UNE PETITE LOI
Or, en 1860, il y avait au-delà de quarante ans qu'on se plaignait des accaparements des grands propriétaires. Le mal était connu, indéniable, évident. Savez-vous ce que fit alors le parti conservateur, le gouvernement Chauveau ? Dans ses dispositions toutes paternelles pour les colons, il passa une petite loi qui ratifiait, ni plus ni moins, toutes les ventes qui avaient été faites précédemment, qui ratifiait tous les accaparements, toutes les concessions, même celles où les spéculateurs n'avaient fait que payer un premier versement du prix de vente,
“Afin, disait cette loi, de faire disparaître les doutes et d'assurer les titres à certaines terres ci-devant concédées, il est statué que Ze non observation et l’'inaccomplissément de da condition imposée en et par certaines patentes, émiscs pour des terres publiques, «accomplir les obligations d'établisment, n'afecteront en aucune manière la patente ou le iitre
d'aucun concessionnaire ou d'aucun acquéreur subséquert.”
Savez-vous, M. l'Orateur, ce que cette disposition, cette petite loi a fait perdre à la Province? Rien que deux millions d'âcres de nos Plus belles terres ! ! !