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APPRÉCIATION DE NOTRE ŒUVRE

Laissez-moi vous dire maintenant comment est appréciée notre œuvre, non pas par nos amis, mais par le principal organe même du parti conservateur, la " Gazette " de Montréal.

Le 22 janvier 1906, après avoir fait état des principaux items du revenu et de la dépense de cette province pendant l'année 1904- 1905, la " Gazette " ajoutait :

" Dans les services de tcus les gouvernements, il y a de petites extravagances et de petites pertes. 11 doit indubitablement y en avoir dans les items qui précèdent. Dans l'ensemble, il ne paraît pas y avoir de preuve de telle extravagance. Le revenu général ne peut plus être augmenté si ce n'est en imposant de nouvelles taxes, ce qui serait impopulaire."

Le lendemain de la prorogation de la dernière session, le même journal publiait ce qui suit :

" Le programme du gouvernement a été modéré. Il ne contenait rien de radical ni d'extravagant, ce dont il faut se féliciter. Il est bon d'avoir dans la confédération au moins une importante

province où les hommes publics savent traiter les intérêts qui leur sont confiés avec tout le sentiment requis de leur responsabilité et avec une saine appréciation des principes qui ont été les facteurs du progrès national et commercial. Il est excellent que Québec soit cette province. Les points les plus importants du programme législatif étaient des lois pour la réduction de la dette, — dans des limites restreintes, il est vrai, — pour l'amélioration des chemins et pour rendre plus efficace le système d'éducation par l'établissement d'écoles d'enseignement technique. L'esprit de chacune de ces mesures est digne de louanges, et de chacune on doit attendre d'excellents résultats ".

Cette appréciation d'un journal anti ministériel sera acceptée, nous en sommes convaincus, par les électeurs impartiaux de cette province, de préférence aux diatribes de certains journaux et de certains adversaires qui semblent se donner la mission de nous diminuer par tous les moyens possibles.

Je me proposais de vous parler de l'affaire de l'Abittibi/au sujet de laquelle on a fait tant de tapage et répandu tant de calomnies et d'insinuations méchantes. Mais il me faudrait assez de temps pour traiter convenablement cette question, et ce serait vraiment abuser de votre bienveillance. D'ailleurs, ce ne sera que partie remise ; je serai à Saint-Eustache le 11 de ce mois, et j'en profiterai pour dire €e que je pense des contes de M. de l'Epine.

l'envie

En attendant, constatons à regret que, dans notre province plus qu'ailleurs peut-être, nous souffrons d'un mal qui est le fléau de toutes les démocraties ; j'ai nommé : l'envie.

Si la province de Québec veut conserver son rang dans la confédération, si les Canadiens-français veulent atteindre aux destinées glorieuses que l'on nous fait entrevoir et dont on nous parle avec tant d'attendrissement aux heures de fête nationale, le devoir immédiat est d'imposer silence à cet esprit de jalousie et de dénigrement que certains des nôtres se plaisent à cultiver, à ces calomnies savantes qui, malheureusement, ont déjà brisé et ruiné, au moment où nous en avions le plus grand besoin, les meilleurs de nos politiques et les plus vaillants de nos patriotes.

Guérissons-nous de ce mal qui mine nos hommes de valeur, qui tue les intelligences supérieures, qui abaisse tout ce qui monte, et qui salit tout ce qui brille.

Il y a des gens, on l'a dit avant moi, qui croient que la passion politique excuse tout. Ils sont d'opinion, ceux-là, qu'il est permis de déshonorer un adversaire pour le combattre. La passion politique a ses limites, et ils sont criminels ceux qui les méconnaissent. Ces limites sont la justice et là vérité.

Certes, couvrir d'opprobre un adversaire, au mépris de la vérité et de la justice, est en soi une œuvre des plus attristantes ; mais ce qui est bien plus pénible, c'est le funeste exemple que l'on donne par là à toute une population qu'on devrait plutôt s'efforcer d'instruire, de grandir et de rendre meilleure.

Instruire, grandir, rendre meilleur le peuple de la province de Québec, telle est la tâche que nous nous sommes donnée et à laquelle nous nous dévouons chaque jour. Nous sommes un gouvernement qui s'efforce d'être pratique et d'accomplir des œuvres fécondes. Nous avons la satisfaction d'avoir, jusqu'à ce jour, fait notre devoir ; et, quoique nous ne soyons aux affaires que Idepuis 28 mois, nous aurions déjà le droit de dire à ceux qui nous succéderont ; " Aimez votre province comme nous l'aimons, servez-là fidèlement comme nous la servons, faites pour ceux qui vous suivront ce que nous avons fait pour vous, et votre vie n'aura pas été inutilement vécue. "

Résumé d'un discours

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