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AU ROI DE FRANCE A VERSAILLES

Potsdam, 2 mai 1750.

Monsieur mon Frère, Le départ du marquis de Valory me fournit

une occasion nouvelle d'assurer Votre Majesté de tous les sentiments

d'amitié et d'admiration qu'Elle m'inspire. Le marquis de Valory

connaît mon âme, il est depuis dix ans témoin de ma façon de penser

sur Son sujet, et il pourra rendre compte à Votre Majesté de ce que

mon cœur n'ose Lui dire de crainte de blesser Sa modestie. Le

caractère du marquis de Valory m'a paru d'autant plus estimable que

dans toutes les occasions je l'ai trouvé zélé pour les intérêts de Votre

Majesté et pour ceux de Ses alliés, que sa candeur ne s'est jamais

démentie, et que j'ai eu lieu de profiter de l'expérience que ses longs

services lui ont donnée dans Tart militaire. Il m'a rendu des services

à la bataille de Friedberg pour lesquels je lui conserverai sans cesse

un cœur plein de reconnaissance. Je n'entrerais pas dans ce détail si

ce n'est que l'excès de confiance que j'ai dans l'amitié de Votre Majesté,

ne me flattait de la part qu'Elle daigne prendre à ce qui me regarde.

Si le marquis de Valory avait été à mon service, je l'aurais récompensé

certainement pour m'avoir été utile dans le jour le plus décisif de ma

fortune; mais j'espère qu'il n'y perdra rien et que son maître, qui est

le rémunérateur du mérite et des talents, étendra ses bontés jusques à

lui, d'autant plus qu'il ne se rendra pas indigne des grâces dont Votre

Majesté voudra bien l'honorer. Je La prie d'ajouter foi à tout ce qu'il

Lui dira de ma part, et de me compter non seulement au rang de Ses

plus fidèles alliés, mais encore de Ses plus sincères admirateurs. Je

suis à jamais. Monsieur mqn Frère, de Votre Majesté le bon frère

et allié 17 j

Federic.

Nach Abschrift der CabineUkanzlei.

A BERLIN

Potsdam, 4 mai 1750.

Monsieur le Marquis de Valory. Je vous adresse ci- clos la lettre que je viens d'écrire de main propre à Sa Majesté Très Chrétienne et dont je vous remets aussi ci-jointe une copie. Comptez, Monsieur, que c'est du meilleur de mon cœur que je vous y rends témoignage de toutes ces qualités qui rendent un ministre vraiment estimable, et de toutes celles que vous avez mises en pratique pendant le temps de votre mission auprès de moi. Aussi me verrez-vous toujours m'intéresser avec plaisir à tout ce qui pourra vous donner de la satisfaction, et tâcher de vous prouver ma reconnaissance, qui sera à tout temps invariablement la même. Et sur ce , je prie Dieu etc. F ^ H *» ' r

Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswàrtîgen Ministeriums zu Paris.

L/hambrier berichtet, Paris 24. April, dass er sich gegen den osterreichischen Geschâftstrâger Mareschal im Sinne der kôniglichen Weisung vom 7. April i erklârt habe ; derselbe habe ihra geantwortet : „Qu' ayant parlé , il y a quelques mois, au marquis de Puyzieulx du désir qu'avait r Impératrice-Reine que le traité de Dresde fût garanti par celui d'Aix-la-Chapelle, ce ministre lui avait répondu qu'il ne croyait pas que Sa Majesté Très Chrétienne s'y opposât. Le sieur Mareschal finit par me dire que, dès que Votre Majesté ne trouvait pas à propos de faire à la France la demande de la garantie du traité de Dresde par celui d'Aix-la- Chapelle, l'Impératrice n'en parlerait point à cette couronne ... Le marquis de Puyzieulx m'a dit qu'il trouvait fort singulière la démarche que le sieur Mareschal avait fait auprès de moi; qu'il y avait là-dessous quelque chose que lui, Puyzieulx, ne pénétrait pas encore ; que , si le sieur Mareschal lui parlait de cette affaire, la réponse qu'il lui ferait, était toute prête, savoir que, le traité d'Aix-la-Chapelle étant une chose finie et consommée, la France n'en pourrait pas étendre la garantie sur des objets qui y étaient entièrement étrangers. Je demandai au marquis de Puyzieulx si le sieur Mareschal ne lui avait point dit que sa cour était dans l'intention de demander à la France que le traité de Dresde fût garanti par celui d'Aix. Il me répondit que le sieur Mareschal ne lui avait jamais parlé de cette garantie."»

Nach dem Concept.

Potsdam, 5 mai 1750.

Votre dépêche du 24 d'avril dernier m'a été bien rendue. Je suis parfaitement content de la façon dont vous vous êtes tiré de l'affaire avec le sieur Mareschal, et la réponse que vous lui avez donnée sur sa proposition également bizarre que captieuse, remplit tout ce que j'ai pu désirer de vous à ce sujet.

