DE GOLTZ
Cjoltz berichtet, Moskau 22. December, ûber den Stand der russischen Kriegsvorkehrungen und uber neuerliche Truppenbewegungen. „Tout ceci me confirme dans la persuasion que le Chancelier ne songe encore à rien moins qu'à laisser tomber ses ostentations guerrières, et que par conséquent il ne discontinuera pas de chicaner et d'alarmer les Suédois aussi longtemps qu'il lui sera possible.**
Berlin, 13 janvier 1750.
J'ai tout lieu d'être content des avis que vous m'avez fait parvenir par votre rapport du 22 de décembre dernier, et je trouve les réflexions que vous y ajoutez de votre part, bonnes et sensées. Au surplus aurez-vous toutes les raisons du monde d'être fort attentif, après votre retour à Pétersbourg,* puisque vous ne manquerez pas d'occasion d'y apprendre beaucoup et que le mystère d'iniquité va derechef présentement, comme vous en êtes persuadé vous-même à l'heure qu'il est. ^ .
Federic.
Nach dem Concept.
I Vergl. S. 172. — 2 Vergl. S. 215 Anm. i.
DE VOSS A COPENHAGUE
Berlin, 13 janvier 1750.
Les assurances que vous m'avez données, par votre dépêche du 3 de ce mois, que les appréhensions qu'on a eu lieu d'avoir relativement aux nouvelles insinuations et offres de la Russie, à la cour où vous êtes, étaient entièrement dissipées, m'ont été un vrai sujet de satisfaction. Quant au point principal de votre instruction,» il faudra bien que vous laissiez faire aux ministres de France et de Suède ce que ceux-ci trouveront convenable à ce sujet, et que vous les laissiez faire jusqu'à ce qu'ils trouveront le moment favorable pour en parler.
Nach dem Conœplu F e d e r i C.
Potsdam, 15 janvier 1750.
Trouvant nécessaire que, pendant le séjour que fait actuellement milord Hyndford à Berlin,* vous lui parliez et lui disiez en termes polis et obligeants que, comme j'étais persuadé de lui, milord, qu'il aurait toujours retenu les sentiments de bon patriote, pour maintenir la bonne intelligence entre l'Angleterre et la Prusse, ^ je voulais bien lui donner à connaître que j'avais pris mes arrangements relativement aux dettes anglaises hypothéquées sur la Silésie, de façon que ces dettes pourraient être entièrement acquittées dans un temps tout au plus de trois ans, mais que, mes sujets ayant encore, comme personne ne l'ignorait, de considérables et très fondées prétentions à la charge de l'amirauté de la Grande-Bretagne qui provenaient des pirateries que quelques armateurs anglais avaient exercées, d'une manière à ne pouvoir être justifiée, pendant la dernière guerre contre la France sur mesdits sujets, — que je ne doutais aucunement que lui, milord Hyndford, vu les sentiments fiavorables que je lui connaissais, ne voulût bien faire tout ce qui dépendrait de lui en Angleterre, afin que mes sujets en question y soient dûment indemnisés de leurs pertes, d'autant plus que ce serait fort à regret, si je pouvais me voir obligé de les indemniser, au bout du compte, moi-même, en défalquant des dettes de la Silésie les sommes requises à cet effet, supposé que contre toute attente l'administration du bon droit leur fût refusée en Angleterre.
Ce sera au reste sans détour que vous parlerez à milord Hyndford sur cette indemnisation, mais vous lui direz nettement et crûment à cet égard ce que dessus. Sur quoi, je prie Dieu etc. f h *
t Vergl. S. III. 161. — 2 Auf der Rîickkehr von seinem russischfen Botschafterposten. — 3 Vergl. Bd. II, 159 Anm. i; III, 311.
Berlin, 17 janvier 1750.
Les dépêches que vous m'avez faites du 2 et du 5 de ce mois, m'ont été rendues à la fois, dont j'ai eu toute la satisfaction possible, par les matières intéressantes que vous y avez traitées. Je vous sais surtout bon gré de tout ce que vous me marquez dans le postscriptum de la première de ces dépêches, concernant le lord Tyrconnell; vous devez être assuré que , quand nous l'aurons ici , je tâcherai de faire tout ce qui convient pour le désabuser des malicieuses insinuations de mes ennemis et pour le convaincre par la suite du temps de la droiture et de la pureté de mes sentiments envers la France, et que je n'ai jamais finassé avec elle.
Ce qui ne m'a pas été assez aisé de comprendre, c'est ce que vous me dites par rapport à une lettre à écrire au roi de France après l'arrivée du lord Tyrconnell ; car j'avoue que je ne saurais m'imaginet encore comment trouver alors une occasion assez favorable pour écrire alors cette lettre d'une manière assez naturelle et sans qu'il y paraisse de l'affectation; ainsi donc, j'ai résolu d'écrire une lettre au roi de France au départ du marquis de Valory, pour lui recommander celui-ci, et d'attendre après cela s'il se trouvera une occasion assez favorable et naturelle de faire encore une lettre au roi de France, quand le comte Tyrconnell aura séjourné quelque temps à ma cour.
