‹ Politische Correspondenz Friedrichs des GrossenChapitre 21 sur 42 · A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

A CONSTANTINOPLE

Berlin, 31 janvier 1750.

Monsieur le Comte Desalleurs. J*ai reçu la lettre que vous m'avez écrite le 25 du mois d'octobre de l'année dernière, et je n'ai pas eu de peine à y reconnaître les sentiments d'amitié de la cour que vous servez, et les talents qui l'ont engagée à vous confier le poste important que vous occupez. Votre zèle pour mes intérêts et votre dextérité à les faire valoir m*en fournissent de nouvelles preuves et m'assurent par là même le succès de la négociation que vous avez entamée.

Le mémoire que j'ai fait tenir à M. le marquis de Valory,' et qui sert en même temps de réponse à celui que vous m'avez envoyé, vous fera connaître mes idées sur le plan que vous me proposez ; vous verrez que je l'adopte en partie et que, si je m'en écarte en quelques endroits, c'est par des raisons dont la justesse et la solidité ne sauraient échapper à votre pénétration.

Je suis bien aise, au- reste, de vous marquer ma reconnaissance

pour toutes les peines que vous vous êtes données, et je me flatte que

la suite de cette négociation me procurera l'occasion de vous la témoigner

plus amplement. C'est un ouvrage digne de vous et dont la réussite ne

pourra que me confirmer dans les sentiments d'estime que vous avez

déjà su m'inspirer. Te suis etc. ^ ,

•' ^ ^ Federic.

DE VOSS A DRESDE

Potsdam, 31 janvier 1750.

J'ai reçu votre dépêche du 27 de ce mois, et comme je n'ai pu

prévoir que le roi de Pologne ferait si tôt son voyage à Varsovie et

qu'il a été impossible de pénétrer que les affaires en Pologne prendraient

le pli que j'y remarque à l'heure qu'il est, mon intention est à présent

que, dès que le roi de Pologne s'acheminera vers Varsovie, vous l'y

suiviez incontinent sans perte de temps, étant résolu en ce cas de

dénommer quelqu'un à votre place qui ait soin de ma part, pendant la

foire prochaine de Leipzig, des affaires de mes sujets créanciers de la

Steuer de Saxe.* ^ ,

^, , Federic.

Nach dem Concept.

î Vergl. S. 235 Anm. 4. — a Vergl. S 212.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 2 février 1750.

Vous ne devez nullement douter de la réalité des avis que vous avez eus par un de vos confidents relativement à la déclaration que le sieur Panin est venu de faire à Stockholm ; ils sont vrais et justes dans toutes leurs circonstances, comme je vous en ai déjà prévenu par mes lettres antérieures.

Il est d'ailleurs constaté qu'on fera travailler à augmenter les ouvrages de la forteresse d'Olmiitz, et l'on me marque qu'on commence actuellement à assembler les matériaux qu'il faut pour cela. Quant au dessein de fortifier Prague, il ne m'en est rien revenu jusqu'ici, bien qu'on me marque qu'on fera fortifier encore la ville de Péterwardein en Hongrie et qu'on venait de s'arranger là -dessus avec le même entrepreneur qu'on avait engagé pour fortifier Olmiitz. Vous ne manquerez pas de m' instruire exactement sur tout ce que vous pourrez approfondir

^ «^^ ^"j«*- Federic.

Nach dem Concept.

A BERLIN

Potsdam, 2 février 1750.

Monsieur le Marquis de Valory. Ayant eu occasion de faire copier une lettre assez singulière, écrite de Vienne en clair et sans qu'il y ait eu des chiffres, sur un sujet qui me paraît demander quelque attention, j'ai trouvé bon de vous en confier la copie ci-jointe, afin que vous la fassiez parvenir à votre cour de la manière que vous croirez la plus sûre et point sujette à des inconvénients. Je me tiens d'ailleurs assuré que vous m'en garderez le secret le plus exact. Et sur ce, je prie Dieu etc. Federic.

Copie d'une lettre de M. le comte d'Ulfeld à M. le comte

de Puebla à Berlin.

