A L'ENVOYÉ DE SUÈDE DE WULFWENSTJERNA
A BERLIN
Potsdam, 26 mai 1750.
J'ai reçu avec grand plaisir les assurances que vous m'avez données, par votre lettre du 24 de ce mois, de la satisfaction que votre cour a eue des ouvertures confidentes que je lui avais faites sur ce concert proposé.'
Comme je veux bien me prêter au possible à tout ce qu'elle croit être de sa convenance, j'accepte très volontiers la proposition qu'elle vient de me faire par vous pour changer le secours de 6,000 hommes de troupes que je lui avais proposé à de certaines conditions, par une
X Vergl. S. 332.
Corresp. Frîedr. H. VIL 25
évaluation de ce secours en argent, et j'ai donné mes ordres en conséquence à mon ministère du cabinet.
Au surplus, j'espère d'avoir encore la satisfaction de voir et de parler à M. le baron de Scheffer avant son départ.
Nach dem Concept.
Federic.
X odewils und Finckenstein berichten, Berlin 28. Mai : „ Votre Majesté nous ayant ordonné de faire l'évaluation en argent du secours de 6,000 hommes qu'EUe Se proposait d'accorder à la Suéde , nous avons l'honneur de représenter à Votre Majesté que le seul traité où Sa maison royale soit entrée en ces sortes d'évaluations , est celui d'Hanovre , conclu en 1 725 entre le feu Roi , la France et la Grande-Bretagne, où la dépense des contingents auxiliaires a été évaluée à 10,000 florins de Hollande par mois pour mille hommes de pied et à 30,000 florins par mois pour mille chevaux.
Si donc Votre Majesté juge à propos de prendre cette évaluation pour base de celle qu'EUe voudra régler avec la Suède, et que Son intention soit que le secours en question soit regardé comme consistant en deux tiers d'infanterie et un tiers de cavalerie, suivant la proposition observée dans le traité d'alliance , la dépense de ce secours se montera
à 40,000 florins de Hollande par mois pour 4,000 hommes de pied, et
à 60,000 florins de Hollande par mois pour 2,000 chevaux: en tout
à 100,000 florins par mois, et par conséquent à 600,000 florins pendant les six mois d'opération ; et comme le florin de Hollande vaut un peu plus qu'un demi- «eu d'Allemagne, le total de la dépense ira chaque année à quelque chose au-delà de 300,000 écus."
Nach der eigenhandigen Aufzeichnung (praes
10 escadrons de dragons, cavalerie, faisant 1,600 hommes, me coûtent par an 140,000 écus, un régiment d'infanterie, consistant en 1,750 hommes, me coûte 75,000 écus.
Donc, deux régiments d'infanterie, faisant 3,500 têtes, 150,000 écus.
Ajoutez 800 hommes, qui font un bataillon, qui coûte 37,000 écus.
Moyennant quoi, ce corps de 1,600 cavaliers et de 4,400 hommes d'infanterie coûterait par an 327,000 écus.
- Si vous pouvez accorder à moins, cela vaudra le mieux, car pour six mois d'opérations il ne faudrait donc que la moitié de la somme. Mais 200,000 écus ne pourraient-ils pas suffire?
Federic.
. 29. Mai) am Rande des Berichts.
DE VOSS A VARSOVIE
Voss berichtet, Warschau 20. Mai:
„Les relations que j*^ai faites depuis mon arrivée à Varsovie, montrent que les Potocki, qui jusqu'ici ont fait notre parti, ont déjà changé deux fois de sentiment et de système, et après que les promesses du maréchal Mniszech avec la fîlle du premier ministre x sont déclarés, le troisième grand changement est survenu . . .
C'est l'alliance qui se fait par là entre leur maison [et les Brûhl], l'accueil gracieux du Roi, aussi bien que les promesses flatteuses du comte Brtthl et la cupidité de profiter des places vacantes, qui font changer tout-à-fait cette famille et qui leur inspirent même l'idée de culbuter les Czartoryski et de faire en peu le parti de la cour . . . Nous sommes du sentiment, l'ambassadeur de France, le sieur Castera, et moi, que nos amis sont la dupe de cette histoire . . . Toutefois, il est certain que la fermentation augmentera par tout ceci. Car si à la fin les Potocki voient qu'ils sont dupes, ils deviendront encore plus furieux, et supposé que la cour change réellement de parti, alors les Czartoryski, enragés de ce changement, s'opposeront à tous les desseins de la cour, et le système de la Pologne se changera alors totalement. Que ce changement se fasse^ ou non, nous garderons toujours en Pologne deux partis directement opposés."
Nach dem Concept.
Potsdam, 30 mai 1750.
Votre dépêche du 20 de ce mois m'a été bien rendue. Je l'ai trouvée intéressante et je vois bien que les affaires de Pologne forment à l'heure qu'il est un cahos assez critique.
Comme cependant vous êtes plus à portée pour pouvoir mieux envisager que moi ce qu'il y aura à faire ou non dans des circonstances scabreuses, c'est aussi sur vous et sur votre dextérité que je me repose que vous vous y saurez bien prendre pour remplir mes intentions, en conformité des instructions que je vous ai données.
Federic.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 30 mai 1750,
Je suis assez curieux, en suite de votre rapport du 20 de ce mois, de savoir les raisons du mécontentement du prince Charles de Lorraine contre le marquis de Botta, pour vouloir le faire déplacer."
Si le comté Bernes est rappelé de la cour de Pétersbourg — comme il y a toute apparence qu'il le sera — et que Pretlak y soit renvoyé, ce dernier pourrait bien faire alors le second tome de l'aventure du
X Grâiîn Marie Amalie Briihl. — 2 Graf O. Podewils antwortet am 10. Juni : „Tout ce que j'ai pu découvrir de plus positif au sujet du mécontentement du prince Charles de Lorraine contre le marquis de Botta, est que celui-ci est brouillé irréconciliablement avec le duc d'Aremberg, créature du Prince."
marquis de La Chétardie,^ et je vous avoue que je ne serais point fâché que le cas arrivât.
Je n'ai, au reste, nullement ignoré l'impression que les vigoureuses déclarations que la France a faites relativement aux affaires du Nord, opéreraient sur l'Impératrice -Reine et qu'elles lui fourniraient matière à penser bien sérieusement là -dessus, mais c'est plutôt principalement par cette raison -là que j'ai tant poussé la France à faire ces mêmes déclarations. Federic.
Nach dera Concept.
DE VOSS A COPENHAGUE
Fr. von Voss berichtet, Kopenhagen 23. Mai: ,J'ai communiqué à l'abbé Lemaire le contenu de la dépêche de Votre Majesté du 12 de ce mois 2 . . . L'abbé Lemaire fut charmé d'apprendre toutes ces particularités, dont il n'avait encore aucune connaissance ... 11 me répondit . . . que l'ouverture du comte Lynar3 était plus honorable pour la Suède que le projet qui avait été concerté entre le duc de Newcastle et le marquis de Mirepoix,4 en conséquence duquel le roi de Suède et le Prince-Successeur s'obligeraient envers la Russie de ne rien entreprendre d'illégal contre la forme présente du gouvernement ; qu'au reste on ne conclurait rien sans la participation et le consentement de la Suède."
J'ai reçu votre dépêche du 23 de ce mois, et je vous ai déjà appris combien peu le chancelier de Russie avait fait attention sur l'offre de la cour de Copenhague, par la voie de sa médiation ou de ses bons offices, sur ce que le comte de Lynar lui avait proposé à ce sujet. Comme ledit Chancelier a refusé tout net les bons offices du Danemark, pour composer les différends qui agitent le Nord, il reste à voir à présent si le projet de M. de Mirepoix aura un meilleur succès que celui du Danemark.
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 30 mai 1750.
