AU CARDINAL DE BAVIÈRE A MUNICH
Berlin, 21 février 1750.
Monsieur mon Cousin. J'ai reçu la lettre qu'il a plu à Votre Altesse de m 'écrire en date du 24 janvier passé,^ et je suis charmé des assurances qu'Elle m'y donne de Son afifection et de Sa confiance. Mes sentiments pour Votre Altesse y répondent parfaitement, et je me flatte que l'expérience du passé ^ L'aura convaincue de la sincérité de mes dispositions à Son égard et avec combien d'empressement je me suis prêté à recommander à la cour de France les intérêts de Votre Altesse et Ses vues, aussitôt qu'il Lui a plu de me faire part de Ses intentions.
Quoique cette cour n'ait pas encore répondu d'une manière positive à mes instances, je ne laisserai point de revenir à la charge et de renouveler mes instances en faveur de Votre Altesse, d'autant plus que ma situation ne m'offre point d'autre ouverture pour m' intéresser avec succès à l'accomplissement de Ses désirs, et que je ne vois non plus d'autre cour qui soit plus intéressée à les seconder ou qui puisse travailler plus efficacement à inspirer des sentiments fraternels à Monseigneur l'électeur de Cologne et à lever les obstacles que ses préventions opposent aux vues de Votre Altesse. C'est aussi par cette raison que je compte que la France ne se refusera point à la recherche de Votre Altesse, surtout si les cours de Munich et de Manheim voulaient se joindre à Elle et appuyer Ses vœux. Au cas, toutefois, que Votre Altesse pût m'indiquer quelque autre voie pour les seconder, Elle peut être persuadée que je la suivrai avec plaisir, autant que la chose dépend de moi, et que je saisirai avidement toutes les occasions où je pourrai avancer Ses prospérités et Lui donner des marques réelles des sentiments d'amitié, de considération et d'estime avec lesquels je suis. Monsieur mon Cousin, votre très affectionné cousin
Nach dem Concept. F C d C r i C.
I Vergl. S. 227. — 2 Vergl. S. 255. — 3 Vergl. Bd. III, 21.
1 odewils berichtet, Berlin 21. Februar : „M. de Wulfwenstjeraa a reçu un courrier de sa cour, qui, avec un passeport du marquis de Valory, a continué secrètement sa route par la Pologne pour Constantinople, afin d'y porter au sieur de Celsing, ministre de Suède, un ample détail de tout ce qui regarde la dernière déclaration que la Russie a fait faire en Suède par le sieur de Panin, et la réponse qu'on va lui remettre. Ce courrier est un officier suédois ... et le sieur de Wulfwenstjerna en a dérobé soigneusement la connaissance au public d'ici, en le faisant passer pour un officier qui était au service de la France."
Mijndliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretârs.
Pots dam, 22. Februar 1750.
Ich habe es gleich errathen, dass es dergleichen sein miisste, sobald Ich die erste Nachricht' von der Ankunft dièses Officiers erhalten. Inzwischen ist es sehr gut, dass man in Schweden dièse Resolution gefasset hat.
Potsdam, 23 février 1 750.
Mon cher frère. Je vous envoie avec bien du plaisir les passeports des chevaux que vous me demandez. Je ne doute pas, mon cher frère, que votre présence ne soit fort avantageuse à votre régiment et n'obvie à bien des négligences , qu'il est temps de redresser encore. Le proverbe dit que l'œil du maître engraisse le cheval, et le proverbe a raison, principalement dans le militaire, et chez nous l'exactitude et la grande discipline exigent un soin continuel; et si les premiers de l'État ne donnent pas le bon exemple, tous les autres se négligent dans leurs emplois.
Je souhaite que vous trouviez tout bien et. en bon état, vous priant
de me croire avec tendresse et estime , mon très cher frère , votre très
fidèle frère et serviteur ^ , .
Federic.
Nach der Ausfertigung. £igenhàndig.
DE VOSS A COPENHAGUE
Potsdam, 24 février 1750.
Les deux relations que vous m'avez faites, cotées sous numéro 18 et 19, m'ont été bien rendues; et je vous sais bon gré de ce que vous m'avez informé vous-même de la conversation qu'il y a eu entre M. l'abbé Lemaire et M. de Schulin relativement à ma situation et à mes forces. Ce que celui-ci a fait entendre au sieur Lemaire, comme
quoi l'entretien de mon armée me serait trop onéreux pour que je saurais la maintenir longtemps dans cet état, lui a été sans doute inspiré par les partisans des cours de Vienne et de Pétersbourg, qui, par un motif d'envie contre moi, se sont avisés de disséminer de pareils bruits ridicules; car quant à moi, vous pouvez hardiment compter que mon armée, telle que je l'ai sur pied, est payée et entretenue régulièrement, sans me causer le moindre inconvénient ou embarras , et je me suis si bien arrangé que sûrement, pendant toute ma vie, je n'en diminuerai pas le nombre d'un seul homme. Tout au contraire, je me trouve, grâce à Dieu, dans une situation que je pourrais l'augmenter de vingt à trente mille hommes, si les places ne me manquaient où je saurais les mettre en quartiers.
Au surplus, si ce que vous est revenu touchant le rappel qu'on médite du sieur de Bernstorif, pour le placer dans le conseil, se devait vérifier, il n'y a nulle doute que cela ne soit que par une intrigue des Anglais qu'on y ait déterminé le roi de Danemark, dans la vue, comme vous dites, de contrebalancer par lui le crédit de M. Schulin. Car il est assez connu que le sieur de Bernstorff, né Hanovrien qu'il est, a toujours été fortement attaché à la cour de Londres, à qui il a tâché de rendre tous les services possibles, même pendant son ministère en France,' ce que je ne vous dis cependant que pour votre direction seule.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Potsdam, 24 février 1750.
J'ai appris avec satisfaction, par votre dernière dépêche, que ce n'est pas encore une affaire tout - à - fait décidée que le marquis de Puyzieulx quittera sitôt le département des affaires étrangères; je souhaite ardemment que sa santé et ses forces lui veuillent permettre de garder ce poste, puisque je compterai toujours un changement de sa part pour une véritable perte.
Pour ce qui regarde le sieur de Courteille, comme celui qui a les plus grandes apparences devant soi pour succéder au poste de secrétaire d'État, en cas que le marquis de Puyzieulx le dût quitter, vous devez me marquer exactement quelles charges il a occupées autrefois, quel est son caractère, et ce que je saurais me promettre de lui et de. sa façon de penser, s'il venait jamais à être revêtu de la charge en question.
Nach dem Concept. F e d C r i C.
I Vergl. Bd. III, 385; Bd. V, 558.
4i45« AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD
A STOCKHOLM
Pots dam, 24 février 1750.
Les dépêches que vous m'avez faites du 10 et du 13 de ce mois, m'ont été bien rendues. Puisque je ne doute presque pas que le sieur Panin ait actuellement reçu la réponse du ministère de Suède sur son mémoire, je ne veux pas m'y arrêter, mais attendre seulement l'impression qu'elle fera sur la cour de Pétersbourg et quel en sera l'effet. En attendant, j'applaudis parfaitement à la résolution que le ministère de Suède a prise de prévenir la Porte Ottomane sur tout ce qui s'est
passé à cet égard. ^ ,
° Federic.
Nach dem Concept.
4146.. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
f*otsdam, 24 février 1750.
Le rapport que vous m'avez fait du 7 de ce mois , ne saurait , à cause des matières intéressantes qu'il contient, qu'avoir mon entière approbation. Vous faites très bien et vous en agissez conformément à ce qu'exige une scrupuleuse et exacte prudence, en ce que, vu la situation où se trouve actuellement l'ami connu, digne homme d'ailleurs, vous observez certains ménagements avec lui.
Je suis encore à attendre jusqu'ici que vous me satisfassiez, le plus
tôt le mieux, sur ce que je souhaite savoir de vous, quelles impressions
a faites sur la cour de Pétersbourg le changement arrivé en dernier lieu
dans le ministère de Constantinople. Je me tiens en attendant fondé
pour pouvoir croire que la cour de Vienne se gardera soigneusement
pendant ces circonstances d'animer la Russie à quelque éclat de sa part
dans les affaires. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 24 février 1750.
J'ai reçu votre relation du 14 de ce mois. Je suis bien aise d'apprendre que vous avez trouvé moyen d'avoir le plan de Sternberg, tout comme ceux des autres fortifications qu'on va faire en Bohême et en Moravie ; je souhaite même d'avoir celui de Péterwardein. Quoiqu'il soit question encore si tous ces plans-là sont exacts, vous devez malgré cela les acheter; car comme je suis en possession des plans de toutes ces places dans l'état ou elles sont encore, je pourrais bientôt démêler, en combinant ceux-ci avec les autres, s'ils sont authentiques ou non.
Au reste, comme il m'importe fort de savoir précisément et d'une
façon à y pouvoir compter si le changement des ministres de la Porte
qui est arrivé en dernier lieu à Constantinople , influera d'abord sur la
cour de Vienne, vous n'oublierez pas de vous bien orienter sur ce sujet
et de m'en faire votre rapport. Si la Porte Ottomane reste, malgré
le susdit événement , dans la même inaction oii elle a été jusqu ici , on
s'en apercevra d'abord par la façon d'agir de la cour de Vienne, qui
continuera d'être hautaine et insolente; au lieu que, si les Turcs
commencent à parler d'un ton plus haut que jusqu'ici, la cour
mentionnée en sera inquiète et rabaissera son caquet, outre que dans
ce cas-là elle tâchera de son mieux à apaiser la Russie, pour ne point
être obligée d'entrer dans un jeu qui pourrait devenir trop fort et trop
sérieux à son égard. ,
Federic.
Nach dem Concept.
DÉ VOSS A DRESDE
Potsdam, 24 février 1750.
Je suis assez content du détail de la conversation que vous avez eue avec le comte Hennicke, en conséquence de la relation que vous m'en avez faite du 17 de ce mois. S'il n'y a moyen, dans la conférence qu'on vous a promise, de pousser au delà de 50,000 écus la somme du capital qu'on paiera à la foire prochaine de Leipzig à mes sujets créanciers de la Sieuer , ce que vous tenterez cependant au possible, il faut s'en contenter à la fin, parceque de mauvais payeur il faut toujours prendre ce que l'on peut.
J'ai trouvé dignes de mon attention les circonstances que vous me marquez à l'égard des affiches qu'on trouve l'une après l'autre ; l'on en reconnaît clairement d'un côté la grande faiblesse où se trouve actuellement la cour de Dresde, et de l'autre côté le grand acharnement du public contre le premier ministre et contre son administration des affaires , qui n'aboutira cependant à rien , puisque le ministre trouvera assez de moyens pour dissiper ces nuées.
Je vous saurai bon gré , , si vous savez vous procurer , avant votre départ de Dresde, une liste exacte de l'état effectif des troupes saxonnes.
Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez faite du 16 de ce mois au sujet d'un nommé Ram.^ Comme je pourrai me servir utilement de cet homme, vous devez lui dire qu'il n'a qu'à se rendre, au plus tôt, ici et s'adresser au conseiller privé Eichel, qui lui parlera de ma part; qu'il doit en même temps apporter les originaux des billets
I Ram wollte eine Erfindung zur Verbesserung der Tuchfabrikation gemacht haben.
de la Stetier dont il est en possession, et qu'on tâchera de faire en sorte qu'il en soit satisfait, tout comme on s'arrangera à la suite avec lui sur les autres propositions qu'il m'a faites. Vous me marquerez, en attendant, ce que vous savez des circonstances de cet homme -là.
Nach dem Concept. F e d e r i C
GR^FFEN A LONDRES.
Ayant épuisé par le rescrit du département des affaires étrangères qui vous parviendra à la suite de cette dépêche, ce que j'avais à vous dire concernant les affaires du Nord, j'ajouterai seulement que, quant aux fréquentes conférences qu'il y a entre- les ministres anglais, Tschemyschew et Richecourt, j'ai tout lieu de présumer qu'il s'y agit principalement sur les engagements que la Russie réclame de ses alliés, en cas que la réponse de la Suède ne fût point satisfaisante, ainsi qu'il aurait été à souhaiter que votre ami' se fût avisé de tâtonner le duc de Bedford là -dessus.
