LES LIBÉRAUX SE SOUVIE ENT
Les libéraux de la vieille Capitale ont la mémoire tenace. [ls n'ont pas oublié 1892; à cette époque, des libéraux, pour des considérations futiles, ou affolés par la piperie des mots, abandonnèrent Honoré Mercier. Celui-ci tomba. et bientot, miné par la maladie et davantage par l'ingratitude des siens, il mourut. Dans l'intervalle, le calme s'était fait, les passions s'étaient apaisées et le peuple comprit l'immensité de sa perte. Ah! que j'en ai vu alors des libéraux, pleurant des larmes de sang, sur le verdict de 1892. Si Honoré Mercier a eu les funérailles d'un roi, non par la splendeur des décors, mais par la douleur spontanée de tout un peuple, si chaque année encore, à la tombée des feuilles, des milliers et des milliers de personnes viennent s’agenouiller sur sa tombe; si, parmi les souvenirs de ceux qui lui sont restés fidèles jusqu'au bout—et
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Dieu merci, je suis l’un de ceux-là—le plus exquis est précisément ce souvenir de fidélité, veuillez y voir quelque chose de plus que le sentiment d’un parti qui se souvient—mais la réparation d'outretombe éclatante et unanime de tout un peuple qui se repent.
Oui les libéraux se souviennent, et ilest bon qu'il en soit ainsi : car, en politique, l'oubli rapide, l'indifférence publique est le pire de tous ies maux.
Il est bon qu’il en soit ainsi, pour que l'historien futur n'écrive pas de notre pays ce que Plutarque raconte de la Grèce. Quand le père de Thémistocle voulut détourner son £s de la vie publique, il le conduisit sur le rivage du Pirée et, lui montrant une vieille galère abandonnée : “C'est ainsi, lui dit-il, que le peuple traite ses orateurs et ses chefs.” Oui, le peuple se souvient et, conséquemment, il veille. Il en est dans le monde politique comme dans le monde physique : aux jours d'agitation et de tempête, les bas-fonds sont remués et la lie remonte à la surface, mais l’écume de 1907 n'aura pas le succès des jours d'antan. Bien au contraire : par leur mauvaise foi, par leur campagne de dénigrement, par leur appel à tous les mauvais instincts, nos adversaires n'ont réussi qu'à faire taire les dissensions dans nos rangs : et si, aujourd'hui, d'un bout à l’autre du pays, notre parti est fondu dans une harmonieuse unité, c'est à eux que nous le devons dans une large mesure ; EX INI- MICIS SALUS, comme on disait dans lantiquité. Ils ont constitué contre eux la ligue que rien ne peut dissoudre et abattre, ils ont fait la coalition des intérêts matériels menacés, de la concorde sociale alarmée, des consciences indignées, et, contre cette coalition des intérêts matériels et moraux du pays, les TURLUPINADES du sénateur Landry ne sauraient prévaloir.
L'AFFAIRE BREAKEY
J'aurais aimé à dire, aujourd'hui même, un mot des critiques, bien maigres d'ailleurs, dirigées contre l'administration du département des Terres ; mais je me rends compte que j'ai parlé trop longuement peut-être et je me sens d’ailleurs trop fatigué pour aborder un autre sujet. J'aurai, d'ici à quelque temps, l'occasion de prendre de norveau, contact avec l'électorat du district. Je tiens à affirmer hautement que ces critiques ne reposent que sur l'ignorance des faits et, dans quelques cas, sur une insigne mauvaise foi Pour ne citer qu'un exemple, on va clamant sur les hustings qu'à la suite d'un diner avec M. Breakey, au Club de
Ja Garnison, je lui ai vendu à crédit, au-dessous de la mise à prix et pour $105,000, une concession forestière qu'il revendait $800,000 quelques mois plus tard. Eh bien, messieurs, iln’yaeu ni club, ni diner, ni conversation avec M. Breakey, ni entente directe ou indirecte, ni vente à crédit—car M. Breakey a donné son billet, qui a été escompté par la banque et ensuite payé - , et il est également faux que M. Breakey ait revendu pour ce montant ou pour un chiffre qui s'en rapproche. Voilà avec quelle bonne foi, les hommes qui se prétendent sérieux, comme M. Bourassa, discutent les affaires publiques. Le petit-fils de Papineau en est rendu à répéter les calembredaines de M. LeBlanc. Cette vente à M. Breakey a été faite ouvertement, devant deux cent cinquante à trois cents personnes, gérants où présidents des compagnies qui se livrent à l'exploitation forestière, et, comme le veut la loi, au plus plus haut et dernier enchérisseur.
L'hon. M. Turgeon à terminé son discours en remerciant le Premier Ministre, qui lui a donné récemment et aujourd’hui encore des preuves de sa €: :ance et de son amitié, ses collègues du ministère et de la députation, les libéraux de la vicille capitale et de comtés environnants, et, finalement, ses braves lecteurs de Bellechasse, auxquels il adresse un dernier remerciement ému.
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