Votre dépêche du 18 de ce mois m'a été redue. Je suis bien content de la manière dont vous vous êtes pris pour vous acquitter des ordres que je vous avais donnés au sujet du comte Tyrconnell,^ et il m'a fait également plaisir d'apprendre que le compliment que vous avez fait à M. de Puyzieulx à l'égard de la bonne conduite que la France
X Vergl. Bd. III, 206; Bd. VI, 69. — 2 Erlass aus dem Ministerium in Ausfiilirung von Nr. 4300 S. 371. — 3 Nach Lynar's Vorschlage sollten die Alliirten Schwedens sich fiir die Loyalitât der schwedischen Regierung durch eine Acte verbtirgen, ttber welche Russland eine Acceptionsurkunde ausstellen wurde; beide Urkunden sollten alsdann in die Hânde einer unbetheiligten Macht, etwa Danemarks, niedergelegt werden. — 4 Vergl. S. 377. — s Vergl. S. 358. 369.
a tenue relativement aux affaires du Nord, a fait impression sur lui. Outre qu'il faut amadouer un peu ces ministres, il faut bien leur donner les louanges qu'ils méritent, parcequ'ils se sont si bien comporte's dans cette occasion -ci.
Pour ce qui regarde la Russie, je me persuade qu'elle acceptera la proposition qu'on lui fera en conséquence de l'ouverture que le marquis de Mirepoix a faite au duc de Newcastle,^ pour sortir honorablement de l'affaire. En attendant, je m'aperçois, de plus en plus, que la fermeté avec laquelle le ministère de France a parlé aux Anglais, a ébranlé ceux-ci de façon qu'ils en ont craint les conséquences, et que l'appréhension des Anglais a effectué que la Russie a mêlé de l'eau dans son vin.
Quant au Polonais, créature du comte Briihl, qui est arrivé en France, j'ai de la peine à croire que cet homme soit chargé de quelque affaire de conséquence, puisque le comte Bruhl ne se fie pas assez aux Polonais pour vouloir leur confier des commissions en France.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
A STOCKHOLM
Potsdam, 30 mai 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 19 de ce mois, et c'est avec bien de la satisfaction que j'en ai appris que le dernier traité signé à Copenhague* est parvenu à sa perfection, par la ratification du traité qu'on y a fait passer.
Il est vrai qu'il y a toute apparence que la Suède n'aura plus rien
à craindre de la Russie pendant le cours de cette année-ci ; mais comme
c'est principalement à la France que tout le mérite en est dû, parceque
les mouvements qu'elle s'est donnés et ses déclarations vigoureuses ont
également effectué que les alliés de la Russie ont refusé l'assistance que
celle-ci attendait d'eux, — je suis fort en peine de ce que les ministres
de Suède indisposeront la France contre eux par les difficultés qu'ils
ont faites d'entrer en détail avec le chevalier de La Touche sur les
arrangements défensifs qu'on a pris en Suède, et parcequ'on n'a point
voulu permettre à celui-ci de passer en Finlande. C'est aussi pourquoi
je vous ordonne de représenter de ma part aux sieurs Tessin et Ekeblad
que la France n'avait rien désiré à ce sujet qui ne fût fondé dans
l'usage entre tous alliés, et que je les priais avec instance de bien
penser sur ce qu'ils faisaient à cet égard, afin de ne point indisposer
la France, et la ralentir dans le zèle qu'elle avait marqué jusqu'ici pour
le soutien de la Suède. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
t Vergl. S. 377. — 3 Vergl. S. 363.
4337- AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.
1 odewils und Finckensteinberichten, Berlin 29. Mai, dass nachdem der Reichshofrath ein zu Gunsten der evangelischen Grafen von Hohenlohe gefôlUes Erkenntniss auf Execution gegen die fttrstliche Linie dièses Hauses nachtriiglich annuUirt habe, von Churbraunschweig beim Corpus Evangelicorum der Antrag gestellt worden sei, im Sinne des Artikels 17 des westphâlischen Friedensschlusses zu Gunsten der in ihrer Religionstlbung gehinderten evangelischen Grafen von Hohenlohe zur Selbsthtilfe zu schreiten, ein Antrag, dem sâmmtliche evangelische Stande mit Ausnahrae „der dem kaiserlichen Hof so sehr ergebenen" Hôfe von Darmstadt und Wolfenbiittel beigetreten seien. Auf die Réquisition des Corpus Evangelicorum an die Markgrafen von Ansbach und Baireuth als kreisausschreibende Fûrsten im Frankischen Kreise, die vom Reichshofrathe widerrechtlich suspendirte Execution gegen die Fiirsten von Hohenlohe zu vollstrecken, hat stch der Markgraf von Ansbach in der Besorgniss, Widerstand von Seiten der Bischôfe von Bamberg und Wtlrzburg zu finden, nach Berlin und Hannover mit der Anfrage gewandt, was sich die Markgrafen in diesem Falle fur Rttckhalt versprechen kônnten. Das hannôverische Ministerium hat in Berlin vorlàufig die Bereitwilligkeit Kônig Georg's H., der Execution im Nothfalle Nachdruck zu verleihen, zu erkennen gegeben. Die Minister bitten um den allerhôchsten Bescheid:
„ob , wann die gesammte evangelische ReichsstSnde Ew. Kônigl. Maj estât requiren sollten, um denen Herren Markgrafen in Franken auf den ohnverhofften Fall der thàtlichen Widersetzung der vorseienden Execution mit starker Hand und Anrllckung einiger Regimenter Assistenz zu leisten, Ew. Kônigl. Majestât solche auf eben den Fuss wie des Kônigs in Grossbritannien Majestât und das Fiirstl.
Haus Hessen-Cassel zu thun Sich nicht entziehen werden."
Mûndlîche Resolution. Nach Aufzeîchnung des Cabinetssecretàrs
Gut, was die andern thun werden, das will Ich mitmachen.
I(di halte es aber noch mehr von der Ordnung zu sein, dass der Graf Podewils zu Wien vorher dem Kaiserlichen Hof eine énergique Déclaration d'Ostentation, die in dem Reiche Éclat machet, thue, in den ohngefahrlichen Substantialien, dass der Kaiser wissen môchte, wie mehr Evangelische in Teutschland wàren, als in Franken, welche sich und die andere nicht unterdrucken lassen wurden, insonderheit aber dass der Kaiser wissen mtisste, was vor respectable Puissances den westphâlischen Frieden garantiret hâtten, um die Freiheit des Reiches, die Pràrogative der Stande und die Religionsaffairen aufrecht zu halten und zu mainteniren.
A SAINT-PÉTERSBOURG
Berlin, 31 mai 1750.
J'ai reçu votre rapport du 16 de ce mois, sur lequel je vous dirai que vous ne devez point vous former des chimères par rapport au changement du sieur Guy Dickens. Personne n'ignore les emportements et l'humeur violent de ce ministre, et je sais par moi-même^ que de tout temps il a été dans les principes de ceux de sa cour qui sont du parti autrichien; mais avec toutes ces dispositions-là il ne saurait altérer les ordres que sa cour lui envoie.
Au surplus, rien n'est plus juste que les réflexions que vous faites sur la faiblesse du gouvernement suédois. Je me suis plaint plus d'une fois de l'étrange conduite qu'il a tenue, et de ce manque de fermeté que les ministres de Suède ont fait paraître dans différentes occasions, et il n'a pas tenu à moi de les corriger sur cet article.
Je ne veux, au reste, point vous^ laisser ignorer que des lettres de
Vienne marquent que le chancelier d'Ulfeld avait dit depuis peu au secrétaire
de Danemark que la Porte avait fait requérir la Reine - Impératrice
d'employer ses bons offices en Russie, pour prévenir une rupture dans
le Nord, réquisition qui ne laissait pas que d'embarrasser la cour de
Vienne. * ^ , -
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Berlin, 31 mai 1750.
Toutes les nouvelles que je reçois de différents lieux, s'accordent
unanimement sur ce que la tranquillité du Nord sera maintenue; j'ai
d'ailleurs appris avec plaisir ce que vous me marquez par votre dépêche
du 23 de ce mois par rapport à la déclaration que la Porte vient de
faire à la cour de Vienne, et qui sûrement n'aura nullement plu à la
dernière. t- j •
Fedenc.
Nach dem Concept*
Berlin, 31 mai 1750.
