‹ Politische Correspondenz Friedrichs des GrossenChapitre 25 sur 42 · CO · texte numérisé non relu

CO

que j'y ajouterais jamais foi. U ne saurait même changer de système sans risquer sa culbute. Son plus grand mérite est pour les intérêts, de Votre Majesté, ayant trouvé moyen de déranger U Saxe an point qu'elle Test aujourd'hui > t et pourvu qu'il reste encore quelques années en place, il y n toute apparence qu'il y mettra la dernière main ... Il y a longtemps que j'ai raffiné où donc l'argent restait proprement.

Mais malgré toutes les peines, il n'y pas moyen de l'approfondir, et je suis sûr que, excepté les comtes Brûhl et Hennicke, le reste du ministère 1 ignore aussi bien que moi.

Le bruit de la ville porte que le sieur de Brand, autrefois major général des troupes saxonnes, avs^t reçu de Votre Majesté les patentes de lieutenant-général.

On ajoute qu'étant revêtu de ce caractère, il avait demandé le premier ministre en duel, en lui écrivant une lettre des plus fortes, et on prétend que le comte de Bnihl en est fort embarrassé . . . Les Polonais souhaitent avec empressement de voir le prince Xavier et le prince Charles en Pologne." 2

Nach dem Concept.

les favorisera au possible. Grâce cependant à sa bonne conduite, qu'il ne sera pas à même de me faire grand mal.

Les bruits que vous accusez, dans votre dépêche alléguée du 14 de ce mois, au sujet du général major de Brand, sont des mensonges tout purs, et vous devez donner hautement le démenti à ceux qui voudront dire qu'il est jamais entré en mon service.

L'empressement des Polonais de voir à Varsovie les princes Xavier et Charles, me paraît singulier; s'il n'y a quelque dessous de cartes de la part de ceux qui voudraient tendre quelque piège au roi de Pologne pour le rendre odieux à la nation, ou quelque jeu caché de la maison de Czartoryski, il se peut que ce soit quelque iur trigue de la cour de Pétersbourg en conséquence de la lettre de l'impératrice de Russie au roi de Pologne dont vous m'avez instruit

en dernier lieu. ^

Federic.

4195. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.

Pots dam, 21 mars 1750.

Je veux bien encore vous réitérer par la présente dépêche, en réponse à celle que vous m'avez adressée en date du 3 de ce mois, qu'autant que le chancelier Bestushew se contentera de. simples ostentations de guerre et qu'il n'escrimera que de la plume, je lui verrai faire tranquillement tout ce qu'il lui plaira, sans m'en embarrasset beaucoup.

Je suis cependant fort curieux d'apprendre quelle impression aura opérée sur la cour de Russie la déclaration que je lui ai fait faire en dernier lieu, et quel effet aura produit sur cette cour ce que le Danemark lui a fait déclarer en substance sur le même sujet.

I Vergl. S. 29. 271. — 2 Vergl. S. 259. — 3 Vergl, S. 291.

Quand, au reste, vous viendrez à parler de nouveau à l'ami connu, vous devez lui dire d'une façon amiable, mais naturelle en même temps, que ce serait à mon plus grand regret, vu la considération toute particulière et la vraie estime personnelle que j'avais pour l'impératrice de Russie, si jamais je pouvais me voir brouillé avec cette grande Princesse ; que c'était là le motif qui m'avait fait supporter jusqu'ici patiemment et avec indulgence nombre de mauvais comportements du chancelier Bestushew à mon égard; que néanmoins après tout je ne saurais permettre qu'on me sautât entièrement sur les pieds , ni qu'on fît des choses à mon égard qui n'étaient supportables à aucun souverain au monde; que je conserverais toujours une véritable estime et amitié pour l'Impératrice et que je me ferais un vrai plaisir de pouvoir lui témçigner toute déférence au possible, ni ne relèverais pas des choses de peu d'importance ; mais qu'il ne fallait pas, aussi, que d'autre part on affectât des comportements envers moi qui au fond pouvaient être envisagés comme préjudiciables à ma dignité et tendants par conséquent à pousser ma patience à bout, malgré toute l'étendue de mes- sentiments d'estime et d'amitié pour Sa Majesté Impériale.

Nach dem Concept.

Federic.

4196. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.

F odewils und Finckenstein berichien, Berlin 23. Màrz: „Nous avons l'honneur d'envoyer ci -joint à Votre Majesté copie de la réponse que le comte de Puebla nous a remise en dernier lieu, par rapport à la garantie de l'Empire, z La pièce n'est guère susceptible d'extrait. C'est un verbiage ennuyeux, farci de protestations emmiellées d'amitié, de pureté d'intention, d'attention religieuse à remplir ses engagements, prodiguées à tout bout de champ, mais entremêlées de diverses imputations, que l'on proteste néanmoins de ne pas faire en guise de reproche, mais tinîquement pour indiquer le mal et pour en attendre le redressement de la justice et de l'équité de Votre Majesté et de Sa religion à remplir les traités. Au lieu de répondre aux raisons solides que nous avons opposées dans le dernier mémoire aux prétentions de la cour de Vienne, on ne fait que battre la campagne, représenter sous une forme nouvelle et appuyer par de nouveaux sophismes les

Potsdam, 24. Mârz 1750.

Dièses seind captieuse Dinge, die Mich nur mit anderen committiren und dem wienerschen Schriftsteller, auf die letzte, Gelegenheit geben, allerhand verfangliche und chicaneuse Conséquences daraus zu ziehen.

Sie soUen also simplement und einen Weg wie den andern bei der Stipulation des dresdenschen Friedenstractats bleiben und darauf lediglich appuyiren. Ich kann Mich nicht von Pilatus zu Herodes weisen lassen, noch Sachen darunter meliren, so nicht dahin gehôren, sondern Ich bleibe bei der Disposition des dresdenschen Tractats. Was sie thun wollen, stehet ihnen frei. WoUen sie ihre Engagements nicht

t „Antwort auf die Kônigl. Preussische Schrift vom 6. Januarii 1750 (vergl. S. 209 Anm. 2), die Reichsgarantie betreffend," d. d. Berlin 2. MSrz 1750, von Puebla unterzeichnet. Vergl. Nr. 4156 S. 272.

arguments déjà pleinement discutés et détruits ... Mais ce qu'il y a de plus essentiel dans la pièce ci-jointe, c'est que la cour de Vienne y prétend indiquer à Votre Majesté un moyen de terminer promptement T ouvrage de la garantie de l'Empire; c'est qu'il Lui plaise de faire faire les démarches nécessaires en Angleterre, pour obtenir de Sa Majesté Britannique une garantie pour le traité de Dresde dans toute son étendue de la manière qu'elle a été stipulée dans le neuvième article du même traité , î et en France, pour engager cette couronne à donner une déclaration qu'elle entend le vingtième article du traité d'Aix-la-Chapelle» par lequel la Silésie et le comté de Glatz ont été garantis à Votre Majesté, dans le sens de la déclaration du comte de Kaunitz, 3 c'est-à-dire que cette garantie s'étend pareillement sur le traité de Dresde dans toute son étendue; que les choses sont déjà tellement préparées en Angleterre que Sa Majesté Britannique ne fera nulle difficulté d'accorder la garantie en question , dès que Votre Majesté voudra la demander, et que le marquis de Puyzieulx, ayant été sondé par le sieur Mareschal sur la déclaration qu'on souhaitait de sa cour, ne l'a nullement refusée" 4 . . .

Miindliche Resolution. Nach Au&eichnung des Cabtnetssecretars.

erfullen, so ist die mauvaise Foi von ihrer Seite; uns aber kônnen sie alsdann auch nicht verdenken, dass wenn sie von ihrer Seite ihre Engagements nicht adimpliren, wir unsererseits auch gewisse ihnen convenirende Punkte suspendiren.

Dièses mtissen sie ihnen convenablement antworten und solches mit soliden und griindlichen Raisons ausfiihren, welche unser Procédé vor der ganzen Welt legitimiren, sie aber ihres Unfugs uberzeugen.

Pptsdam, 24 mars 1750.

Je viens de recevoir votre dépêche du 13 de ce mois. Depuis la dernière que je vous ai faite, j'ai reçu tant de différentes nouvelles qui me marquent une forte crise dans les affaires de TEurôpe et qui réveillent mon attention sur le pli qu'elles sauraient prendre. En conséquence de celles qui me sont parvenues de Russie, l'on doit estimer que le chancelier Bestushew n'est pas encore aussi décidé pour la guerre qu'il le voudrait paraître^ qu'il était sûr et constaté qu'il répliquera en termes arrogants et menaçants à la dernière réponse que la Suède a faite au sieur Panin, qu'il continuera ses agaceries à celle-ci et qu'il les appuiera par force de démonstrations , mais que jusqu'ici il n'y avait pas d'apparence qu'il voudrait pousser les affaires à une rupture ouverte avec la Suède et qu'au moins les apparences étaient qu'il commencerait

î Vergl. Bd. V, 166 Anm. l. — 2 Vergl. Bd. VI, 225 Anm.. 2; 270. t- 3 Vergl. Bd. VI, 189 Anm. i. — 4 Vergl. S. 96.. 326.

par une nouvelle déclaration à faire à la Suède, avant que de pousser les choses à l'extrémité.

Mais pour ce qui regarde mes nouvelles d'Angleterre, elles sont que la cour de Londres continue à s'expliquer vaguement sur les affaires du Nord, en attendant qu'elle redouble ses démarches pour fortifier son parti par des alliances et nommément dans l'Empire. Que c'est une affaire faite que celle avec l'électeur de Cologne pour 12,000 hommes, à ce qu'on dit, qu'on veut renouveler avec celui de Mayence, qu'on traite actuellement avec le ministre saxon à Londres, et qu'on se flatte d'avoir aussi la Bavière.

De cela je juge que la cour de Londres vise à deux choses, ou de s'assurer du plus de suffrages qu'elle pourra , quand elle voudra mettre sur le tapis l'affaire de l'élection d'un roi des Romains en faveur du jeune archiduc aîné d'Autriche, ou que le ministère anglais croit qu'il y aura inévitablement de la rupture dans le Nord et qu'il voudra rassembler alors des armées, pour les opposer à la France.

Par mes nouvelles de Vienne, j'entrevois que cette cour-là ne serait point fâchée si un feu de guerre s'allumait dans le Nord, pourvu qu'elle saurait rester au moins au commencement spectatrice.

Mais parmi tout cela le changement le plus considérable qui s'est fait dans les affaires, c'est que le ministère anglais a su trouver moyen de réussir dans l'affaire de la réduction des intérêts des capitaux dans ' les fonds publics,^ par où il gagne un fonds de huit millions qu'il pourra négocier là -dessus et duquel je crois qu'on payera les subsides stipulés aux princes de l'Empire; nouvelle qui rne paraît si intéressante que vous la devez communiquer à M. de Puyzieulx.

Il ne me reste à présent que de savoir des nouvelles de la Turquie, que j'attends avec impatience, pour savoir ce que l'on en aura à espérer ou non en cas d'une guerre dans le Nord; aussi ne manquerez - vous de m'en instruire, dès qu'il en arrivera en France. J'attends d'un jour à l'autre l'arrivée du comte Tyrconnell, pour voir ce qu'il me proposera en conséquence de ses instructions; en attendant, plus les affaires deviendront critiques, plus je serai sur mes gardes pour ne pas m' avancer trop loin, quoique je tâcherais toujours à remplir religieusement mes engagements. t? H *

GR^FFEN A LONDRES.

Potsdam, 24 mars 1750.

Vos dépêches du 10 et du 13 de ce mois m'ont été bien rendues. Les démariches que la cour britannique fait pour fortifier son parti par des

X Vergl, S. 297.

alliances avec des princes de l'Empire, et les autres circonstances que vous me marquez, me font envisager les grandes affaires de l'Europe plus critiques actuellement qu'elles n'ont été du dernier temps passé, et vous aurez tout lieu de redoubler votre attention pour bien approfondir ce qui se chipote à la cour où vous êtes et pour pouvoir solidement juger sur le train que toutes ces affaires pourront prendre à la fin. Pour ce qui concerne les chipotages avec le ministre saxon, comte Flemming, je n'en suis guère ombragé, et, au bout du compte, j'aimerai toujours mieux d'avoir la cour de Dresde pour ennemie déclarée que de me voir exposé à ses souterrains sous le masque d'une amitié apparente et fausse.

