‹ Politische Correspondenz Friedrichs des GrossenChapitre 22 sur 42 · DE FINCKENSTEIN A BERLIN · texte numérisé non relu

DE FINCKENSTEIN A BERLIN

Potsdam, 8 février 1750.

Le triste état de santé du baron de Goltz, mon ministre à Péters-

bourg, que vous venez de me marquer par votre relation du 7 de ce

mois, m'oblige à vous ordonner de faire expédier sans plus de délai

ses lettres de rappel et de les lui envoyer, afin qu'il en puisse faire

usage et quitter promptement ces lieux dont l'air est si nuisible et

accablant à sa santé. Mais comme il faut que ce poste soit d'abord

rempli par quelque autre sujet, j'ai cru convenable d'y nommer le

secrétaire d'ambassade Warendorff, à qui il faudra donner un caractère

assortissant à peu près avec celui dont le sieur de Gross est revêtu à

Berlin. Il jouira d'ailleurs des mêmes appointements dont le sieur

de Goltz a été pourvu jusqu'à présent. Vous ne manquerez pas

d'arranger tout ceci de la manière usitée et la plus convenable. Sur

quoi, je prie Dieu etc. ^ ,

'^ ^ . Federic.

Nach der Ausfertigung. ^

A BERLIN

Pots dam, 9 février 1750.

Monsieur le Marquis de Valory. Recevez encore à la suite de celle-ci la copie qu'on a su tirer d'une lettre écrite à Vienne sur le grand et intéressant événement qui vient d'arriver à Constantinople, touchant le changement de quelques-uns des premiers ministres de la Porte, et que j'ai cru nécessaire de vous communiquer dans la dernière confidence pour en faire usage auprès de votre cour. , .

.L^ C? \X vJ X 1 x^*

Copie d'une lettre de Vienne à M. de Puebla.

Vienne, 31 janvier I750'

Nous apprenons de Constantinople que le Grand- Visir' a eu le sort de plusieurs de ses prédécesseurs et qu'il a été obligé de céder sa place éminente à son kihaja." Le poste de kihaja a été occupé par Saïd-Effendii qui a été autrefois en France et était revêtu de cette charge autrefois. Le traité dont l'ambassadeur de France et le chargé

X AbduUah Pascha. — « Muhamed Pasçha.

d'affaires de Suède ont fait la proposition à la Porte,' ne doit pas avoir regardé seulement ces deux puissances, mais aussi leurs alliés,^ L'intervalle entre l'^iudience que l'ambassadeur de France a eue à ce sujet et le départ de la poste a été trop court pour que la Porte ait pu prendre une résolution sur cette matière. Je suis etc. Ulfeld

Nach dem Concept. Die Beilage nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswartigen Ministeriums zu Paris.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 10 février 1750.

Votre dépêche du 31 de janvier dernier m*est bien parvenue. La nouvelle de la déposition du Grand -Visir ne saurait être que fort désagréable aux deux cours impériales et avoir bien de l'influence sûr les affaires du Nord, ayant été une chose avérée et constatée que ce Visir actuellement déposé a toujours fort penché du côté des susdites cours ^ et qu'il leur a même été vendu.

Cet événement inopiné opérera sûrement que, quand même la cour de Russie aurait eu de mauvaises intentions contre la Suède, elle se ravisera à présent là -dessus et y pensera plus d'une fois, avant que de procéder à des réalités contre la Suède; car il ne saurait manquer que ses projets ne dussent être furieusement dérangés par ce changement dans le ministère de la Porte.

Quant à l'envoi des troupes autrichiennes en Italie, il est à croire

que la cour de Vienne ne voudra les faire marcher qu'au printemps qui

vient et qu'elle se décidera, en attendant, sur les différents projets que

le général Pallavicini a proposés.'* ^ , .

° Federic.

Nach dem Concept.

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, 10 février 1750.