Quant aux mouvements que les Saxons se donnent à la cour de France pour se faire valoir et obtenir de nouveaux subsides, vous n'en devez point être embarrassé. Quoique le marquis des Issarts puisse travailler à adoucir plusieurs choses relatives à la cour de Saxe, nonobstant cela le roi de France, autant que le marquis de Puyzieulx, sont
Uhambrier berichtet, Paris 2. Januar: ,, Comme le roi de France a toujours paru avoir bonne opinion de Votre Majesté et qu'il parait L'estimer plus qu'aucun prince qu'il y ait en Europe, [je crois qu'il serait d'un bon effet] si Votre Majesté pouvait trouver le moyen, après l'arrivée du comte Tyrconnell et après que Votre Majesté croira le connaître, de saisir la première occasion favorable pour écrire au roi de France comme tout naturellement sur les affaires et lui dire sur icelles ce que Votre Majesté trouvera à propos, pour le confirmer dans ses sentiments pour Votre Majesté, sans qu'il parût en aucune manière qu'Elle sait qu'on n'a pas pour Elle en France la confiance qu'Elle mérite. Et , afin que cette démarche de la part de Votre Majesté ne donnât point de dégoût au marquis de Puyzieulx, parcequ'il est le seul ministre ici des affaires étrangères, Votre Majesté pourrait lui faire l'honneur de lui écrire une lettre en même temps et le renvoyer à la lettre de Votre Majesté pour le Roi son maître, pour les choses dont Votre Majesté ne lui ferait qu*une légère mention. Le marquis de Puyzieulx en serait flatté, et cela ferait un bon effet pour le comte Tyrconnell auprès de sa cour, en le mettant plus en état d'y faire recevoir les idées qu'il pourrait vouloir lui donner, à mesure que Votre Majesté Se l'attachera davantage et qu'il pensera pour Votre Majesté comme son prédécesseur, avec la différence que sa cour fera plus de cas de ce qu'il lui écrira."
également trop au fait de toutes les intrigues de cette cour -là pour
qu'ils la prennent jamais que pour ce qu'elle vaut, et si, après cela,
la France veut encore jeter son argent avec la Saxe, il ne me saurait
être que fort indifférent. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Berlin, 17 janvier 1750.
Dès que la cour où vous êtes ne se voit avancée davantage par ses nouveaux arrangements que vous le rapportez par votre dépêche du 7 de ce mois, il en paraît suffisamment que ces arrangements ne l'ont pas rendue jusqu'ici bien formidable.
Pour ce qui regarde la Russie, je veux bien vous dire pour votre direction qu'il m'est revenu de très bon lieu qu'outre les cris qu'elle voudra jeter de toute espèce et les ostentations qu'elle pourra être intentionnée de continuer à l'approche du printemps de la présente année, elle n'entreprendra pour cela rien de réel contre la Suède.
Milord Hyndford vient d'arriver ici, il s'y tient néanmoins clos et couvert.
Au surplus, il vous doit être permis de donner à .entendre, là où vous êtes, avec grâce, que j'étais intentionné de faire pendant l'été prochain un voyage en Prusse et qu'à l'approche de l'automne je ferais un tour en Silésie , ce que cependant vous direz sans affectation et uniquement pour y préparer les esprits.
X^ C U Cil v^.
Nach dem Concept.
4071. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Berlin, 17 janvier 1750.
Je suis bien content du détail instructif que vous m'avez marqué dans Vôtre dépêche du 25 du mois dernier au sujet de la conversation que vous avez eue avec l'ami connu, et j'applaudis en particulier à la réponse que vous lui avez donnée que je ne saurais appuyer auprès de la Suède ime proposition qui blessait directement sa dignité et son indépendance.^ Pour ce qui est des rapports qu'on a faits à l'Impératrice, comme si j'avais fait arrêter des officiers livoniens actuellement en mon service, parcequ'ils avaient voulu se congédier, vous pouvez les traiter envers le susdit ami comme absolument faux et controuvés. Au
I Vergl. S. 187.
surplus, je veux bien vous avertir, quoique sous le sceau du secret, que
le Chancelier machine à présent plus que jamais à culbuter le comte
Woronzow et qu'il épie toutes les occasions pour pouvoir charger
celui-ci de quelque malversation, afin de le noircir dans l'esprit de sa
souveraine et de le ruiner entièrement. Comme ces avis me sont
parvenus d'assez bonne main, ainsi que je puis me fier là -dessus, je
vous dis pour votre direction que vous devez user de toute votre
sagesse et circonspection , afin que , . si jamais le cas existait que le
digne comte Woronzow fût le sacrifice de ses ennemis, vous ne soyez au
moins pas enveloppé en sa perte, ni réputé d'y avoir donné lieu par
votre conduite. ^ .
Federic.
Nach dem Concept.
DE VOSS A DRESDE
Berlin, 17 janvier 1750. i
Vos relations du 10 et du 13 de ce mois m'ont été bien rendues. J'applaudis surtout au jugement que vous faites relativement à l'état désolant où se trouvent les finances de Saxe, et au peu d'espérance qu'il y a à un redressement solide des affaires, tandis que le premier ministre conservera les rênes du gouvernement entre ses mains. C'est ce qui me fait toujours souhaiter ardemment que mes sujets créanciers de la Steuer fussent satisfaits de leurs prétentions avant qu'un bouleversement total du crédit de la Saxe arrive ; aussi ne vous laisserez passer aucune occasion convenable de sommer le comte Hennicke pour accomplir les belles promesses qu'il vous a faites à ce sujet.