Pour ce qui regarde le baron de Miinchhausen ," je crois que le roi d'Angleterre se sert de lui pour gouverner le duc de Newcastle et pour inspirer au duc de Bedford les sentiments où il le voudrait bien voir. Quoi qu'il en soit, si l'Angleterre est aussi épuisée en finances que vous le marquez, je me persuade que le roi d'Angleterre n'arrivera point au but qu'il médite, et que la Russie sera obligée bon gré malgré elle de rester tranquille.
Je viens d'ordonner au banquier Splitgerber de vous faire payer par son correspondent à Londres les 30 guinées que vous me demandez pour en faire une gratification à votre ami. Quant au payement des dettes de la Silésie, je vous dirai pour votre direction que je ferai remettre, au terme du 10 juillet, dans la banque de Londres les sommes qu'il faut pour la somme» de 700,000 écus que j'ai destinée de payer à raison des années de 1749 et de 1750, sur les dettes de la Silésie, exclusivement de ce que vous en avez déjà touché; qu'il sera libre à vous d'en disposer alors pour autant qu'il faudra pour faire un payement en sommes non rompues, et que le surplus pourra rester dans la banque de Londres à ma disposition ultérieure. Je vous répète cependant que ce payement ne se fera qu'à condition que la tranquillité dans le Nord ne soit point troublée cette année -ci.
Au surplus, c'est à mes ministres du département des affaires étrangères de vous instruire sur ce qui concerne les prétentions de mes sujets à la charge de l'amirauté d'Angleterre, ayant fait savoir à ceux-là mes intentions là -dessus,
Nach dem Concept.
I Vergl. S. 253. — 2 Brader des hannôverischen Grossvogts. Vergl. Bd. VI, 382.
ivlinggrâfiren berichtet, London 10.
Februar: ,, C'est avec une bien sensible douleur que j'ai vu par le rescrit du 27 janvier 1 que Votre Majesté me taxe de négligence dans l'affaire du dédommagement de Ses sujets ... J'ai trouvé cette affaire décidée par les tribunaux, et j'ai fait les démarches nécessaires, dès ma première audience, chez les ministres.
Les ordres immédiats que j'ai reçus, me mettent des bornes 2 . . . Mon devoir exige de représenter à Votre Majesté la véritable situation de cette affaire. Je m'en suis acquitté et tout a été épuisé ce que Votre Majesté me marque que je devais répondre ici; le refrain est que tout a été décidé par les tribunaux. Des sujets de Votre Majesté il n'y a que Le petit David qui en ait appelé ; je souhaite qu'il s'en trouve bien par la sentence.'*
Potsdam, 26. Februar 1750.
Auf allergnàdigsten Befehl Sr.
Kônigl. Majestàt habe Ew. Excellenz vermelden sollen, wie dass Hôchstdieselbe vor nothvvendig finden, dass der Geheime Rath Klinggraffen zu London wegen der Forderung und Indemnisation Dero Unterthanen, so durch die englischen Capereien gelitten, mit nàchster Post nochmalen ganz iimstàndlich aus dem Département instruiret und derselbe bedeutet werde, dass es hier nicht auf Bagatellen, noch auf das Schitf Der kleine David genannt ganz alleine ankâme, sondern dass es ganz betrâchtliche Summen wàren, welche Sr. Kônigl. Majestàt Unterthanen wegen erlittener Gewalt und Unrecht zu fordern hâtten. Es erachten Se. Kônigl. Majestàt daher vor nôthig, dass dem p. von Klinggrâifen die Liquidationes dererjenigen, so dieserhalb zu fordern haben, spécifiquement zugesandt werden, damit derselbe seine Mesures darnach nJhmen kônne. Vor das ûbrige musste er wohl instruiret werden, wie die Spriiche der englischen Tribunaux von Sr. Kônigl. Majestàt gar nicht als giiltig angesehen werden kônnten, da solche in ihrer eigenen Sache nicht Richter sein kônnten, ûberdem des Kônigs Majestàt nicht zugeben wiirden, dass man in Engelland Dero Kaufleute und Unterthanen als dortige Vasallen tractirete, sondern Sie verlangeten, dass man ihnen Justiz thun soUte, wie es das Recht der Vôlker mit sich brâchte, da sonsten Se. Kônigl. Majestàt ebenmàssig durch Dero Tribunals iiber dièse Forderungen wiirden urtheilen lassen und dann darauf denken wiirden, wie Sie deren Erkenntnisse zur Execution bringen kônnten.
Im'iibrigen wâre es genug, wenn er, der p. von Klinggraffen, vor der Hand nur dièse Sache in Bewegung erhielte und deshalb schriee, [nicht] jetzo aber gleich drohete, dass Se. Kônigl. Majestàt gedachte Forderungen gleich von der schlesischen Schuld defalquiren woUten. Dero Intention sei auch gar nicht, [dass Sie] die Forderungen quaestionis gleich jetzo von denen Geldern, so auf Abschlag der schlesischen Schulden [fâllig wiirden] , àbziehen und compensiren woUten , sondern Sie wiirden damit bis gegen den letzten Termin anstehen und alsdann sehen, was zu thun sei, woferne man Dero Unterthanen dorten gar
I Rescript aus dem Ministcrium. — 2 Vergl. Bd. VI, 326.
keine Justiz thun noch aiif aile Sr. Konigl. Majestàt Remonstrationes deshalb keinen Égard nehmen woUte.
Letztere Passage fanden Hôchstdieselbe nôthig, dass solche in Ziffern gesetzet, sonsten aber das ganze deshalb zu expedirende Rescript recht wohl und solide ausgearbeitet und dadurch dem p. von Kl in g- j
gràffen aile seine unrichtige Begriffe benommen wurden. 1
Nach der Ausfertigung. Ë i C h e 1.
A BERLIN
Potsdam, 28 février 1750.
Monsieur le Marquis de Valory. Imaginez-vous jusqu'à quel point j'ai été surpris, lorsque mes dernières lettres de Vienne m'ont appris, d'une façon qui ne me laisse aucun doute de la réalité du fait, que le ministère autrichien n'ignore nullement la communication secrète que je vous avais faite en dernier lieu d'une des dépêches que le comte Puebla avait envoyée à Vienne à la date du 30 du janvier passé. * Jugez, Monsieur, de l'extrême embarras où cet avertissement m'a jeté, dont apparemment les suites seront que je verrai tarie la source d'où j'ai puisé jusqu'ici les confidences secrètes que j'ai fait passer à votre cour, et que je ne serais plus à même de lui en faire, et avisez, s'il vous plaît, sur les voies par où cette indiscrétion a pu dériver, puisqu'il n'y a âme qui vive à qui j'aie fait la moindre confidence de ce qui regarde ce sujet, hormis qu'à vous seul. Je vous conjure, en attendant, de n'en éclater nullement, mais de me garder le secret le plus absolu sur cet avertissement. Songez plutôt d'approfondir, sans que personne s'en doute, par où le secret a pu sortir et être porté en si peu de temps à Vienne, et prenez désormais vos mesures là-dessus, sans vous en confier à personne. C'est par cet unique motif que je vous fais part de ce cas fâcheux.
Au surplus, soyez assuré de mes sentiments d'estime et d'amitié
envers vous. Et sur ce, je prie Dieu etc. .
Nach dem Concept, a
GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG
Potsdam, 28 février 1750.
L'état de misère où la province [de Livonie]^ se voit aujourd'hui réduite, et qu'on ne saura point tirer des provisions de l'Ukraine, cette
X Unter dcn im Archiv des Ministeriums der Auswârtîgen Angelegenheiten zu Paris aufbewahrten, von preussischer Seite dem franzôsischen Gesandten mitgetheiUen Abschriften ôsterreichischer Actenslucke befindet sich ein Bericht Puebla's vora 30. Januar 1750 nicht, sondcrn nur das oben S. 245 abgedruckte Schreiben an Puebla, Wien, j>y. Januar. — 2 Vergl. S. 280 Anm. I. — 3 Erganzt aus Goltz' Bericht vom 10. Februar.
année -ci, n'empêcheront point le comte Bestushew de continuer les démonstrations guerrières, et la seule différence qu'il y aura peut-être, sera que ces ostentations seront cette fois plus coûteuses à la cour de Pétersbourg qu'elles n'ont été ci-devant. De plus, tant qu'on prône les produits des mines de Sibérie, elles ne fourniront jamais assez de fonds pour soutenir une guerre. N'ayant d'ailleurs rien d'intéressant à vous dire sur votre dépêche du lo de ce mois, je ne fais que l'accuser.
Nach dem Concept. F e d e T i C
Pots dam, 28 février 1750.
Votre rapport du 16 de ce mois m'a été bien rendu. Quelque
extrême que soit la mauvaise volonté de la cour de Russie, je suis
cependant en droit de croire que ses forces et ses facultés n'approchent
que de fort loin le but qu'elle s'est proposé, si elle ne se voit pas
aidée par les cours de Londres et de Vienne. Et comme le duc
de Bedford a témoignée en dernier lieu à un de ses amis à Londres
que la Russie se tromperait très fort, si elle se flattait de pouvoir
entraîner l'Angleterre dans ses vues, et que la cour de Vienne ne se
fie point aux Turcs depuis le changement arrivé dans le ministère à
Constantinople , je juge par là, malgré tout le malin - vouloir de la
Russie, qu'elle sera obligée d'en rester en arrière, et que l'Angleterre et
même la cour de Vienne s'opposeront à ce que l'autre-là ne pousse les
choses à toute extrémité. ^ .
Federic.
Nach dem Concept.
DE VOSS A DRESDE
Potsdam, 28 février 1750.
Le rapport que vous m'avez fait du 21 de ce mois, de l'état dans lequel se trouvent les affaires à la cour où vous êtes, renferme sans contredit les meilleures nouvelles qu'il se puisse, nous étant tellement avantageuses que nous saurions les désirer. Que sait -on si, après tout, le comte Briihl ne rend indirectement au Roi son maître le plus grand service possible, et si, par le délabrement ou plutôt la ruine totale de l'armée saxonne, il n'occasionne qu'il reste libre de toutes sortes d'embarras ?
Je ne saurais, au reste, assez vous recommander d'avoir grand soin
des prétentions de mes sujets, autant que les circonstances pourront
toujours vouloir le permettre. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 28 février 1750.
La dépêche que vous m'avez faite à la date du 2 de ce mois, m'est heureusement parvenue. Bien que j'aie été assez content de la façon dont vous avez débuté là où vous êtes, il faut cependant que je commence à languir sur plus de progrès que vous deviez faire dans votre négociation, et qu'il me semble qu'il est nécessaire à présent que vous vous employiez avec plus de chaleur que par le passé. Il ne me paraît pas suffire que vous voyez les ministres seuls , mais il faut que vous fassiez jouer d'autres ressorts encore, soit par quelque homme en crédit à la cour de la Reine, soit par quelque subalterne ou commis des ministres qui possède leur confiance, afin de leur inspirer par ce canal les sentiments où vous les voudrez voir, et d'arriver par là sans trop de détour au but où vous visez.
Je n'ignore pas que la Bavière a employé en négociations un temps de neuf ans, avant que de pouvoir retirer les arrérages que l'Espagne lui devait, mais je vous avoue qu'une négociation de si longue haleine ne m'accommoderait nullement, et que j'aimerais mieux de la rompre et de vous rappeler ici que de languir longtemps après une chose qui peut-être au bout du compte et après bien des dépenses ne mènerait à rien.
Nach dem Concept.
Jrodewils berichtet, Berlin 27. Februar: „Le comte de Puebla a reçu un courrier aujourd'hui de sa cour qui lui a porté la réponse à la réplique qu'on lui a remise de la part de Votre Majesté touchant la garantie de TEmpire du traité de Dresde, i II m'en a prévenu , en me disant en même temps que , comme elle était prolixe et qu'elle contenait plus de trente pages, il était occupé de la faire copier pour nous la remettre au premier jour, a II m'a donné en même temps les deux mémoires que Votre Majesté a reçus par Son ministre à Vienne, touchant les plaintes que cette cour a faites tant par rapport à l'empêchement du mariage d'une nommée de Berne, que pour ce qui regarde l'enlèvement d'un sujet autrichien sur les frontières de la Pologne."