Quant à toutes les autres batteries que l'Angleterre dresse, je suis dans la persuasion, encore, qu'il s'y agit principalement de fortifier son parti dans l'Empire, afin de ne point manquer l'élection d'un roi des Romains qu'on a en vue de faire dans la personne du prince aîné de l'Empereur. Il se peut d'ailleurs que le second but où la cour de Londres vise par ses alliances, soit d'avoir à sa disposition un corps de troupes, au cas que les choses parvinssent à une rupture ouverte entre la Russie et la Suède. Mais comme ce ne sont que des conjectures que je forme, vous devez être bien vigilant pour démêler tout ceci et faire d'ailleurs de votre mieux, afin que l'ambassadeur de France soit exactement informé de toutes les menées de la cour britannique et de ses alliés.

Sur ce qui regarde les prétentions de mes sujets à la marine d'Angleterre, je vous crois suffisamment instruit de mes intentions et des mesures que je prendrai à ce sujet; ainsi donc, tout ce qui vous restera à faire dans ceci, c'est d'en renouveler de trois en trois mois vos représentations au ministère anglais, nonobstant qu'il revienne toujours à la même réponse, afin que ce ministère s'aperçoive au moins que je ne veux point perdre de vue cette affaire. Au reste, vous avez parfaitement bien rencontré mon idée par rapport au payement des dettes de la Silésie ; car, dans la crise présente des affaires de l'Europe, j'attendrai le temps où je pourrai voir clairement de quelle façon elles se développeront, avant que de me décider sur la continuation du payement de cette dette. Et comme je crois que je pourrais être à même d'en juger dans le mois de juin ou de juillet qui vient, je m'arrangerai alors selon les circonstances de la paix ou de la guerre.

Nadh dem Concept. F e d e r i C

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 24 mars 1750.

Par tout ce que vous me marquez dans votre dépêche que la dernière ordinaire m'a apportée, je crois m'apercevoir clairement que la

cour où vous êtes ne serait point fâchée de voir le feu de guerre allumé dans le Nord, pourvu qu'elle n'y soit pas d'abord mêlée et qu'elle sache rester derrière les rideaux; ce qui cependant ne saura se faire absolument , par la raison que la Russie n'agira pas sans être assurée du secours de la cour de Vienne, et particulièrement puisqu'il lui faut un corps de la cavalerie autrichienne, sans lequel elle ne saura jamais agir contre moi. Au surplus, mes ministres dii département des affaires étrangères vous instruiront en détail sur les démarches que la cour britannique redouble pour fortifier son parti par des alliances avec des Princes de l'Empire. L'affaire est faite avec l'électeur de Cologne;^ l'on parle de renouveler avec celui de Mayence; on chipote avec la Saxe, par laquelle l'on croit qu'on s'assurera de la Bavière.

Autant que je saurais juger jusqu'à présent de tout ce manège, je crois que le but principal en est de s'assurer du plus de suffrages qu'on pourra, pour être sûr de son fait dans l'élection d'un roi des Romains, qu'on médite de faire dans la personne de l'Archiduc aîné. J'estime, aussi, que les mesures sont si bien prises qu'on ne saura point mettre d'obstacle à cette affaire, dès qu'elle sera entreprise. En attendant, vous* devez être bien vigilant pour approfondir si peut-être je me trompe dans mes conjectures et s'il y a quelque autre dessous de cartes à qui tous ces mouvements extraordinaires visent.

Pour ce qui est de mes lettres de Russie, elles ne me font entrevoir jusqu'ici que dé nouvelles déclarations que le chancelier Bestushew médite de faire à la Suède, de même que des agaceries sans fin et des démonstrations guerrières, sans qu'on veuille pourtant pousser les affaires à une rupture ouverte. Reste à savoir si cela continuera.

Au surplus, mon attente particulière est d'apprendre de vous ce qui se passe dans la Turquie et jusqu'où la Porte Ottomane pourra influer dans les affaires d'Europe au cas de guerre dans le Nord; ainsi que vous devez tâcher de votre mieux de pouvoir m'en instruire.

Nach dem Concept. F C d e r 1 C-

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, 24 mars 1750.

J'ai été satisfait autant qu'on le peut du contenu de votre rapport du 17 de ce mois, et je ne doute pas moi-même qu'en cas que la cour de Danemark fasse faire des déclarations énergiques de sa part aux cours de Vienne, de Londres et principalement à celle de Pétersbourg, concernant les prétentions injustes dont cette dernière moleste la Suède — qu'en ce cas, dis -je, lesdites déclarations du Danemark ne fassent impression sur ces coiurs et ne produisent un bon effet.

I Vergl. S. 295. 303.

Corresp. Friedr. II. VIL 20

Vous avez, au reste, très bien fait, de lire et de communiquer à M. de Schulin l'article de vos ordres relatifs à la déclaration en

question.^ t- j

xT V j /- Federic.

Nach dem Concept.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 24 mars 1750.

Présumant à présent qu'au temps que cette dépêche vous arrivera, le sieur de Goltz pourra être déjà parti de Pétersbourg, je vous accuse celle qu'il m'a faite encore à la date du 7 de ce mois, en vous disant que j'ai toujours été dans la persuasion que le comte Bestushew n'acquiescerait nullement à la réponse de Suède, donnée au sieur Panin sur sa dernière proposition. Mais ma principale attention est à présent de savoir exactement s'il se contentera de répliquer à la réponse susdite et d'agacer la Suède par des démonstrations, ou s'il poussera plus loin et parviendra à des extrémités; ce que vous devez tâcher d'éclaircir par tous les moyens dont vous saurez vous aviser, afin de pouvoir m'en faire un rapport exact. Au surplus, la façon dont l'ami connu a parlé au sieur de Goltz par rapport au dernier changement dans le ministère de la Porte Ottomane,* fait assez voir qu'il a hésité de dire ses véritables sentiments à ce sujet. ,

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 24 mars 1750.

Je viens de recevoir la dépêche que vous m'avez faite du 10 de ce mois. Quoique les sentiments généreux que le comte Tessin vous a marqués au sujet du libelle infâme, forgé sous le titre de Remarques sur ce qui s'est passé à la dernière Dû te de Suide, soient dignes de lui, cependant je ne le condamnerais pas, si dans de certains moments il n'envisageait pas tout- à- fait avec indifférence de pareilles calomnies. Dans un royaume tel que celui de Suède , les impressions du peuple importent beaucoup, puisqu'elles ont leur influence dans les grandes affaires, ainsi que par conséquence l'on ne saurait être assez vigilant pour écarter tout ce qui peut gâter l'esprit au peuple et lui inspirer des préjugés faux.

Nach dem Concept. F e Q e T 1 C.

1 Vergl. S. 281. — a Woronzow hatte gegen Goltz geâussert: „Qu'on avait déjà vu tant d'autres révolutions de la même espèce en Turquie, et que d'ailleurs la Porte avait donné les assurances les plus fortes qu'elle entretiendrait soigneusement l'amitié avec Timpératrice de Russie."

DE VOSS A DRESDE

Potsdam, 24 mars 1750.

J'applaudis à vos idées et aux réflexions que vous faites en conséquence, contenues dans votre dépêche du 17 de ce mois, relativement à la prochaine Diète de Pologne, et je suis bien du sentiment que la voie la plus sûre est incontestablement de se servir, pour la rendre infructueuse, de remèdes tout différents de ceux auxquels on a eu recours pendant les précédentes Diètes.

Mais comme je vous ai déjà instruit de diriger votre route ici par Potsdam pour y prendre mes ordres, quand vous irez à Varsovie, je me réserve de vous parler alors moi-même sur tout ce qui a du rapport à la susmentionnée Diète.

Nach dem Concept.

Federic.

4204. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.

xodewils und Finckenstein iiberreichen, Berlin 25. Mârz, den Auszug ans einem von Valory mitgetheillen Berichte des Marquis Mirepoix an den Marquis Puyzieulx, London 6. Mîirz, tiber eine Conferenz zwischen Mirepoix und den Herzogen von Newcastle und Bedford.

Der Schluss des ^Extrait" lautet: „Le marquis de Mirepoix conclut de tout cela et persiste à croire que l'Angleterre ne veut prendre aucune part dans les desseins violents de la Russie, pour l'empêcher d'allumer dans le Nord une guerre qui s'étendrait nécessairement dans le reste de l'Europe. Le marquis de Mirepoix ajoute qu'il a lieu de croire que le duc de Newcastle poursuit le projet qu'il a déjà laissé entrevoir, savoir s'il n'y avait pas moyen de trouver quelque expédient par lequel la France , l'Angleterre et la cour de Vienne pussent faire ensemble quelque condition efficace et satisfaisante pour la Russie et la Suède : qu'ainsi nous [la France] devons nous attendre que, soit par le comte d'Albemarle, ou par la voie de la cour de Vienne, il nous sera fait incessamment quelque nouvelle proposition."

Mûndliche Restolution. Nach Aufzeichnung

Potsdam, 26. Mârz 1750.

Recht gut, und muss ihm vor die Communication sehr gedanket werden, obgleich die Nachricht nicht gar zu consolant ist, weil das double Ministère* wohl darunter spielen kann.

des Cabinetssecretars.

I Vergl. S. 288.

A BERLIN

Potsdam, 26 mars 1750.

Monsieur le Marquis de Valory. Mes dernières lettres de Pétersbourg, à la date du 10 de ce mois, m'ayant marqué qu'on venait de donner l'ordre à quatre régiments d'infanterie qui se trouvaient aux environs de la capitale, de joindre incessamment le corps de troupes russiennes en Finlande, où l'on avait fait transporter depuis quinze jours quelque nouveau train de pièces de campagne et des batteries, et que d'ailleurs on équiperait comme à l'ordinaire la flotte, afin de la mettre sous les voiles, dès que la saison le voudra permettre, j'ai bien voulu vous faire part de ce nouveau phénomène qui va paraître à l'horizon du Nord.

J'ai reçu la lettre de M. Desalleurs que vous m'adressez , dont je

vous fais mes remercîments ; je ne sais que dire des manœuvres du

Bestushew: si ce ne sont que des ostentations, il faut avouer qu'on ne

peut guère les pousser plus loin; si ce sont des préparatifs de guerre,

la chose pourrait devenir sérieuse. Mais ce qui me rassure, c'est que

je suis informé de très bonne part qu'on dresse à Pétersbourg un

nouveau mémoire pour servir de réplique à la réponse de Suède, et il

paraît que c'est pour appuyer les demandes ultérieures de la Russie

que se font ces grands armements. Je dois me persuader que la cour

de Vienne ne voit pas ces projets de bon œil; les troubles du Nord

lui conviennent d'autant moins à présent qu'elle est occupée à faire

passer l'élection de l'archiduc Joseph roi des Romains pour laquelle

l'Angleterre a fait toutes les corruptions préalables dans le Collège

électoral. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept. Die ,, Apostille de la main propre du Roi" nach Abschrift der Cabinets^ kaaziei.

A BERLIN

Potsdam, 27 mars 1750.