Mes nouvelles du Nord continuent à me donner des assurances que la Russie mettrait de l'eau dans son vin, et que la tranquillité pourrait être maintenue au moins jusqu'à la mort du roi de Suède.

N'oubliez point, je vous prie, d'insinuer habilement aux ministres de France, quand vous le saurez faire de bonne grâce, que je n'attribuais qu'à leur fermeté et à la bonne conduite qu'ils avaient tenue relativement aux affaires du Nord, la conservation du repos dans ces quartiers. Au reste, j'applaudis de ce qu'on a choisi le marquis de Valory pour passer à Hanovre pendant le temps que le roi d'Angleterre y séjournera. ^ ,

GR^FFEN A LONDRES.

Potsdam, $ mai 1750.

J'ai reçu à la fois vos dépêches des 10, 21 et 24 du mois dernier d'avril. Selon toutes les nouvelles qui me reviennent des différents lieux, je dois présumer que l'Angleterre marche à présent assez droit relativement aux affaires du Nord. Il me paraît que les déclarations fermes que la France lui a faites à ce sujet, avec l'étroite intelligence où elle

1 Vergl. S. 326. — 2 Vergl. S. 96.'

a vu la France, moi et la Suède, lui ont fait comprendre qu'une rupture au Nord serait infailliblement suivie d'une guerre générale, et comme celle-ci ne saurait l'accommoder, on aime mieux d'étouffer le feu dans les cendres que de risquer une guerre générale.

Comme la France a résolu d'envoyer le marquis de Valory à Hanovre , pour y rester le temps qu'on croira qu'il sera nécessaire , je crois que vous serez content du choix qu'on a fait en sa personne , et que vous vous comporterez bien ensemble. A ce que j'apprends, c'a été le duc de Newcastle qui a demandé lui-même s'il n'y aurait personne de la part de la France qui suivrait le roi d'Angleterre à Hanovre, parceque, à son dire, il serait bien aise que la France vît par elle-même que le séjour que ce Prince ferait en Allemagne, n'avait pour objet que la satisfaction de respirer un air qui convenait à sa santé et de contribuer autant qu'il pourrait au maintien du repos public. Quoi qu'il en soit, je suis persuadé que vous pénétrerez bientôt s'il s'y brassera de nouvelles choses ou non.

Comme j'ai fixé mon départ pour la Prusse vers le commencement

du mois de juin, et que je serai en peu de retour, je pourrais bien à

mon retour vous envoyer l'ordre pour venir me voir ici quelques jours,

afin de pouvoir m' entretenir avec vous. „ ,

Federic.

Nach dem Concept.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 5 mai 1750.

Il m'a été très agréable d'apprendre, par votre rapport du 18 d'avril dernier, que vous en êtes actuellement sur un aussi bon pied d'intelligence avec le comte de Lynar que vous me le marquez par ledit rapport, et le bien de mon service exige que vous tâchiez, autant qu'il dépendra de vous, de cultiver l'amitié de ce comte, de sorte qu'en cas même que la confiance se trouvât n'être pas entière et absolue entre vous, vous ayez toutefois à en conserver les dehors et à affecter une amitié intime pour le ministre danois, étant fort probable que pareille amitié, quoique affectée, ne laissera pas que de produire un bon effet, en tant que le Chancelier et sa clique présumeront de là que la cour de Danemark est d'intelligence avec moi.

Si, au reste, on était en quelque façon en peine, là où vous êtes,

relativement à mon prochain voyage en Prusse, je n'en serais point

fâché , mais je souhaiterais plutôt tout au contraire que ce voyage fît

effectivement naître de l'appréhension en Russie.

Federic.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 5 mai 1750.

Votre dépêche du 25 du mois passé d'avril m'a été rendue. Ce que l'on a répandu de bruit à Vienne, touchant la prétendue déclaration du comte de Bestushew au sujet de l'entrée d'un corps de troupes russes de 50,000 hommes dans la Finlande ^suédoise, n'a été qu'une franche bourde, qui apparemment sera aussi' déjà tombée. Tout ce que la Russie a de troupes du côté de la Finlande, ne va pas au delà de 20,000 hommes, et, de plus, il faut bien des arrangements et des préparatifs, avant qu'on puisse mettre en mouvement un pareil corps de troupes.