Vienne, 24 janvier 1750»

Par des lettres qui ont passé des Indes à Constantinople et de là par un extraordinaire à Londres, on a appris que l'ambassadeur de France avait eu audience à la Porte et que le bruit s'en était répandu qu'il avait tâché de faire goûter la proposition pour faire un traité d'amitié entre la France et la Porte. Les premières lettres qui en arriveront, nous mettront au fait de ce qui en est, et des circonstances qui ont accompagné cette affaire.

Nach der von Valory eîngesandten Abschrift im Archiv des Auswàrtigen Ministeriums zu Paris.

A STOCKHOLM

Potsdatn, 3 février 1750.

Je ne saurais refuser mon approbation à la manière dont le ministère de Suède s'est pris pour répondre au mémoire qui leur a été présenté du sieur Panin, en conséquence du détail que vous m'en avez fait par votre dépêche du 23 de ce mois, et la réponse que le ministère médite de lui faire me paraît bien modérée et fort sage, au moins n'en donneront -ils sur eux aucune prise qui pourrait avoir quelque air de réalité. Mais ce que je crains qu'il n'en arrive, c'est que le chancelier Bestushew tournera tout d'une autre façon cette réponse, pour avoir lieu de continuer ses chicanes et ses agaceries contre le ministère de Suède.

Avec tout cela, il est vrai que, pourvu que ce Chancelier ne soit pas tout-à-fait dépourvu du bon sens, il n'éclatera point réellement contre la Suède ; mais s'il s'est abandonné à sa rage et furie contre elle, il ira toujours son train, quelle que soit la réponse du ministère de Suède, parcequ'il agira par un dessein prémédité.

Malgré cela, je crois que l'alliance de la Suède avec le Danemark, l'épuisement des Anglais et les circonstances délabrées de la reine de Hongrie pourront contribuer beaucoup à lui inspirer une certaine modération. Au surplus, je suis bien curieux d'apprendre de vous si l'ambassadeur de France n'a point fait des insinuations au ministère de Suède de se servir du biais, dans sa réponse à faire au sieur Panin, de remettre les différends entre la Suède et la Russie à la médiation de la Porte Ottomane. Et je veux bien vous dire, quoique pour votre direction seule et sous le sceau d'un secret absolu, que telle a été l'idée

Ivohd berichtet, Stockholm 23. Januar: „Le ministre de Russie n'a pas encore eu sa réponse* et ne l'aura probablement que sur la fin de la semaine prochaîne . . . Quant à .^n contenu, le comte de Tessin m'en parla d'avance, en me disant . . . qu'on se propose d'abord de faire sentir à la Russie qu'elle-même regarde le traité de Nystad comme aboli par une guerre postérieure, vu que, s'il subsistait encore, il ne serait pas nécessaire de faire revivre son septième article par la convention quelle vient d'offrir; que la première branche d'icelle, relative au maintien de la présente forme du gouvernement en Suède, paraissait superflue, parceque heureusement la liberté des États ne courait aucun risque, et si à Tavenir elle venait à être menacée de quelque danger, la Suède croyait devoir se flatter avec raison que la Russie, aussi bien que ses autres alliés, ne lui refuseraient pas leurs secours, quand préalablement ils auraient été dûment requis et en forme. Quant à l'autre branche de la même convention offerte, qui regarde la garantie de l'ordre de succession établi en Suède, on était si persuadé du zèle de toute la nation pour le défendre et le maintenir, qu'il n'y avait rien à craindre pour lui; mais si néanmoins et contre toute attente il venait à courir quelque hasard, et qu'alors on eût besoin d'un secours étranger, on était pareillement* persuadé qu'en ce cas la Russie, de même que les autres alliés et amis de ce royaume, ne le lui refuseraient pas, lorsque la Suède ferait précéder une réquisition formelle."

1 Vergl. S. 229.

du mînigtère de' France que celui de Suède se dût servir de cet échappatoire , pour gagner seulement = du temps et pour embarrasser le chancelier, de Russie sur ses mauvais desseins. ,

Federic.