Monsieur. J'ai bien reçu votre lettre et la pièce qui y était jointe ; vous connaissez tous les sentiments qui me lient au Roi votre maître, et avec combien d'empressement je saisis toujours les occasions de lui témoigner mon attention et la sincérité de mon amitié. Vous savez aussi que j'aime véritablement à vous donner des marques de la bonne volonté particulière que j'ai pour vous. Mais je ne puis me prêter à vous envoyer la badinerie que vous me demandez,' et pour laquelle vous avez fait naître une curiosité que l'ouvrage ne mérite pas, mais

I Das Palladion, Œuvres de Frédéric le Grand, Bd. XI,

dont Fauteur sent cependant tout le prix. Cette folie, vous le savez, n'a été que l'emploi de mon loisir, l'amusement d'un carnaval, et une espèce de défi que je me suis fait à moi-même; et le poème, si c'en est un, se ressent de ma gaieté et du temps où je l'ai composé. J'ai voulu peindre des grotesques; un peu de complaisance sans doute vous fait croire que j'y ai réussi, mais on juge injustement et malheureusement des auteurs par leurs ouvrages, et je craindrais que celui-là ne donnât trop mauvaise opinion de mon imagination. Je craindrais que l'on ne me taxât du peu de raison dont, de tous temps, on accusa les poètes, et vous m'avouerez que cette crainte n'est pas indifférente lorsque, par aventure, le poète se trouve être un souverain. Je sais bien que la prévention obligeante du Roi votre maître me doit garantir de cette terreur, et la confiance parfaite que j'ai dans son amitié et dans la bonté de son caractère, me rassure entièrement vis-à-vis de lui-même ; mais plus d'un événement peut dérober le livre de ses mains, et combien ne crieraient pas alors les théologiens, les politiques, les puristes même? Un Roi écrire un poème de six chants, oser fabriquer un ciel, critiquer librement la terre, un Allemand rimer en français ! C'est trop à la fois braver de prétendus ridicules, et je ne me sens , point la résolution d'affronter aussi ouvertement l'empire des préjugés; je ne me pardonne cet ouvrage que par le peu de moments que j'y ai donné et par la persuasion où je suis de n'avoir cherché qu'à m'amuser, sans intéresser personne. Mais vous conviendrez que l'on sera fort éloigné d'entrer dans tous les motifs de mon indulgence. Je m'en rapporte au zèle que je vous connais pour moi, pour juger des conséquences, et je me confie entièrement à l'amitié du Roi votre maître, pour tolérer un manque de complaisance que je ne me permets que par une prudence qui, j'espère, aura son approbation. Soyez persuadé qu'il ne faut pas moins que des raisons aussi fortes pour m' empêcher de vous montrer dans cette occasion combien vous avez lieu de compter sur ma bienveillance et

et mon estime. Sur ce, je prie Dieu etc. ^ ,

^ ^ Federic.

Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswàrtigen Ministeriums zu Paris.

DE VOSS A DRESDE

Potsdam, 27 mars 1750.

J'ai bien reçu la dépêche que vous m'avez faite du 21 de ce mois. Parceque le temps approche où vous devez commencer votre voyage pour aller à Varsovie, je remets tout ce que je pourrais vous dire d'intéressant au temps que je vous entretiendrai ici vous-même. Et quoique je comprenne bien qu'il faut que vous devanciez le roi de Pologne pour être à temps à Varsovie, je voudrais cependant que vous

ne vous éloigniez pas trop tôt de la cour où vous êtes, ainsi qu'il me

paraît que, pourvu que vous partiez de Dresde huit ou dix jours devant

le Roi, ce temps vous suffira pour venir prendre mes ordres ici et

d'arriver après à temps encore à Varsovie. ^^ j

^ ^ Federic.

Votre dépêche du 24 de ce mois vient de m'être rendue à l'instant. Ma réponse y est que vous ne deviez rien négliger de tout ce que les circonstances pourront vouloir vous permettre, pour rendre la plus forte que possible la somme du capital payable à mes sujets à la prochaine foire de Leipzig, mais qu'en cas qu'il n'y eût absolument rien à faire pour l'augmentation de la somme des 25,000 écus qui vient de vous être offerte à raison dudit payement, il faudra s'en contenter pour lors et croire qu'il vaut toujours mieux recevoir quelque chose que rien du tout.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Pots dam, 28 mars 1750.

Je viens de recevoir la dépêche que vous m'avez faite à la date du 13 de ce mois. Je ne saurais qu'applaudir à la façon dont le comte Tessin s'est pris pour corriger le sieur Verlet des faux et calomnieux bruits qu'on a disséminés et qui ont fait impression sur lui au point qu'il en a mêlé dans ses discours. Vous devez savoir cependant que tous ces mauvais bruits sont pour la plupart de la façon du chancelier Bestushew, qui en instruit le sieur Panin d'une manière si positive que celui-ci se voit obligé de les faire disséminer par ses suppôts. Au surplus, je veux bien vous dire, quoique dans la dernière confidence, qu'il m'est revenu par un fort bon canal qu'il y a des gens à Stockholm de la nation suédoise qui, pour attraper l'argent du sieur Panin, lui font accroire qu'ils sont à même de lui communiquer tout ce qui se passe de plus secret, non seulement dans le Sénat, mais encore auprès du ministère de Suède et partout ailleurs; que c'étaient ces gens qui avaient fait accroire comme s'il y avait été. fait une nouvelle convention très secrète entre la France, moi et la Suède, et qui n'ont pas hésité de lui en imposer par une copie de cette prétendue convention qu'ils lui ont vendue assez cher. Je laisse à votre discernement si vous trouvez convenable de faire part au comte Tessin de cette circonstance, pour qu'il sache veiller sur ces gens et tâcher de les découvrir; ce que vous ne ferez cependant qu'en lui recommandant le dernier secret là -dessus, afin qu'une indiscrétion à cet égard ne fasse pas perdre le canal d'où j'ai tiré tout cela.

Mais ce qui m'est encore plus intéressant que tout cela, c'est de vous mander que mes lettres de Pétersbourg en date du lo de ce mois m'apprennent qu'on y venait de donner l'ordre à quatre régiments d'infanterie qui se trouvent aux environs de cette capitale, de joindre incessamment le corps de troupes russiennes en Finlande, où l'on avait d'ailleurs fait transporter depuis quinze jours un nouveau train de pièces de campagne et de canons de batteries pour faire des sièges. L'on ajoute qu'on était après à équiper la flotte, pour la mettre en état de sortir des ports, dès que la saison le permettrait.

Si ce ne sont que des ostentations, il faut convenir qu'on ne saurait guère les pousser plus loin, mais comme ces armements pourraient devenir sérieux, vous devez avertir confidemment les ministres de Suède de ce que dessus, en leur représentant la nécessité qu'il y avait de penser également à renforcer les troupes suédoises en Finlande dans le temps que la Russie y renforce les siennes, et de s'arranger en sorte qu'on ne saurait être surpris et culbuté du premier coup que la Russie voudrait porter là à la Suède. L'avis me paraît être trop sérieux pour

ne pas mériter qu'on y fasse toute l'attention. ^ ,

Federic.

Après avoir fini ma dépêche, je viens de recevoir encore celle que vous m'avez faite du 17 de ce mois. Comme vous y faites mention d'un lieutenant-colonel baron de Scheffer, arrivé à Stockholm, je veux bien vous dire pour votre direction que cet officier, frère du ministre de Suède en France, a été envoyé de celui-ci, à la réquisition de la cour de France, en Suède, pour y engager le ministère à prendre un concert avec moi sur la manière d'opérer contré la Russie, en cas que celle-ci s'avisât d'attaquer la Suède, afin que la France, connaissant quelles sont les mesures dont la Suède conviendra avec moi, puisse parler suivant cela à Londres et à Vienne et faire expliquer ces deux cours sur l'intérêt qu'elles prennent dans les différends qui subsistent entre la Suède et la Russie.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Pots dam, 28 mars 1750.

J'ai reçu votre rapport du 18 de ce mois. N'ayant rien d'intéressant à vous mander cette fois-ci, et attendant encore la réponse qu'on vous fera de la part de la Reine -Impératrice à la déclaration que vous avez faite, je me borne à vous marquer que mes dernières lettres de Pétersbourg à la date du 10 du courant m'apprennent qu'on y avait donné l'ordre à quatre régiments d'infanterie qui se sont trouvés aux environs de

cette capitale, de joindre incessamment le coq)s des troupes russiennes en Finlande, où l'on avait fait déjà transporter en dernier lieu quelque train de pièces de campagne et de batteries, et qu'au surplus on travaillait de nouveau comme à l'ordinaire à équiper la flotte, pour qu'elle puisse sortir des ports, dès que la saison le voudra permettre.

Si tout cela ne sont que des ostentations, il faut convenir qu'on ne saurait guère les pousser plus loin; en attendant l'on confirme qu'on dresse à Pétersbourg un nouveau mémoire pour répliquer à la dernière réponse de Suède, et il se peut que les susdits arrangements ne se font que dans la vue d'en appuyer les demandes ultérieures de la Russie et pour en intimider la Suède.

J'estime que la cour de Vienne ne saura voir ces armements de bon œil, les troubles du Nord ne lui convenant point dans un moment où elle est occupée à faire passer l'élection d'un roi des Romains. Quant aux Anglais, ils font au moins semblant comme s'ils voulaient travailler et joindre leurs bons offices à ceux de la cour de Vienne, pour amener la Russie à des résolutions pacifiques, et les ministres anglais continuent à déclarer à l'ambassadeur de France à Londres, le marquis de Mirepoix, que l'Angleterre ne veut prendre aucune part dans les desseins violents de la Russie, mais plutôt employer ses moyens auprès de celle-ci pour l'empêcher d'allumer dans le Nord le feu de guerre.

Nach dem Concept. F C d e r i C.

Potsdam, 28 mars 1750.

Je vous fais mes remercîments de toutes les choses intéressantes dont vous m'avez instruit par votre dépêche du 16 de ce mois et le post-scriptum que vous y avez joint. Si le marquis de Puyzieulx persistait de vouloir absolument quitter son département et que le choix tombât alors sur M. de Chauvelin, pour le ravoir,' nous n'y perdrions guère, puisque je connais celui-ci pour homme bien habile, ennemi de la cour de Vienne, et d'ailleurs hardi et capable de mener de grandes entreprises; et, dans la situation présente des affaires, tout ce que nous saurions souhaiter, est que la France montre de la vigueur et ne se laisse point supprimer par ceux qui sont du parti contraire.

Pour ce qui regarde les affaires du Nord et ce que je pourrais faire en cas que la Suède soit attaquée par la Russie, vous connaissez déjà mes sentiments à cet égard, par les dépêches antérieures que je vous ai faites; 2 aussi continué-je dans la résolution que je vous ai marquée, que, si la Suède est assaillie par la Russie, je remplirai les

I Chauvelin war 1737 von der Leitung der auswartigen Angelegenheiten Franl reichs zunlckgetreten. — 2 Vergl. S. 285.

engagements où je suis avec celle-ci et lui fournirai le corps de troupes auxiliaires, stipulé dans notre traité d'alliance défensive.

Quant à la Russie, il n'est point à douter qu'elle ne pousse cette année -ci ses démonstrations guerrières plus loin qu'elle n'a fait par le passé, et mes dernières lettres de Pétersbourg marquent qu'on vient de donner l'ordre à quatre régiments d'infanterie qui se trouvent aux environs de ladite capitale, de joindre incessamment le corps de troupes russes en Finlande; qu'on y a transporté depuis peu quelque train de pièces de campagne, auquel on a joint quelques canons de batteries, et qu'on équipera la flotte, pour la mettre en état de sortir à la première bonne saison. Cependant comme j'apprends en même temps qu'on travaille à Pétersbourg à un nouveau mémoire pour répliquer à la dernière réponse de la Suède, l'on présumerait que les armements mentionnés ne serviront proprement que pour intimider les Suédois et pour appuyer les demandes ultérieures de la Russie. Ce qui me confirme encore que la Russie ne voudra pas passer plus loin, c'est que les troubles du Nord ne conviennent guère à la cour de Vienne dans le moment présent, où elle voudrait travailler à faire passer l'élection d'un roi des Romains, et que l'Angleterre fait semblant, au moins, qu'elle ne veut prendre aucune part dans les démarches violentes de la Russie, qu'elle les désapprouve et qu'elle veut employer ses moyens pour empêcher celle-là de mettre le Nord en combustion.