Au surplus, comme c'est le mois de janvier où nous sommes, où il faut que les sujets saxons s'acquittent des nouveaux taxes et impôts auxquels ils ont été chargés en conséquence des arrangements de la dernière Diète, ma curiosité est de savoir de vous comment le succès a répondu à l'attente qu'on en a eue, et quelles en seront les suites.
C'est un contre-temps assez fâcheux que la mort du comte Tarlo;'
je crois néanmoins que malgré cela la Diète future en Pologne ne sera
moins orageuse qu'elle aurait été si ce comte ne fût point décédé, et
comme il ne saurait guère manquer qu'il n'y eût toujours en Pologne
deux factions considérables contraires l'une à l'autre, j'ai lieu de
présumer que bientôt quelque autre chef se mettra à la tête du parti
opposé à la cour, pour barrer celle-ci dans ses vues. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
I In der Voilage verschrieben : 27 janvier. — 2 Vergl. Bd. VI, 75. 206.-
[Berlin, l8 janvier 1750].
J'apprends que Gross veut aller à Potsdam demain. Je vous prie de lui écrire qu'après la conduite qu'il a tenue ici, je le priais de n'en rien faire. Il ne faut point qu'il y aille, et vous tâcherez de l'empêcher.'
Federic.
Nach der Ausfertî^^ung („praes. 18 janvier 1750 à 11 et demie du soir")» Eigenhàndig.
Berlin, 20 janvier 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 10 de ce mois, et vous pouvez croire véritables les avis qui me sont revenus qu'il y a eu en Bohême une émeute parmi le peuple et qu'il s'y est trouvé nombre de paysans qui se sont retirés dans les forêts pour se soustraire de la sorte aux nouveaux impôts; mais je suis bien persuadé qu'on prend toutes les précautions imaginables à Vienne pour que des affaires de cette nature ne puissent s'y ébruiter.
Au surplus, on dit que la cour de Vienne est intentionnée de faire
marcher encore quelques troupes en Italie; ce sera toutefois vous qui
saurez le mieux approfondir, là où vous êtes, pour combien les bruits
qui en courent, peuvent être fondés ou non. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Berlin, 20 janvier 1750.
J'ai été charmé d'apprendre par votre dépêche du 9 de ce mois que vous croyiez pouvoir juger que les nouvelles renfermées dans les lettres de Constantinople dont vous y parlez, aient été plus favorables que les . envieux et jaloux de la France et de ses alliés s'étaient efforcés pendant un temps de vouloir le faire accroire.
J'en suis d'autant plus content que, si ces nouvelles n'eussent point
été satisfaisantes , cela n'aurait pu manquer de former une circonstance
assez dangereuse. ^ ,
I Podewils schreibt darauf an Gross, Berlin 18. Januar: „Comme le Roi a appris que vous aviez dessein d'aller demain faire un tour à Potsdam, Sa Majesté m'a fait entendre qu'après ce qui s'était passé à l'égard de votre correspondance avec plusieurs officiers de son armée et même avec ceux qui sont en garnison à Potsdam (vergl. S. 199) vous lui feriez plaisir de n'y point aller, pour ne point faire naître de nouveaux soupçons coinme si c'était une suite de cette même correspondance."
DE VOSS A COPENHAGUE
F riedrich von Voss berichtet, Kopenhagen 10. Janiiar: „M. de Schulin a dit au baron de Fleming que les insinuations du baron de Korff se rapportaient uniquement aux moyens de faire cesser la mésintelligence qui régnait entre sa cour et la Suède et de rassurer la Russie contre les appréhensions qu'elle avait du rétablissement de la souveraineté dans ce royaume; qu'on lui avait répondu que Sa Majesté Danoise verrait avec plaisir qu'elle pût contribuer par ses bons offices à aplanir les différends qui paraissaient subsister entre les deux cours, mais qu'elle n'entrerait en rien qui pût blesser l'indépendance de la Suède ... Le ministre de Suède prétend que M. de Schulin lui a parlé avec tant de cordialité et de franchise qu'il ne pouvait pas se défier de cette cour."
Vos dépêches du 6 et du 10 de ce mois me sont bien entrées, et j'ai été très satisfait du détail que vous me faites, dans la dernière de ces dépêches, de la conversation en question qu'a eue le ministre de Suède avec le sieui' de Schulin, étant bien aise de voir par là que la cour de Russie a échoué à cet égard dans ses pernicieuses vues.
Pour ce qui est de l'alliance à conclure entre la cour de Danemark et moi, l'abbé Lemaire venant de recevoir des ordres aussi positifs de sa cour à cet égard.
mon intention est que vous laissiez uniquement à ce ministre de France le soin de diriger, de façon qu'il le jugera le plus convenable, l'affaire de la conclusion de ladite alliance, et que vous vous conformiez là -dessus en tout à ses sentiments. Au surplus verrais -je avec plaisir que vous puissiez occasionnellement approfondir encore en quoi peuvent proprement avoir consisté les propositions que la cour de Russie a fait faire en dernier lieu par son ministre de Korff à celle de Copenhague.
Federic.
Comme la dépêche que vous m'avez faite du 13 de ce mois, vient de m' être rendue, je vous fais un gré particulier de l'avertissement que vous m'avez donné relativement aux bons sentiments de M. de Schulin, de même qu'aux insinuations malignes que mes ennemis ont tâché de faire à la cour de Danemark, en m'attribuant une façon de penser sur elle qui m'est tout-à-fait étrangère. Je m'aviserai là -dessus et j'espère de trouver l'occasion de parler moi-même au sieur de Rosenkrantz d'une manière qu'il aura Heu d'en être content et d'en faire un rapport favorable à sa cour.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Berlin, 20 janvier 1750.