Nïicb dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Pots dam, 3 février 1750.

La dépêche que vous m'avez faite à la date du 20 de janvier passée m'a été fidèlement rendue. Dans les principes où est le premier ministre de Russie et en conséquence des instructions qu'il donne au comte de Tschernyschew, et par les suggestions que la cour de Vienne ne laisse pas de lui faire, il ne saura manquer que celui-ci ne donne à tous les mensonges et impostures qu'on lui fait parvenir relativement à la Suède, surtout dans la médiocrité de génie qu'on lui connaît et par où il donne légèrement dans tous les panneaux qu'on lui tend. Cependant les visions dont il en est imbu, sont trop ridicules pour qu'il en saurait imposer à quelque homme raisonnable et qui est tant soit peu à même de juger des affaires.

Je dois pourtant vous avertir qu'il m'est revenu de fort bon lieu, et d'une manière à y pouvoir presque compter, que les ostentations guerrières qui sont faites par la Russie ne sont pas soutenues par l'argent seul de cette puissance, et que l'Angleterre entre pour cette dépense et qu'elle en supporte sous mains une partie, soit que le roi d'Angleterre fournisse l'argent nécessaire pour cela de la liste civile, ou que son ministre trouve le moyen d'y suppléer par quelque autre endroit et sans que le Parlement soit obligé d'y donner son agrément d'une manière qui rende publique cette affaire. Bien que je connaisse toute l'étendue de la difficulté qu'il y a pour déterrer clairement un mystère tel que celui-ci. vous devez cependant tenter jusqu'à l'impossible pour vous en orienter, afin de me mander ce que vous en aurez découvert.

Au surplus, je dois vous dire pour votre direction que la France même est dans de forts soupçons que c'est le roi d'Angleterre qui, par l'argent qu'il fait fournir secrètement à la Russie, entretient sous mains les avanies que celle-ci a faites jusqu'au moment présent envers la Suède et ses alliés, et que dans cette supposition les ministres de France ont fait entendre assez clairement à l'Angleterre, de même qu'à la cour de Vienne , que ces deux puissances s'abuseraient grossièrement , si elles croyaient que la France demeurerait spectatrice de la guerre qui s'allumerait dans le Nord, ni qu'elle permettrait qu'elles fussent maîtresses de rester derrière le rideau, mais que la guerre, commencée dans le Nord, deviendrait générale peu de temps après, parceque la France entrerait dans les Pays-Bas et y pousserait aussi loin qu'elle le

pourrait. Ce qui doit cependant vous servir pour votre unique direction et sans que vous deviez en faire apercevoir quelque chose à qui que

ce soit. T- j

Pots dam, 3 février 1750.

La relation que vous m'avez faite du 23 du mois dernier, m'a été bien rendue. Mes ministres du département des affaires étrangères vous auront déjà instruit que la déclaration du sieur Panin, ministre de Russie à Stockholm, a été actuellement faite, quoique dans des termes assez modérés , que le principal objet de cette déclaration consiste qu'en conformité de l'article 7 du traité de paix de Nystad il soit expédié un acte solennel par les États de Suède par lequel ils doivent déclarer qu'ils ne changeront jamais la forme présente du gouvernement et qu'ils renoncent pour toujours au rétablissement de la souveraineté, en revanche de quoi la Russie voudra garantir par un autre acte solennel l'ordre de la succession à la couronne établi en Suède. J'ajoute à cela que je viens d'apprendre que la Russie, en communiquant cette déclaration à la cour de Vienne, a insisté en même temps que l' Impératrice-Reine s'expliquât catégoriquement sur combien de secours en troupes de sa part on pourrait compter en Russie en cas de besoin et en cas de refus de la part de la Suède, demande dont la, cour de Vienne a paru être bien embarrassée.