Au surplus, le comte de Tyrconnell vient de nous arriver et s'est

fait présenter à moi d'abord en simple particulier, puisque, à ce que

j'apprends, il ne doit demander son audience et remettre ses lettres de

créance que quand le marquis de Valory aura présenté celles de son

rappel; ce que, par ordre de sa cour, celui-ci était obligé de faire

seulement dans cinq ou six semaines après l'arrivée de son successeur.

Apparemment sa cour l'aura instruit de cette façon pour qu'il apprenne

auparavant à connaître le terrain, puisque je ne saurais m'en représenter

d'autre raison que celle-là. ^ .

Federic.

Nach dem Concept.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 28 mars 1750.

Dans la supposition que le sieur de Goltz sera déjà parti de Pétersbourg quand cette dépêche vous arrivera, je vous dirai sur celle du 10 de ce mois que je viens de recevoir de sa part, que, parceque le Chancelier met tout en train pour recommencer de plus belle les démonstrations guerrières, je vous recommande fort de veiller extrêmement près sur tous les arrangements militaires qu'on prend là et d'en faire à présent votre principale occupation, afin de m'en informer le plus souvent et le plus exactement que vous pourrez, puisqu'il m'importe

plus d'en être bien instruit que de tout le reste. Je dois vous dire

encore qu'outre ce que le sieur de Goltz m'a mandé relativement à

l'ordre qui a été donné à ces quatre régiments d'infanterie qui étaient

aux environs de Pétersbourg, d'aller joindre incessamment les troupes

russes en Finlande, et au transport qu'on a fait là d'un train de pièces

de canons de campagne, j'ai vu des lettres de Pétersbourg de fort

bonne main qui marquent qu'on avait joint audit train d'artillerie

encore de la grosse artillerie et qu'on travaillait à équiper la flotte, pour

la faire sortir, dès que la saison le permettra. ^ ,

Nach dem Concept.

Potsdam, 2S mars 1750.

J'ai reçu votre dépêche du 2 de ce mois, et c'est avec satisfaction que j'en ai appris que vous avez à la fin rompu la glace, en commençant à vous éclaircir avec le ministre' sûr ce qui fait le sujet principal de votre commission. Le meilleur conseil que je saurais vous fournir à présent, est que vous ne devez pas vous borner à parler seul aux ministres, mais que vous devez tâcher maintenant à gagner quelqu'un de leurs commis qui possède leur confiance, pour qu'il leur fasse goûter vos propositions et s'emploie adroitement pour vous. J'ai tout lieu d'être persuadé que par cette voie vous gagnerez en peu de temps bien plus de chemin que si vous continuez à vous borner aux seuls pourparlers avec les ministres mêmes. Au surplus, je dois vous avertir qu'il sera nécessaire que vous chiffriez désormais vos dépêches sur des affaires intéressantes d'un bout à l'autre et sans y mettre des passages en clair et non chiffrés, parceque je viens de m'apercevoir qu'on ouvre les dépêches que vous me faites, ainsi que vous aurez raison de prendre

vos mesures là -dessus. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, 28 mars 1750.

C'est avec une satisfaction particulière que j'ai appris, par la dépêche que vous m'avez faite Le 20 de ce mois, la manière dont la cour de Danemark a envisagé les déclarations que mes ministres ont faites à Pétersbourg, à Vienne et à Londres, et ma satisfaction a été d'autant plus entière que j'ai vu que les ministres de Danemark sont instruits de faire des déclarations conformes aux miennes aux cours mentionnées, dont je ne saurai que me promettre un bon effet, à

* Carvajal.

moins que le chancelier de Russie, comte Bestushew, n'ait opiniâtrement résolu de n'écouter plus aucune raison. Je suis d'ailleurs charmé d'apprendre que ce qui reste à régler entre la Suède et le Danemark, va être terminé aux premiers jours.

Nach dem Concept.

Federic

4214. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.

1 odewils und Finckenstein berichten, Berlin 31. Mârz, ûber einen durch Valory und Tyrconnell mitgetheilten Erlass des Marquis Puyzieulx, laut dessen Frankreich un ter Voraussetzung der Betheiligung Preussens den dânîschen Hof aufzufordern beabsichtigt, den Vertreter Dânemarks in Petersburg gemeinsam mit dem dortigen Vertreter Preussens folgende Erklarung abgeben zu lassen:

„Que les Rois leurs maîtres, étant alliés de la Suède et très intéressés au repos du Nord, ne peuvent se dispenser de faire observer que leurs engagements défensifs avec cette couronne les mettaient dans la nécessité de fournir les secours stipulés par leurs traités, si elle venait à être attaquée par la Russie, surtout pour un fait dont ils peuvent garantir la nonexistence, par la connaissance qu'il sont que ni le roi de Suède ni le Prince-Successeur ni le ministère ni la nation ne songent à rétablir la souveraineté, ainsi que cela a été manifestement prouvé par la déclaration que le roi de Suède , à la réquisition du Prince-Successeur, a donnée publicfuement à Stockliolm le 20 juillet 1749." x

Mûndlîche Résolution. Nach Aufzeichnung

Berlin, 31. Mârz 1750.

Ich bin ganz zufrieden davon und acceptire dièse Proposition ganz gerne. Wann die Dànen werden ein Wort sagen, so isf die Sache richtig, Ich aber ganz pràpariret dazu. Sie soUen es nur denen franzôsischen Ministres gleich sagen, damit sie ihren Courier immer abschicken kônnen.

des Cabinetssecretars.

Berlin, 31. Mârz 1750.

Mein lieber Geheimer Etatsminister Graf von Podewils. Da bei denen mehr und mehr critiquer werdenden Umstanden zwischen Schweden und Russland Ich vor nôthig finde, Mich darauf einzurichten , damit, wann es etwa zwischen beiden Puissances zu einem Bruch kàme, Ich der Kron Schweden das allianzmassige Corps auxiliaire senden kônne, Ich aber in solchen Umstanden alsdann aller Meiner eignen Truppen zu Meiner eignen Defension Selbst nôthig habe, folgUch nicht anders

I Vergl. S. 47. 84.

kann als mich bemuhen, um erwâhntes Auxiliarcorps von ein und andem teutschen Prinzen gegen Subsides zu bekommen ' — so ist Mein Wille, dass Ihr an den casselschen Pràsidenten von Borcke» schreiben und durch denselben in besonderem Vertrauen sondiren lassen soUet, ob nicht der casselsche Hof einen Subsidientractat mit mir emchten und nach solchem gegen gewisse Subsides ein Corps von 3000 Mann jeder Zeit bereit halten woUe, um erforderlichen Falls nach Meiner Disposition marschiren und gebrauchet werden zu kônnen ; wobei Ich jedoch exprès versprechen will, dass solches niemalen gegen ôsterreichische Truppen dienen solL Ihr soUet gedachten von Borcke auch zugleich sondiren lassen , auf wie viel Jahre man solchen Tractât zu schliessen vermeine und wie viel man an jâhrlichen Subsides deshalb zu haben verlange. Wovon Ich denn hiernàchst Euren Bericht gewàrtigen will.

Auf gleiche Art sollet Ihr bei dera gothaischen Hofe im Vertrauen sondiren, ob Ich von demselben ein Corps von 1500 Mann erhalten kônne.

Uebrigens habt Ihr mir nâchstens zu melden, wie stark eigentlich das Corps Auxiliairtruppen ist, welches Ich bei existirenden Casu fœderis der Kron Schweden zu Folge unseres Tractats stellen muss und was sonsten vor Umstànde deshalb stipuliret worden. Ich bin etc.

Nach der Ausfertigung. "p.

A STOCKHOLM

Berlin, 31 mars 1750.

J'ai bien reçu votre dépêche du 20 de ce mois. Quant à la

déclaration que le ministre de Saxe, le sieur de Suhm, a faite au

président de la chancellerie , il est aisé de voir que la cour de Dresde

n'a pas osé de s'expliquer à ce sujet de la façon que la Russie a désiré

qu'elle devait faire et qu'elle aurait peut-être fait, si la considération

pour la France ne l'avait retenue. Au surplus, je suis bien éloigné de

croire, comme le comte Tessin, que la Russie voudrait s'apaiser peu à

peu; tout au contraire, je sais par un canal bien sûr, et mes lettres de

Russie m'en confirment, qu'il n'est que trop certain que le chancelier

Bestushew redoublera ses agaceries et chicanes contre la Suède au point

qu'il la mettra au pied du mur, pour l'engager, s'il est possible, à

commencer, elle-même, la première le branle, de façon que le ministère

de Suède aura besoin de toute la fermeté et de la modération imaginable

pour éviter que, par les indignités que ledit Chancelier lui fera, les choses

ne soient portées à quelque extrémité. ^, ,

ïederic.

Nach dem Concept.

I Vergl. S. 54. — 2 Brader des preussischen Generaladjutanten von Borcke.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Pot s dam, 31 mars 1750.

La réponse que le comte d'Ulfeld vous a faite sur la déclaration que vous avez été obligé de lui faire de ma part en conséquence de votre rapport, a été précisément telle que je me la suis figurée d'avance, savoir égale , à peu près , à celle qu'on ferait au ministre de France.^ Il nous restera à voir par le succès des affaires si l'effet répondra aux belles promesses que la cour de Vienne nous a données. Car mes dernières lettres que j'ai eues de Pétersbourg, donnent plus d'ombrage qu elles n'ont fait jusques là, puisqu'elles marquent que la Russie travaillait à une réplique à donner à la Suède sur la réponse faite au mémoire de Panin, mais qu'il n'était que tout- à -fait certain que le chancelier Bestushew redoublerait toute sorte de chicanes et d'agaceries contre la Suède, pour la mettre, pour ainsi dire, au pied du mur, afin de l'engager, s'il est possible, à commencer, elle, la première le branle. Quoiqu'il se puisse que tout ce que l'on fait d'arrangements militaires, n'aboutisse qu'à des démonstrations pour intimider la Suède, cependant la façon dont on commence à s'y prendre cette fois-ci, ne laisse pas de donner des soupçons comme si les affaires pourraient devenir sérieuses. C'est pourquoi je vous recommande extrêmement d'avoir une attention particuHère à ce qui se fait en Hongrie, et si la cour fait des arrangements qui dénotent qu'elle voudra envoyer de la Hongrie quelque corps de troupes auxiliaires à la Russie. Je veux bien supposer que la cour de Vienne regarde de mauvais œil les démarches violentes et les agaceries du chancelier de Russie contre la. Suède, mais je soupçonne en même temps qu'elle a déjà aigri à un certain point ledit Chancelier contre la Suède, qu'elle ne sait à présent plus comment le ramener et qu'elle se voit presque hors d'état de le tenir en bride. ^ ,

Nach dem Concept.

Potsdam, 31 mars 1750.

J'ai bien reçu votre dépêche du 20 de ce mois. Puisque la proposition que vous avez faite par mon ordre au marquis de Puyzieulx, pour que quelque ministre de France à une cour étrangère soit chargé de faire ministérialement à un ministre de Russie qui y réside une déclaration dans le même sens que je la fais faire à Pétersbourg,* n'a pas été goûtée, vous n'en parlerez plus et laisserez tomber cette affaire.

Quant aux nouvelles de Vienne et de Londres, je me réfère à ce que mes ministres du département des affaires [étrangères] vous en marqueront; j'ajoute seulement que mes dernières lettres de Londres

1 Vergl. s. 338. — 2 Vergl. S. 273. 277.

m'ont appris que les ministres anglais avaient insinué à l'ambassadeur de France qu'il pourrait se dispenser du voyage d'Hanovre, sous prétexte de l'étiquette, mais qu'on savait d'ailleurs que le roi d'Angleterre n'avait pas envie qu'il y soit; qu'en attendant l'Ambassadeur en avait écrit à sa cour, pour avoir des ordres là -dessus. Quoique je ne me mêle point de ce qui regarde les affaires de la France qui lui sont propres, néanmoins je regarderais comme un des services les plus essentiels que vous sauriez me rendre, si vous pouvez vous prendre adroitement pour insinuer au marquis de Puyzieulx de quelle, nécessité il serait que l'ambassadeur de France ne quittât point le roi d'Angleterre pendant le séjour qu'il ferait à Hanovre, dans un temps de crise tel que celui-ci. Vous conviendrez vous-même que j'ai bien des raisons pour souhaiter qu'un ministre de France fût du voyage d'Hanovre, puisqu'il n'est que trop connu que c'est toujours là où les projets les plus pernicieux sont mis sur le tapis et où l'on forme le plus de cabales et d'intrigues;* et quoique mon ministre à Londres sera du voyage d'Hanovre, néanmoins, seul et isolé qu'il y serait, il s'en faudra beaucoup qu'il sache rendre là d'aussi bonnes services que s'il était appuyé par un ministre de France; pour ne pas dire qu'il courrait les mêmes risques qu'il a fait autrefois, savoir qu'on lui imputerait qu'il avait outré ses rapports et mandé de fausses nouvelles, ce qui ne saurait pas se faire, si tout se passât sous les yeux de l'ambassadeur de France.