Je suis très satisfait de la manière dont, selon votre rapport du 22 de ce mois, vous vous êtes expliqué envers le marquis de Puyzieulx sur ma façon de penser relativement à la bonne conduite et la fermeté que la France a tenue jusqu'ici dans les affaires du Nord, et je suis
X Guy Dickens war in Berlin accreditirt gewesen. Vergl. Bd. I, 450.
content des propos que vous marquez avoir tenus concernant le personnel du comte Tyrconnell, et vous direz de ma part au marquis de Puyzieulx qu'il paraissait bien, par tout ce que j'apprenais de Russie, f^ue tout resterait tranquille dans le Nord, au moins jusqu'au décès du
roi de Suède. ^ .
^T . . ^ Federic.
Nach dem Concept.
4341. AN DEN ETATSMINISTER CxRAF FINCKENSTEIN
IN BERLIN
Warendorff berichtet, Petersburg 23. Mai: „Le Chancelier a dit en dernier lieu au comte de Lynar qu'il venait de recevoir un courrier de Constantinople, chargé de dépêches du sieur Neplujew, où celui-ci marquait qu'après avoir fait part à la Porte des propositions que la Russie avait fait faire en Suède et justifié à cet égard , la conduite de la cour , le Grand -Visir lui avait répondu que Sa Hautesse cultiverait soigneusement l'amitié de l'Impératrice, qu'elle remplirait fidèlement les engagements pris avec Sa Majesté Impériale, et que, comme la Russie, pendant la dernière guerre entre la Porte et la Perse, avait refusé à Thamas-Chouli- Khan de se déclarer en sa faveur contre les Turcs» la Porte Ottomane en userait de même à l'égard de la Suède, en cas d'une rupture entre celle-ci et la Russie.
Le chancelier Bestushew a ajouté qu'on ne pouvait, à la vérité, pas faire fond sur ces sortes de belles promesses orientales, et qu'on était assez accoutumé de la duplicité du ministère ottoman; que cependant il allait faire faire un extrait desdites dépêches, pour le communiquer aux ministres russiens aux cours étrangères."
Nach der Ausfertigung.
Petersdorf, 8. Juni 1750.
Habe auf allergnâdigsten Befehl Sr. Kônigl. Majestàt an Ew.
Excellenz vermelden sollen, wie Hôchtdieselbe verlangeten, dass Ew.
Excellenz, sobald die Warendorffschen Dépêches dorten dechiffriret sein wurden, dem Herrn Grafen Tyrconnell aus der einen derselben die Passage, betreffend den zu Petersburg von dem Neplujew zu Constantinopel angekommenen Courier und der pràtendirten Déclaration des Grossvezirs, aus dem Déchiffré Selbst vorlesen môchten.
Eichel.
A SAINT-PÉTERSBOURG
Quartier de Petersdorf, 8 juin 1750.
A mon arrivée en Prusse, j'ai trouvé devant moi les dépêches que vous m'avez faites du 19, du 23 et du 26 du mois passé, dont j'ai eu lieu d'être satisfait, par les choses intéressantes qu'elles m'ont apprises et par les nouvelles assurances que j'y ai trouvées que la tranquillité dans le Nord se maintiendra encore.
Quoique je sois persuadé que tout ce que le comte Lynar a représenté au chancelier Bestushew pour rapatrier la Russie avec la Suède, ne fera guère impression sur lui, et qu'il ne voudra jamais accepter les bons offices que la cour de Danemark a offerts à ce sujet, il est toujours bon que ledit comte Lyn2!,r a pris cette voie-là, afin de pouvoir tirer au moins de la réponse que le Chancelier y fera, des conjectures sur les vues qu'il saurait avoir relativement à la Suède; mais telles quelles sauraient être ces vues, je présume qu'au bout du compte il se verra obligé d'acquiescer, bon gré malgré lui, au projet de pacification que la France fera faire par l'Angleterre à la Russie pour terminer ses différends avec la Suède ; ^ et si je [puis] d'ailleurs compter sur ce qui me revient de différents lieux, je crois que la Russie est effectivement dans l'appréhension que la Suède ne change la forme de son gouvernement, et qu'elle mettra de l'eau dans son vin, quand elle se verra rassurée sur cette crainte. Au surplus, je regarde comme ujne fanfaronnade tout ce que le Chancelier a voulu dire au comte Lynar de la déclaration que le Grand -Visir doit avoir faite au sieur Neplujew,» et, quant aux ordres que le général Lieven et d'autres officiers ont reçus de retourner à leurs postes, je crois qu'on ne laissera pas d'assembler quelque corps de troupes par les frontières de la Livonie et de faire les mêmes ostentations qu'on a faites dans les dernières années passées.
Nach dem Concept. F C d e r i C.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Konigsberg, 8 juin 1750.
La dépêche que vous m'avez faite du 27 du mois passé, m'a été rendue. Ce que vous me marquez par rapport aux propos qu'un courrier du comte Bernes doit avoir tenus à son retour à Vienne, se confirme par les dernières lettres que j'ai de Pétersbourg, qui me marquent que le chancelier Bestushew a dernièrement dit tout hautement qu'il avait été surpris d'apprendre que les cours de Londres et de Vienne prétendaient que c'était avec son approbation qu'elles avaient [donné] l'année passée à la France des assurances positives relativement aux dispositions pacifiques de la Russie ;3 qu'il n'en était absolument rien, et que tout ce qui s'était passé dans ce temps-là entre lui et les ministres des cours mentionnées, c'était que, sur la demande qu'ils lui avaient faite si l'intention de la cour de Russie était d'attaquer la Suède, il leur avait simplement répondu par manière de discours que cela ne se ferait pas, aussi longtemps que les Suédois ne voudraient pas changer la forme de leur gouvernement, sans songer seulement à la France. L'on ajoute que le comte Bernes n'avait pas fait difficulté d'avouer que le Chancelier ne
1 Vergl. S. 377. — 2 Vergl. S. 392. — 3 Vergl. S. 134. 160.
s'était effectivement pas expliqué autrement, mais que sa cour avait jugé à propos de donner plus d'étendue au discours du Chancelier, que celui-ci en avait été fort piqué, mais qu'il' avait trouvé moyen de l'apaiser, en faisant entendre en tout ceci que sa cour avait fait une fausse démarche. J'en tire la conséquence que l'intelligence entre les deux cours iippériales n'est pas tout-à-fait si étroite comme l'on se le représente, et qu'il y a souvent de petites démêlés et bisbilles entre elles.
Je vous aurai bien de l'obligation, quand vous saurez me procurer l'état des revenus de la Reine-Impératrice, et s'il y a moyen que vous sachiez me procurer encore le nouveau règlement touchant les exercices et les manœuvres des troupes, avec les tailles-douces, je vous permets très volontiers d'y employer 30 ou 40 ducats.
Au reste, je suis bien fâché de vous dire encore que le bien de
mes intérêts ne me permet pas de vous rappeler avant que le sieur
de Voss ne soit de retour de sa mission en Pologne;" il y a des
raisons particulières encore qui ne me permettent absolument pas de
goûter la proposition que vous me faites d'avancer votre retour et de
laisser, en attendant, le soin de mes affaires au sieur von der Hellen,
dont j'ai d'ailleurs tout lieu d'être très content. ^ ,
Nach dem Concept.
Kônigsberg, 8 juin 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 25 du mois passé. C'est bien judicieusement que les ministres de France attendent de voir quel aura été le succès de la proposition que l'Angleterre doit faire à la Russie pour pacifier les différends entre celle-ci et la Suède; cette proposition et la double garantie qu'on a offerte, ^ doit mettre la Russie et ses alliés au pied du mur, afin de juger, par le succès qu'elle aura ou non, sur leur façon présente de penser. En attendant, selon mon idée et selon ce qui me paraît, les cours de Vienne et de Londres ne voudront pas que le feu de guerre éclatât si tôt dans le Nord, elles ne voudraient pas cependant l'étouffer tout-à-fait, mais le laisser caché sous les cendres, afin de l'attiser dès qu'elles trouveront les conjonctures assez propres pour le faire. D'ailleurs ces deux cours ne voudraient point rebuter tout-à-fait celle de Russie, pour ne pas se priver de son assistance, quand elles en auront besoin pour l'exécution de leurs vues.
Nach dem Concept. F e d e r 1 C.
I Bernes. — 2 Vergl. S. 376. — 3 Vergl. S. 377.