Mûndliche Resolution. Nach Aufzeichnung
Potsdam, 28. Februar 1750.
Die Correspondance mit dem wienerschen Hofe wird nicht aufhôren. Da dessen Antwort wegen der Reichsgarantie von dreissig Pages ist, so stehet leicht zu vermuthen, dass solche négative sein wird. Woriiber dann das Département sich weiter mit ihnen zanken und antworten muss. Was die andere Sachen anbetrifFt, so muss erst daruber Bericht eingezogen werden, ehe deshalb etwas weiter veranlasset werden kann.
xles Cabinetssecretârs.
I Vergl. S. 209 Anm. 2. — « Vergl. S. 301 Anm. i.
Potsdam, 2. Mârz 1750.
Se. Kônigl. Majestât haben mir sogleich befohlen, von Hôchstderosélben Ew. Excellenz wegen der von dem Baron von Chambrier mit der gestrigen Post eingelaufenen Relation vom 20. Februar halber zu vermelden, dass Se. Kônigl. Majestât auf das von dem Geheimen Rath von Rohd gemeldete Verlangen des schwedischen Ministerii,' dass Hôchstdieselbe an ein und anderen Hôfen durch Dero Ministres gewisse Insinuationes occasione der von dem schwedischen Ministerio dem p. Panin gegebenen Antwort thun lassen môchten, bereits dermalen dem Baron Chambrier durch ein Handschreiben=^ bekannt gemachet, wie Hôchstdieselbe bereit wàren, dergleichen Insinuationes in Engelland, Wien und Petersburg thun zu lassen, woferne der franzôsische Hof zu gleicher Zeit durch seine Ministres solches thun lassen wollte, und dass Se. Kônigl. Majestât Sich hierunter lediglich nach dem franzôsischen Hofe richten wiirden.
Da nun inzwischen das franzôsische Ministerium von selbst des Kônigs Majestât um dergleichen Insinuation, nach mehrerem Einhalt der allegirten Chambrierschen Relation, requiriren lassen, so hatte es Deroseits gar keine Schwierigkeit damit, wenn der franzôsische Hof dergleichen thun wurde, und wollten Se. Kônigl. Majestât solch^ an den engelschen, wienerschen und endlich auch russischen Hof thun lassen, um einestheils dem Kônig in Frankreich zu zeigen, mit wie viel Plaisir des Kônigs Majestât Sich employireten , um die Ruhe im Norden zu conserviren und allen besorglichen Inconvenienzien vorzubeugen, anderntheils aber, um der Kron Schweden zu weisen, wie gerne Hôchstdieselbe Sich von Dero allianzmàssigen Engagements acquittireten. Es wollten Se. Kônigl. Majestât aber, dass Ew. Excellenz nebst des Etatsministers Herrn Grafen von Finckenstein Excellenz zuvor mit dem fordersamsten ein Projet von einer dergleichen zu thuenden Déclaration minutiren und zu Hôchstderoselben vorgàngiger Approbation einsendeten. In welchem Projecte einer Déclaration dasjenige, was in der Chambrierschen Relation enthalten, extrahiret und gefasset werden kônnte, und welches Projects Hôchstdieselbe nâchstens gewârtigen wollten.
Was insonderheit den petersburgischen Hof anlangete, so wurde hiernâchst der von Chambrier dahin zu instruiren sein, dass zwar Se. Kônigl. Majestât diesem Hofe dergleichen Déclaration thun lassen wiirden; damit Hôchstdieselbe aber solches nicht allein thàten, so soU er, Chambrier, dem Marquis de Puyzieulx convenablement insinuiren, wie Sie zu letzteres Einsicht iiberliessen, ob es nicht gut sein werde, wenn der franzôsische Hof einen seiner an dem englischen, wienerschen oder andem Hôfen befindlicTien Ministres chargiren wurde, dem an solchem Hofe subsistirenden russischen Minister eben dergleichen De-
I Vergl. S. 248. 251. — 2 Nr. 4115 S. 248.
Corresp. Frîedr. H. VII. 18
claration ministérialement zu thun, als welches, dass es geschàhe, Se. Kônigl. Majestàt wtinscheten. tt • v, i
Nach der Ausfertigung,
DE VOSS A DRESDE
Potsdam, 3 mars 1750.
Votre dépêche du 23 de février dernier m'est bien entrée. Personne
ne saurait disconvenir que les circonstances dans lesquelles se trouve la
"Saxe, ne soient tellement impliquées qu'elles surpassent tout entendement
et tout ce qu'on pourrait s'en imaginer. Quoi qu'il en soit, vous avez
parfaitement raison de croire que, si à la foire prochaine de Leipzig le
payement vient à cesser, il en sera fait du crédit de la Saxe, de façon
è, être perdu sans ressource pour elle. „ , . ^
Nach dem Concept. , ''
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 3 mars 1750,
Par toutes les particularités que vous m'avez marquées par la
•dernière dépêche que j'ai eue de vous, au sujet de l'entretien que le
comte de Barck vient d'avoir avec le comte Ulfeld, relativement à la
Téponse de la Suède au mémoire de Panin, j'aperçois, d'un côté, que le
dernier n'est pas sans appréhensions sur le parti que la Porte Ottomane
prendra à ce sujet, et, en second lieu, que la cour de Vienne a été
dans la croyance que la Suède n'aurait osé se refuser entièrement aux
propositions qui lui ont été faites de la part de la Russie. Un temps
de deux mois nous fera voir plus clair dans tout ceci, mais pour ce
qui regarde la cour de Vienne, je crois pouvoir présumer par ses
démarches que dans le fond elle ne souhaite point de voir dans le
Nord le feu de guerre allumé, dans les circonstances où elle se trouve
actuellement. ^ .
Federic.
Mandez-moi s'il y a quelque réalité dans la nouvelle qu'on m'a voulu dire que la cour où vous êtes fera marcher 14 bataillons et ^ 20 escadrons vers l'Italie.
Nach dem Concept. Der Zusatz nach Abschrift der Cabinetskanzlei.
41 6o, AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD
A STOCKHOLM
Kohd berichtet, Stockholm 17. Februar: „Le sieur Verlet, adjoint du ministre autrichien, a fait valoir auprès du marquis d'Havrincourt ses arguments en faveur de la convention proposée , i et, pour tâcher de l'amener à quelque concert ou mesures à prendre entre eux relativement à cette matière, il lui a fait la lecture du rescrit impérial qu'on lui avait envoyé ... La réponse que l'Ambassadeur m'a dit lui avoir faite, est des plus fermes.**
Potsdam, 3 mars 1750.
Je VOUS sais bon gré des éclaircissements que vous m'avez donnés relativement aux propos que le sieur Verlet a tenus à l'ambassadeur de France, suivant votre dépêche du 17 du mois passé dernier. Autant que j'apprends par mes lettres de Vienne, la réponse que le ministère de Suède donnera sur le mémoire présenté par le sieur Panin, ne plaira pas également à la cour de Vienne qu'à celle de Russie; malgré cela, je suis persuadé qu'elles y penseront plus d'une fois, avant que pousser les choses à l'extrémité, quoiqu'il faudra s'attendre que les démonstrations guerrières de la Russie iront toujours le même train, dans cette année-ci, qu'elles ont fait par le passé, et que le chancelier Bestushew n'oubliera rien pour agacer la
Suède au possible. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
416 1. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Potsdam, 3 mars 1750.
Vous faites très bien de me rapporter fidèlement, ainsi que vous le faites par votre dépêche du 14 de février dernier, toutes les circonstances telles qu'elles vojus paraissent se manifester dans les affaires à la cour où vous êtes. Vous continuerez de la sorte, autant que vous serez encore à Pétersbourg, et vous recommanderez au sieur Warendorff de poursuivre, après vous, sur un pied égal.
En attendant, je crois presque comprendre que les chipoteries qui sont, à l'heure qu'il est, si fort en vogue entre le comte Bestushew et le sieur Guy Dickens, ont principalement pour objet que la Russie se propose de réclamer de ses alliés les secours stipulés par leur alliance, en cas que la réponse qu'elle attend de la Suède, sur le mémoire que le sieur Panin vient de présenter à Stockholm de la part de la Russie, n'agrée point à cette dernière, et que le comte Bestushew se flatte de pouvoir entraîner l'Angleterre à attaquer la Suède.
Le caractère fougueux du sieur Guy Dickens, joint à son animosit€ contre le ministère suédois, pourrait peut-être le pousser à se laisser
I Vergl. S. 154. 183. 217.
entraîner dans les vues du Chancelier russien; mais si de son côté il sera à même d'y entraîner sa cour, c'est là une chose qui ne poui'ra rester cachée pendant longtemps; quoique, à en juger selon les apparences, il n'y ait rien à craindre pour que cela arrive, l'état délabré des finances de l'Angleterre ne faisant point foi de le pouvoir permettre, quand même la cour de Londres le voudrait de bon cœur.
Il serait, au reste, fort à souhaiter que l'anecdote renfermée dans votre dépêche immédiate,^, pût se vérifier; mais je crains bien que l'heure n'en soit pas encore si proche. ,
JC C vl C X 1 \^t Nach dem Concept.
DE VOSS A COPENHAGUE
Pot s dam, 3 mars 1750.
J'ai été content d'apprendre par la dernière dépêche, que vous m'avez faite à la date du 24 du mois passé de février, que la cour de Danemark persiste dans les bons sentiments qu'elle a manifestés pour la conservation de la tranquillité du Nord, ainsi qu'on a tout lieu de se flatter que la Russie n'en aura rien à espérer qui puisse favoriser ses desseins.
Cependant, quelque abattement que le sieur de KôrfF fasse apparaître, je sais néanmoins que le chancelier de Russie, le comte Bestushew, se flatte encore de pouvoir faire refroidir le Danemark dans ses bonnes intentions vis-à-vis de la Suède, et mes lettres de Pétersbourg m'apprennent que ce chancelier se donne tous les mouvements possibles pour y réussir, et que dans cette vue -là on distingue à la cour de Pétersbourg le sieur de Cheusses d'une manière qu'on n'y est point accoutumé de pratiquer qu'envers des ministres des cours étrangères qui y sont les plus favorisées. Ce c[ue je ne vous dis que pour votre direction seule, en vous recommandant, au reste, de veiller de bien près sur tout ce qui se passe là où vous êtes, et de continuer à m'en faire
vos rapports. ,
Federic.
Nach dem Concept.
1 Die in Rede stehende Stelle des Berichtes vom 14. Februar lautet: „S^il y avait moyen de former un jugement solide sur les événements qui. arrivent quelquefois en cette cour, il y aurait maintenant tout lieu de croire que le Grand-Chancelier court risque de recevoir quelque échec dans la fortune brillante qu'il a fait éclater jusqu'ici. Le raccommodement qu'on dit avoir été fait entre lui et le comte Schuwalow, ne doit être que tout-à-fait plâtré, et l'on vient de m* assurer que ce sénateur, comblé d'ailleurs de bontés de la part de sa souveraine, s'est lié le jîIus étroitement avec le procureur général, knès Trubezkoi, de sorte que celui-ci, s'il peut faire fond sur les dispositions favorables de Schuwalow, en profitera sûrement et ne négligera rien pour tâcher de porter quelque coup funeste au Chancelier." Vergl. S. 76 ff. und Bd. VI, 82.
Potsdam, 3 mars 1750.