J'ai reçu vos dépêches du 2 et du 6 de ce mois et je tiens pour très fondés les sentiments qu'elles renferment de votre part sur les vues
que s'est formées la Russie à l'égard de la Suède; aussi ne laisserez-
vous point que de bien insinuer aux ministres de Suède qu'ils voulussent
se donner de garde de s'imaginer que l'intention de la Russie était de
tâcher de sortir honorablement et de bonne manière du jeu qu'elle a
joué jusqu'à présent; qu'ils devaient plutôt se tenir assurés que la cour
de Russie, vu sa haine contre le Prince- Successeur et la rage dont elle
était animée principalement contre le comte Tessin, n'omettrait point
de rechercher avec ardeur toutes les occasions, pour continuer d'agacer
la Suède et de lui faire toutes sortes de niches. Si, au reste, la Russie
fait expédier pendant l'hiver des tongés à ceux de ses officiers qui les
lui demandent, il n'y a rien d'extraordinaire en cela et qui ne fût usité
auprès de toute autre armée. ^ ,
Nach dem Concept.
4078. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Berlin, 20 janvier 1750.
Je suis très satisfait de votre rapport du 29 de décembre dernier, pouvant juger par son contenu que vous êtes présentement dans la bonne voie pour pénétrer les affaires comme elles sont naturellement.
Il est constant que le traité entre la Suède et la Porte Ottomane dont vous avez eu avis là où vous êtes, existe; la cour de Russie cependant semble être un peu trop présomptueuse d'en vouloir prendre ombrage et de prétendre que ses voisins ne dussent conclure des traités pendant un temps où elle, la Russie, tâche de se lier avec tout le monde.
Donc, il faut, selon moi, que chacun aille son train là -dessus et
fasse ce que ses intérêts exigent de lui. ^ , .
Federic.
Nach dem Concept.
A BERLIN
Berlin, 23 janvier 1750.
Monsieur le Marquis de Valory. Un bon hasard m' ayant encore fait entrer la pièce dont il s'agit à la suite de la présente lettre, vous jugez sans doute que c'est avec un vrai plaisir que j'embrasse l'occasion qu'elle me fournit de donner par sa communication à votre cour une nouvelle marque de ma sincérité, tout ainsi que de ma confiance sans bornes envers elle.
Je me flatte que vous saurez toujours prendre vos mesures assez justes pour qu'en faisant passer à votre cour ladite pièce ci -jointe, il
Corresp. Frîedr. II. VIT. I 5
ne transpire rien du secret inviolable que je vous conjure de m'efi
garder.»
° „ , . ^ , Federic.
Nach dem Concept.
4080. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Berlin, 24 janvier 1750.
J'ai reçu votre dépêche du i«*" de ce mois. Je sais par les informations qui m*en sont revenues, «que le chancelier Bestushew ne prend pas fort à* cœur l'alliance qui vient d'être conclue entre la Suède et le Danemark, et que celle que la Suède peut avoir contractée avec la Porte Ottomane, ne lui donne pas assez d'ombrage pour l'empêcher de continuer une fois comme l'autre dans ses agaceries contre cette couronne. Aussi les ostentations guerrières de la part de la Russie ne cesseront-elles pas pour cela dans le courant de la présente année. Quant à moi, je suis résolu de faire un voyage en Prusse au printemps prochain, pour y voir en revue les régiments qui s'y trouvent en quartiers, et quoique je sache de bon lieu qu'on en a pris quelque ombrage là où vous êtes et que pour cet effet on s'y est déterminé de former un campement considérable de troupes sur la frontière, vers le temps desdites revues, cela ne m'empêchera pourtant pas de voir mes régiments en Prusse, et ce sera en tout cas avec indifférence que je pourrai regarder le campement des troupes russiennes en question.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
A STOCKHOLM
Berlin, 24 janvier 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 9 de ce mois. Quand le sieur de Panin aura fait à la cour de Suède la déclaration qui lui a été enjointe en dernier lieu de sa cour, c'est alors que le ministère suédois verra qu'elle n'a pas été couchée en termes aussi ménagés qu'il se l'est imaginé jusqu'ici. Je soupçonne plutôt que Panin n'a glissé les propos relatifs à cette déclaration que pour d'autant mieux faire goûter la proposition qu'il en ferait. Enfin, le résultat des circonstances dans lesquelles la
I Die Beilage selbst liegt nicht vor. Der Inhalt derselben erhellt aus Valory's Bericht an Puyzieulx, Berlin 24. Januar: Le roi de Prusse „m*a écrit ce matin et m'a envoyé en original la lettre que M. de Puebla a reçue du comte d'Ulfeld en réponse à celle où il demandait s'il devait se confoi^ner à ce que lui avait demandé le comte de Bernes (vergl. S. 207). La cour de Vienne a fort approuvé la réserve qu'a observée M. de La Puebla, et lui enjoint de ne déférer en rien à ce qui lui est venu de Moscou, et de ne prendre aucune part à ces sortes de manœuvres. Le roi de Prusse m'écrit pour me recommander les plus grandes précautions pour le secret. J'ai cru qu'il suffisait , Monseigneur , de vous envoyer le précis de cette lettre de Vienne." (Archiv des Auswiirtigen Ministeriums zu Paris.)