DE VOSS A VARSOVIE
Voss berichtel, Warschaii 27. Mai, iiber die kritische Lage in Polen, die Absichten der Potocki x und einen Besuch des Grosskanzlers Malachowski , welcher ihm erkiârt habe: „Que le Roi l'avait chargé de marquer 1* innocence de la Diète à tous les ministres et de lever les doutes que l'un ou l'autre aurait pu se former.**
,Je ne comprends pas à quoi une pareille démarche affectée doit aboutir, et je suis très étonné que jusqu'ici on n'en a pas fait autant à l'égard du marquis des Issarts et du ministre de Suède a . . .
Comme le comte Bruhl se flatte d'avoir les deux familles prépondérantes de son côté, et qu'il ne craint que les étrangers, il se peut qu'il a regardé ce moyen pour convenable pour nous tranquilliser réellement. Il est décidé que la situation présente des affaires en Pologne est aussi critique comme elle le saurait être. Les.
Potocki, nos meilleurs amis, ont adopté le ton des courtisans . . . L'ambassadeur de France et moi, nous avons eu plusieurs conférences pour choisir les mesures les plus propres pour faire échouer la Diète**. . .
Kônigsberg, 9 juin 1750.
J'ai été très satisfait de la relation circonstanciée et intéressante que vous m'avez faite à la date du 27 du mois passé. Je conçois parfaitement votre embarras dans la situation épineuse où vous vous trouvez, mais les difficultés ne doivent pas vous rebuter. J'ai trouvé bien pensés les expédients dont vous vous êtes avisé avec le ministre de France pour parvenir à vos fins; cependant, comme je ne me trouve pas à même de vous donner d'ici des directions là-dessus, il ne me reste que de me remettre entièrement sur votre savoir-faire et de vous laisser faire au^si bien que vous l'entendez. Au reste, je ne regarde les assurances que le Chancelier vous a données que comme une leurre toute pure ; aussi ne crains -je point que vous donniez dans de pareils panneaux.
Federic.
Nach dem Concept.
A SAINT-PÉTERSBOURG
Kônigsberg, 9 juin 1750.
Je viens de recevoir la dépêche que vous m'avez faite du 30 du mois dernier de mai, sur laquelle je ne saurais m'empêcher de vous dire que vous variez souvent un peu trop dans vos relations, dans les unes desquelles, vous paraissez être assuré que tout se passera tranquillement avec la Suède, et dans les autres vous semblez tout craindre. Afin donc que vous évitiez à donner dans ce contraste, vous devez avoir toujours le grand tableau de l'Europe devant vos yeux et considérer que, tant que l'Angleterre aura à appréhender la France et que les finances de celle-là ne seront point remises en état de pouvoir supporter le fardeau d'une nouvelle guerre, et que d'ailleurs la cour de Vienne ne trouvera pas de sa convenance d'entrer de nouveau en lice, la Russie
I Vergl. S. 387. — a Hôpken,
n'osera point remuer ouvertement, malgré toute l'envie que le Chancelier
saurait avoir de mener les choses à l'extrémité. ^ ,
Nach dem Concept.
A SAINT-PÉTERSBOURG
Kônigsberg, 13 juio 1750.
Il est à présumer que les deux courriers autrichiens que, selon votre rapport du 2 de ce mois, le comte Bernes a renvoyés à sa cour, tout comme l'exprès que le sieur Guy Dickens vient d'expédier, portent des dépêches relatives à la double garantie que la France a proposée à l'Angleterre' et dont celle-ci a fait ouverture à la Russie, en conséquence de ce que je vous en ai déjà appris par mes dépêches antérieures.
Je suis sûr, au reste, que la Russie fera camper quelque corps de
troupes sur les frontières de la Livonie. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Kônigsberg, 13 juin 1750.
Je vous recommande de prêter ultérieurement votre attention à ce que vous me marquez par votre dépêche du 30 de mois dernier, savoir que la cour où vous êtes est résolue de former une compagnie de commerce sur le Levant, et vous n'omettrez pas de m'en rapporter tout ce qui pourra mériter de l'être, par la suite.
Je n'ai, au reste, rien à vous dire cette fois-ci, sinon que, selon les nouvelles de Pétersbourg, tout est actuellement sur un pied tranquille en Russie, et qu'à l'heure qu'il est il n'y avait pas lieu à craindre des embarras de sa part, quoique la cour de Pétersbourg n'en continuerait pas moins pour cela, pendant le cours de la présente année, ses ostentations accoutumées. ,^-
t ederic.
Nach dem Concept.
DE VOSS A COPENHAGUE
V oss berichtet, Kopenhagen 30. Mai :
„0n a abandonné le projet qui avait été concerté entre le duc de Newcastle et M. de Mirepoix . . ., la cour de Suède ayant témoigné de la répugnance à donner
I Vergl. S. 377.,
Kônigsberg, 13 juin 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 30 de mai dernier et j'applaudis fort à la proposition que l'abbé Lemaire
une déclaration telle qu'on l'avait arrêtée dans ce projet. M. Lemaire en a proposé un autre, savoir que les alliés de la Suède garantiraient à la Russie que le Prince- Successeur n'entreprendrait rien d'illégal, c'est-à-dire sans le consentement des États, contre la forme présente du gouvernement, ce qui, au terme d'illégal près, est conforme au projet du comte de Lynar." r
Nach dem Concept.
vient de faire de la garantie en question, étant à souhaiter qu'on en puisse convenir. C'est au surplus avec quelque impatience que je désire d'apprendre que l'échange de la ratification ^ du traité entre le Danemark et le Prince- Successeur fût faite, et que cette importante affaire se trouvât par là être conduite à une heureuse fin.
Federic.
DE VOSS A VARSOVIE
Kônigsberg, 13 juin 1750.
Votre dépêche du 30 de mai dernier m'est bien entrée. Je comprends parfaitement l'embarras où vous devez être par rapport à la situation présente où les affaires en sont là où vous êtes. Vous comprendrez à votre tour qu'il m'est impossible de vous fournir des instructions ultérieures sur des affaires qui sont tellement sujettes à changer, à tout moment, de face, ainsi qu'il ne me reste que de vous laisser faire selon que vous l'entendez et de me reposer sur votre dextérité.
Au surplus, la grande désunion qui règne entre les Polonais, vous
fournira assez d'occasions de former un parti qui s'opposera aux vues
de la cour; mais il faudra que vous vous y preniez avec bien de la
prudence, pour ne pas vous exposer mal à propos. Il est à croire, au
reste, que vous et l'ambassadeur de France tirerez un bon parti du
palatin de Rava, ^ et que vous, en votre particulier, serez peut-être par
là à même de ménager bien des dépenses que sans cela vous auriez
été obliffé de faire. ^ , .
Federic.
Nach dem Concept.
Kônigsberg, [13] juin 1750.
J'ai été charmé d'apprendre la façon sage et solide dont le marquis de Puyzieulx s'est expliqué envers vous par rapport aux affaires du Nord, en conséquence de la relation que vous m'en avez faite à la date du 29 du mois passé. Il serait à souhaiter qu'on' osât se fier aux sincérations que la cour de Vienne fait faire par ses ministres relativement à ses vues pacifiques; mais autant que j'ai compris par tout ce
1 Vergl. S. 388. — 2 Vergl. S. 389. — 3 Jablonowski. Vergl. Bd. V, 562.
qui me revient à cet égard, son système, tout comme celui de la cour d'Angleterre, est d'empêcher "qu'il n'éclate des troubles, dans le moment présent, dans le Nord, mais de ne point les apaiser tout-à-fait et entretenir plutôt quelque petit feu sous les cendres, afin de le souffler quand ils le trouveront de leur convenance, pour se prévaloir des forces de la Russie, quand le temps de le faire leur paraîtra être venu.
Federic.
Nach dem Concept. Das Datum ergiebt die Antwort, Compiègne 3. Juli.
GR^FFEN A HANOVRE.