D'ailleurs, mes lettres de Russie continuent à dire qu'on n'avait pas fait jusqu'à présent le moindre arrangement militaire qui donnât à penser, qu'on pouvait d'ailleurs se tranquilliser sur la crainte que cette puissance n'attaquât la Suède ; tout au contraire l'on avait lieu de présumer que le Chancelier chercherait peut-être de tirer son épingle du jeu et de profiter du moment où tant de puissances respectables s'intéressaient au maintien du repos dans le Nord ; que la Russie ne ferait plus aucune proposition semblable aux premières à la Suède, mais qu'aussi elle croyait de ne pouvoir désarmer, sans blesser la gloire de sa souveraine, et qu'apparemment l'on attendrait ainsi la mort du roi de Suède, et que, si alors le nouveau Roi donnait simplement quelques assurances, l'on s'en contenterait. L'on finit en marquant que le comte de Bernes venait aussi d'exécuter à la fin, quoique seulement de bouche, la commission dont sa cour l'avait chargé relativement au maintien du repos dans le Nord,

Au surplus, je crois que ce qui occupe à présent l'attention de

la cour de Vienne, est principalement l'affaire de l'élection d'un roi

des Romains. ,, ,

r ederic.

Nach dem Concept.

Warendorff berichtet, Petersburg 21. April: „La cour reçut ces jours passés un courrier de Constantinople.

Les lettres particulières dont il a été chargé en même temps et qui sont du II mars passé, ne doivent porter autre chose, sinon que le Mufti avait été comblé de présents par les habitants de ladite ville, pour le dédommager de la perte qu'il y a faite dans le dernier grand incendie , et que d'ailleurs il régnait une parfaite tranquillité à la cour ottomane; mais je présume que le sieur Neplujew a

Corresp. Fricdr. H. VII.

Potsdam, 6. Mai 1750.

Auf allergnâdigsten Befehl Sr.

Kônigl. Majestàt habe Ew. Excellenz vermelden soUen, wie Dieselbe den franzôsischen Minister Grafen Tyrconnell die letztere Passage aùs der heut eingelaufenen ordinairen Relation des Herrn Warendorff, welche sich anfânget: „La cour reçut ces jours passés un courrier de Constantinople p.," bis zum Ende der

marqué par le même courrier un trait dont j'ai cru devoir faire mention ici; c'est que j'appfends qu'on débite ici que Votre Majesté faisait sonder la Porte Ottomane, par le canal des ministres de France et de Suède qui s'y trouvent, si cette cour ne jugeait pas à propos que Votre Majesté lui envoyât un ministre pour y résider de Sa part. Je n'ai pas marqué de traiter cette nouvelle comme entièrement fausse et controuvée."

Naeh der Autfeitigung.

Relation aus dem dechiffrirten Original selbst lesen lassen môchten, Wobei Ew. Excellenz melden, soll, wie Se. Kônigl. Majestat solches in der Absicht thàten, damit der franzôsische Hof sétïtn k(>nne, wie weit die bdden kaiserlichen Hôfe in die Sachen der Pforle penetrirten und wie viel Ascendant sie auf

solche hàtten. . ' ,

Eichel.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 9 mai 1750.

Vous ne devez point vous opposer aussi positivement que vous mandez par votre rapport du 21 d'avril dernier l'avoir fait, aux bruits qui se sont répandus sur le trait en question duquel vous penser que le sieur Neplujew l'ait fait passer à sa cour; mais vous direz, quand l'occasion s'en présentera, que vous n'en saviez rien; qu'il se pourrait que ces bruits fussent fondés, qu'il se pourrait aussi d'un autre côté qu'ils ne le fussent pas, et que vous n'aviez point été instruit à ce sujet»

Je suis, au reste, encore persuadé jusqu'ici que les confidences que vous a faites le comte Lynar relativement aux vues de la Russie, sont vraies et fondées ; je vous recommande toutefois de n'en être pas moins très attentif sur tout ce qui se fait et ce dont il s'agit, de même que sur les avis qui entrent de temps à autre là où vous êtes.

■ Nach dcm Concept. F e d e X i C-

Potsdam, 9 mai 1750.

J'ai reçu la relation que vous m'avez faite du 27 d'avril passé. Je ne m'étonne point que la France [refuse] à donner un extraordinaire à la Suède, dans le moment où elle s'aperçoit que les affaires du Nord pourraient passer tranquillement, et qu'elle se persuade encore que la Suède ne saurait être encore aussi pressée à être aidée d'un subside extraordinaire ; j'estime d'ailleurs que les ministres de France voudraient attendre préalablement le rapport que le brigadier La Touche leur fera* sur les arrangements que les Suédois ont effectivement pris en Finlande pour se mettre à la défensive contre les entreprises de la

i Vergl. S. 355.

Russie, avant que de se décider sur la demande que le baron de Scheffer

leur a faite. ^ , .

^/ ^ , ^ ^ ^ Federic*

Nach dem Concept.

Il ne saurait être aucunement douteux que la cour où vous êtes ne soit informée de la déclaration de la France dont vous parlez dans votre rapport du 28 d'avril dernier, savoir qu'en cas de guerre dans le Nord elle opérerait aux Pays-Bas et par voie de diversion, la France ayant fait réitérer plus d'une fois ladite déclaration au ministre anglais à Paris , et c'est aux déclarations vigoureuses de la France que se rapporte l'embarras où se trouve la cour d'Angleterre et dont je vous ai informé d'une manière circonstanciée par mes dépêches et rescrits antépeurs.

