‹ Politique provinciale [microforme]Chapitre 21 sur 32 · QU’A-T-IL RÉALISÉ · texte numérisé non relu

QU’A-T-IL RÉALISÉ

M. Bourassa un sauveur ! Quelle idée nouvelle at-il préconisée ? Quelle réforme sérieuse at-il proposée ? Toutes les réformes possibles et désirables qu'il patronise,—je le démontrerai dans un instant,—nous les avons réalisées, ou nous sommes en voie de les réaliser. Quant au reste, ce ne sont que des enfantillages, des propositions absurdes ou burlesques, et quelquefois des appels démagogiques, comme l'abandon du bois au colon et l'abandon de nos richesses de chasse et de pêche à l’inprévoyance des foules. On sent que M. Bourassa n’a aucune expérience administrative, aucun sens des affaires. Sa politique est une politique élaborée, où plutôt rêvée au coin du feu, une politique en pantoufles et en robe de chambre, qui ne tient aucun compte de la réalité des choses.

Ei:core, si M. Bourassa s’en était tenu là! S'il s'était contenté de prêcher des réformes irréalisables, où même domimageables, on pourreit lui contester le jugement sans lui refuser notre estime, mais il a jugé bon, pour atteindre je ne sais quel but et pour assouvir je ne sais quelle ambition, de se faire l'écho de deux ou trois ineptes commérages qu'il colporte sur tous les hustings de la province, sans avoir d'abord cherché à s'assurer de leur authenticité, et qu’il continue à répéter même quand on lui démontre qu'ils ne sont pas authentiques.

En vérité, c'est un singulier pays que le nôtre! Ici, quand on porte une accusation contre un homme publie, non seulement on ne se croit pas obligé de la prouver, non seulement on ne se croit pas tenu d'établir sa culpabilité, mais encore c'est l’homme publie qui doit démontrer son innocence.

LE PRÉTENDU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE Que puis-je penser de la bonne foi de M. Bourassa, qui affirme que nous voulons rétablir le ministère de l'instruction publique, quand le gouvernement, par la voix de son chef, à la dernière session et à la session précédente, a hautement déclaré son intention de n’en rien faire !

Ce ministère, on le lui a d’ailleurs cruellement rappelé à Saint Hyaci the, il en a été le partisan jadis. Ce projet a été définitivement : carté il y a au delà de huit ans, à la session de 1899, après un discours que je prononçais à l’Assemblée législative, à une époque où il fallait quelque courage pour le faire, devant une majorité hostile et où je me suis aliéné des amitiés qui m'étaient chères,

M. Bourassa aurait dû élever la voix alors qu'il eut été utile de le aire et il pourrait maintenant concentrer son effort sur autre chose fque la solution d’un problème qui a été résolu sans lui et même contre lui.

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