QUELQUES PETITES CONCESSIONS
Et ce n’est pas tout ÿ ce n'est pas là le dernier mot de la “bonne administration des conservateurs.” En 1875, le gouveérnement de Boucherville concédait encore 96,000 âcres de terre à un seul homme, à un M. Whyte,
Ce n’est pas tout encore. En 1879, un M. Gunn, de la Dorainion Land Company, croyant qu'il avait affaire à un gouveérnement conservateur—à cette époque c'était l'honorable M. Joly qui était au pouvoir—demanda la modeste concession de 300,000 âcres de terre, L'honorable M. Marchand, qui était alors Commissaire des Terres, lui répondit que le gouvernement ne consentirait pas, pour n'importe quelle considération, à se départir d'un pareil lopin de terre, M. Gunn se retira, Le gouvernement Joly dut aussi disparaître et faire place à l'administration Chapleau,
Le cinq décembre 1879, M. Stockwell, un autre intéressé de la Dominion Land Company, fit une nouvelle demande de 300,000 âcres de terre. Heureusement qu'il y eut alors un homme de Courage qui lui répondit comme l'avait fait M. Marchand; et cet homme, c'est l'honorable chef de l'opposition lui-même. Voici ce qu'il écrivit à M, Stockwell le 16 décembre 1879:
“ J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre en date du cinq Courant, dans laquelle vous me demandez
au nom de certains capitalistes anglais, un octroi de 300 mille âcres de terre situés dans les cantons de l'Est, et de vous dire que, vû qu'un comité de l'Assemblée Législative a décidé dernièrement que ces réserves de grandes étendues de terres publiques sont préjudiciables à d'intérêt de la Province, et vû qu'elles re paraissent Das être en conformité de la loi et des règlements du département, il ne m'est pas possible de vous accorder votre demande,
“Toutes telles terres dont vous désirez faire l'acquisition doivent en conséquence être achetées suivant les règlements ordinaires de ce département, et Pour renseignements détaillés sur le sujet, je vous prie de vous adresser à M. C. Patton, notre agent à Robinson, P, Q.
(Signé) E. J. FLYNN, Commissaire,”
Ainsi, l'honorable chef de l'opposition trouvait alors que eette demande n'était pas raisonnable et qu'elle ne devait pas être accordée, Or, quatorze jours plus taid, le gouvernement Chapleau, dont faisait partie l'honorable chef de l'opposition consentait,—je ne sais pour quel motif, je ne sais sous quelle influence, —à concéder 100,000 âcres de terre à ce même monsieur Stockwell,
Et ce sont ces braves gens qui prétendent maintenant que nous dilapidons notre domaine national! Ce sont ces braves gens qui prétendent que nous donnons nos terres aux Américains! Ce sont ces gens-là qui soutiennent que nous gaspillons la fortune nationale! Ce sont ces gens-là qui proclament avoir donné un grand élan à la colonisation par leur bonne administration !