Je vous [dis] tout ceci pour votre direction et me remets, au reste, sur votre dextérité pour faire vos insinuations là -dessus de la manière la plus convenable.

Au reste, mes nouvelles de Russie sont que la cour de Pétersbourg

voudra s'expliquer à la réponse de la Suède donnée au sieur Panin, que

cependant il n'était que trop certain que le chancelier Bestushew

redoublerait ses agaceries et chicanes contre la Suède au point qu'il la

mettrait au pied du mur pour l'engager, s'il y avait moyen, à commencer,

elle, la première le branle : enfin, que le ministère de Suède aurait besoin

de toute la fermeté et de toute la modération possible, pour éviter que,

par les indignités du chancelier Bestushew, les choses ne soient portées

à quelque extrémité. ^ ,

^ ^ Fedenc.

Nach demi Concept

GR^FFEN A LONDRES.

Potsdam, 31 mars 1750, Tout ce que vous me marquez par vos rapports du 17 et du 20 de ce mois, par rapport aux différentes façons de s'expliquer des ministres anglais sur les affaires du Nord, fortifie mes soupçons

1 Vergl. Bd. VI, 562.

contre leur sincérité, et je soupçonne d'autant plus le double cabinet^ par les insinuations qu'on a faites à l'ambassadeur de France qu'il pourrait bien se dispenser du voyage d'Hanovre. J'espère cependant que la cour de Versailles ne donnera point dans des panneaux aussi grossiers et palpables que ceux-là. Je dois vous communiquer à cette occasion mes nouvelles de Russie de la plus fraîche date, en conséquence desquelles la cour de Russie répliquera encore à la dernière réponse qu'elle a reçue de la Suède, mais que cependant il n'était que trop certain que le chancelier Bestushew redoublerait ses agaceries et chicanes contre la Suède, de façon qu'il voudra la mettre, pour ainsi dire, au pied du mur, afin de l'engager, s'il y a moyen, à commencer, ellemême, la première le branle. ^ ,

■KT X, A f> . Federic.

Nach dem Concept.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Berlin, 31 mars 1750.

Le sieur de Goltz m'ayant fait rapport, en date du 14 de ce mois, d'un entretien que vous avez eu avec notre ami, je vous autorise par la présente dépêche — afin de tranquilliser notre dit ami sur son appréhension relativement aux papiers que vous avez entre vos mains et où il peut y être fait quelque mention de lui — de brûler sans exception tous ces dits papiers, dont d'ailleurs les minutes ou les expéditions se trouvent et sont gardées ici dans les archives secrètes.

Les circonstances que le sieur de Goltz me mande dans son susmentionné rapport au sujet de cet ami, ne me permettent presque plus de le regarder autrement que comme flambé et perdu auprès de sa souveraine et de me persuader que toute la différence dont il s'agit encore actuellement, est peut-être de quatre semaines plus tôt ou plus tard que son désastre éclatera.

J'en suis en effet mortifié, cependant n'y va-t-il point de ma faute, n'ayant laissé passer aucune occasion de l'en avertir; mais le proverbe: » Aide-toi, et Dieu t* aidera « , semble rencontrer juste et cadrer à son égard.

Au reste, quant à vous, je ne saurais assez vous recommander

d'être extrêmement attentif sur tous les arrangements qu'on prend là

où vous êtes pendant ce temps de crise. Vous ne vous épargnerez

aucune peine au monde pour pénétrer et me marquer en conséquence

si ces arrangements, qui d'ailleurs paraissent être assez sérieux, ne sont

cependant réellement que de pures démonstrations, ou bien si la Russie

en viendra à une rupture ouverte, et ce qu'en ce cas il pourrait y avoir

à craindre de la part de la Russie. „ ,

«, , . ^ Federic.

Nach dem Concept.

1 Vergl. S. 288. 307.

Pot s dam, 3. April 1750.

Se. Kônigl. Majestàt haben auf einliegenden Bericht* von Evv. Excellenz zur mtindlichen allergnàdigsten Resolution ertheilet und mir zu melden befohlen, wie Hôchstdieselbe ganz wohl zufrieden wàren, dass Ew. Excellenz wegen des casselschen Hofes an den von Asseburg daselbst mit adressiren, wegen des Hofes von Gotha aber Sich mit dem Herrn Grafen von Gotter concertiren môchten, welchen letzteren Hôchstdieselbe bei seiner Riickreise durch Potsdam auch Selbst deshalb noch sprechen wiirden.

Im Uebrigen haben des Kônigs Majestàt mir befohlen, an Ew.

Excellenz, jedoch nur vorlàufig und im Vertrauen, von Hôchstderoselben

wegen eine Idée zu melden , so Ihro wegen des benôthigten Falls nach

Schweden zu gebenden Auxiliàrcorps gekommen wàre und welche darin

bestànde, dass, weil doch der franzôsische Hof den Bruder des

schwedischen Minister zu Paris, Baron von Scheffer, nach Schweden

geschicket habe, um mit dasigem Sénat ein Concert zwischen Schweden

und Sr. Kônigl. Majestàt zu arrangiren, Sie bei Ankunft dièses Baron

von Scheffer zu Berlin die Proposition thun woUten, dass, weilen doch,

wann Se. Kônigl. Majestàt bei entstehender Ruptur mit Russland der

Kron Schweden das alliancemàssige Contingent von 9000 Mann geben

wiirden, nicht zu zweifeln wàre, dass des Kônigs Majestàt von Russland

en haine dièses Succurses insultiret und attaquiret werden wiirden, da

denn die Kron Schweden sich nicht wiirde entziehen kônnen, Sr.

KônigL Majestàt ein gleichmàssiges Auxiliàrcontingent zu geben, mithin

letzteres nur hin- und zuriickgehen miisste — also Hochdieselbe vor-

schlagen und zu conveniren suchen wiirden, dass Sie gedachter Kron

ein Corps Infanterie von 6000 Mann iiberhaupt gàben, welches be-

stàndig dorten bleiben kônnte, da indess Se. Kônigl. Majestàt Sich mit

Dero eigenen Truppen defendiren wiirden. Gedachte 6000 Mann ver-

meinten Se. Kônigl. Majestàt von einigen teutschen Hôfen gegen

Subsides zu negociiren, dièse aber von denen Subsidien zu bezahlen,

welche die Kron Frankreich sich verlauten lassen, an Se. Kônigl.

Majestàt zu Uebernehmung eines Coips Truppen in Teutschland geben

zu woUen und wovon der Baron Chambrier schon etwas in seinen Be-

richten beriihret habe. '^ ^ . , ,

xT ,. j A * • Eichel.

Nach der Austertigung.

DE VOSS A DRESDE

Potsdam, 3 avril 1750.

Je n'ai pour cette fois-ci rien vous dire en réponse à votre rapport du 28 de mars dernier, si ce n'est que je me réserve de vous parler

X Bericht , d. d. Berlin 2. April, auf das Cabinetsschreiben vom 31. Mârz, Nr. 4215 S. 3Ï5. — 2 Vergl. S. 327.

et de vous instruire ultérieurement de mes intentions sur les affaires de Pologne alors que vous serez arrivé ici à Potsdam. Federic

J'accuse votre dépêche du 31 du mois dernier, qui m'est revenue encore. Je remets à vous parler sur les affaires de Pologne à votre arrivée ici. Pour ce qui concerne le concert que la cour, de Dresde témoigne vouloir prendre avec moi relativement aux affaires de TEmpire, je regarde cela comme des contes en l'air, sachant trop ce que j'en dois croire.

Nach dem Concept.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 3 avril 1750.

Votre dépêche du 17 de mars dernier m'est bien parvenue, et je ne saurais m' empêcher de vous communiquer les étranges nouvelles qui me sont entrées tout récemment de Courlande, savoir que les Russes commençaient à se bâtir une nouvelle église à Mitau, et qu'on y disait pour sûr que le chancelier Bestushew viendrait en personne de Pétersbourg à Mitau, ce printemps-ci, pour y voir tout par lui-même ; qu'outre cela les Russes prétendaient vouloir fortifier cet endroit, et que tous les juifs seraient expulsés du pays de Courlande et obligés à le quitter dans l'espace de huit jours, et que c'était là un objet auquel la régence de Courlande donnait actuellement toute son attention pour le mettre en exécution. Quoique je doute encore de l'authenticité de ces avis, j'ai cependant voulu vous avertir, afin que vous puissiez vous orienter làdessus exactement , au possible , là où vous êtes, pour savoir ce qu'il y a de vrai à ce sujet, ou du moins ce qui peut avoir fourni occasion à en parler sur ce pied.

Je veux d'ailleurs ne point vous cacher que je ne suis point entièrement sans embarras sur les véritables vues que la cour de Russie peut s'être proposées proprement par ces démonstrations qu'elle a résolu de faire encore, puîsqu'en cas que ce ne dussent être que de simples ostentations, ce serait les pousser aussi sérieusement et aussi loin qu'on se le saurait imaginer. Vous tâcherez donc de me tirer de cet embarras ; mais je vous recommande fort de ne pas vous laisser endormir pendant ces moments si critiques par certaines réflexions vagues sur la façon de penser pacifique de l'impératrice de Russie et de la nation , de voir plutôt par vos propres yeux, d'être extrêmement attentif, et de mettre en œuvre tout votre savoir-faire pour vous informer sous main, sans cependant que vous paraissiez inquiet extérieurement, du vrai fond des affaires, desquelles vous me ferez ensuite des rapports solides sur lesquels je puisse tabler et me reposer entièrement. Federic

Nach dem Concept.

Corresp. Friedr. II. VII. 21

Pots dam, 3 avril 1750.

J'accuse la dépêche que vous m'avez faite à la date du 23 du mois dernier passé. Mes lettres de Copenhague me confirment ce que le marquis de Puyzieulx vous a dit relativement aux bons sentiments du Danemark pour la Suède, et les réflexions que ledit ministre vous a ajoutées sur ce sujet, sont des plus justes et des mieux pensées.

Ce que vous me marquez par rapport à la mission du lieutenant colonel de La Touche,' m'a été confirmé par le marquis de Valory. C'est une résolution aussi sage que nécessaire que la cour de France a prise à ce sujet, car depuis bien du temps j'ai fait remarquer en toutes occasions au gouvernement de Suède comme quoi il me paraissait qu'il ne prenait pas assez de précautions pour ne pas être exposé à quelque échec dans la Finlande, quand l'envie prendrait à la Russie de l'y assaillir, et que surtout ses forces en troupes n'y étaient point suffisantes pour faire tête à celles de Russie en cas d'une insulte.

J'attends de voir ici chez moi aux premiers jours* le comte Tyrconnell; jusqu'au moment présent, il s'est tenu fort réservé et boutonné, apparemment parcequ'il n'est pas encore dans l'activité de sa fonction ici; mais autant qu'on peut pénétrer de la façon de penser d'un nouveau arrivé chez nous, il me paraît être de bonne volonté, et qu'il ne nuira pas à la bonne harmonie entre la France et moi.

