son importance et sa force, doit faire des efforts héroïques pour ne pas être distancée. Le temps des atermoiements, des tâtonnements, du piétinement sur place est passé, Il faut faire de la colonisation à outrance, en grand, av<c système, avec suite, avec intelligence, avec la plus large coopération et la plus énergique impuision de la part du gouvernement. Et pour obtenir des résultats aussi grands que nos nécessités et nos espérances, il importe de ne pas reculer devant le rappel où la révision de; lois et des pratiques qui sont un obstacle à notre expansion <olonisatrice.,
Un mot seuremeut de la question agricole, sur laquelle il y aurait tant à dire. Je ne méconnais pas ce Jui s'est fait pour l’enseignament agricoie dans notre province. Mais le moment est venu de faire davantage, et de réoiganiser cet enseignement en l'ii donnant plus de ressources, en :ui ouvrant de plus larges perspectives, et surtout en tenant compte des différentesclimatériques considérables qui existent entre les diverses régions de notre province.
Il faut ouvrir les yeux à l'évidenre.
La province de Québec a deux ou trois climats. Je ne crains pas de le pro- C'amer, il importe de décentraliser et de diversifier l'enseignement et l'effort agricoles. Nous devons avoir une potique agricole pour la région ce Montréal, une politique agrico!e pour la Nord et le Lac St-Jean, une politique agricole pour la région du bas- Québec.
Messieurs, je ne voudrais pas être trop long. Mais comment pourrais-j2 omettre un sujet qui me paraît être de rpemière importance, Je veux par'er de la question sociale. Il n’y en a pas de plus grave dans l'âge où nous vi-
vons. IL£s développements immenses d« l'industrie moderne ont fait des reiations du capital et du travail un prnb'ème d'une accuité intense. Ce prob'ème, qui a causé tant de commo9tions dans d’autres pays, il commence à se poser également dans le nôtre.
Et nous ne devons pas attendre que l'heure propice soit passée pour tenter Ge le résoudre dans la paix et l'harmonie.
Le législateur, l’homme d'Etat, doivent prévoir pour prévenir. Jusqu'ici nous ne nous en sommes pas assez occupés. Nos lois sont très insuffisantes à ce sujet. Il y a deux ans, dans Un débat au Conseil Législatif, sur le projet relatif aux accidents du trava!l, j'avais l'honneur de signaler à mes collègues les lacunes de notre code civil. Nous n'avons pas de législation sur le contrat collectif de travail, nous n'en avons pas sur les salaires, nous n’en avons pas sur les syndicats professionnels et sur plusieurs nutres Sujets qui devraient cependant Soiliciter ‘a pensée des hommes poiitiques. Il est temps de 6e mettre à l'oeuvre. La question sociale est à nos portes et les gouvernements ne reuvent l'éluder sans manquer à leur devoir.
Ne craignons pas de reconnaître ce qu'il y a de légitime et de juste dans les revendications ouvrières. Le meilleur moyen de barrer la route au 80- Cialisme, c’est de lui enlever ses arguments et remédiant aux abus. Teidons la main aux travailleurs et fai- &cns de la législation sociale dans n esprit chrétien, généreux et fraternal.
Comme vous le voyez, Messieurs, à 1 aeure actuelle, la Législature et le gouvernement de la province de Québec, ont une tâche immense et urgente à accomplir. Eh bien, je ne crois pas qu'aucun homme clairvoyant, indépendant, et nien au fait de la situation, ruisse affirmer sur son honneur que le triste gouvernement et la triste législature que nous avons, soient en état de l'accomplir.
Je ne crois pas que l'opinion 66rieuse et éclairée estime que M.
Gouin, Turgeon et Prévost et leurs collègues, rous donnent les garanties £uffisantes jour nous faire espérer que l’oeuvre de réforme et de progrès dont
la nécessité est d’une éclatante évidencæ, soient menée par eux à bon terme.
S'il en est ainsi, l'électorat de cette province a donc, lui aussi, un devoir à remplir. 1! doit se déterminer à faire dans la représentation et l’'edministration les changements nécessaires pour donner à ja direction de nos affaires une orientation meilleure, Le parti conservateur n'est pas fort, dans l'enceinte parlementaire, mais Ja dernière fois qu'il a levé son drapeau dans une bataii:e électorale, il a vu 110,000 électeurs— presque la moitié de l'électorat ——ée grouper sous ses plis. Eh bien, nous faisons aujourd’hui appel, non seulement à i’armée conservatrice,
mais à tous les bons citoyens, à tous Eux qui aiment leur province, qui tiennent à son honneur, à sa prospérité, et qui veulent sauvegarder son avenir. Il nous semble que la poli:ique du parti quand même a fait son temps. Sous le régime parlementaire, les partis doivent exister ; je eerais tenté de dire que c'est un mal nécesaire, Mais l'esprit de parti est un fléau. Puissent les électeurs de cette province en secouer la tyrannie !
Puissent-ils, lorsque ésonnera l'heure Ge la consultation populaire, 8e rappeler qu'ils sont citoyens avant d'être partisans, et placer au-Gessus du parti la patrie qui nous est chère à tous.
LES NÉGOCTATIONS CON CERNANT L’ABITTIBI