J'ai reçu votre relation du 9 de ce mois. Il est tout comme vous dites que les dépêches que le courrier du marquis d'Havrincourt a remises à l'abbé Lemaire et au baron de Fleming, ont roulé sur la communication préalable, avec la cour de Danemark, de la réponse que le ministère de Suède va donner au ministre de Russie, Panin. Mais comme il me revient d'ailleurs que, pour obvier de bonne heure au mauvais usage que la cour de Russie pourrait bien faire de cette réponse, auprès de ses alliés, quand elle l'aura eue, le gouvernement de Suède serait bien aise, si les cours de France et de Danemark voulaient concourir

X Vergl. S. 327. — 2 In der Vorlage in Folge falscher Dechiffrirung : vues. — 3 Vergl. S. 32. — 4 Vergl. S. 155. 158. 167. .

avec moi à faire comprendre à celles de Vienne et de Londres, cojnn^e quoi il était impossible à la Suède d'aller plus loin qu'elle n'avait déjà fait; et que ses déclarations précédentes avaient de quoi rassurer pleinement des craintes imaginaires et non fondées auxquelles on donnait un accès trop facile — vous devez approfondir et m'apprendre^ de quelle façon le ministère de Danemark a envisagé cette idée du ministère de Suède et s'il la goûtera. En attendant, je veux bien vous dire, quoique pour votre direction seule , que je me réglerai simplement sur la résolution que la France prendra sur cet article, de façon que:, si elle agrée cette démode du gouvernement de Suède, je n'hésiterai

du tout de m'y conformer. ^ ,

Federic.

ITach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 10 février 1750.

Votre dépêche du 30 du mois dernier passé m'a été heureusement rendue, et je vous sais bon gré de l'attention que vous avez eue pour me faire parvenir le mémoire du sieur Panin, avec la minute de la réponse qu'on y destine.* Vous remercierez dans des termes des plus obligeants en mon nom le comte Tessin de la confidente communication de ladite réponse et l'assurerez d'un secret inviolable qui lui en sera gardé, avant que je n'ai appris qu'elle a été remise au sieur Panin.

Quant à la minute même, je l'ai trouvée bien couchée et de façon qu'hormis les doutes que j'ai sur le prétendu anéantissement de l'obligation du traité de Nystad,^ je ne trouve rien à redire. H n'y a qu'une seule chose sur laquelle je voudrais qu'on eût réfléchi encore, c'est si l'on n'aurait pas bien fait d'ajouter, à la fin de la réponse, l'expédient que le ministère de France a cru être le meilleur pour embarrasser la Russie et que je vous ai déjà communiqué par ma dépêche du 3 de ce mois , savoir que , si la Russie continuait à presser la Suède, sur une pareille négociation et que celle-là voulût continuer à établir pour principe qu'il y a entre la Suède et elle des objets de conciliation, la Suède offrait à la Porte Ottomane la médiation de ces différends par reconnaissance de l'intérêt qu'elle avait bien voulu prendre à sa situation, et par le droit qu'elle s'est acquis par le traité de 1739 de lui garantir son repos et sa sûreté.

Comme le ministère de France a compté cet expédient pour le seul moyen d'imposer silence à tous les ennemis du ministère suédois en dedans et de terminer cette affaire à la gloire de la Suède et à la honte de ses ennemis au dehors — quoique le ministère de France n'ait cru proposer cet expédient qu'au cas qu'on ne puisse absolument

I Vergl. S. 238. 244. 251. — 2 Vergl. S. 244 Anm. i.

éluder par un refus honnête tel qu'il ne puisse entraîner avec soi quelque circonstance fâcheuse — je serais surpris si le ministère de France ne s'en fût pas expliqué au marquis d'Havrincourt et si celui-ci n'en avait rien fait sentir au comte Tessin. C'est pourquoi je voudrais bien que vous sachiez pressentir encore le comte Tessin sur ce sujet, quoique d'une manière toute délicate et de façon que je ne sois pas exposé aux reproches de la part du ministère de France comme quoi j'avais abusé de sa confiance, quand il m'a fait communiquer tout ce que dessus.

Au surplus, si l'on convenait que la Suède dût se servir de cet expédient dans la réponse qu'on va donner au sieur Panin, il serait, à ce qui m^e semble, d'autant plus à propos dans le moment présent, où il y a eu im changement dans le ministère de la Porte Ottomane, en ce que le Grand- Visir à été déposé, que sa place a été occupée par son kihaja, et que Saïd-Effendi, autrefois ambassadeur de la Porte Ottomane en Suède et en France, a été revêtu du poste de kihaja; ainsi donc, que pendant ces occurrences le susdit expédient saurait faire d'autant plus d'impression sur la cour de Russie, et qu'au cas même que celle-ci voudrait s'aviser à réaliser ses menaces contre la Suède, l'on pourrait relever auprès de la Porte qu'on avait offert sa médiation à la Russie, mais qu'elle n'en avait fait aucun cas.

