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L'IMMENSE INTÉRÊT DU BARON

Il n’est pas sans intérêt non plus de citer un autre lettre du Chevalier Goethals à l’Epine. Elle indique que celui-ci avait dû lui faire des confidences et elle fait comprendre l'immense intérêt qu'il apportait à la conclusion de cette affaire. Je lis :

Anvers, le ier janvier 1907.

“ Mon cher Baron,

“ Merci pour vos bons souhaite reçus à l'instant. Croyez bien que, de mon côté, j'en forme pour vous de bien sincères et très cordiaux. Puisse l’année 1907 vous réussir au-delà de vos espérances et vous largement dédommager, vous et ies vôtres, de vos déceptions de 1906.

“ J'apprends avec plaisir, mon cher ami, que votre état de santé s’améliore, et que vous espérez pouvoir vous réembarquer pour Québec le 15 de ce mois. Votre présence l-b&s est tout à fait nécessaire, autant pour vous même que pour nous Nous touchons au but ; un dernier coup d’épaule, et cela y est.

“ Ces messieurs sont tous disposés à faire l’aflaire. Ils sentent que le vent est au Canada et ils sont en train de to irner leurs voiles de ce côté. Les capitaux ne manquent pas. A preuve : dans quinze jours, la maison Jacobs constitue la “ Banque hypothécaire Canadienne,” au capital initial de DIX MILLIONS : le capital est déjà souscrit bien au-delà de ce chiffre et, dès à présent, il y aura lieu à réduction proportionnelle des souscriptions ! je serai commissaire dans l'affaire ; la liste des administrateurs est splendide ; voilà, en dix mois, la seconde société canadienne que icréent les Jacobs. Ils ne demandent pas mieux que d'en fonder prochainement une autre. Il faut, entendez-vous, cher ami, IL FAUT que celle-ci soit la vôtre, oui, la vôtre ! Le moment psychologique est arrivé, croyez-moi : ne laissez pas refroidir le fer pendant qu'il est chaud ; il faut activer les choses ! Et c’est ce dont il est important de persuader vos ministres canadiens.

‘ Et vous-même, cher ami, n'oubliez pas que, du jour où l'affaire est sur pieds, vos parts syndicales, qui, aujourd'hui, ne valent rien, acquièrent d'emblée une valeur immédiatement négociable. C’est vous qui avez proposé cette affaire. Sur vos dires, et à mon intervention, un syndicat s’est formé; il vous a suivi; ila, ce faisant, dépensé déjà pas mal d'argent. De ce chef, vous a vez, mon cher baron, assumé une responsabilité morale, à laquelle vous

n'avez pas le droit de vous soustraire, bien que vous ne soyez pas directement ‘ appointé”, ainsi que vous me l’objectez, sans que ceci réponde à rien. Dans votre intérêt done, comme dans le nôtre, il faut, nous sommes bien d'accord là-dessus, n'est-ce pas ? IL FAUT que l'affaire se fasse, et le plus promptement possible. Puisse 1907 marquer, à cet égard, une date mémorable pour nous !

“ Avant votre départ, il sera indispensable que nous ayons ensemble une entrevue. Veuillez me dire votre jour, et ce, assez Jongtemps à l'avance, afin que je puisse prendre mes dispositions en conséquence.

“ Présentez, je vous prie, mes souhaits de nouvel an et mes respectueux hommages à la baronne et croyez-moi, mon cher ami,

“ Votre dévoué, “ (Signé) CHEV. GOETAIS,

« M, le baron de l'Epine à Charneuse ”.

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