DE GOLTZ
Berlin, 10 janvier 1750.
Le jugement que vous faites par votre rapport du 18 du mois de
décembre dernier, touchant les affaires relatives à la Suède, est sagement
pensé, et je suis persuadé qu'à l'approche de la belle saison de la
présente année les Suédois auront à soutenir de la part de la Russie
tout ce même fracas d'ostentations guerrières qui les ont tant fatigués
pendant plusieurs années de suite. ^ ,
Federic.
Nach den Concept.
T Goltz verliess am 9. Januar Moskau und traf am 16. Januar m Petersburg ein.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Berlin, 10 janvier 1750.
Votre dépêche du 30 de décembre dernier m'est bien parvenue. Il me paraît, à en juger par ce qui m'en revient ici, que les arrangements de finances de la cour de Vienne souffriront un grand échec et qu'ils s'en ressentent même déjà. C'est qu'on ne savait pas, là où vous êtes, ce que signifient les dépenses pour les marches de troupes et ce qu'il y faut.
Vous continuerez, au surplus, d'aller toujours à pas mesurés avec le sieur Blondel, et je verrai plus volontiers qu'il vous accuse de trop de réserve envers lui, que si vous vous comportiez trop hardiment et trop à cœur ouvert à son égard, puisqu'en ce dernier cas vous ne feriez que vous exposer à des quiproquo imprévus et fâcheux avec ce ministre de France. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Berlin, 10 janvier 1750.
J'ai reçu vos dépêches du 26 et du 29 de décembre dernier. Je suis tout porté à croire que le marquis des Issarts n'a entrepris son voyage en France que simplement pour ses propres affaires particulières, et que d'ailleurs il peut avoir été chargé de la part de là cour de Dresde de tâcher s'il y a moyen de faire en sorte auprès de sa cour, afin qu'elle renouvelle son traité de subsides avec la Saxe.
Vous ne devez cependant point vous donner le moindre mouvement à cause de cela, mais vous laisserez aller cette affaire comme elle voudra, étant persuadé que la France se décidera d'elle-même à ne point donner, à l'avenir, des subsides à la cour de Dresde.
Il me paraît, au reste, que le ministère de France parle présentement d'un ton beaucoup meilleur qu'il ne l'a fait avant que le marquis de Puyzieulx maniât les affaires étrangères, et je souhaite seulement que le comte de Saint -Séverin ne vienne point à mourir encore de sitôt.»
Quant à la réponse que vous avez donnée au comte Tyrconnell sur ce qu'il vous a dit de l'article qu'on avait mis sur son sujet dans une gazette de Hollande, je veux bien que vous sachiez qu'elle a toute mon approbation,^ d'autant plus que j'avais effectivement déjà pris mon
I Vergl. S. 75. — 2 Die in Rede stehende Stelle des Chambrier'schen Berichts vom 29. December lautet: „Le comte de Tyrconnell me parla de l'article qu'on avait mis sur son sujet dans une gazette de Hollande, savoir qu'il avait demandé d'être dispensé d'accepter la nomination que le roi de France avait fait de sa personne pour aller à Berlin. Celui-ci qui assère cela, me dit le comte de Tyrconnell, a eu sans
parti de cajoler au mieux ce ministre de France, dès qu'il serait arrivé ici, pour ainsi lui inspirer des idées et des sentiments favorables.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
DE VOSS A DRESDE
J'accuse la relation que vous m'avez faite du 6 de ce mois. La
petite guerre entre Brtihl et le comte Stemberg par rapport à l'investiture
à prendre de l'Empereur, ne sera guère de durée, et je viens d'être
averti par quelque lettre confidente de Vienne que la cour là avait pris
la résolution de s'adresser sur ce sujet à la cour de Russie, afin qu'elle
rectifiât là -dessus celle de Dresde par Keyserlingk et la fît plier aux
désirs de la cour de Vienne;^ circonstance qui fait craindre que le
vrai intérêt de la cour de Dresde ne soit encore sacrifié dans cette
occasion-là. En attendant, ce n'est que pour votre direction seule que
je vous dis tout ceci, et sous le sceau du secret. ^ ,
xr u 1 r> Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
(jrraf Otto Podewils berichtet, Wien
3. Januar: Le comte de Barck „qui me parut du commencement fort étonné de la nouvelle de la prétendue ouverture faite par le marquis d'Havrincourt au sieur Antivari.a au sujet d'un concert à prendre entre les cours' de France et de Vienne par rapport aux affaires du Nord, m'a dit qu'il revenait un peu de sa surprise et qu'il se persuadait à présent que la cour d'ici, sur quelques discours vagues que l'Ambassadeur pouvait avoir tenus audit résident, avait affecté exprès de les prendre pour une ouverture parfaite et de s'expliquer là -dessus comme sur un concert particulier, pris entre les deux cours, soit pour avoir un prétexte de se mêler directement dans cette affaire, soit pour inspirer à la Suède de la méfiance contre ses alliés, de façon qu'il croyait que ce mésen tendu tomberait de soi-même."
Berlin, 13 janvier 1750.
Votre dépêche du 3 de ce mois m'est bien parvenue, et il faut que ce que les Autrichiens ont présumé dire des propos que le ministre de France en Suède, d'Havrincourt, y doit avoir tenus, selon eux, au sieur Antivari, ait été ou mal compris, ou bien qu'ils aient donné à l'explication de ces dits propos une étendue beaucoup plus grande que le ministre de France n'a dit ou pensé dire.
Mes avis portent, au reste, quant aux troupes que la cour de Vienne a fait marcher dernièrement en Bohême, qu'on s'était aperçu
doute ses raisons pour le faire ; et pour que je sois mieux reçu, m'ajouta-t-il en riant. Je lui répondis que, si le gazetier y avait entendu finesse, il n'aurait pas sûrement satisfaction, parceque je pouvais l'assurer qu'il verrait par lui-même, quand il serait à Berlin, que le choix que Sa Majesté Très Chrétienne a fait de sa personne pour succéder au marquis de Valory, était très agréable à Votre Majesté." I Vergl. S. 207. — a Vergl. S. 154.
par ci par là dans ce royaume de quelques émeutes parmi le peuple»
ce qui était la raison pourquoi on y avait fait défiler quelques troupes
de plus, dans la vue d'y contenir le peuple et d'y prévenir des séditions
ouvertes. ^ ,
Fedetic.
Nach dcm Concept. ^________
A STOCKHOLM
Berlin, 13 janvier 1750.
Tout ce que vous me rapportez , par votre dépêche du 30 de décembre dernier, que le comte de Tessin vous a dit sur une alliance encore plus étroite entre la Suède et le Danemark,» me paraît très juste et bien pensé, ne pouvant point m'imaginer quel serait le grand avantage qui reviendrait à la Suède de semblable alliance plus étroite, outre celui que cette dernière s'est déjà stipulé par son traité qu'elle vient de conclure avec le Danemark.
J'attends, au reste, présentement de vous que vous me mandiez de
quelle manière le sieur de Panin aura continué de s'expliquer envers la
cour de Suède relativement aux propositions qu'il a eu ordre, en dernier
lieu, de sa cour de faire là où vous êtes. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.