Quant au soutien par argent que le ministère de France soupçonne qu'il a été fait à la Russie pour l'aider dans ses ostentations guerrières, j'avoue que, malgré toutes les peines que je me suis données jusqu'à présent pour en déterrer quelque chose, je n'ai pas pu y réussir; mais en supposant qu'il soit avéré que ce soit l'Angleterre qui en fournit à la Russie, je ne saurais m'imaginer que cela allât assez loin, parceque dans les circonstances désolées et embarrassantes où se trouve actuellement la nation anglaise, épuisée par les grands efforts qu'elle a faits dans la dernière guerre, elle ne voudra pas sans rime ni raison s'embourber dans une nouvelle guerre sur un sujet qui ne la regarde aucunement; et, quant au roi d'Angleterre, je doute presque que, quelque envie qu'il ait d'agrandir ses possessions en Allemagne, il veuille fournir du sien pour entrer dans une lice aussi hasardeuse, et dont ses provinces en Allemagne se pourraient fort ressentir. Malgré tout cela, il faut que j'avoue qu'il est fort difficile de deviner ce que dans la situation présente des affaires un ministre de Russie, entêté et furieux tel qu'il est le chancelier Bestushew, est capable d'entreprendre, et quoique je croie qu'il réfléchit beaucoup sur ce que l'Angleterre voudra faire dans ces occurrences, l'on pourra néanmoins se tromper avec un homme aussi enragé que ce Chancelier.

En attendant « je suis tout -à- fait persuadé que rien ne saura être plus convenable dans ces circonstances que le langage ferme que la France tient, à ce que vous me marquez, envers le ministre anglais, et que, quand même le roi d'Angleterre aurait envie de troubler la tranquillité de l'Europe et en particulier du Nord, la fermeté de la France seule pourrait l'en retenir. Voilà ce que j'ai à vous dire sur ce sujet, dont vous ne manquerez pas de faire un usage convenable.

Nach dem Concept. F 6 d e r i C.

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, 3 février 1750.

Vos dépêches du 24 et du 27 de janvier dernier me sont successivement bien entrées, et j'approuve parfaitement que vous vous conformiez en tout aux sentiments de l'abbé I-emaire, relativement à la négociation de l'alliance entre moi et le Danemark, et que vous ne vous engagiez pas plus loin qu'il ne le trouve à propos. Je suis, en attendant, fort curieux de savoir le biais que l'abbé Lemaire voudra tenir, pour réussir dans la négociation de l'alliance en question. ,

£ c KX CXI 1^1

Nach dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Les soupçons que vous marquez d'avoir, en conséquence de votre dépêche du 20 du mois dernier passé, touchant les secours en argent que la cour de Londres fournit secrètement et sous main à .la Russie pour la soutenir en quelque façon de continuer ses démonstrations guerrières, me paraissent des mieux fondés; au moins serait -il incompréhensible comment la Russie, dans l'état délabré de ses finances, aurait pu sans cela soutenir le fardeau des dépenses qu'elle a été obligée de faire pour l'entretien de ses ostentations.

Au surplus, les directeurs de la dette de Silésie ont craint bien frivolement que les actions que j'ai fait jadis acheter, ne retournassent dans le public; ils n'auraient eu qu'à voir une de ces obligations que j'ai fait déposer auprès du sieur Spellerberg, pour être convaincus de la droiture de ma façon d'agir à ce sujet, et ils se seraient d'abord aperçus que chacune de ces obligations a été signée de la main propre du sieur Andrié, pour les mettre hors du commerce et pour empêcher par là qu'elles ne sauraient jamais plus retourner dans le public.

Nach dem Concept. F C d C r i C«

Corrcsp. Friedr. H. VII. l6

DE VOSS A DRESDE

Potsdam, 6 février 1750.

Votre dépêche du 31 de janvier dernier m'est bien entrée. M* apercevant suffisamment que la France incline beaucoup à continuer quelques subsides à la cour de Dresde, vu le grand délabrement des affaires de cette cour et en considération de la Dauphine, je crois que de notre côté il ne nous reste rien à faire de mieux que d'abandonner l'affaire de la continuation de ces subsides au train qu'elle voudra prendre.