M' étant déjà offert, par une de mes dépêches antérieures que je vous ai faites,' de faire, conjointement à la France, cette déclaration aux cours de Londres et de Vienne dont la Suède vient de requérir la France, en conséquence de la dépêche que vous m'avez faite du 20 de février passé, je suis bien aise d'avoir prévenu la France à ce qu'elle me demande à ce sujet. Ainsi donc, vous devez dire au marquis de Puyzieulx, en accompagnant tout d'un compliment très obligeant de ma part, que je me conformerai avec bien du plaisir à ce que la France désirait de moi à cet égard, tant pour confirmer Sa Majesté Très Chrétienne sur la droiture de mes sentiments relativement à la conservation de la tranquillité du Nord et sur le désir sincère que j'avais de m'employer à tput ce qui saurait contribuer à ce but salutaire, que pour montrer à la Suède l'empressement où je suis de m'acquitter des engagiements que J'ai pris avec elle par l'alliance faite entre nous. Qu'en conséquence je ferai parler mes ministres à Londres et à Vienne dans le même esprit que ceux de la France y parleraient, et conformément aux termes dont M. de Puyzieulx s'était avisé. Qu'outre cela, je donnerais mes ordres à mon ministre à Pétersbourg, pour qu'il ferait à la cour de Russie ces insinuations que la France souhaitait; mais qu'à ce sujet je laisserais à la considération de M. de Puyzieulx s'il ne conviendrait pas que la France chargeât aussi un de ses ministres, soit à Londres ou à Vienne ou à quelque autre cour, pour qu'il fît là au ministre de Russie qui y résidait, une déclaration de la part de la France conformément à celle que je ferai faire à la cour de Pétersbourg; que j'étais persuadé que cela ne laisserait pas de faire bien plus de l'impression à celle-ci, que si je lui parlais seul.^
Vous ne laisserez pas d'appuyer sur ceci auprès de M. de Puyzieulx, quoique en termes polis, et de me marquer alors de qu'elle façon il s'expliquera là-dessus.
Comme il court à présent des bruits, que même les gazettes publiques confirment en partie, qu'il se fait divers arrangements qui paraissaient indiquer quelque concert pris entre la France, l'Espagne et le roi de Sardaigne, relativement aux affaires de l'Italie, parcequ'il y avait en Dauphiné un corps de troupes françaises sous les ordres du comte d'Estrées, disposé de la sorte qu'au premier ordre il saurait avancer, auquel cas il y avait un autre général de rang nommé pour le commander; qu'en attendant le roi de Sardaigne faisait une augmentation considérable parmi ses troupes, qu'une pareille augmentation se faisait en Espagne, et qu'on avait des avis touchant une somme de quatre miUions de piastres que la cour d'Espagne avait fait remettre à celle de Turin, j'avoue que je ne fais grand fond sur ces bruits;
1 Vergl. S. 248. 249. — 2 Vergl. S. 273.
cependant pour satisfaire à ma curiosité, je souhaiterais que vous puissiez vous informer sous main s'il y a quelque réalité dans tout ou dans une partie de ceci, pour m'en faire votre rapport et me marquer ce que vous croyez qui a pu occasionner ces bruits.
Nach dem Concept.
Federic.
4164. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.
Potsdam, 4. Mârz 1750.
Ist ganz recht; die beiden Declarationes kônnen sie zu London sowohl als zu Wien nur immer hinter einander weg thun lassen.
In Russland kann die entworfene Déclaration verbalement geschehen, mit dem Beifiigen, dass derjenige, so sie thut, eine Copie davon giebet, unter dem Schein, dass der eigentliche Einhalt nicht vergessen werden môge.
Was den dritten Punkt an- ^ langet, so ist solches recht gut und kann beiden Ministres auch wohl eine Copie davon gegeben werden.
X odewils und Finckenstein legen, Berlin 3. Mârz, den Wortlaut der in London, Wien und Petersburg abzugebenden Erklârungen zur kôniglichen Genehmigung vor. „Nous supplions en même temps Votre Majesté de vouloir bien nous donner Ses ordres sur les articles suivants :
10 Si la déclaration à la cour de Russie, que nous supposons, ainsi que les deux autres, devoir être simplement verbale, ne pourra pas être lue, et même dictée en cas de besoin , au Chancelier, puisqu'il n'y a rien dans cette déclaration qui ne puisse être soumis aux yeux de toute l'Europe, et qu'il serait peut-être dangereux de laisser un ministre de son caractère le maître d'en changer les expressions et d'y donner une tournure à sa guise.
20 Comme M. de Chambrier marque que la déclaration de la cour de France a déjà été faite aux ministres anglais et autrichien, il s'agit de savoir si Votre Majesté veut que Ses ministres fassent leur déclaration tout de suite, après en avoir cependant averti préalablement les ministres des cours intéressées, ou s'ils doivent attendre que celui de France ait parlé à Vienne et à Londres.
30 Si, pour marquer d'autant plus de confiance aux cours de France et de Suède , on ne doit pas lire au marquis de Valory et à M. de Wulfwenstjerna les susdites déclarations, après que Votre Majesté y aura fait les changements qu'Elle jugera convenables" . . .
Déclaration verbale à faire à la cour de Russie.
Que le maintien du repos et de la tranquillité du Nord faisait un objet trop intéressant pour le Roi pour qu'il pût différer à s'expliquer amiablement avec la cour de Russie sur les nuages qui s'étaient élevés depuis quelque temps et qui semblaient menacer cette tranquillité; que Sa Majesté n'avait appris qu'avec peine les premières alarmes que Sa Majesté l'impératrice de Russie avait paru prendre d'un prétendu change-
ment dans la forme du gouvernement suédois, et les discussions dans lesquelles on était entré avec la cour de Suède sur une matière aussi délicate pour toute puissance indépendante; que Sa Majesté avait cependant vu avec une véritable satisfaction qu'on écartait en Suède tout ce qui pouvait donner lieu au moindre soupçon, et qu'on prenait même pour cet effet toutes les précautions qui paraissaient tant soit peu compatibles avec la dignité de la couronne, précautions qui avaient fait d'autant plus de plaisir à Sa Majesté qu'ÊUe n'avait pas douté un seul instant qu'elles ne servissent à calmer entièrement toutes les appréhensions de la cour de Russie ; mais que Sa Majesté S'était vue à regret trompée dans Son attente par le nouveau mémoire que le comte Panin avait remis à Stockholm au mois de janvier dernier, et dans lequel cette même matière avait été remise sur le tapis d'une manière que toute l'Europe avait pu prévoir la réponse que la cour de Suède avait été obligée d'y donner pour ne pas préjudicier aux droits de son indépendance et à la dignité de sa couronne; que dans cette situation des choses, Sa Majesté ne pouvait S'empêcher de requérir instamment et amiablement Sa Majesté l'impératrice de Russie de se désister de toute explication ultérieure et de laisser tomber une affaire dont les suites ne pourraient que plonger le Nord dans le trouble et dans la confusion; que Sa Majesté faisait ces instances avec d'autant plus de confiance qu'Elle y était autorisée par Son amitié personnelle pour Sa Majesté l'Impératrice, par l'intérêt qu'Elle prenait à la conservation de la paix, et enfin par les liaisons qui subsistaient entre Elle et la cour de Suède en vertu du traité de 1747 et dont Elle ne pourrait pas Se dispenser de remplir les engagements, de concert avec Ses alliés, dans le cas où la Suède, contre toute attente, serait attaquée, et que Sa Majesté Se flattait que toutes ces considérations engageraient la cour de Russie à se contenter de la réponse polie et convenable de la cour de Suède et à fournir ainsi une nouvelle preuve de la pureté de ses intentions pour l'affermissement de la paix et de la tranquillité dont Sa Majesté Impériale avait déjà donné des assurances si positives à toutes les cours intéressées au repos du Nord.
Déclaration verbale à faire aux cours de Vienne
et d'Angleterre.
Que, la conservation du repos et de la tranquillité du Nord faisant un objet également intéressant pour toutes les puissances de l'Europe, le Roi n'avait pas voulu différer à S'ouvrir^ confidemment à la cour de Vienne (d'Angleterre) sur les différends qui subsistaient depuis quelque temps entre les cours de Russie et de Suède et qui semblaient menacer cette tranquillité. Que Sa Majesté S'était flattée, après les assurances
I Am Rande steht von der Hand des Geh. Raths Vockerodt: „Addatur in der nach England: de nouveau.''' Vergl. Bd. VI, 445.
que les alliés de la Russie avaient données en dernier lieu à Sa Majesté Très Chrétienne, que cette cour, contente de tout ce que la Suède a fait pour la tranquilliser sur le prétendu changement de la forme de son gouvernement, ne témoignerait plus les mêmes appréhensions, et que les démonstrations qui s'en étaient ensuivies, n'auraient plus lieu; mais que le mémoire que le comte Panin avait remis à Stockholm au mois de janvier dernier, était non-seulement contraire à ces assurances, mais qu'il attaquait encore l'indépendance de la Suède, en lui proposant des conditions si humiliantes pour sa souveraineté qu'elle n'aurait pu y acquiescer qu'aux dépens de son indépendance et de la dignité de sa couronne, de sorte qu'à tous égards Sa Majesté ne pouvait qu'applaudir à la réponse également sage et convenable que la cour de Suède venait de remettre au ministre de Russie, et qu'EUe Se flattait que tous les alliés de cette puissance et en particulier la cour de Vienne (d'Angleterre) voudrait bien interposer ses bons offices et insister auprès d'elle de la manière la plus forte, pour l'engager à se contenter de la réponse de la cour de Suède et à laisser tomber une affaire dont les suites pourraient facilement plonger le Nord dans le trouble et dans la confusion. Sa Majesté ne pouvant pas Se dispenser de remplir les engagements qu'Elle avait contractés avec la cour de Suède en vertu du traité de 1747, dans le cas où la Suède, contre toute attente, serait attaquée par la Russie.
Die mùndliche Resolution auf den Bericht der Minister nach Aufzeichnung des Cabinetssecretârs. Die Declarationen nach den von dem Konige approbirten Concepten.
A BERLIN
Potsdam, 4 mars 1750.
Monsieur. Quand j'ai touché dans ma dernière lettre quelque chose au sujet du sieur Loise , ^ ce n'a jamais été pour vous rendre sa fidélité suspecte, mais j'ai cru que peut-être quelque zèle outré l'avait pu mener à ce que quelque indiscrétion lui fût échappée ; toutefois, dès que la lettre que vous avez faite à votre cour relativement à l'affaire secrète que je vous ai communiquée, est passée par Hanovre, il n'est presque plus à douter que c'est là où le secret eût été trahi, puisque je sais — ce qu'aussi votre cour n'ignore pas — qu'on y a trouvé le moyen de s'emparer de quelques chiffres français. Il est à croire, en conséquence de cela, que c'est à Hanovre où le mystère a été trahi, et qu'on en a d'abord donné part à la cour de Vienne. ,
Nach dtfm Concept.
I Das dem Abdruck von Nr. 4154 S. 270 zu Grunde liegende Concept nennt diesen Namen nicht ; der Kônig wird bei der Unterschrift aine Bemerkung hinzugefugt haben. Unter den im pariser Archiv aufbewahrten Abschriften aus dem Briefwechsel Valory's mit dem Konige fand sich Nr. 4154 nicht vor.
4166. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.
1 odewils und Fitickenstein berichten,
Berlin 5. Mârz : „Le marquis de Valory a reçu ce matin un courrier ... et ce ministre nous a communiqué tout de suite le contenu de ses dépêches et nous a lu par ordre de sa cour la déclaration que le marquis de Puyzieulx a faite i aux ministres anglais et autrichien. Le sens de cette déclaration est déjà connu à Votre Majesté par la relation de M. de Chambrier . . . Nous y avons trouvé quelques expressions très énergiques ... Le marquis de Puyzieulx ajoute qu'il espère que Votre Majesté voudra bien en faire autant de Son côté, en quoi Elle a déjà prévenu les désirs de la cour de France, Il y avait au bas de cette lettre un passage chiffré que nous nous sommes noté;
»Il est temps que ce grand Prince nous parle cordialement; nous sommes trop intéressés à sa gloire et à la conservation de ses États pour qu'il puisse rester la moindre défiance à notre égard.
Cette affaire le regarde autant que la Suède, et sûrement bien plus que nous.
Cependant nous en partagerons sûrement sans répugnance tous les dangers. «
Le marquis de Valory nous a dit, ,au reste, qu'il croyait que la cour de Danemark se trouverait fort flattée, si Votre Majesté lui faisait communiquer les déclarations qu'on va faire en Son nom à la Russie et à ses alliés, et si l'on se concertait avec elle sur les moyens de tranquilliser le Nord."
Miindliche Resolution. Nacb Aufzeichnung
Potsdam, 6. Mârz 1750.
Dass die Communication Meiner Declarationen nach Danemark geschehe, ist recht sehr gut und nothwendig. Was den letzten Point der Dépêche von Monsieur Valory anbetrifFt, so werde Ich abwarten, was dieser Mir deshalb miindlich sagen wird, und Michals dann dariiber gegen ihn expliciren.
des Cabinetssecretârs.
