LES PRÉCÉDENTS
[ y a dans le calendrier du parti conservateur un saint qui revient presque chaque jour et avec lequel les ultra purs de ce parti sont quelque peu familiers pour l'avoir beaucoup pratiqué jadis : c'est le saint du scandale. La tactique n'est pas nouvelle et les chefs libéraux, les plus éminents comme les plus respectés, en ont tour à tour été les victimes. Qui ne se rappelle, pour ne citer que deux noms parmi les disparus, la campagne de press poursuivie contre M. Joly en 1879. Les journaux conservateurs en étaient rendus à leur trente-huitième scandale, ce qui n'empéche pas que M. Joly de Lotbinière a laissé la réputation d'un homme intègre et que c’est à juste titre qu'on l’a appelé le chevalier sans peur et sans reproche. Quant à Mercier, les événements de 1892 sont encore trop rapprochés de nous pour qu’il soit nécessaire d'en parler. La presse conservatrice vomissait chaque matin sur nous des torrents d’invectives, de calomnies atroces et de mensonges éhontés. D'un bout à l’autre du pays, de Pontiac à Gaspé, on nous représentait
le crédit publie et de salir les élections terminées, nos devaient aller pourrir dans ur Général
des voleurs en train de ruiner l'honneur de notre province, et, une fois chefs, et plus particulièrement Mercier.
L'Etat. C'était l'époque où un Procure
comme
les prisons (l mettait sa signature at Dis d'un acte d'accusation pour Un détour-
nement de fonds, quand il avait dans son département, dans son propre bureau, la preuve officielle, manifeste, évidente, de l'emploi judicieux et légitime de ces fonds. Epoque de honte et dont il suffit d'évoquer le souvenir pour faire passer sur les foules un frisson de reprobation populaire. Et maintenant que Mercier est mort, qu'il est descendu dans la tombe creusée pas leurs mains, des con-
servateurs et quelques faux libéraux, parmi lesquels quelques-uns audace et
de ses perséeuteurs Et de ses bourreaux, ont l'incroyable l'imprudent eynisme de prononcer s 1 nom avec éloges et d’accoler à sa mémoire des paroles attendrissantes de détente et de conciliation. Nos adversaires sont toujours prêts À rendre justice aux chefs libéraux, mais à une condition : qu'ils soient morts. Malheur, trois fois malheur, aux vivants !
J1 paraît que je ne suis pas mort, car depuis quelques mois je suis devenu conservateur et j'ai l’insigne honneur de continuer, Ja tradition libérale.
Depuis la dernière session provinciale, 1 Evènement ”, et à sa suite les roquets de la pressée conservatrice, ont entrepris une Campagne contre votre député. Ma vie publique et quelquefois ma vie privée ont été passées au esible de la politique la plus sévère. On a fouillé les vieux régistres. exhumé les gazettes jaunies par le temps, et, parce que j'avais eu honneur de représenter mOn pays à j'étranger et de le représenter avec distinction, un seribe plus abjeet que les autres et dont le physique même reflète la turpitude morale,
a cherché à baver sur ma probité littéraire. J'ai eu la crânerie, vous vous en rappelez, de m'en rapporter à Ja décision du président du bureau de direction de L’* Evènement ”” qui m'a vengé de cette accusation ; mais Ja beauté de mon geste à passé au-dessus de la tête
de mes détracteurs.
mais vivant et très vivant , ln tête de ture du parti à mes dépens,