Suède se trouve présentement, est, conune je crois, que la Suède est nécessairement obligée de cultiver avec soin l'amitié du Danemark et de tâcher de se concilier de plus en plus cette couronne.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
DE VOSS A DRESDE
Berlin, 24 janvier 1750.
Vos dépêches du 17 et du 20 de ce mois me sont bien parvenues. Il y a longtemps que nous connaissons ici le sieur Siepmann' pour un homme malicieux et pour un franc - coquin , de sorte qu'il n'est pas à croire que le ministère de Saxe mette présentement trop à sa charge, quoique d'ailleurs il soit fort probable que, plus on voudra mettre en . œuvre là ou vous êtes de ces procès à sorciers , plus , aussi , les affaires s'en trouveront en bredouille.
Il m'est très agréable de savoir que la cour de Dresde tient
toujours ferme vis-à-vis de celle de Vienne concernant l'affaire de
l'investiture,» et il est à espérer que l'Empereur se verra à la fin obligé
par là de se relâcher sur cet article. ^ ,
Fedenc.
Nach dem Concept
Berlin, 24 janvier 1750.
J'ai bien reçu vos dépêches du 12 de ce mois. Pour ce qui regarde les offres que le sieur de La Touche vient de vous faire, vous pourrez lui dire de ma part que je tiendrais pour très agréable s'il voulait bien venir ici pour s'expliquer ultérieurement sur son système de commerce.^ Vous devez lui insinuer en même temps que nous étions ici assez au fait sur ce qui regarde notre commerce, mais que nous étions principalement en défaut de gens qui voulussent s'associer pour établir une compagnie de commerce, et qu'ainsi il devait s'expliquer à vous s'il se croyait à même de pouvoir former une pareille compagnie et s'il avait connaissance avec des personnes qui seraient disposées à se charger de pareille entreprise; que c'était là la plus grande utilité que je saurais tirer de ses connaissances et de son savoir, puisque sans cela je n'ignorais point le commerce de mon pays et ce qui lui était convenable relativement à ses différentes branches. ^ ,
Fedenc.
Nach dem Concept.
I Vergl. Bd. V, 287. 289. Voss hatle in seinem Bericht vom 17. Janiiar Siepmann's Verhaftung gemeldet. — 2 Vergl. S. 217. — 3 Vergl. Bd. VI, 126.
iS*
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Berlin, 26 janvier 1750.
J'ai reçu votre relation du 17 de ce mois. Nous m'avez fait un vrai plaisir par les informations que vous m'avez données à l'égard des changements que l' Impératrice-Reine se voit obligée de faire dans ses arrangements de finances. Vous pouvez compter qu'elle n'y saura rester, et que cela ira plus loin encore, de façon qu'elle en sera bien embarrassée encore.
Vous avez très bien fait de laisser tout- à -fait ignorer au sieur
Blondel le vrai sujet qui vous a mené à m' envoyer votre courrier;^ aussi
devez- vous continuer à affecter le mystérieux là -dessus envers tout le
monde qui vous questionnera. Ce sera demain que je ferai repartir ce
courrier. Je vous saurai un gré infini quand vous sauriez me procurer
un plan exact des nouvelles fortifications qu'on est intentionné de faire
construire à Olmiitz, et je vous tiendrai compte des dépenses que vous
serez obligé de faire là -dessus. ,
GR^FFEN A LONDRES.
Berlin, 26 janvier 1750.
Vos dépêches du 13 et du 1 6 de ce mois m'ont été bien rendues. Je compte d'avance que pendant le séjour que le roi d'Angleterre fera à Hanovre, le printemps qui vient, l'on ne manquera pas de jouer force d'intrigues et qu'on y fabriquera bien des nouveaux projets. C'est aussi en conséquence de quoi je suis déterminé de vous laisser encore pendant tout ce temps -là dans le poste où vous êtes, et que je ne vous enverrai vos lettres de rappel que vers le temps que le roi d'Angleterre retournera d'Hanovre à Londres, mais qu'aussi alors vous les aurez sans faute, puisqu'il ne convient nullement à ma dignité de laisser plus longtemps un ministre à une cour qui ne m'en envoie point.
Pour ce qui regarde les affaires du Nord, je présume qu'elles resteront sur le même pied où elles ont été l'année passée, qu'il y aura bien des pourparlers, des négociations et des démonstrations, mais qu'on y restera, sans parvenir à des réalités.
Quant à la négociation par rapport à l'élection d'un roi des Romains, je suis persuadé, tout comme vous, que cette affaire se traitera principalement à Hanovre, pendant le temps que le Roi s'y trouvera. En attendant, je souhaiterais bien que vous sauriez trouver le moyen de faire avertir adroitement et sous mains, sans y paraître vousmême, l'ambassadeur de France de tout ce qui se passe et se chipote
X Vergl. S. 213.
à cet égard, et de lui ouvrir les yeux sur les conséquences qui en
résulteront relativement à l'Empire et à la France même, quand les
cours de Vienne et de Londres se verront par là à même de faire
souverainement leurs volontés dans l'Allemagne. Cela servirait, au
moins, que ledit ambassadeur ne négligeât pas tout- à -fait de diriger
son attention sur cette affaire.