A BERLIN
Potsdam, 6 mars 1750.
Monsieur le Marquis de Valory. Un avis secret que je viens de recevoir heureusement d'Hanovre, ne me laissant plus aucun doute que ce soit là où notre mystère a été trahi = et qu'on en a informé la cour de Vienne, j'ai bien voulu vous en faire part, en vous priant toujours de m'en garder le plus religieux secret.
Mais comme il apparaît par là qu'il faut que la cour d'Hanovre ait trouvé moyen de développer le secret du chiffre dont vous vous êtes
1 17. Februar. Vergl. S. 278. — 2 Vergl. S. 280.
servi jusqu'à présent, je laisse à votre considération s'il ne convient pas que vous avertissiez M. de Puyzieulx de la nécessité souveraine qu'il y a de remettre un nouveau chiffre à votre successeur, M. de Tyrconnell. Il me semble d'ailleurs que la prudence exige qu'on change de chiffre avec lui de six en six mois, afin d'éviter par là toutes sortes d'inconvénients qui sans cela sauraient arriver. Et sur ce, je prie Dieu etc.
Nach dem Concept. * Federic.
A STOCKHOLM
Potsdam, 7 mars 1750.
Vos dépêches des 20 et 24 de février dernier me sont entrées à la fois, et il me serait agréable qu'à l'avenir vous ne fussiez plus tellement prolixe dans vos rapports immédiats relativement à différents petits détails, mais que vous n'y touchiez que les choses principales, d'une manière brève et convenable. Je suis d'opinion qu'il ne faut pas s'attendre, à l'heure qu'il est, à recevoir du côté de la Suède les nouvelles les plus intéressantes concernant la tournure que pourront prendre les affaires du Nord, après que la réponse au mémoire que le sieur de Panin y a présenté en dernier lieu, lui a actuellement déjà été remise de la part de cette couronne; mais il s'agira de voir présentement quelle impression cette réponse fera sur la cour de Russie et quel sera le parti qu'elle embrassera en conséquence.
Vous dirigerez votre attention de façon que vous puissiez m 'in-, former si les arrangements qu'a faits la Suède pour se mettre, en tout cas, en état de bonne défense contre la Russie, continuent encore toujours, ou bien si ces arrangements se ralentissent, ou si même on les
cesse entièrement. ^ ,
Nach dem Concept*
4169. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Potsdam, 7 mars 1750.
Votre dépêche du 17 du mois passé de février m'a été rendue. Puisque la cour de Suède a rendu à présent sa réponse au mémoire du sieur Panin d'une manière qu'elle n'a pu ni dû faire autrement, sur une proposition aussi contraire à son indépendance et à sa liberté, c'est le moment critique où vous devez redoubler toute votre attention, afin de pénétrer et de m' informer exactement quelle impression cette réponse aura faite sur le ministère de Russie et quel parti il aura pris là-dessus. En attendant, je crois que, pour ce qui regarde les alliés de la cour de Russie, sur les secours desquels elle compte apparemment, elle aura
lieu de décompter; car, outre qu'il est fort à présumer que l'Angleterre ne voudra pas entrer dans les vues de la Russie, pour ne pas se ruiner gratuitement, les Autrichiens, dans la position où ils se trouvent, y penseront également plus d'une fois, avant que de dégainer pour l'amour de la Russie et que de partager avec elle des hasards dont la cour de Vienne se ressentira peut-être plus que l'autre. Dans ces occurrences, ce qui reste à vous de bien approfondir, c'est si la Russie est assez à même de se charger elle seule de l'affaire et si elle a assez de fonds en argent pour entreprendre et soutenir une guerre contre la Suède — circonstance dont vous devez bien m'éclaircir, et qui me fera juger sur
ce que l'on pourra attendre de la Russie ou non. ^ ,
^ ^ Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Pots dam, 7 mars 1750.
Votre dépêche du 20 de février passé m'a été bien rendue. Comme la cour de Suède a remis à présent au ministre de Russie à Stockholm la réponse au mémoire que celui-ci lui a présenté, et que cette réponse est conçue d'une manière que la Suède n'a dû ni pu faire autrement, sur une proposition également contraire à sa dignité et à son indépendance, c'est à présent que vous avez à redoubler votre attention, pour bien approfondir ce que la cour de Russie fera insinuer, à ce sujet, à celle de Londres, et le parti que celle-ci prendra là-dessus, puisqu'il n'est point douteux que la Russie ne remue au possible, pour entraîner l'Angleterre à se déclarer contre la Suède ou à fournir, au moins, à la Russie les secours stipulés dans l'alliance faite entre elles. En attendant, moi et tous ceux qui s'intéressent pour la conservation de la tranquillité du Nord, avons lieu d'être content de la fermeté que la France fait apercevoir sur ce sujet, et j'apprends qu'elle a fait parler d'une manière forte et positive sur cette matière au comte d'Albemarle, de même qu'au ministre autrichien à Paris, de façon que, si ces ministres en font le rapport à leurs cours, celles-ci ne douteront pas que la France ne prenne un véritable intérêt à la conservation de la paix du Nord, et que, si elle vient à être troublée par l'entrée de la Russie dans les États de la domination suédoise, il en résultera infailliblement une guerre générale. L'on m'ajoute que le marquis de Mirepoix a reçu ordre de se déclarer de la même façon à Londres.
Comme je sais, de plus, que quand on a eu à Pétersbourg la nouvelle du changement qu'il y a eu en dernier lieu dans le ministère de Constantinople , on en a été bien ébranlé, et que d'ailleurs la cour de Vienne a reçu cette nouvelle à son grand regret, il ne me reste pour bien juger sur le pli que les affaires du Nord sauront prendre, que de savoir si le ministère anglais, malgré l'épuisement où l'Angleterre se
trouve actuellement, pourra trouver, par le grand crédit que celle-ci a,
des fonds suffisants pour soutenir les frais de deux campagnes — article
que vous devez prendre bien en considération, afin de pouvoir me
mander votre sentiment là-dessus. ^^ ,
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 7 mars 1750.
La dépêche que vous m'avez faite de 25 du février passé, m'a été rendue. L'espérance sur laquelle je me fonde que les deux cours impériales , malgré toute la mauvaise volonté qu'elles ont, seront obligées de laisser là leurs projets pernicieux, est le changement dans le ministère à Constantinople , l'épuisement en fonds d'argent où l'Angleterre se trouve, et la résolution ferme que la France fait éclater de ne voir point d'un œil indifférent que la tranquillité du Nord soit troublée de la Russie. Car pour ce qui concerne le dernier article, je sais que la France s'est expliquée d'une manière si forte et positive sur cette matière envers les ministres d'Angleterre et autrichien à Paris que, si ces deux ministres en ont fait le rapport à leurs cours, de la manière que la France leur a fait parler, celles-ci ne douteront pas que, si la paix du Nord vient à être troublée par l'entrée des Russes dans les États de la domination suédoise, il n'en résulte une guerre générale. L'on me mande d'ailleurs que l'ambassadeur de France à Londres, tout comme le sieur Blondel, ont reçu l'ordre de leurs cours de s'expliquer de la même façon sur ce sujet, afin que les Anglais et les Autrichiens sachent véritablement comment la France pense là-dessus. Parceque aussi mes nouvelles de Russie portent que la nouvelle du changement dans le ministère de la Porte Ottomane a fort frappé celui de la Russie, je crois qu'au moins cette année les affaires du Nord se passeront sans qu'elles parviennent à l'éclat. Sur quoi je pourrai juger plus décisivement, quand j'aurai appris quelles seront les suites de la réponse que la Suède vient de faire au mémoire du sieur Panin, et quelle impression elle aura faite sur le ministère de Russie.
Au surplus, vous devez être persuadé que l'abaissement du crédit
du comte de Briihl est destitué de tout fondement. „ ,
Potsdam, 7 mars 1750.
La résolution que la France s'est avisée de prendre relativement aux affaires du Nord, et la fermeté digne d'elle dont elle a fait parler
aux ministres anglais et autrichien, en conséquence du rapport que vous m'en avez fait à la date du 23 de février passé, m'a causé toute la satisfaction imaginable; et quoique je sois de l'opinion que la cour de Russie, malgré toute la rage qu'elle a d'en vouloir à la Suède, n'osera cependant porter les choses à la dernière extrémité, vu l'état d'épuisement où se trouve encore l'Angleterre, qui ne permet que difficilement de lui donner l'assistance qu'elle en a espérée, et les suites qu'elle craint du changement arrivé en dernier lieu dans le ministère de la Porte Ottomane — je suis sûr cependant que la déclaration énergique que la France a fait faire aux ministres susmentionnés et à leurs cours respectives, contribuera beaucoup à la conservation de la paix et de la tranquillité du Nord. Pour ce qui regarde moi en particulier, vous devez dire aux ministres de France, quand ils vous en parleront, qu'en cas que la Suède fût attaquée de la Russie, je ne manquerais nullement de remplir exactement les engagements où je suis avec la Suède , et que je lui fournirais, sans manquer, le corps de troupes que je lui dois en conséquence de notre traité d'alliance ; qu'en outre je prendrai de certaines précautions contre la Russie qui l'obligeront à partager ses forces, et que je verrai alors ce que les circonstances pourront demander ailleurs ; qu'on saurait compter là-dessus, mais qu'au reste vous ignoriez le détail des dispositions que je pourrais faire alors selon les occurrences.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
DE VOSS A DRESDE
Potsdam, 10 mars 1750.
J'ai trouvé dignes de mon attention toutes les considérations que vous m'avez faites relativement aux affaires de Pologne, dans vos dépêches du 28 du mois dernier et du 3 du courant. Il n'est point à douter que, si nous pouvons éviter que la Diète future ne parvienne à sa consistance, ce sera, dans la situation présente des affaires, une chose de bien de l'importance pour nous. Aussi faudra-t-il que nos prenions bien nos mesures pour y parvenir. Je connais parfaitement tout le poids des circonstances que vous alléguez dans la dernière de vos dépêches ci-dessus accusées, et je sens assez qu'il nous faudra avoir bien plus d'attention sur la Diète qui va venir qu'à celles du temps passé, et que nous aurons lieu de faire des efforts pour la rompre. Mais le grand point sera que nous n'y employions pas mal à propos notre argent et que nous ne le dépensions que justement au moment qu'il faut. Au surplus, j'ai tout lieu de présumer que, plus le parti de la cour ou celui des Czartoryski voudra primer, plus en aura-t-il des mécontents, ainsi qu'il ne saura manquer que, quand vous serez sur les lieux en Pologne, vous trouverez toujours un parti assez suffisant à l'opposer aux desseins
pernicieux des Czartoryski et pour ruiner les espérances flatteuses dont la cour de Dresde se repaît relativement à cette Diète. ^
Nach dem Concept. F e d e r i C.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 10 mars 1750.
Le sieur de Celsing s'est pris en ministre habile dans la réponse qu'il a donnée au Grand -Visir, en conséquence de la dépêche que la dernière poste m'a apportée de votre part. Ma grande curiosité est cependant de savoir exactement si effectivement nous avons gagné par la dernière révolution dans le ministère à Constantinople , et si l'on a lieu de croire que le nouveau premier ministre de la Porte Ottomane sera favorable à la bonne cause ; ce que vous tâcherez de démêler habilement, pour pouvoir m'en avertir.
Ce que j'attends d'ailleurs de savoir de vous, c'est quelle aura été l'impression que ma dernière déclaration à la cour où vous êtes,* dont je vous ai chargé par mes ordres précédents, de même que celle de la France au même sujet, aura faite sur elle, et de quelle façon les ministres autrichiens se seront pris pour y répondre. Quant aux plans des fortifications, vous savez bien que je serai toujours bien aise de rece^•oi^
ceux que vous m'enverrez. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Potsdam, 10 mars 1750.
