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JE NE CONNAIS PAS LES MEM- BRES DE CE SYNDICAT REIEL OU FICTIF

2o. Qu'il connaissait le syndicat depuis 1905.

PAR M. LAFlLAMjME :

Q. — Voulez-vous prendre communication d'une copie de lettre qui paraît vous avoir été adressée par le baron de l'Epine, en date du 28 novembre

1905 et dire si ce n'est pas la lettre où il a commencé à être question des négociations du syndicat belge ?

R. — 'C'est peut-être la première lettre adressée par le baron, en rapport avec cette affaire. LiElS NEGOICha- TjLovïS AVAIENT OOMIMEINCE1 à ' Liège, en juillet 1905, DORS DE MON FAiSiSAGE dans cette ville."

Le baron de l'Epine avait donc parfaitement raison d'écrire à M. Turgeon en da/te du 28 novembre 1905 :

" Me rappelant DElS RELATIONS QUE VOUS AVEZ EUEiS en Belgique avec les financiers dont il s'agit, relations qui ont pu vous édifier sur le sérieux de leur caractère. . .je me crois autorisé à "

Plus loin, dans son témoignage donné sous serment, parlant du blancseing qu'il avait remis dans le mois de décembre 1905, au baron de l'Epine, M. Turgeon ajoutait :

" Ce n'était pas une autorisation de transférer à n'importe qui. Il (le baron) me disait et JE SAVAIS qu'il négociait avec des financiers sérieux tels que Monsieur DESJARDINS ET AUTRES."

Pièce C

La lettre officielle dont il est fait mention dans la Pièce D.

Bruxelles, ce 27 janvier 1906.

A l'hon. M. A. Turgeon,

Ministre des Terres et Forêts

de la Province de Québec.

Monsieur le Ministre,

J'ai l'honneur de vous accuser réception du câble suivant : " Concession peut être facilement portée au double, mais urgence avons déjà deux demandes syndicats Américains — signé TUrgeon. Reçu le 23 janvier."

Le lendemain, le Conseil de direction du Syndicat d'études s'est réuni a Anvers et après avoir pris connaissance de cette communication a décnu'd : de faire examiner, dans le plus bref délai possible, le terrain où la concession peut être établie et ce au point de vus minier, agricole et forestier, par une délégation composée de deux délégués Belges auxquels s'a.djoindrait le fonctionnaire de votre département que vous désigneriez suivant les termes de l'option.

Je suis officiellement chargé de vous faire part de cette décision et de vous demander :

lo à quelle époque cette exploration pourra être faite. Ces messieurs sont

prêts à agir de suite mais la saison semble être un obstacle ; j'ai suggéré eue la date du 15 avril serait une époque favorable pour le départ ;

2o de désigner le fonctionnaire qui accompagnera l'expédition afin que ces messieurs se mettent sans retard en rapport avec lui,, pour régler toutes conditions et procéder aux préparatifs de façon à pouvoir se mettre en route dès que les Belges seront arrivés à Québec.

Le conseil a décidé en outre, de laisser l'option en mon nom et de ne pas vous en demander le transfert au nom du syndicat jusqu'à ce qu'il soit en possession des renseignements à fournir par la délégation dont il s'agit, mais acceptant en principe d'exécuter plus tard toutes les conditions de cette rétrocession suivant les instructions que vous m'avez données avant mon départ.

En attendant vos ordres, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le îu-inistre, l'hommage de mes sentiments respectueux et l'assurance de mon entier dévouement.

(Signé)

Baron DE L'EPINE.

Pièce D

La lettre privée de Charneuse.

(C'est dans la lettre datée de Charneuse, le 28 janvier 1906, que le Baron de l'Epine annonce à M. Turgeon qu'il a fourni au syndicat belge les explications au sujet de la contribution à la Caisse Electorale.

Cette lettre confidentielle fut oréoédée d'une lettre écrite la veille, par M. de l'Epine à M. Turgeon.

L'accusé de réception de M. Turgeon, qui mentionne expressément la lettre de Charneuse, est datée du 12 février 1900. De plus la lettre de M. Turgeon répond à des choses qu'on ne trouve que dans la dite lettre de Charneuse.

CONFIDENTIEIIJDE

28 janvier, 1906.

Charneuse.