Les dernières, nouvelles que j'ai eues de Pétersbourg par rapport

aux desseins pernicieux du premier ministre de cette cour vis-à-vis de

la Suède, ont été assez croustilleuses et confirment que le chanceKer

Bestushew pense de faire autant d'agaceries à celle-là afin de l'obliger

à commencer elle-même le branlé, de façon qu'avec toute la mauvaise

volonté de celui-ci, il ne cherche qu'à endosser le nom d'agresseur à

la Suède. ^ .

F e de ne.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 4 avril 1750.

Quelque fortes que soient les assurances du sieur de Bartenstein relativement aux sentiments pacifiques de sa cour, en conséquence de votre rapport du 25 du mois dernier passé, je ne m'y fierai qu'à d'autres enseignes. Il est vrai qu'autant que je le comprends, le droit du jeu de cette cour n'est point dans le moment présent de tenter quelque entreprise, et qu'elle a peut-être du regret de ce qu'elle

X Der Zweck einer Sendung des Oberstlieutenant de La Touche nach Finnland war, sich von dem wahren Zustand der schwedischen Kriegsvorbereitungen daselbst zu iiberzeugen. — 2 Vergl. S. 328 Ânm. 2.

n'est pas autant la maîtresse d'arrêter la fougue du chancelief de Russie, tout comme elle le voudrait; je veux même attribuer à un motif de prudence qu'elle veut hâter, autant que vous le marquez, la perfection des ouvrages de la fortification d'Olmiitz, pour se mettre dans une meilleure posture : mais , avec tout cela , je suis parfaitement de votre sentiment qu'on a tout lieu de soupçonner un dessous de cartes, sur lequel vous veillerez au possible et avec une attention sans

discontinuation. ^ ,

Potsdam, 6. April 1750.

Auf allergnàdigsten Befehl Sr. Kônigl. Majestat habe von Hôchst-

deroselben wegen an Ew. Excellenz sofort vermelden soUen, wie des

Kônigs Majestat, als Dieselbe heute aus der dechiffrirten letzteren

Relation des p. von KlinggràfFen zu Londen die gleich im Anfange

befindliche Passage gelesen, » qu'il ne manquerait pas d'insinuer à

l'ambassadeur de France, conformément aux ordres de Sa Majesté, que

ce que les cours de Londres et de Vienne débitaient« p. p., Sie dariiber

einigermaassen embarrassiret gewesen, da Sie dergleichen Insinuationes

denen franzôsischen Ministres thun zu lassen bekannter Ursachen halber ^

allemal vor bedenklich hielten und ohne die hôchste Nothwendigkeit

dazu nicht gerne resolvireten. Dahero Sie dann Deroselben allergnàdigste

Willensmeinung hierunter dahin declariren liessen, wie es zwar sehr gut

und nothwendig wâre, dass von dem Département aus denen von den

kôniglichen Ministres an auswârtigen Hôfen posttaglich einkommenden

Relationen réciproquement dasjenige, so einem und dem andem derer-

selben zur Direction dienen kônnte oder zu wissen nôthig wàre, auszugs-

weise communiciret wurde, auf dass selbige in der Connexion blieben

und von dem Zusammenhang der Afïairen in der Totalité informiret

wiirden: wenn aber denenselben committiret werden mtisste, gewisse

Insinuationes an andere, insonderheit an franzôsische Ministres, zu thun,

so môchten Ew. Excellenz auf solchen Fall jedesmal eine kurze Anfrage

an Se. Kônigl. Majestat aufsetzen und einsenden lassen, um Dero

Intention dariiber vorhero zu vernehmen, damit nicht etwas geschehe,

so Hôchstdieselbe nicht gerne sehen môchten. ^ . ,

Eichel.

Ich habe bei dieser Gelegenheit an Ew. Excellenz zu vermelden nicht ermangeln sollen, dass des Kônigs Majestat bei Lesung der Klinggràffschen Dépêche bei der Passage, dass der franzôsische Ambassadeur, wenn er mit nach Hannover ginge, von seinem Hofe eine

I Vergl. S. 94. 95. 181.

Ordre bekommen môchte, sich mit ihm ilber ailes zu communiciren, declariret haben, dass solches nicht angehe.

Nach der Aasfertigung.

Potsdam, 6 avril 1750.

Comme le sieur Warendorff à Pétersbourg vient de me marquer dans une des dépêches qu'il m'a faites immédiatement,* qu'il avait remarqué depuis peu de temps entre le ministre de Suède, le sieur de Greiffenheim, et le nommé Gurowski» certaines liaisons qui n'avaient pas laissé d'inspirer à lui, Warendorff, quelques soupçons ; qu'il connaissait ce Gurowski homme fin et d'ailleurs espion du comte Bestushew , et qu'il ne croyait pas M. de Greiffenheim assez sur ses gardes, pour éviter d'en être la dupe; qu'il pouvait cependant se tromper, mais que ces liaisons l'empêchaient au moins, malgré lui, de ne pas prendre au dernier toute la confiance qu'il voudrait bien sans cela lui témoigner, et que par cette raison -là il avait balancé jusqu'ici de lui faire part confidemment de la déclaration que je lui avais ordonné de faire au ministère de Russie ;3 que c'était au surplus avec beaucoup de peine qu'il se trouvait dans le cas de me marquer cette circonstance — mon intention est que vous deviez mûrement délibérer sur le moyen le plus convenable de tirer le sieur de Greiffenheim de ces " liaisons pernicieuses, et s'il convient de se servir pour cela du sieur de Rohd à Stockholm, ou si vous jugez qu'il vaille mieux d'en faire des insinuations confidentes à M. Wulfwenstjema ou de les faire faire par le marquis de Valory, uniquement dans la vue pour dégager M. de Greiffenheim de toute connexion avec un homme aussi dangereux et aventurier que ce Gurowski. Je laisse à vos soins de conduire tout cela adroitement et de la manière que vous trouverez la plus propre à mes vues.

Et sur ce, -je prie Dieu etc. ^ ,

Federic.

Nach der Ausfertigung.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 7 avril 1750.

J'ai reçu votre dépêche du 21 du mois passé de mars. Je ne saurais qu'approuver les précautions que vous avez prises envers le sieur de Greiffenheim, et je vous sais bon gré de l'avis que vous m'avez donné sur les raisons qui vous y ont mu, dont je ne laisserai pas de faire un bon usage, quoiqu'avec tout le ménagement possible pour sa personne.

X Petersburg 21. Mârz. Vergl. Nr. 4228. — a Vergl. S. 91. 186. — 3 Vergl. S. 2787"""''^^

Selon mes lettres de Copenhague, le comte Lynar, ministre de

Danemark, recevra bientôt des ordres de sa cour pour faire une

déclaration à celle de Pe'tersbourg dans le même sens de celle que vous

êtes chargé d'y faire; il n'est point à douter que le Chancelier sera

également très fâché de l'une et de l'autre, mais qu'elles ne laisseront

pas de lui causer des réflexions fort, sérieuses, pourvu que la tête ne

lui soit pas entièrement tournée. ^ ,

Nach dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Potsdam, 7 avril 1750.

J'ai reçu votre dépêche du 24 du mois dernier passé. Quoique vous connaissiez ma façon de penser sur les sincérations ordinaires des ministres anglais, il me paraît cependant que pour cette fois -ci vous poussez un peu trop loin vos doutes sur la sincérité des déclarations que ces ministres font vis-à-vis de la France relativement aux affaires du Nord.

Quand je considère le vrai état où les affaires de l'Europe se trouvent dans le moment présent, j'avoue que j'ai de la peine à m'imaginer que le ministère anglais, après toutes les déclarations vigoureuses et énergiques que la France a faites, voudrait continuer à aigrir et pousser la Russie pour commencer des troubles dans le Nord, vu que ce serait agir diamétralement contre les intérêts de l'Angleterre, et que même les intérêts particuliers d'Hanovre n'en sauraient tirer aucun avantage. Je crois même de comprendre fort bien l'embarras qu'on remarque au duc de Newcastle, aussi souvent qu'il s'explique sur les affaires de Russie, puisqu'au fond il est vrai qu'il s'en faut beaucoup que l'Angleterre soit la maîtresse de conduire la Russie tout comme elle veut, et qu'en conséquence le duc de Newcastle a raison de craindre que la Russie n'attire plus d'embarras à l'Angleterre qu'elle ne voudra avoir.

Voilà comme je me représente naturellement les affaires, estimant

de ne devoir pas chercher finesse là où il n'y en a peut-être point. Au

surplus, je suis presque persuadé que le voyage du roi d'Angleterre à

Hanovre regarde principalement l'élection d'un roi des Romains en

faveur de l'archiduc aîné d'Autriche, affaire où aussi il réussira, malgré

tout ce que la France et moi y pourrions opposer, dès qu'elle sera mise

sur le tapis. t- j •

^ Federic.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 7 avril 1750.

J'ai reçu à son temps les rapports que vous m'avez faits du 24 et du 27 du mois dernier passé. J'approuve que, sur les instances de ma sœur, la Princesse Royale, vous lui ayez communiqué la lecture des déclarations que je vais faire faire à la cour de Pétersbourg, et de celles qui ont été actuellement faites à Londres et à Vienne.

Je vous sais bon gré de l'avis que vous m'avez donné du départ du colonel baron de Scheffer ; j'attendrai le plan qu'il me portera, pour y aviser.^

Je suis bien aise que, selon les nouvelles qu'on a en Suède, tout est tranquille encore sur la frontière de Finlande; mes vœux sont que cela dure. En attendant, il est constant que la Suède doit s'attendre encore à force d'agaceries de la Russie, qui multipliera ses démonstrations en toutes façons cette année -ci, et c'est aussi pourquoi j'espère que la première prendra de bonnes précautions en Finlande, en sorte qu'on ait lieu d'être sûr qu'elle ne pourra nullement y être surprise.

t^hambrier berichtet, Paris 27. Marz :

„Le sieur Mareschal m'a fait dernièrement une visite, pour me dire qu'il avait ordre de l'Impératrice sa maîtresse de me seconder auprès de cette cour, autant que cela pouvait intéresser l'Impératrice, pour m' aider à obtenir de la France la garantie du traité de Dresde par celui d'Aix-la- Chapelle. 2 ... Je répondis au sieur Mareschal que l'affaire dont il venait de me parler m'était entièrement étrangère, Votre Majesté ne m' ayant jamais donné aucun ordre sur cela; que je lui avouais que je n'avais cru jusqu'à présent qu'il restât autre chose à faire à l'égard du traité de Dresde, que la garantie de l'Empire que l'Impératrice a promis par ledit traité de procurer à Votre Majesté. Le sieur Mareschal répondit qu'il était naturel que l'Impératrice commençât par pourvoir à sa sûreté par la garantie du traité de Dresde par les puissances qui ont signé le traité d'Aix-la-Chapelle, puisqu'il y était dit que tous les contractants audit traité se garantiraient leurs États récipro-

Potsdam, 7 avril 1750.

J'ai trouvé assez extraordinaire le propos que le sieur Mareschal, ministre de la Reine - Impératrice, vous a tenu, en conséquence du rapport que vous m'en avez fait par votre dépêche à la date du 2 7 du mois dernier de mars ; mais j'ai en même temps parfaitement applaudi à la réponse que vous lui avez faite, que j'ai trouvé aussi conforme à mes intentions qu'on ne la saurait jamais faire mieux.

Les particularités que vous m'avez marquées par le post-scriptum de votre dépêche, me font apercevoir que je ne me suis pas tout-à-fait trompé, quand je me suis douté que la France n'avait plus cette répugnance pour une nouvelle guerre qu'elle l'avait autrefois; ce-

I Vergl. S. 299. 311. 320. — 2 Vergl. S. 302.

qiiement^ et que d'ailleurs ce n'était pas la faute de l'Impératrice, si elle n'avait pas pu obtenir jusqu'à présent la garantie de l'Empire pour la Silésie entre les mains de Votre Majesté."

pendant le comte Tyrconnell continue jusqu'ici à se tenir clos et boutonné, ainsi qu'il faut que je le voie venir encore, pour juger de ce que ses instructions portent.