Vos dépêches du 27 du février passé m'ont été heureusement
Ivohd berichtet, Stockholm 27. Febriiar: „Ayant eu occasion de parler au comte Tessin avant-hier, je n'ai pas manqué de la mettre au profit pour tâcher de m'en éclaircir au sujet de l'idée d'une médiation à offrir à la Porte 3 ... Le comte Tessin me dit, à la fin, qu'on avait eu cette idée, mais que ce projet était sujet à des inconvénients et aurait pu faire naître des incidents fort propres à commettre celle-ci avec la Suède, puisqu'à la Porte on n'entrait pas dans tout le détail de la forme du gouvernement établie ici, qu'ainsi on voudrait peut - être , en vertu de cette médiation, traiter avec la Suède ou en exiger des choses qui l'embarrasseraient beaucoup; que même il pourrait arriver que la Russie fît faire, à dessein,
rendues. Je suis content de la manière dont vous vous êtes pris pour sonder le comte Tessin sur l'idée d'une médiation à offrir à la Porte, pour rendre la Russie plus pliable et l'ajuster avec la Suède; mais comme je trouve bien pensé ce que ledit ministre vous a marqué à ce sujet, ma volonté est que vous devez laisser tomber tout-à-fait cette idée et n'en parler plus, d'autant plus qu'il faut que ce ministre sache
1 Vergl. S. 222. 230. — 2 Vergl. S. 279. — ^ Vergl. S. 238. 247.
au ministère de Turquie quelque insinuation qui y menât.**
Tessin hat dem preussischen Gesandten weiter mitgetheilt: Qu'on avait fait courir un bruit entièrement faux, comme si le Comité Secret de la dernière Diète avait donné une instruction secrète au Sénat par écrit, de la façon dont il fallait s'y prendre pour changer la forme du gouvernement; que, ce bruit s' étant détruit par sa fausseté même, on était présentement à fabriquer des pièces qui devaient traiter des différents moyens d'y parvenir, et que c'était dans l'intention d'en faire retomber les soupçons sur le gouvernement même ; qu'il savait aussi et qu'il pouvait me le dire en confidence que l'atelier de cet ouvrage était chez le résident Antivari, et que de là il devait présumer que celui-ci avait ordre de. sa cour de prêter son assistance au sieur Panin, parcequ'il n'était point probable qu'un homme tel qu' Antivari , qui avait été dans le pays depuis tant d'années et qui devait connaître combien pareilles démarches étaient critiques, voulût s'y prêter à moins d'y être autorisé.**
Nach dem Concept.
ce qui en saurait être convenable ou non à la Suède, et qu'il connaît d'ailleurs mieux que moi la façon dont la Porte pourrait se conduire à cet égard.
Pour ce qui regarde cet ouvrage double dont le comte Tessin a accusé le sieur Antivari, je puis vous dire avec connaissance de cause que l'atelier de cet ouvrage n'est point chez ce résident, mais que c'est sûrement le chancelier Bestushew qui l'a manié, et le sieur Panin qui l'a mis en étalage.
Federic.
GR^FFEN A LONDRES.
iVlinggrâffen berichtet, London 24.
Februar: ,Je sais par la personne en question X que le duc de Newcastle, en parlant il y a peu de jours à l'ambassadeur de France, lui a fait connaître s'il ♦ne lui était pas possible de trouver un moyen pour faire désarmer la Russie avec l'honneur; à quoi ce dernier a répondu que le comte Bestushew l'ayant fait armer ^ns motif, il pourrait la faire désarmer de même. Je sais encore par la même voie que le duc de Bedford a avoué à l'Ambassadeur qu'il ne doutait point qu'il n'y eût eu du chipotage entre le duc de Newcastle et le baron de Mûnchhausena qui pouvait avoir rapport à la façon de penser du Roi comme électeur d'Hanovre ; mais que pour ce qui était de l'Angleterre, le duc de Newcastle n'oserait sûrement
Pots dam, 10 mars 1750.
J'ai reçu vos rapports du 24 et du 27 du mois passé de février, dont j'ai été satisfait, par les particularités intéressantes que j'y ai apprises du train que les affaires relativement au Nord commencent de prendre en Angleterre. La Russie pourrait bien se tromper dans son attente de trouver là de grandes ressources pour arriver à ses vues, et itiême tout ce que le roi d'Angleterre chipote avec les ministres d'Hanovre et ceux qui lui sont dévoués, n'aboutira à rien, dès qu'il n'y saura entraîner la nation.
I Vergl. S. 253. 268. — 2 Vergl. S. 268.
rien porter au Conseil pour lui faire prendre part, d'une façon coûteuse, dans les affaires du Nord. Je crois que ce secrétaire d'État accuse juste, et cela est entièrement conforme à ce que j'ai marqué plusieurs fois, qu'il y a eu de double cabinet jusqu'ici par rapport aux affaires du Nord. Le duc de Bedford le sent, et cela fera aussi que les instructions que l'on donnera au duc de Newcastle pour Hanovre, lui lieront plus les mains que par le passé."
London 27. Februar: „Le chipotàge du duc de Newcastle et du baron de Mtinchhausen a souffert un grand échec . . . aussi le premier a-t-il condamné avec affectation à un membre du Conseil la démarche de la Russie, ce que je sais de bonne part."
Ajoutez qu'après la forte saignée qu'il a faite à son trésor d'Hanovre par la somme de cinq millions d'écus qu'il a avancés aux Saxons du temps de la dernière guerre passée et dont il n'a su se faire payer jusqu'à présent, il ne sera pas aisément à disposer d'en tirer encore pour l'amour de la Russie.
Au reste, je suis dans l'attente d'apprendre de vous l'impression que la déclaration dont je vous ai chargé par ma dépêche précédente,' aura faite sur le ministère anglais, et ce qu'ils ont répondu à l'ambassadeur de France, quand il leur a fait les mêmes insinuations de la
part de sa cour. ^ ,
Federic.
4177. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Potsdam, 10 mars 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 21 de février dernier, et je n'ai cette fois-ci qu'à vous renvoyer à mes précédents ordres, me trouvant jusqu'à présent encore toujours dans l'attente que vous m'informiez de l'impression qu'aura faite sur la cour de Russie la réponse donnée par le ministère de Suède au dernier mémoire du sieur de Panin, et que vous me rapportiez quel effet a opéré sur ladite cour la déclaration que vous avez dû lui faire de ma part. ^
Quand, au reste, vous êtes de l'opinion qu'il se pourrait que le chancelier Bestushew conçût l'idée de tâcher de disposer le Grand-Duc à céder, dès à présent même, ses droits sur les duchés de Sleswig et de Holstein à la couronne de Danemark, dans l'intention de détacher par ce moyen le Danemark de la Suède et de l'attirer dans ses Tues, je suis persuadé que, si la pensée pouvait réellement en naître au comte Bestushew, il ne réussirait pas, pour plus d'une raison, auprès du Grand- Duc, à la lui faire agréer. Quoi qu'il en soit, vous auriez mieux fait de ne communiquer qu'à moi seul immédiatement votre appréhension à cet égard, et je vous défends très expressément de n'en faire plus aucune mention à âme qui vive, pour ne pas donner vous-même des
I Vergl. S. 279. — 2 Vergl. S. 278.
idées à gens au monde que sans cela ils n'auraient eues de sitôt ou qui même de leur chef ne leur seraient jamais venues dans l'esprit.
Nach dem Concept. F e de r i C
Potsdam, 10 mars 1750.
Puisque mes dépêches précédentes que je vous ai faites, ont épuisé tout ce que je saurais vous dire sur votre dépêche du 27 du mois dernier, je ne saurais que vous y renvoyer et de vous dire, au surplus, que, quand le marquis de Valory viendra me parler au sujet que vous accusez, j'ai ma réponse toute prête et m'expliquerai envers lui de façon qu'on saura raisonnablement l'attendre de moi.
En attendant, je suis encore dans la ferme persuasion, par les raisons que je vous ai amplement développées dans mes dépêches antérieures, que, malgré la bile du chancelier de Russie, il n'osera porter les choses à une rupture ouverte avec la Suède. Ce que cependant ne m'endormira point, et j'espère que je saurai trouver moyen d'être informé à temps des desseins dé la Russie et d'en avertir la France, surtout si la Russie voulait pousser à bout la Suède et parvenir à des extrémités envers elle.
Nach dem Concept. F e d e r 1 C.
v-'hambrier berichtet, Paris 27. Februar: J'ai dit au marquis de Puyzieulx ,,que les intentions de Votre Majesté de faire parler à Vienne et à Londres comme la France le désirait, s'étaient croisées avec la demande que la France en a faite à Votre Majesté par mon canal, i J'ajoutai que ce concours ne pourrait manquer d'être de poids, par l'unanimité des discours des ministres de part et d'autre, et que Votre Majesté en espérait un bon effet. Le marquis de Puyzieulx me répondit qu'il envoyait un courrier au marquis de Valory lequel lui porterait la copie de ce que le marquis de Mirepoix et le sieur Blondel auront ordre de lire aux ducs de Newcastle et de Bedford et au comte d'Ulfeld, sur la manière dont, la France regarde le mémoire que la Russie a fait remettre à la Suède par le sieur Panin, et la réponse que la Suède a faite à ce mémoire."
A BERLIN
Potsdam, 10 mars 1750.
Monsieur le Marquis de Valory. Je vous ai déjà marqué les justes soupçons que j'ai conçus que vos lettres que vous faites passer par Hambourg et par Hanovre en. France, sont ouvertes à Hanovre, et que le secret qu'elles renferment en est trahi. ^ Pour que cependant l'on puisse être entièrement assuré de la réalité de ces soupçons et savoir avec fondement si effectivement on a trouvé moyen à Hanovre de développer le secret de votre chiffre, il m'est venu la pensée qu'il serait
I Vergl. S. 277. — « Vergl. S. 281.
Corresp. Friedr. IL VII.
fort à propos à cet égard que vous écrivissiez, à peu près dans le sens du précis ci -joint, une feinte dépêche à M. de Puyzieulx, chifirée de votre chiffre ordinaire, laquelle vous voudriez bien ensuite faire partir par la poste ordinaire par Hambourg et Hanovre. Je ne tarderai pas, après cela, d'être informé si on s'est mis à Hanovre au fait du contenu de votre feinte dépêche, et nous saurons ainsi, sans qu'on pourra plus «n douter, si l'on y a effectivement le secret de votre chiffre.
Il sera néanmoins bon que vous employiez en même temps la précaution d'avertir M. de Puyzieulx par une route différente, et qui d'ailleurs soit sûre, des raisons qui vous ont engagé de lui envoyer par Hanovre la susdite feinte dépêche, laquelle, quoique le contenu en fût véritable et fondé quant aux insinuations malicieuses que la Russie avait mises en œuvre e^ Angleterre, vous n'aviez cependant fait partir par Hanovre qu'en vue d'approfondir si on y avait effectivement votre chiffre.
Federic.
Précis.
Que selon les lettres de Pétersbourg le comte Bestushew, chancelier •de Russie, ne discontinuait point à faire jouer tous les ressorts imaginables pour porter les choses à l'extrémité contre la Suède; qu'il y avait à ce sujet des conférences sans fin entre lui et les ministres Bernes ^t Guy Dickens, dont les courriers ne faisaient qu'aller et venir ; qu'après bien des pourparlers entre le Chancelier et le ministre autrichien on avait pris à tâche de travailler surtout à entraîner le roi d'Angleterre dans les vues de la Russie et que pour y panxnir on n'épargnait ni ruses ni mensonges ; que parmi d'autres insinuations malicieusement con trouvées on avait tâché de faire accroire à la cour de Londres qu'il y avait un concert formé entre la Prusse et la Suède en conséquence duquel le roi de Prusse favoriserait le changement du gouvernement de Suède, et que dès lors les Suédois attaqueraient la Russie pour en reconquérir les provinces cédées par les traités de paix antérieurs; qu'en même temps les possessions en Allemagne du roi d'Angleterre seraient également attaquées, pour en arracher les duchés de Brème et de Verde. Que, pour habiller d'autant mieux ces mensonges, on avait eu l'effronterie de forger un traité secret qu'on disait être fait entre la Prusse et la Suède, et quoique à la vérité le ridicule d'un tel traité supposé sautât d'abord aux yeux, de chacun qui voudrait y regarder, qu'on avait cependant lieu de soupçonner que les Anglais avaient donné dans ce panneau et qu'ils avaient pris des ombrages là-dessus.