Il peut au. reste d'abord, ce me semble, nous suffire que l'Angleterre

ait été mise dans une espèce d'appréhension par là. ^ , .

*^ ^ ^ Fedenc.

Nach dçxn Concept.

430a. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÀRTIGEN AFFAIREN.

r odewils und Finckenstein berichten, Berlin 8. Mai, ttber eînen von Tyrconnell mitgetheîlten Bericht LemaiTe's aus Kopenhageti, laut desâen der d&nische Mi* nister Berckentin den Vorschlag Frankreichs zu einer preussisch-dUnischen Collectiverklfining an Russiand z nicht ganz von der Hand gewîesen, es indess als wiinschenswerth bezeichnet hat, zuvor den £rf<^g deir YoE$;telliinge& des Gràfen Lynar in Petersburg abzuwarten: „Que, de plus, il lui paraissait, à lui Berckentin, que la nouvelle déclaration ne renfermait au fond rien au delà de ce que Sa Majesté Prussienne avait déjà fait déclarer à la cour de Pétersbourg;2 qu'il ne convenait pas, selon Tavis de celle de Danemark, de multiplier les déclarations ni d'y rien glisser qui pût avoir l'air d'une, menace."

Mundliçhe Résolution. Nacb Aufzeichnung des Cabinetssecretàrs.

Potsdam, 9. Mai 1750.

Das îst ganz gut; das hat man uns schon aus Kopenhagen geschrieben. Im ûbrigen mtissen dem p. von Voss zu Kopenhagen posttàglich die communicablen Nouvellen, so wir aus Russiand kriegen, geschrieben werden, damit er dem Abbé Lemaire, wie solcher darum gebeten, davon Communication thun konne.

I Vergl. S. 315. — 2 Vergl. S. 278.

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, 9 mai 1750.

J'ai pu m'informer, par le contenu de votre rapport du 2 de ce mois, dans quel sens la cour de Danemark s'est expliquée sur la proposition en question que l'abbé Lemaire lui a faite par ordre de sa cour, et j'attendrai maintenant à savoir ce que la France jugera à propos de faire ultérieurement dans cette affaire. Quant au comte de Lynar, il est dans la ferme persuasion, en conséquence des ouve/tures qu'il en a faites, que, quoique la Russie ne laisserait que de continuer ses démonstrations guerrières, elle se garderait cependant d'en venir par là à une rupture ouverte.*

Au surplus je vous ferai communiquer les avis qui me reviendront de Russie et j'aurais pour agréable que vous en fassiez part à Tabbé Lemaire.*

Je souhaite, après tout, que la France ne puisse jamais avoir raison

de regretter de s'être portée pour le baron de Bemstorff,^ quoiqu'à

dire vrai, je ne laisse pas que d'être dans quelque appréhension à cet

égard. „ ,

° Federic.

Nach dem Concept.

Potsdam, 10. Mai 1750.

„Ew. Excellenz habe unterthânig vermelden soUen, wie bei Gelegenheit derer heute eingekommenen Dépêchen des Konigs Majestât auf die von dem Herm Warendorff resolviret haben, dass derselbe umstandlich instruiret werden soll, was zeither zwischen Sr. Kônigl. Majestât und dem dànischen Hofe wegen der an Russland zu thuenden Déclaration vorgefallen, und wie Hôchstdieselbe dazu bereit gewesen und noch seind, was aber der dânische Hof zufolge der letzteren Relation des Herm von Voss zu Copenhagen annoch vor Anstand deshalb zu nehmen vor gut gefunden. Welches dann Sr. Kônigl. Majestât Befehl zufolge an Ew. Excellenz zur beliebigen Verftigung melden sollen" . . .

Auszug aus der Ausfeitîgung. E i C h e L

Potsdam, 10 mai 1750.

J'ai appris par le conseiller privé baron de Goltz même son arrivée à Berlin et le triste état où il se trouve;'* j'en suis véritablement fâché

X Vergl. s. 360. 370. — a Vergl. S. 371- — 3 Vergl. S. 353 Anm. 2. 373. — 4 Vergl, S. 245. 249. 250. l

et souhaite bien volontiers qu'il se rétablisse bientôt parfaitement.

J'attendrai ce temps -là pour lui parler moi-même. Il ne faut pourtant

pas qu'il se presse trop ni fasse quelque effort qui lui pourrait être

pernicieux, mais plutôt qu'il attende avec patience le retour de sa santé.

Sur ce, je prie Dieu etc. ,

•' '^ Federic.

Nach der Ausfertîgung^.

Potsdam, li mai 1750.