Mais telles qu'elles seront, je veux bien que vous sachiez de ma part, quoique dans la dernière confidence et sous le sceau du secret le plus absolu, dont il faut même que vous ne touchiez rien dans les doubles de vos dépêches que vous adressez à mes ministres du département des affaires étrangères, que je resterai invariablement dans les alliances défensives où je suis, et que, le cas en existant, je remplirai au possible les engagements que j'y ai pris, mais que je n'entrerai point dans des liaisons offensives. En attendant, sur l'avis que vous m'avez donné en dernier lieu que M. de Tyrconnell me proposerait que, si je voulais prendre 20,000 Allemands en mon service, la France me les payerait, je fais actuellement des tentatives auprès de quelques princes d'Allemagne pour sonder si je puis avoir d'eux des troupes pour des subsides, quand le cas le demandera, que je payerai de ceux que la France me donnera.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 7 avril 1750.

Votre dépêche du 28 du mois dernier m'a été bien rendue. On n'a plus lieu d'animer le ministère de France d'agir avec vigueur relativement aux affaires du Nord, et je veux bien vous dire confidemment et pour votre direction seule que la France y va à présent avec plus de vivacité, et sans se laisser amuser par les sincérations vraies ou feintes des cours de Vienne et de Londres, que je le voudrais quelquefois moi-même. Je crois pouvoir juger par là que le crédit du sieur Blondel n'est pas trop fort à sa cour, et qu'on n'a guère de confiance en lui.

Ce qui fait à présent l'objet le plus principal de ma curiosité, c'est d'avoir des nouvelles sûres de ce qui se passe à Constantinople, et de la façon dont la Porte Ottomane se décidera au sujet des affaires du Nord. Et comme c'est toujours de vous que j'ai été le mieux informé à cet égard, j'attends d'en avoir vos nouvelles.

Celles qui me viennent de Pétersbourg, continuent à me confirmer que la cour de Russie pense à mettre bientôt ses troupes en mouvement et qu'elle ajoutera à cette sorte d'ostentations bien d'autres, quoique des gens sensés soient toujoiirs de l'opinion que toutes ces démonstrations ne seront suivies d'aucune réalité.

Je serai bien aise de voir ici le colonel de Schcenaich, et comme selon votre rapport c'est un officier de réputation, il sera toujours bon de l'engager, ne fût-ce que pour enlever aux Autrichiens un bon sujet.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

X odewils berichtet, Berlin 7. April, auf das Cabinetsschreiben vom 6. April :> , Je crois que le meilleur serait d'en parler confidemment au sieur de Wulfwenstjema, afin qu'il en avertisse sa cour et le sieur de Greiffenheim ; mais, pour ne point commettre le sieur Warendorff dans tout ceci, il me semble qu'on pourrait insinuer à Wulfwenstjerna que Votre Majesté avait appris par un bon canal de Dresde que le sieur Gurowski se vantait de gouverner entièrement le sieur de Greiffenheim et de posséder sa confiance sans réserve, en ajoutant qu'on avait découvert encore à Dresde que le chancelier comte de Bestushew se servait de cet homme-là comme d'un espion."

Mùndliche Resolution. Nach AufzeichauDg d«s Cabinetssecretars.

Potsdam, 8. April 1750.

Recht sehr gut, er kann es nur so machen.

Potsdam, 10 avril 1750.

Mon très cher frère. J'ai reçu votre lettre avec bien du plaisir. Les sentiments de votre amitié me sont chers et précieux; je vous assure, mon cher frère, que j'y répondrai de mon côté bien sincèrement. Nous avons eu ici* milord Tyrconnell, qui paraît fort aimable, mais dont l'âme n'est pas aussi heureuse que celle de Valory; il conserve un fonds de tristesse que je regarde comme un reste de sang anglais qui ne s'égayera que dans la seconde génération.

Nous exerçons ici vivement, et je compte que la semaine prochaine nous sortirons devant la porte de la ville, pour commencer petit à petit à manœuvrer ensemble.

Je vous embrasse, mon cher frère, en vous assuraiit de la tendresse parfaite avec laquelle je suis votre très fidèle frère et serviteur

Nach der Ausfertigung. Eigenhândig. F e d e r i C

1 Nr. 4227. — a 4. — 7. April.

Potsdam, ii avril 1750.

Votre rapport du 16 de mars dernier m'est bien parvenu. Quoique je ne disconvienne pas que la négociation dont vous êtes chargé à la cour de Madrid, puisse rencontrer ses difficultés, il ne m'est cependant point douteux que, pourvu que vous ayez une fois rencontré vos canaux et que votre négociation ait pris racine, elle ne prenne pour lors un pli qui lui soit plus favorable. En attendant, je ne juge pas qu'il soit convenable encore que vous preniez caractère public, avant que vous ne soyez en état de juger du succès de votre commission, et il ne saurait point nuire que vous donniez intelligiblement à entendre ali ministre espagnol Carvajal que vous n'étiez point à même de prendre caractère public, avant que vous ne sachiez quelle serait l'issue de votre commission, puisqu'il me serait trop sensible si, après avoir envoyé en Espagne un ministre caractérisé pour y traiter de ma part sur une prétention légitime et fondée, je me voyais nonobstant de cela en butte d'y être refusé, de sorte que, si vous deviez prendre caractère, il fallait auparavant que vous fussiez assuré du succès de votre commission.

Nach dem Concept. ^ Federic

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 11 avril 1750.

J'ai reçu le rapport que vous m'avez fait du 24 du mois dernier. Comme je n'ai rien de plus intéressant à présent que de savoir précisément le parti que la cour où vous êtes prendra, à la fin, relativement à la Suède, vous devez tâcher au possible d'approfondir exactement si ladite cour voudra venir à des extrémités contre la Suède, ou si l'apparence est qu'elle se bornera à des ostentations et qu'elle ne fera qu'agacer

la Suède. ^ ^

^T . . ^ Federic.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 11 avril 1750.

Je VOUS sais bon gré des nouvelles que vous m'avez communiquées, concernant les affaires de Turquie. Ce qui inquiète là-dessus, c'est que, dans l'habitude où on y est de changer à tout moment de ministres et de culbuter tour à tour l'un après l'autre, on ne saura jamais faire fond sur ces gens -là ni faire fond sur leurs déclarations.

Pour ce qui regarde les affaires du Nord, je suis dans la ferme persuasion que, si les choses se passent encore cette année-ci tranquille-

ment et sans quelque rupture ouverte, comme il y a de l'apparence

encore, alors tous les desseins pernicieux du chancelier de Russie et

sa mauvaise volonté s'en iront en fumée. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept*

A STOCKHOLM

Potsdam, ii avril 1750,

J'ai reçu votre rapport du 31 du mois passé de mars. Bien qu'il

serait très fâcheux, si malheureusement le roi de Suède venait à mourir

dans le moment présent, où les affaires sont dans la fermentation la

plus forte, il n'est pas moins vrai qu'à quelque temps qu'il meure, sa

mort nous arrivera toujours mal- à -propos, puisqu'elle causera toujours

quelque embarras. ^ .

Federic.

Nach dem Concept.

Fols dam, 11 avril 1750.

Je crois que le marquis de Puyzieulx a rencontré fort juste dans tout ce qu'il vous a dit, selon votre rapport du 30 du mois dernier; mais quant à la nouvelle d'une jalousie et d'un mécontentement qui doit être intervenu entre le Prince-Successeur et le comte Tessin, j'ai de la peine à y ajouter croyance, n'ayant pas eu jusqu'ici la moindre nouvelle qui me saurait faire soupçonner seulement qu'il y ait eu quelque refroidissement entre le ministre et le Prince susdit; tout au contraire , tout ce qui m'en est revenu , m'a dénoté un^ parfait concert entre eux. Posé aussi le cas qu'il y avait eu quelque refroidissement de la part du Prince vis-à-vis du comte Tessin, il faudrait que cela soit arrivé à l'occasion de la renonciation de la succession éventuelle sur le Holstein que le Prince-Successeur a été obligé de faire en faveur du traité avec le Danemark, ce qui a coûté à celui-ci, avant que d'avoir pu s'y déterminer. Mais pour dire le vrai, je n'ai jamais appris que le Prince ait mis là-dessus quelque chose à la charge du ministre.

Au surplus, vous devez faire bien des compliments flatteurs à

M. de Puyzieulx de ce qu'il pense et agit avec tant de fermeté à

l'égard des affaires du Nord, en ajoutant qu'il aura l'honneur par là

d'avoir conservé la paix et la tranquilUté dans ces contrées,* tout comme

je présume qu'elle sera conservée encore.

Federic.

Nach dem Concept.

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, ii avril 1 750.

J'ai reçu votre rapport du 4 de ce mois, et vous avez très bien

fait de vous remettre simplement aux lumières du ministre de France,

quand il croira le moment convenable pour faire des ouvertures à la

cour de Danemark, concernant l'alliance à faire avec moi. J'approuve

d'ailleurs la façon dont vous vous êtes expliqué, vis-à-vis de ce ministre,

de ce que la cour mentionnée ne m'a pas réciproquement communiqué

les déclarations dont ses ministres aux cours étrangères sont chargés

relativement aux différends entre la Suède et la Russie; aussi avez-vous

bien fait de laisser là cette affaire, qui n'est proprement qu'une bagatelle

et qui ne vaut pas d'être relevée. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

A BERLIN

[Potsdam], ii avril 1750.

Monsieur le Marquis de Valory. Un avis secret m' étant parvenu

sur une découverte que la cour de Russie prétendait avoir faite qu'il y

avait une nouvelle convention de réglée entre la France et moi, en

conséquence de laquelle votre cour s'était engagée de me fournir, en

cas de rupture dans le Nord, 20,000 hommes de ses troupes assemblées

en Lorraine, tout comme je m'étais engagé de faire marcher alors mon

contingent au secours de la Suède, dès que vos troupes auraient passé

le Rhin — j'ai bien voulu me donner la satisfaction de vous en donner

part, quoique sous le sceau d'un secret absolu, et que vous n'en parliez

à personne, puisqu'il m'importe qu'on ne s'aperçoive pas de ce que j'en

suis informé. Quoique vous connaissiez la futilité de cette prétendue

découverte, je sais cependant que les deux cours impériales en sont

extrêmement intriguées et qu'elles voudraient bien voir clair là -dessus,

parcequ' elles craignent qu'un pareil concert, pris entre la France et moi,

ne dérange considérablement les mesures déjà concertées entre elles au

cas de guerre dans le Nord. Rien ne me paraît ainsi plus naturel et

plus convenable pour nous que de les laisser dans cette erreur, par un

silence affecté, si elles venaient à vouloir s'en éclaircir directement ou

indirectement. Au moins. Monsieur, vous demandé-je avec instance de

vouloir bien me garder un secret religieux sur la confidence que je vous

fais à ce sujet. Et sur ce, je prie Dieu etc. ^ , .

Federic.

Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswârtigen Ministeriums zu Paris.

4242. RÉPONSE DU ROI AU MÉMOIRE QJE LE SIEUR DE WULFWENSTJERNA, MINISTRE DE LA SUÈDE, ET LE COLONEL BARON DE SCHEFFER LUI ONT PRÉSENTÉ DE LA PART

DE LA SUÈDE, i

Potsdam, 12 avril 1750.

Nous sommes sensibles autant que l'on peut Têtre aux marques d'amitié et de confiance que Sa Majesté le roi de Suède nous témoigne dans toutes les occasions, et principalement dans celle-ci, où il s* agit d'un point si important pour la sûreté de son royaume et pour le maintien de la balance du Nord.

Si nous croyons avoir mérité en quelque manière cette confiance, par l'empressement que nous avons eu dans toutes les occasions de concourir aux mesures que Sa Majesté Suédoise a jugées les plus convenables à ce but, nous espérons de nous en rendre encore plus dignes par la sincérité et la cordialité de nos procédés.

Nous réitérons, comme nous l'avons fait souvent, les assurances de remplir religieusement la teneur de nos traités, en fournissant à la Suède le secours que nous lui devons au cas qu'elle soit attaquée; mais nous sommes en même temps de l'opinion que ni nous ni la Suède ne pouvons prendre jusqu'à présent d'autres mesures que celle d*une bonne défensive.

