LA COLONISATION
L'on à beaucoup parlé, depuis le commencement de ce débat, de la commission de colonisation. L'on nous a fait des reproches bien amers à ce sujet, L'on a prétendu que nous avions institué cette commission pour nous soustraire aux responsabilités qui nous incombuient.
M. l'Orateur, nous ne regrettons absolument rien de ce que nous avons fait. Les commissaires qui ont été chargés de re-
cevoir les plaintes des colons et de s'enquérir de leurs griefs sont des hommes intègres, intelligents et remplis de patriotisme, Nous avons confiance en ceux, et nous espérons que leur travail sera une œuvre éminemment utile à la cause sacrée de la colonisation. ;
Mais il est une chose qui m'étonne, lorsque j'entends l'honorable député de Dorchester crier au scandaie et accuser le gouvernement au sujet des colons et des marchands de bois.
La commission de colonisation a parcouru la province- Elle est allée dans tous les grands centres et, plus particulièrement, dans cette capitale, pendant des mois. Pourquoi ne s'est-il pas présenté devant la commission, lorsqu'elle siégeait ici ? Il lui aurait été facile de faire devant elle la preuve de ses affirmations. L'honorable député aime mieux lancer des défis et se répandre en exagérations et en reproches indignés.
S'ilest vrai, comme il l'affirmait hier soir, qu’il est des compagnies qui violent les règlements du ministère des Terres ; s’il est vrai, comme il le déclarait hier soir, qu’on dilapide nos forêts, qu'on vole nos bois, Pourquoi l’honorab.e député de Dorchester et ses amis, qui ont tant à cœur le bien des colons et les intérêts de cette province, ne nous fournissent-ils pas la preuve de leurs assertions et ne nous donnent-ils pas l'occasion de punir les coupables ? Pourquoi? Parce qu'ils ne peuvent établir le bien fondé d'aucune de ces accusations qu’ils crient sur les hustings et dans leurs journaux,
J'ai pris toutes les informations qu’il m'était possible d'obtenir ; j'ai interrogé les gérants de Presque toutes les compagnies ; et je suis moralement éonvaincu que les affirmations de l'honorable député de Dorchester sont entièrement fausses, et je le défie de prouver qu'une seule compagnie de inarchands de bois ait violé les règlements du département des Terres quant à la coupe des bois.
Pour ce ui est des petits billots dont il a parlé, je ne doute pas qu'il en ait vus. Mais il ne faut pas oublier que les colons qui ont obtenu leurs lettres-patentes, de même que les propriétaires de terres de seigneurie sont absolument maîtres
chez eux. Le gouvernement ne peut les empêcher de couper leur bois du diamètre qu'ils jugent convenable ; et, couperaientils des s.bustes ou des arbres de deux pouces de diamètre. personne n'a rien à y voir.
L’honorable chef de l'opposition disait dans son discours qu'il y a un grand malaise dans l'esprit public au sujet de la colonisation.
Ce malaise, s’il existe, M. l'Orat, ur, ce n’est pas le parti libéral, ce n’est pas le gouvernement actuel qui l'a créé. Ce malaise, qui n'a pas sa raison d'être, est le fait de nos adver. saires, de personnes qui n'ont aucune considération pour la grandeur de la cause de la colonisation et qui ne visent qu'à faire du capital politique au profit de leur parti déchu,
On a écrit et dit que le parti libérai ne faisait pas son devoir envers les color...
M. l'Orateur, je vous ai démontré combien nous avions octroyé de lettres-patentes ; je vous ai dit ce que nous avons fait de travaux, de chemins et de ponts; je vous ai fait voir comment nous nous sommes transportés pa: des mandataires auprès des colons des différentes parties de cette province pour entendre l'exposé de leurs besoins. Je pourrais encore vous montrer les progrès étonnants qui se sont accomplis durant les dernières années, notamment dans le comté d'Ottawa, au Lac Saint-Jean et dans la vallée de la Métapédia. Mais je ne veux pas abuser de l'indulgence de cette Chambre, et je passe, sans transition, à notre administration des travaux publics.