Je vous sais bon gré de la communication des nouvelles que vous avez tirées du baron de Goltz, malgré son état malingre dont je le plains véritablement. Pour ce qui concerne le sieur de Gross, vous pouvez compter que je ne regretterai nullement son départ, quand sa cour viendra à le rappeler,» puisque tel que soit celui qu'on nous enverra à sa place, il ne saura jamais être dans de plus mauvaises dispositions que celles où celui-là a été à tous égards. Et sur ce, je prie Dieu etc.

Nach der Ausfeitigung. F e d e r i C.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Potsdam, 11 mai 1750.

Pour ce qui concerne les ouvertures que le comte Lynar vous a faites au sujet d'une proposition à faire à la cour de Russie,* et dont vous m'avez fait votre rapport par votre dépêche du 25 d'avril dernier, c'est pour couper court à toute tracasserie que je viens d'ordonner à mes ministres du département des affaires étrangères de vous informer, quoique pour votre direction seule, de tout ce qui s'est passé depuis peu à cet égard entre la France, moi et la cour de Danemark, vous renvoyant à ce sujet à la dépêche qui vous viendra à la suite de

celle-ci. r? j

,^ u j n Federic.

Nach dcm Concept.

Potsdam, 11 mai 1750.

J'ai reçu votre dépêche du i^"^ de ce mois. Je crains fort que les ministres de France n'aient sujet encore de se mordre aux doigts d'avoir appuyé le baron de Bernstorff, pour parvenir au poste vacant par la mort du digne Schulin, auquel le Roi son maître vient de le nommer.

S'il en arrive du mal à la bonne cause, cela ne sera point par ma faute, puisque vous avez assez averti les ministres de France d'être

X Vergl. S. 256. — 2 Vergl. S. 388 Anm. 3.

en garde sur le baron Bemstorff,' mais on a été trop prévenu à son égard pour pouvoir faire attention là-dessus. -, .

Nach dera CtMicepU

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 12 mai 1750.

Votre dépêche du 2 de ce mois m'est bien parvenue. Quant à

l'élection d'un roi des Romains, il faudra que nous voyions bientôt clair

là-dessus; en attendant, toutes les apparences y sont que c'est le sujet

qui occupe principalement la cour de Vienne. Je crois, au reste, avoir

tout lieu de regarder les affaires du Nord comme composées et unies,

et que, quoique la Russie continuera encore de faire quelques ostentations,

elle se gardera bien de pousser les choses à l'extrémité, mais qu'elle

cherchera plutôt une porte honorable et un prétexte honnête pour sortir

entièrement d'affaire. t- j •

Federic.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Potsdam, 12 mai 1750.

J'ai reçu votre dépêche du i«'' de ce mois. Les apparences présentes sont telles qu'on a tout lieu d'espérer que la paix et la tranquillité seront encore conservées dans le Nord. Q^ant à la circonstance que vous marquez dans votre susdite dépêche, savoir que le comte Tessin ne vous avait pas parlé des dépêches dont le baron de Scheffer avait été le porteur,* comme ces dépêches ne roulent que sur des "choses proprement militaires, je présume que le comte Tessin ne voudra pas

s'en mêler trop. ,, , .

Federic.

Nach dcm Concept.

DE VOSS A VARSOVIE

Potsdam, 12 mai 1750.

J'ai été bien aise de voir par votre dépêche du 2 de ce mois votre bonne arrivée à Varsovie. Selon votre dite dépêche et celle que vous y avez jointe du sieur Leveaux, les choses paraissent être bien embrouillées et critiques, ainsi que je ne suis pas encore à même de vous donner des ordres plus précis et positifs que ceux dont vous êtes déjà muni,3 avant que d'avoir vu par vos rapports à faire quel tour les

I Vergl. S. 265. — 2 Vergl. S. 332. — 3 Vergl. S. 341.

choses prendront désormais. Au surplus, vous ferez bien de numéroter

les dépêches que vous me ferez, de même que celles au département

des affaires étrangères, afin qu'on puisse être sûr qu'il n'y en ait aucune

de perdue chemin faisant. „ ,

^ Federic.

N9ch dem Concept. .

43 XQ, AN.DAS DEPARTEMENT DER AUSWARTIGEN AFFAIREN.

Potsdam, i6. Mai Ï750.

Ganz gut. Die vornehmete Sache aber ist, dass dem ôster-

Podewils und Fii^ckenstein bcrichten, Bedin 15. Mai: „Nous avons l'honneur de présenter çi-joint à la censure de Votre Majesté un projet de réponse au dernier mémoire de la cour de Vienne, concernant la garantie de l'Empire pour le traité de •Dresde. V L'auteur de ce mémoire y ayant glissé divers reproches de prétendues contraventions des traités de paix, relatives aux arrangements intérieurs de la Silésie, nous avons jugé nécessaire, pour nous assurer de l'exactitude des dates, de communiquer préalablement la réfutation de ces articles au comte de Miinchow, qui l'a pleinement approuvée."

reichischen Hof unter die Nase gerieben werde, dass sie sich von schlesischen Sachen gar nicht mehr zu meliren haben, sondem erkennen mussen , dass solche lediglich von Meiner Souveraineté abhàngen.