J'ai donné mes ordres aux ministres du département des affaires
étrangères, afin de faire faire régler vos comptes avec la caisse de
légation à votre satisfaction. Au reste, je veux bien vous dire que je
ne saurais rien changer aux arrangements que j'ai pris par rapport aux
termes et aux sommes que j'ai destinées pour payer les dettes de la
Silésie et dont je vous ai déjà instruit par mes dépêches antérieures,
sur quoi vous pouvez vous régler. ^ , .
^ ^ s Federic.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Berlin, 26 janvier 1750.
Venant d'apprendre, par la relation que vous m'avez faite du 16 de
ce mois, ce qui s'est passé relativement à la déclaration que le sieur
Panin a faite au ministère de Suède, je vous sais bon gré de ce que
vous m'en avez d'abord informé, en attendant que vous tâchiez de
m'instruire de tout le détail du mémoire que Panin a présenté,' aussi
bien que de la réponse qu'on fera là -dessus. Je présume que ledit
ministère s'en concertera avec l'ambassadeur de France, à qui sans
doute les ordres de sa cour seront arrivés à cet égard. Au surplus,
cet événement doit justifier auprès les ministres de Suède la justesse
des nouvelles que je leur ai fait communiquer;» aussi pourront -ils
compter que tout ce que je leur fais communiquer de nouvelles, me
revient de fort bonne main, ainsi qu'ils pourront toujours tabler
là -dessus. -r. •• .
^T V . ^ f ederic.
Nach dem Concept.
Berlin, 26 janvier 1750.
Je suis tout- à -fait dans les mêmes sentiments que ceux que le marquis de Puyzieulx vous a déclarés relativement aux affaires du Nord, en conséquence de la relation que vous m'en avez faite du 16 de ce mois, et je suis persuadé que la Russie fera les mêmes bruits et les mêmes démonstrations envers la Suède pendant le cours de cette année qu'elle a faites l'année passée, sans qu'il en résultera quelque chose de réel.
X D- d. Stockholm 4. Januar a. St. 1750. — a Vergl. S. 181. ^14.
Le ministre de Russie à Stockholm est venu faire la déclaration de sa cour aux ministres de Suède moyennant un mémoite par écrit qu'il leur a présenté ; les expressions en doivent être plus modérées que celles des déclarations précédentes, mais on y doit appuyer que l'article 7 du traité de Nystad soit renouvelé et que la Suède doive faire une convention particulière là-dessus avec la Russie. J'espère que je pourrai vous informer de toutes les particularités sur ce sujet à l'ordinaire prochaine. Je présume que les ministres de Suède ne procéderont point à faire la réponse là -dessus, sans avoir consulté préalablement l'ambassadeur de France, et qu'on y répondra avec fermeté, quoique sans aigrir les affaires, et qu'on tâchera surtout à gagner du temps.
Nach dem Concept. F e d e T i C.
4088. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.
t. J. von Voss bericlitct, Dresden 24. Januar: „0n n'ignore pas ici les dissensions qui régnent parmi les familles de Pologne, mais on se flatte qu'elles n'auront pas de suites fâcheuses et que la cour trouvera moyen d'y mettre ordre à son arrivée à Varsovie. Le départ reste toujours fixé au 25 avril ... La cour aura beau jeu cette fois-ci. Depuis longtemps il n'y a eu tant de bénéfices vacants qu'à l'heure qu'il est, et un chacun tâchera de ménager la cour, pour avoir part à la distribution de ces bénéfices.
C'est sur ce pied qu'elle se flatte de parvenir à ses desseins.**
Mûndliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretars.
Berlin, 27. Januar 1750.
Aile dièse Umstânde mtissten dem p. Leveaux communiciret werden, damit er darauf Attention haben und zum voraus melden kann, wie die Sachen dorten gehen und was solche vor einen Pli nehmen. Dem p. von Voss abet ist zu antworten, dass er mit sc^chen seinen Berichten fleissig continiriren soU.
Je vous envoie ci -joint le projet de la réponse aux mémoires du marquis de Puyzieulx et du comte Desalleurs ; écrivez - moi ce que vous pensez qu'on devrait retrancher, ou ce qu'il faudrait y ajouter. Je suis votre fidèle ami Federic.
Réponse au mémoire du marquis de Valory.
Le Roi, après avoir lu le mémoire du comte Desalleurs et la lettre du marquis de Puyzieulx,' nous a chargé de vous marquer. Monsieur, la reconnaissance de tous les bons offices que la France a employés à la Porte pour faire réussir l'alliance projetée. Sa Majesté est sensible
1 D. d. Konstantinopel 25. October 1749, bez. [Versailles] 18. Januar 1750. Vergl. Bd. Vf, 538.
surtout à la manière dont le roi de France prend à cœur, dans toutes les occasions, les intérêts de la Prusse. Nous sommes chargés de vous assurer, Monsieur, de l'envie qu'a le Roi de rendre tous les services à la France qu'elle peut attendre d'un aussi bon allié que le Roi notre maître et de la résolution inviolable dans laquelle Elle [Sa Majesté] est de lui en donner des preuves dans toutes les occasions.
Le mémoire du comte Desalleurs que vous nous avez communiqué, contient les plaintes que le Grand- Visir lui a faites de ce que nous ne nous étions pas prêtés au désir de la Porte dans le temps qu'elle avait fait des avances pour nous offrir son alliance,* les insinuations que les ennemis de la France et de la Prusse ont faites à Constantinople, pour y calomnier ces deux puissances, en leur prêtant des intentions qu'elles sont bien éloignées d'avoir l'une et l'autre, et enfin le projet du traité tel que le propose M. Desalleurs et tel qu'il le croit faisable.