Vous ne ferez point le voyage de Leipzig pendant la foire prochaine, mais vous suivrez le Roi à Varsovie, dès qu'il se sera mis en route, tout comme je vous en ai déjà donné l'ordre par ma dernière lettre. Vous avertirez ainsi préalablement le comte de Hennicke, à la première occasion que vous y trouverez, que j'enverrais quelqu'un à votre place à la foire prochaine de Leipzig, qui serait accrédité à lui, comte Hennicke, uniquement pour pouvoir régler le nécessaire concernant mes sujets créanciers de la Steuer, Vous pousserez, en attendant, diligemment à la roue, afin que mes dits sujets soient satisfaits au possible par quelque somme bien considérable, que vous tâcherez de faire destiner d'avance à leur payement par la cour où vous êtes.

Vous pouvez être entièrement persuadé et assurer en conformité le ministère de Dresde que je ne savais absolument rien de l'affaire en question des fabricants de Zittau, que je ne connaissais même point de conseiller Menzel ; * que cependant je ne laisserais que de m'en informer exactement, pour me mettre à même de faire administrer bonne justice sur ses prétendues démarches.

Quoique au reste je sois tout porté à vous subvenir dans la détresse de vos affaires dont vous faites mention dans un de vos post-scriptums, cela ne saurait cependant point être, vu que mes caisses ne sont point arrangées à pouvoir faire des prêts ou des avances , leur étant enjoint d'acquitter et de payer promptement les dépenses qui leur sont imposées, ce que vous ne sauriez manquer de reconnaître vous-même en les mettant un tant soit peu en comparaison avec celles de Saxe. Je vous conseille donc encore ici, dans la meilleure intention du monde, de vous borner dans vos dépenses et de n'en, point faire d'autres que celles qui . sont indispensablement nécessaires. Mais quant à votre prochain voyage en Pologne, il n'y a rien de plus juste que de vous accorder un extraordinaire à cet égard, qui aussi vous sera assigné en conséquence.

Nach dcm Concept. F e d e r i C

'<x" Ein. preussischer Beamter dièses Namens sollte nach einer; dem Gesandten iibergebenen Denkschrift des sachsischen Mtnisteritnns Versuche gemacht haben, zittauer Fabrikanten zur Ansiedelung in Preussen zu veranlassen.

41 o6. AU CONSEILLER BARON LE CHAMBRIER A PARIS.

Potsdam, 7 février 1750.

Je suis très satisfait du contenu de votre dépêche du 26 de janvier dernier, qui renferme un récit que vous m'y faites de la conversation que vous avez eue en dernier lieu avec le maréchal duc de Noailles, et de votre réponse en particulier. Quoique je sache très bien que ledit Maréchal ne peut par lui ajouter un grand poids aux affaires, je trouve néanmoins bon et nécessaire que vous fassiez de temps en temps quelque politesse à ce Maréchal, et que vous lui disiez des choses obligeantes de ma part, pour le retenir dans de bons sentiments et grossir de la sorte mon parti dans le ministère de France.

Il est, au reste, très avéré que, si le ministère de France pouvait être. disposé à s'employer à ce que la France tienne avec le roi de Sardaigne, ce serait là un coup désirable et décisif.

Vous recevez ci-jointe une lettre en réponse au sieur de Cagnony,^ que vous aurez soin de lui faire parvenir ultérieurement,

Nadi dem Concept. F e d e r i C.

Uhambrier berichtet, Paris 26. Japuar, tlber eine Unterhaltung mit dem Herzog von Noailles ûber die politische Lage. „I1 passa aux affaires d'Italie et au roi de Sardaigne en particulier, pour qui il a toujours conservé de la prédilection depuis la guerre de I734; et il me dit, à propos de cela, que c'était la faute du ministère de France, voulant désigner le marquis d'Argenson, de ce que la France n'avait pas terminé la négociation qu'elle avait entamée avec le roi de Sardaigne en 1746.x «L'agrandissement de ce Prince en Italie ne peut pas nous faire du tort, parceque les Alpes nous séparent naturellement, et il pourrait arriver des temps où sa Savoie lui deviendrait peut-être plus indifférente, pour s'en procurer la Savoie ailleurs.* Je lui répondis par un acquiescement qui me parut lui faire tant de plaisir que, reprenant la conservation, il me répliqua : »Le Roi votre maître et le roi de Sardaigne doivent être le frein qui doit contenir la cour de Vienne, « — »Et la France, Monsieur le Maréchal, lui dis*^je, le principal soutien de ce système.» — »Sans doute, me répliqua-t-îl.«"

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 7 février 1750.