Ce qu'on avance ici, est si vrai que ceux qui connaissent la Finlande, conviendront des difficultés insurmontables qui se troaveraient de forcer Wibourg, place d'autant plus importante que, sans s'en être rendu maître, les opérations des Suédois ne se réduiraient à rien.

A l'égard de la Prusse, il se trouve des difficultés plus fortes encore qui empêchent l'offensive en Livonie, savoir la nature sèche du pays qu'il faut traverser, sans que le cours d'aucune rivière ne favorise le transport des subsistances, sans que les bêtes de charge et de somme dont on aurait besoin pour conduire ses vivres, puissent y trouver du pâturage suffisant; la nature des diversions que les Russes seraient en état de faire au moyen de leurs Tartares par la Pologne, qui empêcheraient toutes les subsistances des derrières de suivre l'armée.

Le seul moyen qui pourrait rendre cette entreprise possible, ce serait d'avoir suffisamment de vaisseaux pour transporter les vivres en rangeant les côtes; mais ce moyen exige lui-même pour préalable que la flotte suédoise se procure une entière supériorité sur celle des Russes.^ Selon notre sentiment, ce n'est que par mer que l'on peut parvenir à porter des coups dangereux à cette puissance, et les opérations des armées de terre ne peuvent se régler solidement qu'après le succès qu'auront eu celles de mer.

Après avoir examiné les moyens qu'ont les alliés de rendre offensive une guerre qui de sa nature est défensive, il n'est pas hors de

X Vergl. S. 326. — 2 Das eigenhandige Concept des Kônigs zu dieser Denkschrift hat: Moscovites.

propos de faire quelques réflexions sur la position où se trouvent respectivement tous les alliés.

Les Suédois n'ont que 24,000 Russes^ sur les frontières de la Finlande, et, s'ils portent le corps de troupes que commande le sénateur Rosen= à un nombre égal, il paraît qu'ils pourront se défendre avantageusement. Ils peuvent, de plus, par le moyen de leurs vaisseaux et galères, empêcher les Russes ^ de faire quelque débarquement à leur dos, de sorte que, s'ils ne font pas des fautes capitales et contraires aux règles de l'art militaire, il n'est point à craindre qu'ils essuient des revers.

Nous nous trouvons dans une situation plus embarrassante. Nous avons 40,000 Russes sur les frontières de la Prusse qui, dès que nous aurons fourni à la Suède les secours stipulés, nous attaqueront, selon que nous le savons avec sûreté. La Reine-Impératrice* rassemblera en même temps une armée de 60,000 hommes, à laquelle 20,000 Hongrois se joindront, afin de nous entamer du côté de la Silésie. Les Saxons, de plus, alliés ou, pour mieux dire, esclaves des Russes, seront obligés de se mettre de la partie, de sorte que nos forces seront occupées de tous les côtés, et que, bien loin de pouvoir nous engager dans de trop vastes projets, nous aurons bien de la peine à nous soutenir nous-mêmes contre des puissances aussi formidables qui nous attaquent; et nous en imposerions à la Suède et à nos alliés, si nous avancions des choses sur lesquelles ils ne pourraient réellement pas compter.

Quant à la France ,5 l'on pourrait désirer qu'elle fît la conquête de la Flandre, ce qui obligerait F Impératrice-Reine d'envoyer des troupes pour la défense des ses États, effort que les Puissances maritimes exigeraient d'elle à tout prix. En supposant que les choses tournassent au plus mal en Suède, la France aurait un moyen assuré en mains pour rétablir les choses en Suède comme elles devraient être.

Après ces idées, que nous hasardons simplement, il paraît que ce que nous devrions tâcher d'effectuer avec le plus d'empressement, serait de tirer des secours du Danemark, qui, par le moyen de ses vaisseaux, pourrait nous procurer la supériorité sur mer et, par conséquent, sur terre; ce serait de nous assurer de l'assistance de la Porte, qui, par le moyen d'une diversion, nous donnerait le moyen de respirer; ce serait, de plus, d'entretenir la France dans les dispositions favorables dont elle nous a donné des marques si efficaces, nous en remettant toutefois à elle de la manière dont elle jugera à propos de soutenir ses alliés, dont les intérêts — du moins ceux de la Prusse et de la Suède — paraissent inséparables de ceux de cette monarchie.

La réflexion que nous faisons sur le corps d'auxiliaires de 9,000

I Im Concept: Moscovites. — 2 Vergl. S. 66. — 3 Im Concept: Moscovites. — 4 Im Concept: La reine de Hongrie. — 5 Statt des folgenden Absatzes stehen in dem eigenhàndigen Concept des Kônigs nur die Worte: „NB. Article de la France, lettre à Valory (vergl. Nr. 4244). La conquête de la Flandre."

hommes' que nous sommes obligés de fournir à la Suède en conformité de notre traité, mais que la Suède serait obligée de nous renvoyer, dès que nous en aurions besoin pour notre propre défense, nous à fait venir ridée» s'il ne valait pas mieux que nous donnions, une fois pour toutes, un corps de troupes auxiliaires à la Suède de 6,000, qu'elle garderait pendant tout le cours de la guerre, et que nous nous servions alors de ce que jious avons de troupes pour notre défense.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei. Das Concept ,, Réponse à la Suède" eigenhândis.

Potsdam, 13 avril 1750.

Je VOUS adresse ci-clos la réponse que je viens de faire au marquis de Valory à la lettre que vous m'avez envoyée de sa part, et vous en communique la copie, afin que vous puissiez vous expliquer en conformité envers le baron de Scheffer, quand il vous parlera sur ce qui fait le sujet de son voyage, pendant que vous observerez partout ailleurs un secret impénétrable sur cette affaire. Et sur ce, je prie

Dieu etc. . ,

Federic.

Nach der Ausfertigung.

A BERLIN

Potsdam, 13 avril 1750.

Monsieur le Marquis de Valory. La proposition que vous me faites par votre lettre du 11 de ce mois, est la même que vous m'avez faite déjà deux ou trois fois. Vous savez que je vous ai répondu alors que de notre côté nous serions exacts à remplir tous les engagements que nous avons avec la Suède; mais comme nous sommes d'ailleurs très sûrs d'être attaqués par la Russie, aussitôt que nous donnerons nos auxiliaires à la Suède, le projet de notre concert ne se réduira qu'à défendre chacun de son côté ses provinces et ses États.

Si l'on pouvait arranger les choses selon son bon plaisir, le préalable de la guerre qu'on aurait à soutenir contre la Russie, serait d'avoir une flotte supérieure à celle de cette puissance, par le moyen de laquelle la Suède pût aussi se procurer une supériorité sur ses ennemis. Vous savez d'ailleurs toutes les raisons que je vous ai déduites, qui me mettent hors d'état de rien entreprendre contre cette puissance, tant que nous ne pouvons avoir une supériorité sur mer. Il n'est pas inutile de vous faire faire encore une réflexion par rapport à la position

* Der Schluss lautet in dem eigenhândigen Concepte: „NB. La proposition de changer les auxiliaires de 9 à 6,000 hommes." — 2 Vergl. S. 320.

où je me trouve actuellement à l'égard de la Russie et de ses alliés. La Suède ne sera attaquée vraisemblablement que par la Russie, supposé que le chancelier Bestushew pousse les choses jusqu'à l'extrémité. . Les Russes n'ont que 20 à 24,000 hommes sur les frontières de la Finlande; mais ces mêmes Russes ont une armée de 40,000 hommes dans la Livonie, et l'Impératrice -Reine peut assembler sans peine 50 à 60,000 sur les frontières de la Silésie. Je sais d'ailleurs à quoi je puis m'attendre de la Saxe en pareille conjoncture, et quoique cet État soit dans un délabrement prodigieux, ils ne laisseront pas de pouvoir mettre un corps formidable de troupes sur le pied, moyennant des subsides, de sorte que je suis menacé des plus grands dangers dans cette guerre, et que tout ce que je puis faire de mes forces, sera de me défendre contre tant d'ennemis puissants.

Si j'avais à dresser un projet de concert, je regarderais comme le point le plus important d'être bien assuré des bonnes intentions de la Porte et de la diversion qu'en cas de guerre elle voulût faire à la Russie. Et quant au roi de France, on ne saurait lui prescrire jusqu'à quel point il voudrait prendre part aux affaires du Nord; mais si je désirais là -dessus quelque chose en mon particulier, ce serait qu'il s'emparât de la Flandre, opération d'autant plus facile que les places rasées dans la dernière guerre ne sont pas encore rebâties. Je crois que cela obligerait l'Impératrice -Reine d'envoyer des troupes pour la défense de ses États, d'autant plus que les Puissances maritimes exigeraient ces efforts d'elle à tout prix. En supposant que les choses tournassent au plus mal pour la Suède, la France aurait un moyen assuré en mains pour rétablir les choses sur le point où elles devraient être, et quant aux Autrichiens, cette Flandre dont les Anglais sont si jaloux, est un moyen de quoi les obliger de rétablir les choses en Suède. Et supposant que la guerre prît une tournure plus heureuse, il me paraît que la France serait en droit de retenir cette province, qui, démembrée des États de la Reine - Impératrice , romprait à jamais la connexion et l'intérêt que les Puissances maritimes s'imaginent d'avoir pour la soutenir.

Je vous dis mes sentiments avec toute la franchise possible sur cette matière ; mais si vous voulez examiner l'état des choses avec impartialité, vous et votre successeur conviendrez que je ne saurais m'engager qu'à faire des choses possibles, et que, bien loin de contribuer à l'avantage de mes alliés, en leur promettant plus que je ne saurais faire, je les tromperais effectivement par des espérances vaines dont je ne pourrais pas réaliser l'exécution.

Cependant, autant que je puis juger des affaires du Nord jusqu'à présent, je ne crois pas que nous ayons rien à craindre de la part de la Russie avant la Diète prochaine de Suède ou avant la mort du Roi.

Au reste, j'ai cru devoir vous communiquer confidemment ce que je viens d'apprendre par une voie secrète, touchant des lettres arrivées

de Turquie à Vienne qui doivent avoir marqué que Télévation de Saïd- EfFendi à la dignité de Kihaja' n'avait guère été de durée, parcequ*il venait d'être démis de sa charge et exilé de Constantinople. L'on en a voulu tirer la conséquence que la Porte se confirmait de plus en plus dans les sentiments pacifiques qu'elle avait adoptés, et qu'elle ne voudrait pas souffrir dans le ministère des gens qui pensaient différemment. Sur quoi, je prie Dieu etc.

Federic.

J'ai donné aujourd'hui à M. de Wulfwenstjema un grand mémoire en réponse à celui qu'il m'a présenté; comme je ne doute point qu'il ne vous le communique, je vous y renvoie.

Nach d«r von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des AuswiiticeB Miniatcriums zu Paris.

1 odewils berichtet, Berlin 12. April :

„ Ayant écrit selon les ordres de Votre Majesté au sieur d'Asseburg et au président de Borcke à Cassel» . . . Asseburg vient de me répondre ... à peu près dans le sens qu'il l'a fait il y a près d'un an3 . . . Quelque grimace qu'on fasse à Cassel de ne pas vouloir prendre de subsides, je crois pourtant qu'on ne peut pas bien s'en passer; mais sous prétexte de ne pas vouloir séparer les troupes, on en voudra avoir pour 10 à 12,000 hommes peut-être à la place de 3,000 ... Le président de Borcke ne m'a pas encore répondu sur ce sujet."

Miinditche Resolution. Nach Aufzeîchnung

Pots dam, 13. April 1750.

Wir mussen unsere Netze auf allen Seiten auswerfen, um zu sehen, wo wir was kriegen kônnen.

Er môchte indess aus Curiosité an den p. von Borcke oder Asseburg schreiben, ob sie denn wohl aile ihre Truppen gegen Subsides geben woUten, oder wie sonsten.

des Cabinetssecretârs.

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