LES COMMISSAIRES
L'honorable député de Dorchester à dit que nous avions été bien maiheureux dans le choix de nos commissaires, Il a prétendu que l'honorable sénateur Legris, parce qu'il n’est pas
avocat, mais simplement cultivateur, n'avait pas les Jjualifications requises pour agir comme commissaire...
L'hon. M. Pelletier.—Pas du tout, monsieur l'Orateur ; je nie à l'honorable ministre le droit de me mettre dans la bouche des paroles que je n'ai pas dites. C'est “ Le Soleil ” qui dit
Sa ; et je crois que l'honorable ministre est un homme capable de se tenir à un niveau plus élevé que celui du “ Soleil Ce que j'ai dit, c'est que le sénateur Legris, n'étant pas un juriste, ne pouvait pas faire une étude critique de la loi des terres.
L'hon, M. Gouin,— Laissez-moi donc terminer ma citation, je vous prie.
L'hon, M. Pelletier —Tout ce que j'ai reproché au gouvernement, c'est d’avoir pris Pour faire une étude critique de nos lois un homme qui ne s'y connaissait pas.
L'hon. M. Gouin.— Vous avez prétendu que le sénateur Legris n'était pas qualifié à agir comme commissaire parce qu'il est cultivateur et n'est Pas avocat. Or, je soumets respectueusement, M, l'Orateur, que l'honorable sénateur Legris avait toutes les qualifications requises pour accomplir la tâche qui incombait à la commission, L'honorable sénateur Legris à une grande expérience des choses de la culture ét de la colonisation: il est cultivateur et a toujours vécu dans un comté où il se fait beaucoup de colonisation. L'honorable sénateur Legris a beaucoup d'expérience comme législateur, car il a été député dans cette Chambre, il a siégé durant de nombreuses années à la Chambre des Communes, et il fait maintenant partie du Sénat canadien, :
Je dois ajouter à la louange de M. Legris que, lorsqu'il a été appelé au Sénat, il a même été félicité par ses adversaires politiques. Pouvait-on faire un meilleur choix ?
Nous avons aussi nommé M. le chanoine Thivierge commissaire. L'honorable député de Dorchester ne veut pas qu'on l'appelle M. le chanoine Thivierge; nous l'appellerons, puisqu'il le faut, M. Thivierge. Eh bien, quoi que puisse dire l'honorable député de Dorchester, M. Thivierge est un homme
absolument respectable, un homme honnête, un homme qui jouit de la confiance du public, un homme d'expérience, un homme d'étude et d'observation ; ajoutons à tous ces titres qu’il a longtemps vécu dans les centres de colonisation. Nous avons cru qu'il était convenable de choisir pour faire partie de la commission de colonisstion un homme de son expérience et de sa compétence ; et le public, j'en suis canvaincu, a approuvé sa nomination.
Nous avons aussi choisi M. Brodie. L'honorable député de Dorchester, qui ne manque jamais l'occasion d'être désagréable à son prochain, a dit en parlant de M. Brodie: J'ai l'honneur de ne pas le connaître.” Voilà qui est, sans doute, une façon comme une autre de s’exprimer ; mais j'y trouve, moi, quelque chose qui ressemble fort à l'injure, M. Brodie, que l'honorable député de Dorchester me permette de le lui apprendre, est un brave et intelligent citoyen. C’est un homme qui, à part son expérience de cultivateur pratique, connaît très bien les lois d'arbitrage et la procédure des enquêtes.