Nach dem Concept*
Potsdam, 13. Mârz 1750.
Es haben Se. Kônigl. Majestat mir befohlen, an Ew. Excellenz zu vermelden, wie der Marquis de Valory bei seiner letzteren Anwesenheit^^ i
allhier sich gegen Hôchstgedachte Se. KônigL Majestàt geàussert habe, dass wenn es Deroselben gefallig wàre, ihm ein ganz umstandliches und detaillirtes Promemoria von der eigentlichen Beschaffenheit des Verlangens , so HÔchstdieselbe an seinem Hofe gethan , " dass nàmlich die stettinsche Handlung und Kaufleute in denen franzôsischen Hafenund Handlungsplâtzen eben dieselben Bénéfices zu . geniessen haben môchten , welche denen Hansestàdten Haraburg , * Lubeck und Bremen dorten accordiret worden, und dass- erstere mit letzteren ratione deir Iraposten und Droits d'entrée et de sortie parificiret werden môchten, zu stellen und die dazu habende Grunde mit anzeigen lassen zu wollen, er sich Hoffnung machete, nach seiner Retour in Frankreich dièse Sache bei dortigem Hofe zum Vergniigen Sr. Kôhigl. Majestàt zu Stande tu bringen.
Es môchten also Ew. Excellenz besorgen, dass . dergleichen Promemoria sogleich aufgesetzet und gedachtem Marquis de Valory zugestellet werden mûsste. Ew. Excellenz wurden aber zugleich dahin sehen, dass dièses Mémoire wohl ausgearbeitet und solchem zu Erreichung Sr. Kônigl. Majestàt Absichten eine recht gute Tournure gegeben werden miisste, wobei HÔchstdieselbe vor die convenableste [Tournure] mit zu sein erachteten, dass die Sache dahin gedrehet werde, dass. nachdem die Kron [Frankreich] denen teutschen Hansestàdten dergleichen Avantage in ihrem Handel nach Frankreich zugestanden habe, die Stadt Stettin mit zu solchen Hansestàdten gehôre und ihr also gleich jenen solche Bénéfices zugestanden werden môchten.
Eichel.
DE VOSS A DRESDE
Voss berichtet, Dresden 7. Mârz:
,,Ayant appris que le comte Keyserlingk avait remis au comte Brtlhl une lettre de la Czarine, écrite au roi de Pologne, j'ai fait mon possible pour en savoir le contenu ... Je viens d'apprendre par un bon canal que par cette lettre l'Impératrice avait conseillé au Roi de se faire des créatures et amis en Pologne pour soi-même et la famille royale, sans en faire à d'autres qui ne pensaient qu'à eux-mêmes; que par cette raison il devait être sur ses gardes dans la distribution des bénéfices et ne pas tout donner à une famille seule. Toute la lettre doit être fort équivoque, sans nommer personne.
Le comte Keyserlingk doit avoir été fort
Potsdam, 14 mars 1750.
J'accuse la relation que vous m'avez faite du 7 de ce mois. Si tant est que l'avis que vous avez eu par rapport au contenu de la lettre que l'impératrice de Russie a faite au roi de Pologne^ soit fondé, ce serait la plus belle occasion de bien brouiller les vues que la cour de Dresde peut avoir à l'égard de la Diète qu'on va assembler en Pologne, et il conviendrait alors que vous tâchiez à faire ébruiter le contenu de ladite lettre, quoique sans
I Vergl. Bd. V, 547; Bd. VI, 37. 81.
surpris lorsque le comte Brûhl lui en a dit le contenu. Il a prétendu l'ignorer parfaitement, assaraut qu'on lui arait envoyé la lettre, sans Tinstruire de son contenu, pour la donner à lui, comte Brtlhl ; mais qu'il aurait soin de donner d'autres idées à sa cour, ayant toujours regardé l'agrandissement de la famille de Czartoryski comme une chose qui devait faire plaisir à la Russie. Je ne comprends rien à ceci ; cependant, je me souviens d'avoir entendu par hasard à Varsovie du comte [Michel] Bestushew que, tant ami qu'il était des Czartoryski, il ne pouvait approuver les idées ambitieuses de cette famille, et peut-être ses rapports ont occasionné cette lettre."
Nach dem Concept.
que VOUS y apparaissiez en aucune
façon, pour causer bien d'embarras
à la grande famille en Pologne.
Ce que je remets cependant à votre
considération. ^ , .
Federic.
4182. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Potsdam, 14 nuurs 1750.
J'ai reçu le rapport que vous m'avez fait à la date de 24 du février dernier. Dans la situation où sont actuellement les affaires du Nord, c'est principalement de vous que j'attends à présent les nouvelles qui doivent me mettre à même à vous donner des instructions ultérieures; aussi suis -je assez curieux d'apprendre le parti que la cour de Russie prendra par rapport à la réponse qu'on a donnée au sieur Panin, et quelle impression la déclaration que vous êtes chargé de faire, à la cour où vous êtes, relativement à ladite réponse, aura faite sur elle.
Au reste, j'attribue la façon indécente dont le sieur Guy Dickens s'énonce à l'égard de la Suède, plutôt à la passion personnelle qu'il a contre les Suédois, et à son humeur emportée et fougueuse, que de croire que sa cour y entre pour quelque chose et qu'il agisse en conformité de ses instructions.
Nach dem Concept*
Federic.
Potsdam, 14 mars 1750.
J'ai été satisfait de la relation que vous m'avez faite du 2 de ce mois et en particulier du post-scriptum que vous y avez joint. La bonne disposition où la France est à mon égard, et de soutenir la Suède contre l'oppression de la Russie, m'a fait surtout beaucoup de plaisir, et j'attendrai de quelle façon le comte Tyrconnell s'expliquera envers moi, quand il sera arrivé. En attendant, je continue encore d'espérer que, malgré la rage décidée du chancelier Bestushew contre— ...j^
la Suède, l'on ne voudra porter les choses à l'extrémité, parceque la situation de la Russie n'est plus si avantageuse qu'elle fut il y a un an passé, et, à moins que la tête ne tourne tout -à -fait audit Chancelier, il hésitera de pousser les choses jusqu'à une guerre ouverte, quoiqu'il ne laissera passer aucune occasion pour agacer au possible la Suède.
Ce qui m'a paru pourtant étrange, c'est l'avis que j'ai que le ministre anglais à PétersbQurg, Guy Dickens, se doit faire un plaisir de déclamer et de décharger hautement sa bile contre la Suède, aussi souvent que l'occasion s'en présente, ce qui ne serait nullement à combiner avec ce que les Anglais déclarent à la France au sujet des affaires du Nord. Il se pourrait bien être cependant que dans ces occurrences le sieur Guy Dickens, extrêmement piqué qu'il est contre les Suédois, se laisse emporter par la violence de son tempérament à jeter des propos dont sa cour n'a nulle part, et qui ne sont pas conformes aux instructions qu'il en a reçues.
Au reste, par tout ce que vous me marquez des déclarations
énergiques que la France fait faire à l'égard des affaires du Nord, je
crois presque entrevoir qu'elle n'a plus tant de répugnance pour une
nouvelle guerre qu'elle témoignait autrefois et qu'elle aimerait de
dégainer plutôt dans ce temps -ci qu'à un autre, vu que l'Angleterre
se ressent encore des grands efforts qu'elle a faits dans la dernière
guerre , que la Hollande , par son état d'impuissance , ne saurait être
d'un grand secours à ses alliés, que le roi de Sardaigne paraît être
ébranlé, et que la France saurait se rendre maître dans peu de temps
de tous les Pays-Bas autrichiens, les places de barrière étant encore
presque toutes démantelées. ,-. j .
\. , , ^ Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdaxn, 14 mars 1750.
La déclaration que vous dites, dans votre rapport du 4 de ce mois, qu'a fait faire le roi de Sardaigne à la cour où vous êtes sur les bruits qui ont couru pendant quelque temps relativement aux engagements qu'on prétendait que lui, roi de Sardaigne, avait pris avec la France et l'Espagne,^ ne doit sans doute, vu l'expérience qu'on a des temps passés, pas avoir coûté fort cher à ce Prince. Mais j'espère de recevoir des avis sûrs de France et d'autres endroits encore, pour pouvoir m' instruire à fond sur quoi roulent les chipotages qui subsistent entre les cours de Turin, de France et d'Espagne.
L'invention de forger des canons de bronze et de fer, ne nous est point inconnue ici; elle ne produit cependant pas l'utilité et l'avantage
I Vergl. S. 262. 277.
que l'on s'en était attendus, l'effet de ces canons forgés étant' incontestablement beaucoup moindre que celui de ceux de fonte.
Nach dem Concept. F e d e f i C.
X odewils und Finckensteinberichten, Berlin 16. Mârz, in Betreffder im Interesse des stettiner Handels bei Frankreich zu beantragenden Gleichstellung Stettins mit den Hansestadten.i „La même proposition ayant été déjà faite aux ministres de France par le baron Le Chambrier, ^ elle en a été si peu favorablement reçue qu'il n'a pas jugé de l'intérêt de Votre Majesté d'y insister davantage. On lui a déclaré nettement que le traité conclu avec les Villes Anséatiques regardait uniquement celles de Lûbeck, de Hambourg et de Brêmé, à l'exception de toutes les autres qui avaient ci-devant appartenu à la Société Anséatique . . . On lui a fait' sentir, de plus, que de quelque façon que la France voudrait accorder aux sujets de Votre Majesté les faveurs et les exemptions qu'EUe demandait pour eux, la charge en retomberait toujours à la couronne, parcequ'elle serait obligée de bonifier aux fermiers généraux ce que les sujets de Votre Majesté y épargneraient."
Mundliche Resolution. Nach Aufzeichnung
Potsdam, 17. Mârz 1750.
Der Etatsminister Graf von Podewils soU dem Mémoire noch hinzuftlgen, dass durch die Acquisition von Schlesien das Commerce von Frankreich, sonderlich von seinen Weinen, notablement augmentiret worden, als welche jetzo stark dahin gingen, statt dàss vorhin nichts als ungrische Weine allda consumiret worden. Und weil aile solche franzôsische Weine tiber Stettin gingen, so wiirde dadurch das Négoce von Frankreich mit befôrdert werden, wann es diè stettinsche Handlung beneficirte.
Sonsten releviren aile dagegen angezeigete Schwierigkeiten wenig oder nichts, wenn sie recht eingesehen werden.
des Cabinetssecretars.
A BERLIN
Potsdam, 17 mars 1750.
Monsieur le Marquis de Valory. Vous avez vu mon admiration et ma sensibilité à la réception des belles statues que le Roi votre maître à bien voulu m'envoyer.^ Un pareil présent répond également à sa magnificence et à la manière dont je ressens tout ce qui me vient de sa part. Vous savez mieux qu'un autre le cas infini que j'en fais, et combien mon amitié est flattée de tous les témoignages que je reçois de la sienne. Je ressens aussi, comme je le dois, la façon dont vous avez rempli dans cette occasion la commission dont vous étiez chargé, et le présent que je fais joindre à cette lettre,^ et que vous voudrez bien agréer de ma part, est autant une marque de la bienveillance et de
X Vergl. S. 291. — 2 Vergl. Bd. VI, 404. — 3 Vergl. S. 235. — 4 Ein Ring mit dem Bilde des Kônigs.
l'estime particulière que j'ai pour vous, quun moyen de vous rappeler
une époque dont je me souviendrai toujours moi-même avec un nouveau
plaisir. Sur ce, je prie Dieu etc. ^ , .
Federic.
Nach der von Valory eingesandten Abschrift îm Archiv des Auswârtigen Mînîsteriums zu Paris.
Potsdam, 17 mars 1750.