Monsieur te Ministre,

Vous aurez eomime moi, un moment de contrariété en recevant ma lettre

officielle. JE N'AI PAS REUSSI A OPERER LE TRANSFERT de l'aption au Syndicat " CONTRE LA 'SOMJMiB ENTENDUE," ces messieurs ayant décidé à priori de ne rien verser avant d'être en possesion des renseignements favorables à fournir par

ht délégation, estimant que les frais de prospection et de visite des lieux leur coûteraient déjà cher. Ayant pressenti que j'allais rencontrer une résistance insurmontable, Je ne suis pas entré en lutte ce qui m'aurait obligé à rompre avec eux, ne pouvant plus céder une fois la question po2ée ; donc ,de part et d'autre, diplomatiquement la difficulté a été tournée en remettant à plus tard le transfert à opérer avec votre autorisation. Je pense d'ailleurs, qu'il eut été fâcheux de provoquer de la pari, du syndicat un mouvement de recul parce qu'il est absolument bien décidé à marcher de l'avant et que pour le moment ces affaires de terrains sont très appréciées dans le public, des opérations analogues ayant donné d'excellents résultats en Egypte ; D'AUTRE PART D EXPLICATION QUE J'AI FOUR- NIE AU SUJET DE LA G. E. AUX QUATRE MEMlRRElS DE LA DI- RECTION, a été comprise, admise et 'acceptée sans aucune difficulté, nous avons donc affaire à des gens qui comprennent les choses. Il faut tenir compte également que les bruits: de guerre provoquent actuellement une contrainte financière, aucune banque maintenant ne prendrait de nouveaux engagements, cela m'a été assuré à Liège, tous les établissements financiers font au contraire rentrer leurs capitaux en prévision d'un conflit, mais tout fait supposer que la conférence d'Algésiras dissipera ce malaise par une attitude franchement pacifique. De telle sorte qu'à ce jour, la constitution d'une nouvelle société présenterait certaines difficultés ou assurément du retard ; le monde financier a les yeux braqués sur les délégués d'Algésiras et il attend.L'un des délégués belges pour la visite des lieux sera ce Monsieur Gonzé qui est dans l'Ouest pour le compte de Messieurs Jacobs, l'autre sera un ingénieur qui sera choisi et nommé cette semaine, mais que je ne connais pas encore. 3' vous désignez M. Obalski pour faire partie de l'expédition, celui-ci devrait m'écrire de suite ses conditions, il serait alors chargé de préparer le matériel nécessaire pour visiter la contrée ec procéder aux prospectus ; il est évident qu'Obalski aura une influence capitale sur les deux autres délégués.

Les nouvelles que je vous adresse ne sont pas, je le crains, assez satisfaisantes, mais je vous asure que j'ai fait appel à toute ma diplomatie, les belges sont méfiants, ils ont du reste été échaudés, et la conclusion d'une première affaire surtout est toujours laborieuse. 'Cependant, je le répète, j'ai absolument confiance dans l'avenir, il est certain que le syndicat est bien, très bien disposé et parfaitement décidé à faire l'affaire dès qu'il aura un rapport. iCè n'est donc qu'un retard.

J'ai été à Liège et j'ai vu M. Lamarche et autres membres du comité de l'Exposition, ils étaient encore sous le coup de l'indignation provoquée par l'attitude de M. Hutchison qui a, paraît-Il, brisé en public la croix» d'officier de l'Ordre Léopold, qui lui a été donnée et il a du reste affecté de ne pas porter cette insigne quand le Prince Albert est venu au nom du Roi distribuer les récompenses de 1 -Cixpo(sition). Cela a été naturellement jugé très sévèrement et je sais que le Roi en a eu connaissance, ce qui n'est pas pour plaider notre cause, car quand il s'agit de commanderie, les ministres ne peuvent proposer la chose que sur avis du Palais, ce qui est le contraire pour les grades inférieurs. Je verrai prochainement le baron Goffinet à cet égard quand il sera revenu de Cannes où il a accompagné Sa Majesté. La lettre que vous avez bien voulu écrire à Monsieur (Lamarche a fait un bon effet réparateur, car effectivement, ces Messieurs du Fédéral avaient bien profité de mon départ au mois d'octobre, pojr me casser du sucre sur le dos et me faire passer pour un intrigant.