L'honorable député de Dorchester prétend que nous aurions dû nous en tenir à l'honorable M. Stephens, qui, à son avis, est maintenant devenu le meilleur des hommes. La tactique des conservateurs est bien toujours la même, Nous, du parti libéral, pour trouver grâce aux yeux de nos adversaires, il nous faut ou mourir ou nous retirer de la vie publique, Quand nous mourons, ils nous décernent les plus beaux éloges ; si nous montons sur le banc, ils nous jettent des fleurs ; l’on commence même un peu d'avance,
M. Stephens a abandonné la politique et sa position de commissaire ; l'opposition l'abime de compliments. Mais, M, l'Orateur, l'honorable député de Dorchester n'a pas toujours eu la même opinion de l'honorable M. Stephens ; et il faut référer à “ L'Evènement” du 13 septembre 1902 pour voir ce que l'honorable député pensait de M. Stephens, Ce qu'il en disait alors diffère quelque peu de ce qu'il en dit aujourd'hui, C'est même injurieux pour M. Stephens; et je ne voudrais pas que Ion crût un instant que j'approuve ies lignes de “L'Evènement"”
que je vais lire, Je cite cet écrit à seul fin de faire voir une des multiples Contradictions de l'honorable dép
uté de Dorchester Voici ce qu’il écrivait en Septembre 1902, au sujet de la commission de colonisation: : À
“Cette royale Commission es de Monsieur le Chanoïne Thivie Stephens.
‘“ Monsieur
le
t actuellement composée rge et de Monsieur G. W
Thivierge le pôle positif, Monsieur Stephens le pôle négatif de cet aimant mystérieux dont M. C, Langelier est le barreau Contourné, Monsi, Capable, en dépit de son ministère de faire damner les saints que de sauver les colons.
tiques Les plus étroits qui stistent dire de M. Pacaud, du nJins,
“M, Stephens, un individu connu comme un karpagon pire que celui de Molière.
“MM. Thivierge et Stephens, quel heureux accouplement!"
L'hon. M. Pelletier, —
Je nie positivement avoir écrit cela.
L'hon. M. Gouin.
—Tant mieux Pour vous, mais ç'a été
écrit et publié dans votre organe.
On dit aussi, à présent, de bien belles choses sur le compte
de feu le juge Bourgeois, Voici, Cependant, ce que l'on écrivait au sujet de la première commissi janvier 1903 :
on, dans “ l'Evènement du 7
ide, un fanatique qui n'a jaraais su ce que c'est que Bagner sa vie, et comme décor
à cette comédie, un prêtre éminent qui n'a jamais vu la forêt.”
Enfin “ l'Evènement ” écrivait le 10 février 1903 :
“ Personne ne regrettera La retraite de M. Stphns, Ses
questions publiques ion qui demande à
idées bien connues sur la Plupart des ne le recommandaient Pas à une posit
esprit large et des vues d'avenir. Sa nomination fut une faute et sa retraite ne Peut être qu'un soulagement Dour les colons.”
L'hon, M. Pelletier.—Je viens de déclarer que ce n'est pas moi qui ai écrit ces articles. Pourquoi l'honorable ministre n'essaie-t-il pas d’être sérieux ?
L’'hon, M, Gouin,—Je crois discuter assez sérieusement,
L'hon, {. Pelletier.—Je vous dis que ce n'est pas moi qui ai écrit cela.
L'hon, M. Gouin.— J'accepte votre parole, “Si ce n'est pas vous qui avez écrit ces choses, elles ont été publiées dans l'Evènement, Et ce journal était alors votre organe; vous l'avez dit cette après-midi ; vous nous avez parlé de l’Évènement comme s’il était l'Evangile depuis qu'il s’est régénéré, Je prends donc ce que vous avez fait écrire, ce que vos rédacteurs ont écrit et je le cite comme étant l'opinion qu’'entretenait alors votre parti sur le compte de M. Stephens et de eu M. le juge Bourgeois.
Monsieur l'Orateur, quoi qu’en disent nos honorables amis de l'opposition. je crois que les commissaires ont rendu de grands services à la Province, Ils ont étudié consciencieusement la question de la colonisation ; ils ont entendu tous les témoins qui ont voulu comparaître devant eux ; ils ont écouté tous les griefs qu’on leur a fait connaître; ils ont fait leur rapport honnêtement et je suis bien convaincu que l1 Province retirera un grand profit de leur travail,