Kônigsberg, [13] juin IJS^- J'ai été bien aise d'apprendre votre arrivée à Hanovre par la relation que vous m'avez faite du 4 de ce mois. La façon dont vous envisagez les affaires du Nord, est tout-à-fait juste, et je suis dans la ferme persuasion que, bien que les cours de Londres et de Vienne ne voudraient pas qu'il éclatât dans le moment présent un feu de guerre dans le Nord, elles ne voudraient pas tout-à-fait écarter les sujets qui en sauraient faire naître, mais laisser plutôt quelque petit feu sous les cendres, afin de le souffler quand le moment favorable de le faire leur paraîtra être venu. Au surplus, vous saluerez de ma part le marquis de Valory, en lui témoignant la satisfaction que j'avais qu'il avait su si bien s'insinuer dans l'esprit du roi d'Angleterre; que je le priais de ne point oublier de parler souvent à ce Prince sur les campagnes de la guerre de la succession de l'Espagne et surtout de l'entretenir sur la bataille d'Oudenarde, tout comme il avait entretenu feu mon père de celle de Malplaquet.
Federic.
Nach dem Concept. Das Datum aus der chiffrirten Ausfertigung.
DE VOSS A VARSOVIE
V oss berichtet , Warschau 3 . Mai :
„Le palatin de Belcz, x au lieu qu'avant quelques jours il regardait la manœuvre contre la Diète comme un ouvrage contre Dieu, le Roi et la patrie, tâche de nous faire remarquer à présent quHl se chargerait bien de la commission, à condition que , par des pièces sonnantes , nous le mettions en état de pouvoir faire élire des Nonces dont pour le moment de la Diète il était sûr. Jusqu'ici il n'est pas
Kônigsberg, 15 juin 1750.
J'ai trouvé assez singulier le récit que vous m'avez fait dans votre relation du 3 de ce mois au sujet du palatin de Belcz, et je suis assez curieux d'apprendre le dénouement de l'histoire, et s'il est revenu auprès du ministre de France, avant que d'avoir quitté Varsovie.
ï Graf Anton Potocki, vergl. S. 387. 395.
venu directement à moi — et j'y penserai j J'approuve la conduite que vous encore plus d'une fois , avant que de me \ ^^^^ ^^^ue à son égard , et VOUS fier à lui — mais au marquis des Issarts." i -n r ^ j»ai. i.-
^ ; conseille fort d être bien sur votre
i garde, en n'avançant point d'argent à ces gens qui viennent de vous offrir leurs services, et de ne leur en donner qu'incontinent après qu'ils ont effectué leurs engagements.
Nach dem Concept. F e d C r i C.
A SAINT-PÉTERSBOURG
Warendorflf berichtet, Petersburg 6. Juni: „Le comte de Lynar m'a prié de supplier Votre Majesté très humblement de faire parvenir au sieur Gross à Berlin l'insinuation que j'avais raison de n'être pas tout-à-fait content du comporte^ ment du comte de Lynar, et qu'il se tenait extrêmement boutonné envers moi."
Woronzow „m'a fait entendre que le Chancelier était à l'heure qu'il est assez mal dans l'esprit de l'Impératrice, que le sénateur Schuwalow travaillait plus que jamais à sa perte, et que le procureur général , knès Trubezkoi , en faisait de
même."
Le général Arnim „a fait part au comte de Bestushew de ce qui s'est passé à Stockholm par rapport aux bons offices que le roi de Pologne a offerts à la cour de Suède, et il a dit au Chancelier que Sa Majesté Polonaise serait charmée si l'impératrice de Russie voulait les accepter, pour terminer les différends qui subsistaient entre les deux empires. Le premier ministre lui a répondu sèchement et avec un ton de maître qu'il avait déjà reçu les pièces qui avaient été délivrées sur cette matière à Stockholm de la part de la Saxe, et que lui, Arnim, pouvait compter qu'il ne lui donnerait jamais làdessus une syllabe de réponse."
Nach dem Concept.
Konigsberg, 15 juin 1750.
Votre dépêche du 6 de ce mois m'est parvenue. Je ne laisserai pas que de faire un bon usage de ce que vous m'y marquez par rapport aux insinuations à faire adroitement" au sieur Gross au sujet du comte Lynar.
Toutes les tentatives qu'on fera à la cour où vous êtes, pour y culbuter le chancelier Bestushe^v, n'aboutiront à rien, tandis qu'il sera protégé du comte Rasumowski.
Je ne suis, au surplus, point fâché de la rude réponse que le ministre saxon a reçue du Chancelier russe ; car il est du dernier ridicule que les Saxons, dans la situation où sont leurs affaires, présument encore de vouloir figurer entre les puissances respectables. Je n'ai, au reste, rien à vous mander cette foisci, sinon que tous les avis qui vous sont venus, confirment que la tranquillité ne sera point interrompue dans le Nord pendant le cours de
la présente année. ^ ,
Federic.
L^hambrier berichtet, Paris i.Juni:
,, Quand on cherche à connaître comment la Russie et ses alliés pensent véritablement sur la conduite qu'ils doivent tenir relativement à l'intérêt d'un chacun pour gagner la supériorité en Europe contre la France et ses alliés, on ne trouve pas qu'ils puissent rien faire de plus convenable pour eux que d'allumer une guerre dans le Nord, pour empêcher que les liaisons qui se sont établies entre Votre Majesté, la Suède et la France, ne deviennent trop dangereuses pour la Russie et ses alliés, si on les laisse affermir pendant quelques années et que chacun se bonifie dans son intérieur par la jouissance de la paix et le repos de ses peuples.
C'est pour l'empêcher que les démonstrations de la Russie furent résolues, aussitôt qu'on vit que, les préliminaires d'Aix-la- Chapelle étant signés, il n'y avait pas d'autre moyen pour en venir à Votre Majesté et ensuite à la France, que de faire attaquer la Suède par la Russie et de tenir Votre Majesté en échec par les Autrichiens. On se flattait que la France, qui sortait d'une guerre qui l'avait épuisée, et dont elle était lasse beaucoup plus que ses ennemis, ne s'empresserait pas à rentrer dans une nouvelle guerre qui se ferait bien loin de ses frontières. Mais par les déclarations qu'elle a faites à Londres et à Vienne, lorsque le nuage -qui menaçait le Nord grossissait , on a cru en Angleterre et à Vienne que ce qui rendait la France si décidée pour se montrer en faveur de Votre Majesté et de la Suède, était la facilité avec laquelle elle se flattait de reprendre les Pays-Bas autrichiens, avant que ses alliés pussent y assembler une armée capable d'arrêter les Français.
On sait d'ailleurs à Vienne et à Londres qu'il n'y a point de guerre qui convienne mieux à la France de toute façon , que celle-là, et qu'on crie fortement en France contre la restitution que la dernière a faite de ses conquêtes par la paix d'Aix-la- Chapelle.'*
Kônigsberg, 15 juin 1750.
J'ai bien reçu la dépêche que vous m'avez faite du i" de ce mois.
Pour ce qui regarde les affaires du Nord, je crois que vous ne vous trompez point dans le raisonnement que vous faites à ce sujet, et que le plan des cours de Vienne et de Londres a été effectivement tel que vous me le représentez. Quant à la réparation des places de barrière dans les Pays-Bas, mes lettres de la Haye m'apprennent que l'Angleterre et la république de Hollande répareront à frais communs les fortifications d'Ypres et de Tournai, et que la cour de Vienne, pour y engager les deux puissances, faisait hâter celles de Mons et les disposer de façon que 3 à 4,000 hommes, à ce qu'on prétend, suffiront pour garder cette place, au lieu des 12,000 hommes qu'il fallait ci -devant. L'on prétend que c'est principalement sur cet objet qu'ont roulé le§ conférences tenues à la Haye avec le duc de Newcastle, sans que pourtant on n'ait rien conclu. Si la France ne s'empresse pas trop à donner des subsides à quelques princes de l'Empire, je ne veux point vous celer que c'est en suite d'un conseil que je lui ai fait donner par le comte Tyrconnell quand je me suis expliqué avec lui sur de certaines ouvertures que la France me fit faire, et je suis encore dans l'opinion qu'elle ferait mal de faire de grandes dépenses avec ces Princes avant que le cas le demandera, dans quel cas elle trouvera toujours des princes d'Allemagne qu'elle saura attirer dans son parti.
Comme l'affaire de la dernière émotion du peuple à Paris me paraît digne de quelque attention, vous me ferez plaisir de m'en faire un récit circonstancié des causes qui l'ont produite, des circonstances qui l'ont accompagnée, et de la façon dont elle a été apaisée.