Pour vous répondre à ce que le marquis de Puyzieulx vous a dit relativement aux affaires du Nord, en conséquence de la dépêche que vous m'avez faite à la date du 6 de ce mois, je vous dirai que mes ministres résidants aux cours de Londres, de Vienne et de Pétersbourg ont ordres de faire de ma part ces déclarations que la cour de France a désiré que je les fisse faire, et que j'estime que, quand celle-ci vous arrivera, M. de Puyzieulx sera peut-être déjà informé des réponses que les cours de Londres et de Vienne y ont données. Que pour ce qui regarde les mesures à prendre au cas que la Russie voulût pousser à l'extrémité la Suède, je vous ai déjà informé ' que, ce cas existant, je remplirai exactement les obligations où je suis par mon traité d'alliance avec la couronne de Suède et lui fournirai le corps de troupes auxiliaires qui y est stipulé. Qu'au surplus, j'attends de quelle façon le comte Tyrconnell ou le marquis de Valory s'expliqueront envers moi sur les intentions de la France, pour me déclarer là-dessus. Ce que vous pouvez bien dire à M. de Puyzieulx, quand il reviendra avec vous à ces propos.
Au surplus, vous devez insinuer, à cette occasion-là, à ce ministre, bien que d'une manière très polie et convenable, que je n'étais pas aussi boute -feu que mes ennemis l'avaient voulu faire accroire à la France, et qu'on verrait clairement que je n'étais nullement celui qui soufflais le feu ni qui pensais à précipiter les choses. Aussi me flatté-je que la défiance envers moi dont le ministère de France a laissé entrevoir autrefois d'être imbu à ce sujet, aura présentement diminué de beaucoup.
Au reste, je vous ai déjà fait instruire de la nouvelle qui nous est venue d'un traité de subsides nouvellement conclu entre les Puissances maritimes et l'électeur de Cologne. Cette nouvelle s'est confirmée depuis, et l'on marque que ce traité a été signé pour le terme de quatre années, contre un subside annuel de 400,000 écus, dont le roi d'Angleterre comme électeur d'Hanovre payera la moitié, et la république de Hollande l'autre. Comme je ne doute pas que M. de Puyzieulx n'en soit plus amplement informé, vous devez lui faire observer, à quelque occasion convenable, que j'étais disposé à croire qu'il ne s'agissait peut-être pas dans ce traité autant des troupes que l'Électeur
1 Vergl. S. 285.
xg6
devait fournir aux Maritimes, que de certaines mesures concertées
relativement à l'élection d'un roi des Romains.
Je finis en vous ordonnant de faire un compliment bien flatteur de
ma part à M. de Puyzieulx par rapport aux excellentes pièces de marbre
dont Sa Majesté Très Chrétienne m'a fait régaler. - ,
Federic.
Nach dem Concept.
4188. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.
Potsdam, 17 mars 1750.
J'ai reçu votre relation du 28 du mois dernier de février. Je n'ai jamais douté que la réponse donnée au sieur de Panin ne serait du tout du goût du comte Bestushew et qu'il n'y acquiescerait pas. J'attends le rapport circonstancié que vous me promettez à ce sujet, mais je suis surtout curieux d'apprendre l'impression que la déclaration que vous êtes chargé de faire de ma part, aura faite sur la cour de Russie et ce qu'elle avisera d'y répondre. Au reste, tant que le Chancelier ne fera que chicaner sur des mots, je le verrai faire tout ce qui lui plaira.
Nach dem Concq[>t. F C d C r i C.
DE VOSS A COPENHAGUE
Potsdain, 17 mars 1750.
C'est avec une satisfaction entière que j'ai vu tout ce que vous m'avez marqué par vos dépêches du 7 et du 10 de ce mois, par rapport à la bonne disposition où se trouve la cour de Danemark, et à l'égard de la fermeté de ses sentiments pour la conservation de la tranquillité du Nord, que je tâcherai, de mon côté, de cultiver au possible. La petite anecdote que vous me marquez au sujet du crédit où se trouve le comte de Schmettau^ auprès les ministres de Danemark, m'a un peu surpris; je l'ai connu autrefois pour une bête assez légère, peut-être qu'il est revenu à présent et qu'il est devenu plus solide; mais avec tout cela, vous ferez bien d'être en garde avec lui, pour ne pas vous trop fier à lui. Ce que je ne vous dis cependant que pour votre direction seule.
Quant à l'ouverture à faire à la cour de Danemark, relativement à l'alliance à faire entre elle et moi, je m'abandonne au sieur Lemaire et au ministre de Suède, quand ceux-ci trouveront le moment convenable d'en pressentir les ministres de Danemark; et quand alors je serai informé de ce que ceux-ci demanderont, je verrai ce que j'y saurais faire.
Au surplus, il me paraît que par le crédit où M. de Cheusses se trouve auprès du chancelier de Russie, comte Bestushew, l'on pourrait
I Dânischer Oberst, der friiher in preussischen Diensten gestanden hatte.
avoir l'occasion de découvrir beaucoup de souterrains par rapport aux
procédés des cours de Vienne et de Londres auprès de celle de Russie,
si ledit sieur de Cheusses fût bien instruit de s'orienter là dessus. Aussi
en devez-vous faire des insinuations à M. Lemaire, pour voir s'il voudra
faire 'usage de cet avis. ^ ,
, , Federic.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Pot s dam, 17 mars 1750.
Je viens de recevoir à la fois vos dépêches du 3 et du 6 de ce mois. J'applaudis fort à la résolution que la cour de- Suède a prise de cultiver soigneusement les bonnes dispositions où se trouve celle de Danemark à son égard; aussi mes lettres de Copenhague m'ont confirmé, à ma satisfaction sensible, que ces dispositions sont telles qu'on ne saurait les souhaiter meilleures.
La nouvelle de l'Orient qu'on prétend avoir eue, relativement au motif de la déposition du dernier Grand - Visir ,' me paraît apocryphe, au moins outrée ; mais à l'occasion de celles qu'on a eues des frontières de la Finlande, savoir que tout y était tranquille et qu'on n'y remarquait aucun mouvement entre les troupes russes, je dois vous faire remarquer qu'il faut consulter à ce sujet les considérations militaires, en conséquence desquelles les troupes russes n'y sauront remuer que dans le mois de mai ou de juin, quand la saison leur permettra de se mouvoir, ainsi qu'on ne saura point compter sur cette tranquillité
apparente. ^ ,
^^ Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 17 mars 1750.
Vos dépêches du 3 et du 6 de ce mois me sont bien parvenues. La nouvelle que vous me marquez à l'égard de la faveur que la réduction des intérêts a reprise," de façon que vous la regardez comme une affaire faite, m'a bien surpris; cependant je crois avoir lieu de douter encore que ceux qui sont hors de la domination de la Grande- Bretagne et qui sont intéressés dans cette affaire par rapport aux capitaux qu'ils y ont placés, se voudront accommoder à cette réduction, quand même ceux du pays anglais y voudraient souscrire, article sur lequel je voudrais bien que vous m'éclaircissiez.
I Vergl. S. 245. Nach Rohd's Bericht vom 6. Mârz wollte man in Stockholm wissen, dass die Gleichgultigkeit des Grossveziers AbduUah gegen die nordischen Angelegenheiten die Ursache seines Sturzes gewesen sei. — a Vergl. S. 256. 303.
. Puisque mes ordres au sujet de la déclaration à faire de ma part relativement aux affaires du Nord, vous seront déjà parvenus, j'attends à présent votre rapport sur la manière qu'on se sera expliqué là-dessus. Au reste, mes ministres du département des affaires étrangères vous instruiront sur le vrai état des comptes que vous avez à la charge de la caisse de légation, après une recherche exacte qu'on en a faite, et les régleront de façon que vous n'aurez plus sujet de m'embarrasser par vos plaintes et doléances; à laquelle occasion je ne puis m' empêcher de vous dire que je suis un peu rebuté de tous les extraordinaires que vous mettez sans fin en compte et qui vont si loin que ladite caisse s'en trouve étrangement dérangée et qu'elle n'y saura plus suffire.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
DE VOSS A DRESDE
[Potsdam, 17 mars 1 750] .
Je vous sais bon gré de ce que vous continuez à me marquer exactement ce qui vous revient par rapport à l'état des finances de la Saxe. J'ai observé, sur ce que vous m'en dites dans votre dépêche du 10 de ce mois, que plus la cour de Dresde amasse des sommes en argent, plus elle dérange ses affaires et creuse son précipice.
Je dois vous avertir que le nommé Ram ^ a été ici. Quelque bonnes que puissent être les intentions de cet homme, je n'ai cependant pas pu goûter ses propositions, parcequ'elles n'ont roulé que sur une offre de vouloir donner de l'ouvrage aux faiseurs de draps qui sont ici et de les faire travailler pour lui, à condition qu'il les payerait en billets de la Sfeuer q\ïï\ tâcherait de trouver auprès des particuliers en Saxe et dont je devrais faire alors maquignonner le payement; article que je n'ai point pu goûter, par des raisons que vous n'ignorez pas.
Au surplus, le comte de Mejerfeld m' ayant fait remettre le paquet
contenant l'opéra que vous m'avez fait copier, je viens d'ordonner à
mon trésorier Fredersdorf de vous remettre le montant de 25 écus
12 gros que vous en avez déboursé. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept. Das Datum ergiebt die Antwort, Dresden 23. Màrz.
v-^hambrier berichtet, Paris 9. Mârz :
,,Ce ministère paraît attendre avec un peu
d'impatience quel sera l'effet des insinuations qu'il a faites, pour que Votre Ma-
ï Vergl. S. 267.
Potsdam, 21 mars 1750* Je vous sais un gré particulier des bons avis que vous m'avez
jesté et la Suède Se concertassent sûr les mesures qu'il Leur convient de prendre, si la guerre s'allume dans le Nord par l'entrée des Russes dans la Finlande suédoise.
Cette cour a désiré que le baron de Scheffer envoyât à Stockholm son frère pour cela, et qu'il, revînt ensuite à Berlin, pour faire connaître à Votre Majesté quels sont les sentiments de la Suède et voir s'ils peuvent convenir à "Votre Majesté et si Elle croit à propos de prendre en conséquence les mesures qu'Elle croira nécessaires . . . J'ai tâché, sans commettre Votre Majesté et heurter de front lesdits ministres, de leur faire entendre que c'était la France qui devait commencer par dire quelles étaient ses intentions, si la paix vient à être troublée, et ce qu'elle fera dans ce cas -là. Comme je m'étais bien douté que ce discours déplairait, on l'a tenu avec toute la douceur et le ménagement possibles, pour qu'il n'indisposât pas les esprits. Cependant on s'en est cabré et on a toujours répondu que c'était à Votre Majesté «t à la Suède de convenir de leurs faits . . . J'estimerais . . . qu'il conviendrait peut-être que Votre Majesté dise, quand Elle croira avoir vu le fond du sac du comte Tyrconnell : »Je demande que la France fasse telle et telle chose. « . . . Sans vouloir leur faire tort par un jugement précipité, je crois qu'on peut hardiment conjecturer qu'ils tâcheront de se rendre cette guerre la moins à la charge pour eux qu'ils pourront.'*
Nach dem Concept.
donnés par votre relation du . 9 de ce mois, dont j'ai été très satisfait, par les choses intéressantes et instructives qu'elle comprend, dont je ne laisserai pas de faire mon usage et dont je vous ai bien de l'obligation pour me les avoir fournis.
J'attendrai en conséquente l'arrivée du comte Tyrconnell, qui, à ce que j'apprends, se fera dans peu de jours. Je le verrai venir et entrerai avec lui sur tout ce qu'il me fera de propositions, d'une manière tout naturelle et de façon que sa cour aura lieu d'être content de la droiture de mes sentiments.
Federic.
DE VOSS A DRESDE
Voss berichtet, Dresden 14. Mârz:
„Le ministre de Suède [Hœpken] a communiqué au comte de Briihl la réponse que sa cour a faite au mémoire russien, présenté par le sieur Panin . . . Réellement, Bruhl n'a pas trop soutenu la thèse des Russiens . . . Selon moi, il n'a fait, cette fois - ci , que cacher ses sentiments ; car son attachement pour les cours impériales, et principalement pour celle de Russie, est trop connu pour qu'on puisse se tromper à sa façon de penser, et il aurait beau m' assurer le contraire , sans
Potsdam, 21 mars 1750.
J'ai vu par votre dernière dépêche de quelle manière le comte de Brûhl s'est expliqué en dernier lieu avec le ministre de Suède.
Les réflexions que vous faites à cette occasion sur le système que le comte de Briihl s'est bâti, sont bien justes; il n'est rien de plus vrai qu'il ne cessera jamais d'être du côté de mes ennemis et qu'il