‹ Politique provinciale; les differentes administrations depuis 1867Chapitre 5 sur 13 · COMME VOUS LE SAVEZ · texte numérisé non relu

COMME VOUS LE SAVEZ

un groupe de financiers que je représente a pris en sérieuse considération le "projet d'acquérir une concession importante de terre ■dans le nord-ouest de la province de Québec.

Me rappelant les RELATIONS QfOE VOUS AViEZ EUES EN BElDGIQUE AVEC LES FI- NANCIERS dont il s'agit, relations qui ont pu vous édifier sur le sérieux de leur caractère... je me crois autorisé à, etc."

Le 21 décembre 1905, M. Turgeon donne au baron de d'Epine un blanc seing autorisant le transfert de l'option à la société belge.

Le 20 juin 1006, M. Turgeon écrit :

'* J'attends avec impatience des nouvelles DU SYNDICAT."

Le 23 janvier 1906, M. Turgeon écrit au baron :

" J'ai pris connaissance de votre lettre du 11 courant."

Or, que dit cette lettre du 11 janvier ?

" Je me suis rendu/dit le baron, à Anvers ; le comité de direction du syndicat se réunissait à l'occasion de mon retour. J'avais pressenti mon ami M. (xOiE- THALS, le matin."

Encore un nom fourni à M. Turgeon, le troisième.

Le quatrième, on le trouve mentionné en toutes lettres dans une communication du baron à M. Turgeon lui-même, en date du 19 mars 1906. (Lettre No. 65).

"Le baron Van EstVelde, Ministre d'Etat, un de nos financiers les plus écoutés et faisant autorité, vient, écrit le baron de l'Eipirie, de prendre une participation dans le syndicat et EST ENTRE DANS LE COMITE DE

DIRECTION. Il s'intéresse vivement à votre beau pays." (1).

Déclaration à îa chambre

Voulez-vous quelque chose de plus officier ? Ecoutez la déclaration faite par ;M. Turgeon à la chambre des députés après avoir été, au préalaible, soumise à l'approbation du conseil des ministres.

" Le 4 mars 1907, mon ami, M. Leblanc, posait au gouvernement les ■trois questions suivantes :

ilio.— ILfè gouvernement a-it-ll reçu flans le courant de 1906 de la part du baron de l'Epine une demande d'achat de terrains dans le territoire de l'Aibïttiibi pour y établir des colonies belges ?— {Réponse. — Oui.

2o.— {De quelle étendue de terre a-(til été question ?— {Réponse.— Le 200 à 500,000 acres.

3o. — 'Quelle réponse a-t-il été donnée ?— iRéponse.-iLte SYNDICAT BELGiE, représenté par M. de l'Epine, a refusé d'accepter les conditions du gouvernement."

(Et le ministre qui donnait ces réponses à la chambre et qui reconnaissait ainsi l'existence réelle du syndicat belge, c'était votre député, M. Adélard Turgeon, le même homme qui deux mois après, pour dérouter ses adversaires et sauver sa peau, prenait Dieu à témoin qu'il ne connaissait pas le syndicat, dont pour lui l'existence était aussi fictive que réelle.

Il faut avoir du front pour s'aventurer sur un pareil terrain. Votre député en a, mais pas assez, cependant, pour accepter la discussion et faire face à des adversaires, pas assez pour revendiquer son honneur et pour poursuivre au criminel et traduire aux assises ceux qui ne craignent pas de lui jeter à la figure l'injurieuse accusation de s'être parjuré.

S'il osait poursuivre un journal au criminel il sait que, pour se défendre, la feuille Incriminée n'aurait qu'à produire le témoignage de M. Turgeon parlant sous serment contre le témoignage du même M. Turgeon, parlant encore sous serment.

Quand M. Turgeon, par exemple, prend Dieu à témoin qu'il ne connaît pas le syndicat belge, il est facile de

confondre le ministre en citant cette autre partie de son témoignage également donné sous serment où M. Turgeon affirme que c'est lui-même qui avait entamé des négociations aveic !ta belges, au sujet de l'Abittibi, à Liège, en juillet mil neuf cent cinq lors de son pacsage dans cette ville.

Nous avons, de la bouche même de M. Turgeon, ce foudroyant aveu (2).

Qu'il ose après cela traduire au criminel ceux qui ne craignent pas de dire qu'il est un parjure.

Quand, pariant de la fameuse lettre de Gharneuse que lui adressait le baron de l'Epine, M. Turgeon s'écrie :

" Jamais je n'ai eu cette lettre.

Cette lettre est évidemment une lettre fabriquée après coup, pour cnereher à m'atteindre."

Pour confondre à nouveau le ministre, comme il le fut d'ailleurs si complètement, lors du procès Asselin, il n'y a qu'à lui mettre sous les yeux sa lettre du 12 février, adressée par lui, au baron de l'Epine, et dans laquelle il dit à son cher ami :

" J'ai reçu vendredi dernier, le 9, votre lettre officielle et ce matin (12 février,) celle de Gharneuse."

Et puisqu'il l'avait reçue que ne l*at-ii produite en cour, ne fut-ce que pour confondre à jamais le baron de l'Epine qui, lui, ne craignait pas de verser au dossier le brouillon même de la compromettante missive.

Tant que M. Turgeon ne retrouvera pas la lettre qu'il reconnaît avoir reçue de Gharneuse, mais qu'il prétend avoir détruite ou perdue, tant qu'il n'offrira pas les témoignages de MM.

De Jardin et Goethalls, pour contredire celui du baron de l'Epine, Jamais, en face des indiscrétions de sa propre correspondance et de l'incroyable imprudence dont il a fait preuve dans cette pénible affaire de l'Abittibi, jamais il ne pourra demander à l'opinion publique, à l'opinion éclairée, de revenir sur le jugement qu'elle a déjà prononcé et qui est une flétrissure méritée pour ceux qui nous gouvernent aujourd'hui dans la province de Québec (3).

<1) Voir pièce A de l'appendice.

(2) Voir pièce B de l'appendice.

(3) Voir pièces C, D et E de l'app.

OÙ

Née de Ha trahison, élevée dans l'iniquité, l'administration actuelle est feta^eonent vouée à la mort précoce des jouisseurs et des décrépits.

Ellle y marche à grands pas.

Dans la salle des délibérations du conseil exécutif une main mystérieuse a déjà tracé sur les murailles le Mane Thècel Phares du gouvernement.

Dehors, l'électorat se soulève.

De rontiac à Gaspé, la clameur populaire gronde. Le courant se forme, se fait torrent. Vienne l'heure des

élections, que ce soit dans quelques jours, dans quelques semaines ou dans quelques mois, le peuple se lèvera dans sa cogère et, ©ans pitié, il chassera du temple les vendeurs qui en souillent le parvis sacré. Le comté de Bellechasse fera alors noblement son devoir et dans un geste superbe, dont tout le monde admirera la beauté, il écrasera sous ie vote d'un électorat indigné celui qui a si indignement trahi sa confiance et qui ne mérite plus son estime.

Le Régime Libéral a manqué à toutes ses

promesses.

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