Denn was den Artikel von der katholischen Religion anlanget, so setzet der Breslauer Friede nur allein darunter Maass und Ziel.^

Mûndliche Resolution. Nach Aufseichnung des Cabinetssecretârs.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

* Potsdam, 16 mai 1750.

Comptez pour sûr que la cour où vous êtes est furieusement intriguée des liaisons étroites où nous sommes avec la France, et de la bonne intelligence qui règne entre nous. Je sais de très bon lieu que des ministres autrichiens en ont fait des plaintes bien amères à leurs confidents. Vous verrez d'ailleurs par le rescrit qui vous va venir à la suite de celle-ci, combien cette cour est chagrinée de voir que les brouilleries du Nord vont à être ajustées, comme elles le seront indubitablement.

Je vous saurais beaucoup de gré quand vous me procurerez un état exact et fidèle des revenus de la Reine-Impératrice, puisqu'il m'intéresse extrêmement d'en être bien instruit; vous n'épargnerez ni soins ni dépenses pour me satisfaire là-dessus.

Pour ce qui regarde votre rappel ,3 je souhaiterais fort d'être à même de vous l'envoyer aussitôt que vous le désirez; mais comme le

z „Antwort auf die Schrift des Kaiserl. und Kônigl. Ungarischen und Bôhmischen Hofes vom 2. Martii 1750 (vergl. S. 301 Anm. l) die Reichsgarantie betreffend"; die Ausfertigung tragt das Datum Berlin 20. Mai 1750. — 3 Bd; II, 237. — 3 Vergl. S. 185.

bien de mon service demande absolument que je vous laisse continuer jusqu'à trois mois encore sur votre poste, il faut que vous preniez patience là-dessus. Quelque envie que j'aie de vous voir revenir, il ne m'est pas possible de vous envoyer le rappel, avant que la Diète présente en Pologne ne soit tout-à-fait finie, et que mon ministre qu'il y a, le conseiller privé de Voss, n'en soit de retour, puisque c'est celui que je destine pour vous relever, ne sachant aucun autre sujet plus propre à cela. Ce que j'ai bien voulu vous dire pour votre direction seule.

Nach dem Concept.

Federic.

J'ai reçu votre dépêche du 28 d'avril dernier et je sais à présent, à n'en pouvoir douter, que toutes les ostentations de la Russie n'aboutiront à aucune réalité, et que l'orage qui a paru menacer la tranquillité du Nord, se dissipera.

Si le chancelier Bestushew traîne à vous faire avoir vos audiences, ce n'est qu'une malice toute pure, ledit Chancelier étant informé de ce que vous êtes chargé de lui déclarer aîors,* et tâchant ainsi d'empêcher que vous ne soyez à même d'exécuter votre commission, avant que les affaires ne soient déjà pacifiées d'une certaine manière, afin d'en imposer par là au public que ma déclaration n'y avait rien contribué.

Pour ce qui regarde le sieur Lagerflycht, j'ai fait faire à sa cour les représentations les plus favorables à son sujet ;3 il reste ainsi à voir quel en sera le succès. tt h •

Nach dem Concept.

W^arendorff bcrichtct, Peteisburg 28. April: ,Je devrais croire que les mouvements que tant de puissances for^ midables se donnent pour détourner tout orage, capable de troubler le repos du Nord, doivent naturellement donner à penser au comte de Bestushew et lui inspirer des sentiments pacifiques. U ne rabattra, à la vérité, rien des armements qu'il a fait faire à sa souveraine, et il continuera ses ostentations guerrières, mais je ne saurais m'imaginer qu'il voulût porter les choses à des extrémités ... Je m'étais flatté d'avoir aujourd'hui mes audiences,! mais il n'en a été rien. On prétend cependant que cela se fera encore dans le courant de cette semaine."

A STOCKHOLM

Potsdam, 16 mai 1750.

Le chevalier de La Touche dont vous parlez dans votre rapport du 5 de ce mois, est le même officier qui a passé par Berlin et dont

I Vergl. S. 378. — a Vergl. S. 278. — 3 Vérgl. S. 324. 328.

j*ai déjà fait mention dans une de mes dépêches antérieures que je vous ai faites.^ Vous avez, au surplus, bien rencontré, quand vous avez présumé qu'il ne A^nait en Suède que pour y voir de près les arrangements militaires qu'on y avait faits au cas de rupture.