Nous répondons à ces trois points que ce n'a point été par mépris, dans- un temps où la guerre se faisait avec bien de la vivacité, que le Rai a décliné l'alliance du Turc ; que ce refus qu'il a fait en temps de guerre de s'allier à la Porte, doit bien servir à réfuter les discours des Russes et des Autrichiens, car c'aurait été alors le temps d'engager les Turcs dans les troubles de l'Europe, et si on ne l'a pas voulu alors, comment y penserait-on à présent que toute l'Europe est en paix? Les combinaisons différentes et les événements gouvernent la politique des Princes, d'où vient que ce qui n'est pas faisable dans un temps, l'est dans l'autre, et que, sans mépriser une puissance, on peut, sans la choquer, àïSà^tr d'entrer dans ses vues.
L'article précédent répond en même temps aux imputations de nos ennemis; nous sommes cependant bien aises de remarquer en passant que les ennemis du Roi font les mêmes insinuations à Constantinople qu'ils ont faites auparavant à Paris, ce qui montre assez clairement qu'ils tiennent pour eux comme un point capital de rendre le Roi odieux à ses alliés et à ceux qui pourraient le devenir, mais principalement de brouiller ou de semer de la méfiance entre les Rois nos maîtres : ce qui leur donnerait gain de cause.
Nous en venons à présent au projet du traité , sur lequel nous observons qu'il est tout différent de ce que nous en avions espéré. Après avoir mûrement réfléchi sur sa teneur, nous ne pouvons pas apercevoir ce que le Roi ni ses alliés y gagneraient, parcequ'il n'engage la Porte Ottomane à rien de plus que ce qu'elle est déjà à présent par son traité avec la Suède. Supposons que la guerre s'allume dans le Nord: les Turcs ne sont-ils pas actuellement dans l'obligation d'assister la Suède et de rompre avec la Russie? Quand même notre traité fortifierait ces liens, les Turcs en feront-ils davantage?
Mais voici, autant qu'on en peut juger — supposé la guerre du Nord — quelle tournure les choses prendraient pour nous. En secourant
1 Vergl. Bd. IV, 213. V, 306. VI, 307.
la Suède, nous devons nous attendre à une irruption en Prusse de la part de la Russie, qui serait suivie d'une invasion des troupes autrichiennes en Silésie. Contre d'aussi puissants ennemis nos forces divisées deviendraient trop faibles de tous les côtés , et nous ni nos alliés ne peuvent tirer davantage du traité avec le Turc qu'en le dirigeant contre la reine de Hongrie; ce serait un frein qui la retiendrait et qui bon gré mal gré l'obligerait à observer religieusement ses traités. Pour ne choquer la délicatesse de personne, nous n'avions fait mention d'aucune puissance dans le projet du traité qui a été envoyé au comte Desalleurs, et nous en avons jugé la teneur si innocente qu'on aurait pu le publier après sa signature, sans que personne aurait pu trouver à y redire. Il n'y aurait rien de plus facile que d'exclure les Polonais du cas de l'alliance. Comme les Turcs craignent de donner des secours contre cette République, ne pourrait-on pas en convenir par un article secret et séparé ?
Au fond, nous ne regardons l'alliance du Turc que comme une affaire d'ostentation, et dès qu'elle ne sert pas de frein pour retenir la cour de Vienne, elle nous devient inutile. C'est notre véritable ennemie, et si quelqu'un nous fait la guerre, selon toutes les apparences ce ne sera que la reine de Hongrie. C'est donc pour nous garantir de ce côté-là que se doivent tourner tous nos soins, et l'alliance que la Suède a faite avec les Turcs contre la Russie, quoique très bonne pour la Suède, n'est point applicable pour nos intérêts.
Vous remarquerez encore, s'il vous plaît, que le projet de notre accession ne pourrait avoir lieu qu'après que les Turcs et les Suédois nous auraient invités, ce qui ferait transpirer le secret à coup sûr, au lieu qu'une nouvelle alliance ne serait pas sujette à tant d'inconvénients.
Nous sommes obligés d'ajouter à ceci que nous ne craignons point de faire une alliance avec le Turc, et que personne ne nous en pourrait faire des reproches. L'Empereur, comme duc de Toscane, n'a-t-il point fait un traité avec les barbares d'Alger et de Tunis? et nous pensons que le Roi, comme roi et comme duc souverain de Silène, est tout aussi indépendant que l'Empereur.
Sa Majesté désire donc que, sous le bon plaisir du Roi Très Chrétien, le chevalier Desalleurs veuille employer ses soins à la Porte pour faire accepter le précédent projet de traité tel que nous l'avons fourni, avec la clause de l'exemption de la Pologne. Nous nous relâcherons sur la durée de l'alliance, que l'on peut stipuler pour trente ans et même pour davantage, et nous renverrons le traité de commerce après la conclusion de celui-ci.
Nous nous flattons qu'après que l'on aura vu nos raisons à la cour
de France, Ton conviendra de leur validité, et qu'on voudra bien nous
avertir du moment où le Roi doit envoyer un ministre à Constantinople
avec espérance de conclure le traité sur ce pied-là. ,
... , .. ,. Fedenc.