Pour terminer la question d'affaire, je vous disais que le syndicat a ajourné à plus tard toutes les autres affaires dont j'avais le dossier, telle que l'option et la charte Saguenay-Bay James, pour concentrer son attention et ses fonds en faveur de l'option de terrains, •c'est précisément ce que je d'ésirais et en présentant plusieurs entreprises, je n'avais pas l'air de préconiser outre mesure celle qui m'intéressait le plus. Depuis mon arrivée en Belgique j'ai été constamment en route et en courses, et je suis venu me reposer quelques jours à Charneuse.Ma femme

adresse à Madame Turgeon ses plus affectueux souvenirs et serait très heureuse de -recevoir quelques lignes de sa main ; il y a quelques jours, un wagon-poste venant d'Angleterre a pris feu et toutes les correspondances ont été détruites, peut-être y avait-il pour nous quelques lettres du Canada, uans le mois de février, Je commencerai à acheter des chevaux et je son-

gerai à m'embarquer vers la mi-avril en compagnie de mes deux filles, pour passer la saison au Parc Savard. Et pendant ce laps de temps, je compte bien voir se réaliser l'achat de la concession de terrains sur laquelle viendra se greffer certainement d'autres entreprises.

(Signé)

Baron DE L'EPINE.

Pièce E

L'honorable 31. Turgeon accuse réception.

Québec, 12 février l;h>0.

M. le baron, de l'Epine,

28, Chaussée de Charleroi, Bruxelles, Belgique

Mon cher ami,

J'ai reçu vendredi dernier, le 9, votre lettre officielle et, ce matin, CE.LLE1 bE OHAR.NEUSE.

JE SUIS SATISFAIT DE TOUT CE QUE VOUS M'Y TOUCHEZ, excepté que je me demande si vos gués pourront faire l'exploration entemps utile. Il famt être trappeur ou coureur des bois de profession pour sillonner la forêt vierge, surtou été : remonter les rapides, faire *$s portages, et les mouches ! les mouches ! Enfin, espérons qu'ils seront .\ la hauteur de la tâche. J'ai dé M. Thompson comme chef d'expédition, MAIS IL SERAIT FACILE DE LUI AlDJOTNlDiRE OBAfDSRI comme auxiliaire, ou plutôt comme technicien Au' POINT DE VUE MINIER.

Nous avons bien hâte de vous revoir et vos jeunes filles seront les bienvenues. Je suis sous l'impression que ma femme a écrit à Madame de l'Epine et' ei.e ne manquera pas de continuer ; car nous avons gardé un si affectueux souvenir de votre famille (1)

Veuillez présenter mes respectueux hommages à Madame de l'Epine et me rappeler au souvenir de tous les jeunes.

Cordialement à vous,

(Signé) ADE'LARD TUROEON.*

(1) — Evidemment ce passage est uie réponse à la lettre confidentielle de Cliarneuse, dans laquelle M. de l'Epine déclare que la Baronne serait très heureuse de recevoir qur? ques lignes de la main de Mme Turgeon. A remarquer aussi que le Baron ne parle de ses jeunes filles — auxquelles M. Turgeon souhaite d'avance la bienvenue — qu« dans la lettre confidentielle.

Rièce F

Déclaration Taschereau (21 mai 1907)

Le baron de l'Epine, nous savons maintenant ce qu'il a voulu faire : il a voulu carotter ses concitoyens belges. Toutes les lettres qu'il a produites ici, je ne dirai pas qu'elles sont fausses ; elles sont vraies les lettres que le baron de l'Epine a envoyées à ses amis en Belgique et les lettres qu'il a reçues d'eux.

Ces lettres sont vraies, je ne les nie pas

On a dit que M. Turgeon s'il voulait creuser une fosse, aurait dû la creuser plus grande et mon ami M. Lanamme a dit en

terminant que peut-être bien M. Turgeon ou ses amis seraient contents de s'adresser— j'ai compris : à lui — peut-être ne l'a-t-il pas dit — mais de s'adresser aux siens pour le défendre plus tard. C'est vrai. M. Turgeon au/ a besoin d'être défendu. M. Turgeon aura

besoin d'être beaucoup défendu plus tard

Il aura besoin d'être défendu, et j'espère que mon confrère le défendra plus tard, et qu'il viendra mettre au service de l'hon. M. Turgeon, pour le blanchir, le même zèle que son client à mis pour le noircir.

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