Nach dem Concept* F e d e r i C.

v^hambrier berichtet, Paris 4. Mai, tiber eine ihm und dem schwedischen Gesandten Scheffer durch den Grafen Saint- Séverin gemachte officielle Mittheilung des Inhalts: „Que le marquis de Mirepoix avait proposé de lui-même au duc de Newcastle, et sans y être autorisé par la France, que l'Angleterre se chargeât de proposer à la Russie qu'il serait donné par le roi de Suède et par le Prince- Successeur une déclaration par laquelle ils promettraient que la Suède n'attaquerait point la Russie, et des assurances qu'il ne sera donné aucune atteinte illégale contre la forme présente du gouvernement en Suède. Que cette déclaration serait garantie par les alliés de la Suède, et que la Russie donnerait aussi de son côté une déclaration qu'elle n'attaquera point la Suède ni ne ferait rien qui troublât l'ordre de succession qui y est établi , et que cette déclaration serait garantie par les alliés de la Russie. Que le marquis de Mirepoix écrivait que le duc de Newcastle avait goûté Touverture qu'il lui avait faite, et que, si la France l'approuvait, elle serait envoyée à Pétersbourg, pour que le ministre d'Angleterre la proposât au ministère de Russie. Le comte de Saint- Séverin m'ajouta que le marquis de Puyzieulx avait répondu au marquis de Mirepoix que la cour d'ici ne pouvait approuver ni désapprouver son idée, mais que, comme le ministère anglais l'avait regardée comme un expédient qui pourrait convenir à la Russie, la France la communiquerait à la Suède et à ses .alliés." 2

Nach dem Concept.

Potsdam, 16 mai 1750.

Vous pourrez dire à M. de Saint-Séverin en réponse à ce qu'il vous a donné à connaître dans l'entretien que, selon votre rapport du 4 de ce mois, il a eu avec vous, que, comme j'étais fermement intentionné de contribuer à tout ce qui pourra servir à la conservation de la tranquillité du Nord, j'agréerais très volontiers tout expédient que la France et le Danemark trouveraient convenable pour conduire à ce but-là, mais qu'il me paraissait cependant nécessaire qu'on pressentît préalablement les sentiments de la Suède là-dessus, pour savoir ce qu'elle en pense; qu'au surplus j'étais du sentiment que s'il ne nous coûtait qu'un coup de plume pour apaiser les brouilleries dans le Nord et pour rétablir la tranquillité, nous sortirions à bien bon marché de

cette affaire. „ ,

Federic.

t Vergl. S. 355. — « Vergl. S. 307. 348.

Potsdam, i6 xbaî 1750.

Ce que vous me marquez par votre dép^êche du 20 d'avril dernier, me fait présumer que vous agissez avec trop de souplesse envers les gens avec qui vous avez à négocier; il conviendrait en conséquence que vous leur parlassiez, comme de raison, avec plus de fermeté et sur un ton un peu fier. Comme, au suq)lus, vous n'avez point travaillé jusqu'ici à l'autre affaire, dont le sujet fait cependant la moitié de vos instructions,» il faudra que vous y tourniez à présent votre attention et que vous emplojriez tout votre savoir-faire pour réussir, au moins, dans cette partie de vos commissions. Au reste, mes ordres vous seront sans doute déjà parvenus en conséquence desquels vous devez suivre la cour à Aranjuez, pour y continuer vos négociations, ayant d'ailleurs laissé à votre discrétion de prendre le caractère public ou non, selon les occurrences.

Nack dem Concept.

Federic.

\A/ arendorff berichtet , Petersburg 5. Mai: „M. de Weselowski, maître des cérémonies, vint dimanche passée chez moi pour me remettre la note ci -jointe.

Votre Majesté y verra que, par une étiquette tout nonvellement établie ici, on trouve le caractère de ministre accrédité dont Votre Majesté m'a fait la grâce de me revêtir en cette cour, insuffisant pour avoir l'honneur d'être admis à l'audience de Sa Majesté l'Impératrice ... Le chancelier comte Bestushew me dit que l'Im* pératrice avait jugé à propos d'introduire cette nouvelle étiquette à l'exemple des cours de France et de Suède ... en me faisant entendre qu'il espérait que Votre Majesté ne prendrait pas en mauvaise part que ce changement de cérémonial fût justement arrivé dans ce temps- ci; que Sa Majesté Impériale, poursuivit - il avec un air riant et avec beaucoup de politesse, avait témoigné d'être satisfaite de ma nomination; que le tout tournerait à mon avantage, et qu'il se ferait un vrai plaisir de me faire un compliment de félicitation, quand il apprendrait que Votre Majesté aurait eu la grâce de me conférer le caractère d'envoyé extraordinaire."

Auszug aus der Ausfertigung.

Berlin, 17. Mai. 1750.