Pour ce qui regarde la demande du gouvernement de Suède de ce que je doive concourir avec les cours de France et de Danemark pour faire comprendre à celles de Vienne et de Londres que la Suède ne saurait aller plus loin qu'elle n'avait déjà fait à l'égard de la Russie, j'y consens de bien bon cœur, et, dès que la France s'avisera à faire de pareilles représentations, j'y concourrai également; ce que vous pouvez dire au comte Tessin.

Nach dem Concept.

Ohambrier berichtet, Paris 30. Januar, iiber eine Unterredung mit Puyzieulx,

der ihm gesagt hat: „Coinptez que, si les autres sont bien 'persuadés que la France, le Roi votre maître et la Suède sont si étroitement unis que quiconque attaquera l'un, se trouvera attaquer tous les trois, la cour de Russie et celle de Vienne ne feront rien qui puisse renouveler la guerre.

Je crois qu'elles auraient bien voulu qu'il y en eût une dans le Nord qui ne s'étendît pas plus loin qu'elles ne voudraient, et dans laquelle la Russie pût faire contre la Suède ce qu'elle souhaite, aussi bien que la cour de Vienne contre le Rpi votre

Potsdam, 10 février 1750.

J'ai bien reçi; la dépêche que vous m'avez faite du 30 du janvier dernier, et je conviens parfaitement de tout ce que le marquis de Puyzieulx vous a dit, et approuve fort ce que vous lui avez répondu làdessus. Comme il me revient p mes lettres de Suède que le marquis d'Havrincourt vient de dépêcher un courrier à sa cour, apparemment pour, lui communiquer

maître. Car à vous parler franchement, m'ajouta le marquis de Puyzieulx, plus je réfléchis sur la situation du Roi votre maître, et plus je suis convaincu qu'il lui convient de tenir avec ce pays-ci longues années. Soixante ou quatre-vingt ans ne seront peut-ltre pas trop; la Silésie sera un objet continuel de convoitise pour les Autrichiens; plus leur puissance augmentera, et plus ils espéreront de reprendre la Silésie. En vous faisant cette observation, me dit le marquis de Puyzieulx, je ne prétends pas vouloir dire que ce ne soit pas aussi notre intérêt de tenir avec le Roi votre maître. Nous devons le faire, et le Roi en est persuadé.**

,Je répondis au marquis d« Puyzieulx que je . pouvais l'assurer en toute vérité que Votre Majesté était entièrement dans ces .principes, mais qu'Elle Se flattait, aussi , qu'on avait pour Elle en France les sentiments d'un juste retour, parcequ'il [Puyzieulx] savait mieux que personne qu'il fallait une sincère réciprocité pour conserver longtemps une union comme celle qui devait subsister entre Votre Majesté et la France."

la minute de la réponse que le ministère de Suède destine au ministre de Russie et sur laquelle il voudra bien se consulter avec la France avant que de la remettre audit ministre, j'ai bien voulu vous en avertir, afin que vous puissiez vous informer comment les ministres de France pensent là-dessus.

Parcequ'aussi le comte Tessin a insinué à mon ministre à Stockholm qu'il s'agissait d'obvier de bonne heure au mauvais usage que la cour de Russie pourrait faire de cette réponse auprès de ses alliés, qu'à cette fin -là le gouvernement de Suède serait bien aise que je voulusse concourir avec les cours de France et de Danemark à faire comprendre à celles de Vienne et de Londres comme quoi il était impossible à la Suède d'aller plus loin qu'elle n'avait déjà fait, et que ses déclarations précédentes avaient de quoi rassurer pleinement des craintes imaginaires et non fondées auxquelles on donnait un acc^ trop facile — mon intention est que vous en deviez communiquer d'abord avec le marquis de Puyzieulx, en lui déclarant de ma part que j'étais tout prêt à me concerter là -dessus avec la France, et dès qu'elle aviserait de satisfaire à cette demande du gouvernement de Suède et qu'elle ferait faire de pareilles représentations aux cours de Vienne et de Londres , j'y concourrais volontiers ; que je me persuadais d'ailleurs qu'il serait de poids auprès de ces cours si nos ministres leur tenaient unanimement ces discours. Vous ne manquerez pas de me marquer de quelle façon le marquis de Puyzieulx

se sera expliqué là-dessus envers vous. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

41 16. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.

Pots dam, 10 février 1750.

La relation que vous m'avez faite du 24 de janvier dernier, m'a été heureusement rendue. C'a été à mon grand regret que je viens d'apprendre que l'état de votre santé est devenu si critique qu'il y a

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