Le plan du contrôleur général des finances de France, pour tirer
le clergé aux mêmes charges que les autres peuples de ce royaume, me
paraît également juste et bien pensé, et je souhaiterais avec empressement
qu'il soit exécuté; aussi ma volonté est que, si vous êtes à même d'y
contribuer par de certaines insinuations, vous ne devez nullement négliger
de le faire, mais plutôt le soutenir au possible. Comme il n'y a point
de nouveauté là-dedans , et qu'effectivement la Reine-Impératrice a fait
la même chose dans tous ses pays héréditaires, il me semble que le
clergé de France dût bien s'assujettir à la même chose envers un Roi
très chrétien , que celui de ladite Reine - Impératrice a été obligé de
le faire. „ ,
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Kônigsberg, 15 juin 1750.
J'ai reçu votre dépêche du 29 du mois passé. La résolution qu'on
a prise dans le Sénat de Suède de ne laisser point passer le chevalier
de La Touche en Finlande, ^ a de quoi m'en étonner, et vous pouvez
bien insinuer de ma part au comte Tessin que je ne la trouvais
point bien digérée, qu'il fallait absolument que la France en fût
choquée, et que, si moi j'étais dans le cas que j'avais des troupes en
campagne contre la Russie, je n'hésiterais pas un moment de faire voir
toutes mes dispositions et mes arrangements à celui qui me fût envoyé
de la part d'une puissance alliée, et dont surtout j'attendais d'être
secouru en cas de rupture. ^ ,
^ Federic.
Nach dem Concept.
Warendorff berichtet, Petersburg 19. Mai: „L'on ne fait pas, ici les moindres préparatifs qui puissent indiquer quelque expédition prochaine. Tout est au contraire fort tranquille, de sorte que je ne saurais regarder les menaces que la cour de Vienne continue de faire et l'opposition du langage des comtes d'Ulfeld et Bernes que comme un concert formé d'intimider et de rassurer en même temps les Suédois 2
Potsdam, 22. Juni 1750.
Es haben Se. Kônigl. Majestât befohlen , von Hôchstderoselben wegen an Ew. Excellenz zu melden, dass, woferne dem Grafen Tyrconnell diejenigen Passages aus denen dechiffrirten Dépêches des p. Warendorflf's vom 19. und 30. des ver-
X Vergl. S. 389. — a Vergl. S. 354.
Corresp. Friedr. IT. VIT. 26
afin de les tenir par là toujours dans un état d'incertitude sur les véritables desseins de la Russie à leur égard."
Petersburg 20. Mai : „Le bruit court qu'on est intentionné de rappeler le sieur Panin, pour lui substituer quelque ministre moins modéré et plus remuant. Ces circonstances me confirment dans l'opinion que j'ai toujours eue, que les intentions du comte Bestashew ne sont pas d'attaquer ouvertement la Suède, mais d'attendre la mort du roi de Suède ou la Diète prochaine de ce royaume^ de faire alors jouer tous les ressorts imaginables pour y exciter des troubles, de renverser s'il est possible le ministère présent, et, dans rei|>érance d'obtenir ce but -là plus facilement, de faire passer peut-être, selon le train que ses intrigues prendront, un corps de troupes russiennes sur le territoire suédois, afin de soutenir et encourage par là les mécontents."
Nach der Ausfertigung.
wichenen Menâtes Mai, welche von dem Vorhaben des Kanzler Bestushew handeln, nâmlich auf den nàchstkunftigen Reichstag in Schweden seine bôse Absichten ausztifuhren und ailes auf solche zu troubliren, noch nicht commtmiciret worden wàren, Ew. Ebccellenz gedachtem Grafen Tyrconnell solche Passages aus den dechiffrirten Relationen (jedoch weiter nichts) Selbst vorzulesen Sich die Miihe
geben raôchten. n* • i, 1
rLi 1 c n e 1.
4358. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.
Graf Otto Podewils berichtet, Wien 10. Juni: ,^L' affaire de Hohenlohe» continue à faire beaucoup de bruit, et l'on est très fâché ici du train qu'elle a pris.
Le Prince de ce nom ayant vouhi parler au baron de Knorr, ce conseiller aulique a refusé de le voir, et il a assuré à un de ses amis qu'il avait prédit à l'Empereur tout ce qui arrivait présentement. Il s'est tenu avant -hier une assez longue conférence sur ce sujet, et l'on m'a assuré qu'il y a été résolu de procéder avec beaucoup de ménagement envers le Corps Évangelique et de rendre une bonne et prompte justice."
Miindliche Résolution. Nach Aiifzeichnung des Cabînetssecretârs.
Potàdam, 22. Juni 1750.
Was die Affaire von Hohenlohe anlanget, so muss der Baron Le Chambrier davon umstàndlich informiret und ihm geschrieben [werden], wie wir uns in der Sache verhalten und was Ich desfalls gethan habe.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 23 juin 1750.
Après mon retour de la Prusse, les dépêches que vous m'avez faites du 6 , du 10 et du 13 de ce mois, m'ont été rendues. Autant que j'ai pu combiner de toutes les nouvelles qui me sont parvenues de
I Vergl. S. 390.
différents lieux relativement aux affaires du Nord, il me paraît que les Russes, les Anglais et les Autrichiens veulent laisser dormir les différends que les premiers ont avec la Suède, et faire, pour ainsi dire, une espèce de trêve jusqu'au temps où ils croiront avoir arrangé leurs flûtes, et qui leur paraîtra être le moment favorable pour exécuter leurs desseins, à moins qu'il n'arrive quelque incident inopiné qui les obligera de changer de système.
J'ai été bien aise d'apprendre que la cour impériale se trouve embarrassée de l'affaire de Hohenlohe. Elle a raison d'en être inquiète à tous égards, car si elle prend le parti de pousser sa pointe, elle se rendra odieuse à tout le parti protestant et s'attirera bien des affaires sur les bras ; si, au contraire, elle veut plier, comme je crois sûrement qu'elle sera obligée de le faire, elle montrera le défaut de la cuirasse, et l'autorité impériale sera avilie.
Pour ce qui regarde la nouvelle qui vous a été donnée d'une Diète en Hongrie que la Reine-Impératrice voudrait assembler dans le même temps qu'elle ferait camper ses troupes qui se trouvent dans ce royaume, j'ai ^e la peine à croire que cette Princesse voudrait tenter une démarche aussi périlleuse que celle-là; car, quoiqu'il soit sûr que dans le moment présent elle n'en aurait rien à craindre et qu'elle saurait diriger par ce moyen-là les affaires du royaume à son gré, elle aurait cependant toujours à redouter que la nation ne s'en souvienne dans un temps 'de guerre et qu'elle ne se serve du même moyen pour faire alors la loi à la cour de Vienne. Il y a des choses où il ne convient absolument pas de donner des exemples téméraires et hasardeux.
Au reste, j'approuve que vous ayez fortifié le jeune prince de Hohen-
zollern dans les dispositions que vous lui avez remarquées; s'il s'avise
de venir chez moi, il sera toujours le bienvenu.^ ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A HANOVRE.
Potsdam, 23 juin 1750.
A mon retour du voyage que j'ai fait en Prusse, les dépêches que vous m'avez faites du 11 , du 13 et du 17 de ce mois, m'ont été
I Graf Otto Podewils berichtet am 13. Juni: „Le jeune prince de Hohenzollem, lieutenant -colonel au service de l'Impératrice -Reine et qui vient de succéder à son oncle, m'a dit qu'il voulait non seulement s'attacher à Votre Majesté,- à l'exemple de ses ancêtres, mais les surpasser à cet égard par un dévouement tout particulier à Ses ordres. Qu'il venait de demander à l'Impératrice -Reine le régiment de son oncle, que la maison de Hohenzollem avait possédé depuis plus d'un siècle; que si l'on le lui refusait, il quitterait entièrement ici et viendrait offrir ses services à Votre Majesté ; mais qu'en cas même qu'il l'obtînt, il comptait de se rendre à Votre Majesté, comme chef de la maison, pour se mettre à Ses pieds et demander Sa protection."
rendues. Les généralités dont les ministres d'Angleterre se renferment, aussi souvent qu'ils s'expliquent sur les affaires du Nord, me confirment dans le sentiment où je suis à cet égard , savoir que ni l'Angleterre ni la cour de Vienne ne veulent dans le moment présent qu'il éclate des troubles dans le Nord, mais qu'elles veulent laisser dormir les différends qu'il y a entre la Suède et la Russie, et garder une espèce de trêve jusqu'à ce que le temps sera venu où elles auront arrangé leurs affaires et où elles croiront le moment propre pour mettre en exécution leurs vues, à moins que le hasard ne fasse naître quelque nouvel incident auquel elles n'auront point pensé.