Eigenhandig.
Podewils berichtet, Berlin 29. Ja- \ [Berlin, 30 janvier 1750].
nuar, nach Empfang des Entwurfs zu der î On peut ajouter qu'on diffère
Antwort auf die Denkschrift Valory's: i l'envoi d'un ministre jusqu'au temps
„Tout ce qu'on peut dire sur ce sujet, y | ^^^^ ^^^^^^^ ^ ^^^^^ ^^
est SI bien et si solidement épluche et i ^ • -r j i j rr.
détaillé , et mis dans un si grand jour, I Pl^S positif de la part des Turcs.
que je ne vois pas ce qu'on y pourrait ajouter, à moins que Votre Majesté ne trouve à propos de faire glisser encore à la fin de cette réponse , par rapport à l'envoi d'un ministre de Sa part à Constantinople sur lequel la France paraît insister si fortement et dont elle croit nécessaire le départ dans le moment présent, que, vu le peu d'empressement que la Pojte témoigne maintenant d'entrer dans des liaisons avec Votre Majesté, ce serait augmenter les soupçons de la Cour Ottomane que de se presser tant d'y envoyer un ministre, dans le temps où l'on parait déjà craindre à Constantinople qu'on ne veuille entamer la Porte dans des querelles étrangères, et que d'un autre côté on exposerait trop le secret d'une négociation dont le succès paraît encore fort douteux et fort indécis, si l'on voulait envoyer quelqu'un , à l'heure qu'il est , à Constantinople . . .
Au reste, je crois que l'intention de Votre Majesté sera sans doute qu'on réponde en Son nom à la lettre du comte Desalleurs, adressée à Elle, par une réponse obligeante ... Je minuterai toutes les pièces moi - même , mais comme ma main est devenue un peu tremblante depuis mes incommodités , t j'espère que Votre Majesté voudra permettre que le conseiller privé Vockerodt, de la discrétion et fidélité duquel j'ose répondre comme de moi-même, et dont le caractère est plus beau et la main plus lisible, puisse les mettre au net, sans qu'aucun commis de la chancellerie y mette la main."
Nach der eigenhândigen Aufzeichnung (praes. 30. Januar) in Dorso des Berichts.
Vous pourrez de même faire dresser la lettre au comte Desalleurs,^ mais comme vous ne sauriez l'écrire, il faut que Finck s'en charge, et vous aurez soin de faire expédier le tout en conséquence.
Federic.
Berlin, 30 janvier 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 19 de ce mois et je suis presque porté à croire que le ministère de France veut paraître plus content qu'il n'a
I Vergl. Bd. VI, 154. 161. — » Vergl. Nr. 4096 S. 236.
raison de l'être en effet relativement à la Pcwte Ottomane, dont on ne saurait point bonnement espérer que, vu la faiblesse de son gouvernement présent, elle voulût entendre à quelque acte de vigueur.
Les Autrichiens se rient des Turcs, les Russes s'en inquiètent peu ou point, et on ne saurait guère juger autrement si ce n'est qu'il faut que la France ait perdu beaucoup à la Porte Ottomane par le renversement du Mufti précédent, tout comme le chancelier d'Ulfeld s'en est expliqué, il y a quelque temps,* et que les deux cours impériales, conjointement avec les deux Puissances maritimes, aient une grande faction à la Porte Ottomane qui s'intéresse pour elles, et qu'ainsi le dernier offrant et le plus haut enchérisseur l'emporte auprès du Turc.
Kach dem Concept. F e d e T i C.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Berlin, 30 janvier 1750.
Vous avez raison, quand vous dites dans votre rapport du 21 de ce mois que la cour de Vienne n'était pas entièrement satisfaite de la commission dont le ministre russien à Stockholm, Panin, vient d'être chargé de sa cour. Mais la véritable raison de ce mécontentement de la cour où vous êtes, laquelle je veux bien vous confier pour votre seule direction, est que la cour de Russie, ayant formé son projet de manière que, si la Suède venait à refuser de se prêter aux conventions offertes, alors la Russie éclaterait là- dessus en plaintes envers ses alliés, en traitant ce refus de la Suède d'un casus fœderis qui la mettait à même de leur demander les secours qu'elle s'était stipulés par ses alliances. Or, la cour de Vienne ne trouvant point encore, au moment 'présent, semblable projet de la Russie de sa convenance, il en résulte qu'elle ne saurait regarder que de travers la proposition que Panin a été chargé de faire à la Suède, qui de son côté, j'espère, saura se tirer d'affaire, en y répondant d'un ton ferme, quoique d'ailleurs modéré.
Nach dem Concept. Fcderic
4093. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION RARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Berlin, 30 janvier 1750.
Votre dépêche du 8 de ce mois m'est bien entrée. Je crois fondées toutes les circonstances que vous m'y rapportez à l'occasion du major russien Rosen qui a été envoyé par sa cour comme courrier au sieur Panin à Stockholm.
I Vergl. S. 163.
Quant à la déclaration en question de la cour de Russie, le sieur Panin s*en est déjà acquitté à l'heure qtfil est auprès du ministère de Suède, qui de son c6té sera autorisé d'y répondre avec fermeté, sans cependant s'écarter des bornes d'une juste modération.
n me sera, au reste, agréable et je serai bien aise de vous savoir bientôt à Pétersbourg.*
Nach dem Concept.
Federic.