LE SUBSIDE FÉDÉRAL
Et surtout, nous avons réussi à régler cette question depuis si longtemps discutée, le rajustement du subside fédéral.
Nous pouvons le proclamer avec fierté, c'est par un gouvernement libéral qu'a été commencée l'agitation efficace qui devait amener la solution de cet important problème, et c'est par un gouvernement libéral qu'elle a été menée à bonne fin. C'est au gouvernement de Québec que revient le mérite d'avoir organisé ce mouvement d'ensemble de tous les gouvernements provinciaux qui a assuré le succès de nos revendications.
La mesure que sanctionnera bientôt le parlement impérial nous permettra de toucher dès cette année une subvention additionnelle de $600,000.00. Mais cette subvention n'est pas fixe, et elle augmentera à mesure que croîtra notre population.
$600,000.00 ! avez-vous calculé que cette somme représente l'intérêt d'une bonne partie de notre dette provinciale ? Avez-vous songé que ce subside additionnel et le surplus de $400,000 sur lequel nous pouvons compter à la fin de l'année courante, nous permettront de dépenser un million déplus pour l'éducation de nos enfants, pour l'avancement de la colonisation et pour l'amélioration de nos chemins ?
Et dire que M. Bergeron aurait préféré à l'augmentation du subside fédéral, qui nous vaudra tous ces bienfaits, la taxe directe et l'union législative ! Je vois ici des électeurs de Beauharnois ; laissez-moi leur lire les paroles que M. Bergeron prononçait en
chambre le 25 mars 1907, afin qu'ils lui en demandent compte lorsqu'il ira solliciter leurs suffrages.
" Quelques-uns des pères de la confédération," a dit M. Bergeron, " voulaient l'union législative — un seul gouvernement pour toutes les provinces. Je crois qu'ils avaient raison. D'autres voulaient le système fédératif ; mais même dans les discours de M. Brown, de M. Dorion et des autres champions de l'union fédérative, il est facile de voir, que, dans leur intention, les législatures provinciales ne devaient pas être des parlements .... On a dit que la taxe directe est un impôt impopulaire. Les pères de la confédération ne pensaient pas de cette façon, mais ils considéraient que c'était le meilleur mode qui pouvait être mis à la disposition des provinces pour se créer des revenus ; et je crois qu'ils avaient raison. . . . On dira que l'opposition combat cette mesure (le rajustement du subside fédéral.) Je la combats, c'est vrai, parce qu'elle est mauvaise en elle-même, parce qu'elle est mauvaise pour la province de Québec, en particulier. Plus vous donnerez d'argent aux provinces, plus vous retarderez le jour où il leur faudra imposer la taxe directe, qui est la seule qui permette au peuple de savoir d'où vient et où va l'argent." (Traduction des paroles de M. Bergeron, telles que rapportées dans l'édition non revisée des débats du 25 mars 1907, pages 5460 et suivantes.)