Au surplus, désirant fort de vous voir et de vous parler moi-même ici, ma volonté est que vous devez incontinent arranger vos affaires de façon que vous sachiez faire un tour ici, à Potsdam. Vous n'y emploierez qu'un temps de huit ou neuf jours, savoir trois jours pour votre voyage vers ici, trois autres jours que vous passerez chez moi, et les derniers trois jours pour votre retour à Hanovre, en conséquence de quoi je vous envoie ci-clos un ordre pour des chevaux de relai sur votre passage.
Je ne crois pas que pendant un si court intervalle de temps que
vous serez absent, il se pourrait passer des affaires d'importance, et
d'ailleurs j'estime que le marquis de Valory voudra bien, en attendant,
avoir l'œil au guet sur tout ce qui se passera là, avec lequel vous ne
laisserez pas de vous concerter là -dessus. ^ , .
A STOCKHOLM
Potsdam, 23 juin 1750.
Au retour de mon voyage en Prusse, j'ai trouvé devant moi les dépêches que vous m'avez faites des 2, 5,. 9 et 12 de ce mois, et je vous sais bon gré du détail instructif que vous m'avez fait relativement au négoce de fer de la Suède.
Pour ce qui regarde les différends entre la Suède et la Russie, je suis bien éloigné de les croire autant apaisés qu'ils paraissent être aux ministres suédois ; bien au contraire , en combinant toutes les nouvelles qui me sont parvenues de différents lieux à ce sujet, il paraît assez clairement que la Russie et ses alliés sont intentionnés de laisser dormir pour un temps ces affaires et de faire, pour ainsi dire, une trêve jusqu'à ce qu'ils auront mieux arrangé leurs flûtes que dans le temps passé, pris leurs arrangements, et trouvé à la fin le moment favorable où ils se croiront être à même de mettre en exécution leurs vues. La Russie, en particulier, voudra attendre l'assemblée prochaine de la Diète en Suède, où elle tâchera de faire directement et indirectement tout le mal imaginable au ministère suédois et de faire alors
jouer tous les ressorts possibles pour le renverser et pour y exciter des troubles dans l'intérieur du royaume.
A cette occasion, je dois vous dire qu'il m'est revenu de différents lieux comme si la nation suédoise n'était plus si zélée ni si prévenue pour le gouvernement présent, comme elle avait été autrefois; qu'au contraire le mécontentement dans ce royaume allait toujours en augmentant, mécontentement qu'on attribuait tant à la distribution des emplois militaires, à l'égard desquels on donnait souvent la préférence aux jeunes officiers sur ceux qui s'étaient rendu mérités par de longs services, qu'à la vénalité des charges dans le civil. J'ai cru devoir vous communiquer tous ces avis -ci, afin que vous sachiez m'instruire si les choses sont effectivement telles qu'on les a marquées, ou s'ils ne sont que de faux bruits, semés par les ennemis de la Suède et de son gouvernement. Je veux même vous permettre que vous fassiez adroitement des insinuations convenables à ceux du gouvernement dont Vous saurez être sûr du secret, afin que ceux-ci tâchent de démêler ces gens qui voudront imposer à la nation par de pareils bruits, et de prendre préalablement leurs arrangements là -dessus. Au surplus, je veux bien vous confier, quoiqu'à vous seul, que ce qui me donne des soupçons sur la façon d'agir des ministres de Suède, c'est qu'ils n'ont point voulu permettre au chevalier de La Touche de passer en Finlande, chose qui tôt ou tard ne laissera pas de faire un mauvais effet auprès de la France. D'ailleurs il ne plaît point à moi que je ne voie aucune fermeté dans leur conduite, ayant remarqué dans plus d'une occasion qu'ils désespèrent tantôt sans raison de leurs affaires, et que tantôt ils
s'en flattent trop. ^ , .
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 23 juin 1750.
J'ai été très satisfait des relations intéressantes que vous m'avez faites du 5 , du 8 et du 1 1 de ce mois. Je suis parfaitement du sentiment où est le marquis de Puyzieulx par rapport aux affaires du Nord,^ et je pense tout comme lui là-dessus; j'applaudis d'ailleurs aux réflexions que vous y avez ajoutées. Je ne considère autrement la conduite que les cours de Londres, de Vienne et de Pétersbourg tiennent dans ^e moment présent sur ces affaires , que comme une espèce de trêve qu'elles voudront garder jusqu'à ce qu'elles croiront le moment venu pour mettre en exécution les projets dont elles sont convenues
I Laut Chambrier's Bericht vom 5. Juiii batte Puyzieulx ihm gesagt: ,J'en reviens à ce que je vous ai déjà dit plus d'une fois: Le Roi votre maître, la France et la Suède bien unis, et le Danemark avec nous, si cela se peut, sinon allié, au moins impartial, je crois que notre position ne sera pas mauvaise."
entre elles, à moins qu'en attendant n'arrive quelque événement point attendu qui les oblige d'abandonner leurs projets; aussi suis -je du sentiment de ceux qui estiment que les différends entre la Russie et la Suède ne seront point composés d'une manière paisible.
En attendant, vous direz encore à M. de Puyzieulx que je croyais que nous ne saurions mieux faire que de rester dans cette étroite union et dans la situation où nous sommes, et que nous fassions nos arrangements de la sorte que, si le moment arrive où nos ennemis veulent mettre en exécution leurs pernicieux desseins, nous soyons à même de leur faire tête partout où il le conviendra.
Vous ajouterez qu'autant que je comprenais des nouvelles qui me venaient de la Russie, le chancelier Bestushew ne remuerait guère pendant le cours de cette année-ci, mais qu'il se préparait à faire dans celle qui vient, et quand la Diète sera assemblée en Suède, tout le mal possible à celle-ci; qu'il n'était presque plus douteux qu'il ferait jouer alors tous les ressorts imaginables pour y exciter des troubles et pour y renverser, s'il est possible, le ministère présent, et que, dans l'espérance d'obtenir ce but-là d'autant plus facilement, il pourrait faire passer peutêtre, suivant le train que ses intrigues prenaient, un corps de troupes russiennes sur le territoire suédois, afin de soutenir et encourager par là les mécontents. Qu'en conséquence de tout cela, je demandais avec instance à M. de Puyzieulx de ne vouloir point laisser hors de son attention la Diète prochaine de la Suède, puisque j'étais persuadé que le chancelier Bestushew y cabalerait furieusement.
Pour ce qui regarde la Porte Ottomane, je crois que vous n'aurez point lieu d'exciter les ministres de France d'y travailler pour causer de l'ombrage à la Russie, puisque j'étais persuadé qu'ils sentaient euxmêmes combien il était de l'intérêt de la France de n'y rien négliger à ce sujet.
Au reste, vous insinuerez à M. de Puyzieulx d'une manière adroite
et convenable que j'avais été très fâché de ce que les ministres suédois
avaient hésité de laisser passer le chevalier de La Touche, homme
également sage qu'expérimenté, dans la Finlande, que j'avais travaillé
de tout mon mieux pour faire changer le ministère de Suède de
sentiment là -dessus, que je n'avais pas pu effectuer qu'ils se soient
ravisés. t- j . .
Fedéric.
Nach dem Concept.
DE VOSS A VARSOVIE
Pot s dam, 23 juin 1750.
Les relations que vous m'avez faites du 6, d.i 10 et du 13 de ce mois, m'ont été bien rendues. Quelque forte envie que j'aie de marquer
ma bonne volonté au marquis des Issarts, je ne saurais point me prêter à son désir à l'égard de la croix de mérite, qui n'est fondée qu'uniquement pour les militaires et pour des gens qui d'ailleurs sont actuellement établis dans ce pays-ci; mais si, indépendamment de cela, je lui saurais marquer ma distinction, je m'en ferai sûrement un plaisir essentiel.
