‹ Politique provinciale [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 81 · LES MALAISES DE LA COLONISATION EN · texte numérisé non relu

LES MALAISES DE LA COLONISATION EN

À la même époque, il existait un grand malaise chez les colons. Vuici comment l'abbé Pilote a, dans son ouvrage

“ Le Saguenay en 1851”, Page 116, peint et décrit la situation du colon d'alors :

“ Mais, dira-t-on, que fait donc l'agent des terres pour le gouvernement? Ce qu’il fait? Rien. Et que veut-en qu'il fasse? La joi qui règie l’administration des terres de la Couronn- le laisse sans pouvoirs comme sans moyens de protéger les colons et la propriété de la Couronne livrée au pillage et à la force brutale, Il a vendu cette terre dont la Couronne n'avait pas encore disposé, tous les réclamants s'étant donné garde de lui faire part de leurs prétendns droits. Que peut-il faire? Jra-t-il lui-même mettre . «cquéreur en possession ? Mais comment? Aurat-il recours aux tribunaux de justice ? Mais où s’adressera-t-il? Dénoncera-t.il cette voie de fait, ces vexations au Département des Terres de la Couronne? Autant jui vaudrait de s'adresser à l’empereur de la Chine ou du Japon. Aura-t-il recous à la force? Mais qui justifierait

ce recours à la violence ? En attendant, que fera le pauvre colon dépossédé et privé du capital employé à l'acquisition d’une terre dont il ne peut jouir ?”

En 1855, les porteurs de licences ayant prétendu qu'ils étaient propriétaires des terrains qui leur avaient été concédés parce qu'ils payaient une rente foncière, l’on passa une loi par laquelle il fut décrété que la rente foncière ne donnait aucun titre de propriété au porteur de licence et que le gouvernement pourrait, quand il le voudrait, augmenter cette rente foncière.

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