Quoique je serais .bien aise d'avoir ces listes ^ dont vous faites mention dans votre dépêche adressée à moi immédiatement du 28 du mois dernier, je doute cependant encore de leur authenticité; mais, pour en être éclairci, vous devez m' envoyer celles dont vous êtes déjà en possession, par un de vos domestiques jusqu'à Neisse, où il pourra remettre le paquet dont vous le chargerez, au général major de Treskow, afin que celui-ci me le fasse parvenir par la poste ordînaite.'

t Vergl. Bd. V, 51. — â Enthâlt lediglich die; Wiederholung friihérer' Weistingen. — 3 Listen tfbcr den Effectivbestand der ôsterreicfitscKen Infanterie- utid Cavallerieregimenter am li December 1749. : • - ■-? ^ ."

Quant aux affaires du Nord, je suis tout- à- fait persuadé de la

mauvaise intention de la Russie contre la Suède, en cas que celle-ci refuse

de se conformer à ses désirs, j'ai pourtant de la peine à croire que la

cour de Vienne voudra entrer aussi avant dans^ cette affaire que la cour

de Pétersbourg paraît le désirer. ^ ,

° ^ Federic.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 7 février 1/50.

J'ai vu par votre dépêche du 27 du mois passé de janvier le précis* [de la réponse] que le ministère de Suède va faire au mépioire du sieur Panin, et je serai bien aise de l'avoir in extenso. Elle a mon approbation, et naturellement la cour de Russie devrait s'en contenter; mais comme ce sont des gens très inconsidérés, Ton ne saurait point compter s'ils en seront satisfaits; il y a plutôt à croire qu'ils en feront bien du bruit et qu'ils agaceront la Suède au possible.

Dites au comte de Tessin qu'il doit être fermement persuadé que l'intention de la cour de Russie n'est nullement de se procurer une retraite honorable, mais de pousser plutôt l'affaire aussi loin qu'elle le pourra, et que certainement elle reprendra ses ostentations tout ccHnme, auparavant, dès que la saison le permettra. 1? a

Nach dem Concept.

4109. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT - PÉTERSBOURG.

La façon désobligeante avec laquelle la cour où vous êtes agit envers la personne du sieur de Greiffenheim , » ne me surprend point, par l'insolence que je lui connais, et parcequ'elle est 6é]K accoutumée de n'avoir nul ménagement pour des gens qu'elle atrrait bien raison de ménager.

. Comme je sens très bien qu'il y aura, le printemps qui vient, bien des vacarmes encore, vous devez mettre votre principale attention à bien observer tous les arrangements que la cour de Russie fait faire à ce sujet, et surtout, par (apport à la Suède, si la Russie augmentera le corps de troupes qu'elle a dans sa Finlande, de même comment elle disposera de sa flotte. D'ailleurs vous ferez votre possible pour dé-

X Vergl. S. 238. Rohd's Bericht vom 27. Januar fîigt ttber den Inhalt noch hinzu : „Qu'on y fait connattre à la Russie sans détour que non seulement le septième article, mais tout le traité de Nystad a été aboli par la guerre postérieure; que les protocçles des conférences d'Abo montrent en évidence, par rapport audit article en particulier, que les commissaires russiens s'en sont désistés." — a Vergl. S. 126.

couvrir ce que je vous ai fait marquer dans la dépêche du département

des affaires étrangères qui vous parviendra à la suite de celle-ci,

relativement aux remises en argent qu'on soupçonne que l'Angleterre

fait à la Russie. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

41 lo. AUX MINISTRES D'ÉTAT COMTES DE PODEWILS ET

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