J'applaudis fort à la manière dont vous et le marquis des Issarts agissez avec le palatin de Belcz,^ et il serait de conséquence si vous saviez avoir entre vos mains le projet du comte Bruhl relativement à une autre Diète extraordinaire, qui doit avoir pour but l'augmentation des troupes. Comme ce point, avec celui des alliances ,* sont les articles qui nous conviennent le moins, et dont, à ce que je présume, le premier ne conviendrait pas même à la Russie, vous ne devez point laisser tomber votre attention là -dessus.
J'ai été bien aise d'apprendre les bonnes nouvelles que vous avez eues du palatin de Rava.^ Pour ce qu'il s'agit de l'argent que vous croyez nécessaire pour parvenir à mes [vues], vous savez mes sentiments à cet égard, que, quand il sera indispensablement nécessaire d'employer de l'argent, il en faut donner, mais que, tandis que les affaires ne l'exigent pas absolument, il ne faut point s'y précipiter.
Au surplus, mes ministres du département des affaires étrangères vous instruiront amplement sur la réponse hautaine et pleine de mépris pour la Saxe que le général Amim a eue du chancelier Bestushew,* lorsqu'il lui a parlé des bons offices de la cour de Dresde relativement aux différends entre la Russie et la Suède.
Au reste, je crois qu'il y aura trop à risquer, si l'on voulait se proposer de faire mourir la Diète. A la vérité, je ne connais rien de la constitution de la Pologne; mais autant qu'il me paraît, il vaudra toujours mieux de rompre la Diète que de vouloir la faire mourir. Je pense même que le projet du marquis des Issarts dont vous parlez, n'est point mal pensé, mais la grande difficulté sera toujours de trouver un nonce aussi courageux qui voudra hasarder la démarche.
Nach dem Concept. F e d e r i C
DE VOSS A COPENHAGUE
Potsdam, 25 juin 1750.
Vos deux rapports du 6 et du 13 de ce mois, numéros 38 et 40, me sont bien entrés. Je suis très persuadé que la perte de feu de Schulin est effectivement plus grande encore qu'on n'a paru le croire jusqu'ici, ^ et je juge qu'il ne faudra pas espérer davantage des
I Vergl. S. 398. — 2 Erneuerung der s. g. Heiligen Liga mit den Hôfen von Wien und Petersburg und der Republik Venedig; vergl. Bd. III, 334. — 3 Vergl. S. 397- — -♦ Vergl. S. 399. — 5 Vergl. S. 345. 353. 373. 381.
déclarations vigoureuses du Danemark, et que tout ce qu'on pourra
attendre de cette couronne , sera qu'elle voudra rester neutre. Vous
ne manquerez pas de continuer d'en parler à l'abbé Lemaire, pour
savoir de lui s'il est d'opinion qu'on pourra tirer plus grand parti du
Danemark, ou bien s'il pense comme moi à cet égard, et vous me
ferez immédiatement votre rapport de la réponse que vous en aurez
reçue. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A HANOVRE.
Potsdam, [25] juin 1750.
La relation que vous m'avez faite du 21 de ce mois, m'a été bien rendue. Mes lettres de Pétersbourg m'apprennent que la nouvelle proposition que la France a faite à la cour d'Angleterre pour pacifier les différends entre la Suède et la Russie et que la cour de Londres doit avoir extrêmement goûtée,' a été rejetée du chancelier Bestushew, tout comme les autres relatives à la conservation de la tranquillité du Nord.
Bien que cette nouvelle donne des soupçons que la cour de Londres ne charrie pas tout-à-fait droit et qu'elle s'entende sous main avec celle de Russie, pour que celle-ci ne se prête point à quelque proposition tendante au maintien de la paix dans le Nord, il se peut être néanmoins aussi que les Anglais ne peuvent pas arrêter la Russie autant qu'ils voudraient, le chancelier Bestushew étant un homme extrêmement capricieux et bien difficile à traiter. Tout ceci se développera plus clair, quand on verra de quelle manière les Anglais auront envisagé le refus dudit Chancelier de la proposition ci -dessus mentionnée.
Federic
Nach dem Concept. Dus Datum aus der chifTrirten Ausfertigung.
WarendorfF berichtet, Petersburg 9. Juni: ,, Après avoir été mis, à la fin, dans l'activité de mon . ministère ,2 je n'aurai rien de plus pressé que de m 'acquitter de la commission dont Votre Majesté m'a chargés ... Je sais d'ailleurs de très bonne main que le chancelier Bestushew s'est extrêmement gendarmé des insinuations que Votre Majesté a fait faire sur ce sujet au sieur Gross à Berlin,
Potsdam, 25 juin 1750.
Le sieur Warendorff ayant marqué par la dernière dépêche qui nous est venue de sa part combien le chancelier Bestushew s'est gendarmé des insinuations qui ont été faites par vous au sieur Gross, et qu'il a d'ailleurs rejeté la
I Vergl. S. 377. — 2 Vergl. S. 378 — 3 Vergl. S. 278.
et que, bien loin d'avoir pris la résolution d'y donner aucune réponse, il augmentera les ostentations guerrières ... Je viens d'avoir un entretien assez intéressant avec le comte de Lynar sur une nouvelle proposition que la France a faite tout récemment à la cour d'Angleterre , proposition que celle-ci a extrêmement goûtée, dont le marquis de Puyzieulx a fait part au baron de Bemstorff, et dont le comte de Lynar a déjà fait usage, par ordre de sa cour, mais que le Chancelier, à ce que ledit comte m'assure, a rejetée tout comme les autres, relatives au maintien de la tranquillité du Nord."
Nach der Aiisferti^ng.
pioposition que la France a faite en dernier lieu à la cour d'Angleterre relativement au maintien de la tranquillité du Nord, ma volonté est qu'à votre retour à Berlin' vous deviez lire de l'original de la dépêche de Warendorff au comte Tyrconnell les passages relatifs à ces sujets, afin qu'il en ait connaissance.
Et sur ce, je prie Dieu etc.
Federic.
A STOCKHOLM
Ivohd berichtet, Stockholm 16. Juni :
„Je n'ai pas manqué de faire au comte d'Ekeblad, dans l'absence du président de la chancellerie, les représentations dont Votre Majesté m'a chargé pour lui, a concernant le chevalier de La Touche. Il m'a répondu que la décision de son voyage roulait entièrement sur ce que l'ambassadeur de France trouverait à propos luimême, qu'à la vérité on avait communiqué à celui-ci les inconvénients qu'il entraînerait avec lui, mais qu'en même temps on lui avait assuré aussi qu'on était tout prêt de passer par dessus sans aucune difficulté ni opposition."
Potsdam, 26 juin 1750.
J'ai appris avec satisfaction ce
que vous m'avez marqué par votre
dépêche du 16 de ce mois, par
rapport à la façon sage et bonne
dont le ministère de Suède s'est
comporté vers la France à l'égard
du chevalier de La Touche, et je
suis surtout bien aise que la France
ait pris cette affaire d'une manière
également polie et complaisante.
Malgré cela, je ne saurais pas vous
celer que je ne puis pas encore
i tout-à-fait ôter de l'esprit les soup-
i çons que j'ai qu'il faut qu'il y ait
d'autres raisons que celles qu'on a prétextées, pourquoi le ministère de
Suède a hésité de laisser passer ledit chevalier en Finlande; car pour
celles qu'il allègue, j'avoue qu'elles me paraissent bien légères.
Au surplus, vous devez savoir que, selon mes dernières nouvelles de Pétersbourg, le chancelier Bestushew s'est bien gendarmé sur la déclaration relative aux affaires de la Suède que j'ai fait faire au ministre russe à Berlin, et que d'ailleurs il vient de rejeter tout nettement la proposition que la France a faite tout récemment à la cour d'Angleterre dont le marquis de Puyzieulx a fait part au baron de Bernstorff et dont le comte Lynar avait fait usage par ordre de sa cour.
I Podewils weilte in der Nahe der Hauptstadt auf dem Lande. — 2 Vergl. S. 389.