. . . Se. Kônigl. Majestât ,,haben geantwortet, dass, da Dieselbe Sich nicht erinnern kônnt^n^ was dem WarendorfF in denen Credentialen, so er erhalten, vor ein Charakter eigentlich beigeleget worden sei, so stelleten Sie solches zu Ew. Excellenz nâheren Einsicht ; daferne aber darunter einige Omission geschehen, so erachceten Se.

Kônigl. Majestât, dass nichts anders zu thun sein dôrfte, als dass man gedachtem Herm Warendorflf nàchstens andere Credentialen zusendete und ihm darin den Charakter von Miniistre plénipotentiaire beilegte ; wohergegen man kunftighin hiesigen Ortes eine gleiche Etiquette gegen die russischen Ministres, so hieher geschicket wiirden, auf das exacteste beobachten miisste.

Eichel.

ï Vergl. S. 86. 344. — a 3. Mai.

C/hambrier berichtet, Paris 8. Mai:

„0n assqre que le comte d'AIbemarle ti'en retournera à Londres en octobre, et qu'il ne reviendra plus. Le marquis de Mirepoix restera, dit-on, en France et ne retournera pas en Angleterre, où on croit que le sienr Durand, sera de nouveau chargé des affaires de la France, pendant que le colonel de Yorke aura ici le soin de celles de l'Angleterre."

Berlin, 19 mai 1750.

J'ai trouvé assez curieux ce que vous me marquez par votre dépêche du 8 de ce mois, au sujet du retour du cdmte d'Albemarle à Londres et de ce que le marquis de Mirepoix restera en France; il faut qu'il y ait à cela une raison cachée que je ne saurais pas comprendre encore, et il en paraît au moins que les chiens de ces deux puissances s'ameutent encore assez mal et qu'il y a encore de grandes bisbilles à démêler entre eUes.

En attendant, les affaires du Nord paraissent encore vouloir prendre un bon pli, de façon qu'on est en droit d'espérer que la tranquillité ne sera point troublée, au moins cette année-ci; mais c'est une chose constatée que, quelque grimace que la cour de Vienne fasse comme si elle s'était empressée à conjurer l'orage qui menaçait le Nord, son procédé n'a pas été bien légal à cet égard, puisqu'il est connu que le comte Bernes, ambassadeur autrichien à Pétersbourg, a empêché par ses persuasions le sieur Guy Dickens et le ministre de Hollande, Swart, de faire leurs représentations en faveur de la Suède de la manière qu'il leur a été enjoint par leurs cours respectives, de façon que, quoique ces instructions eussent été très positives et que surtout le sieur Guy Dickens eût eu ordre de délivrer au Chancelier sa déclaration par écrit et d'en faire part aux ministres étrangers à Pétersbourg et de leur en donner même un extrait, le comte Bernes a malgré cela obtenu d'eux, à force de persuasion, qu'ils ne s'en sont acquittés que fort légèrement auprès du Chancelier et simplement par manière de conversation, sans lui laisser le moindre mot par écrit.* Je reste, nonobstant tout cela, dans la persuasion que la Russie ne tentera rien contre la Suède.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Berlin, 19 mai 1750.

Après vous avoir accusé la bonne réception de votre rapport du

2 de ce mois, je n'ai cette fois -ci qu'à vous dire que je suis sensible

à la confidence que le comte Lynar vous témoigne, et que vous deviez

cultiver soigneusement cette amitié et cette confidence, qui vous mettra

X Dièse Mittheilungen an Chambrier beruhen auf Erôffnungen, die der Graf Lynar zu Petersburg dem Vertreter Preussens gemacht und die dieser unter dem 2. Mai dem Kônige berichtet hatte. Vergl. Nr. 4318.

à même d'approfondir bien des choses qui, en défaut de cela, vous coûteraient bien de savoir.

Je conviens de la duplicité de la cour de Vienne,' et j'ai appris par plus d'un canal combien cette cour se voit mortifiée de ce que les troubles qui ont menacé le Nord viennent de s'apaiser, quoiqu'elle dissimulait le mieux qu'elle pouvait le chagrin qu'elle en ressentait. Tout cela ne doit point vous relâcher dans votre attention sur tout ce qui se passe et s'intrigue là où vous êtes.

Ayant, au surplus, été informé de la nouvelle chicane que le chancelier Bestushew vous a faite pour éloigner votre audience auprès de l'Impératrice,'* j'y ^ "^is ordre et je vous renvoie sur cela au rescrit que vous recevrez du département des affaires étrangères.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

La relation que vous m'avez faite du 9 de ce mois, m'a été rendue. Malgré le sensible déplaisir que la cour de Vienne ressent de ce que les affaires du Nord se tournent tout d'une autre façon qu'elle l'aurait souhaité, et qu'elle manque par là le but qu'elle en avait espéré, je suis persuadé que tous les nuages qui menaçaient le Nord, seront dissipés. Pour ce qui regarde les campements qu'elle ira former au mois d'août, elle sera la maîtresse de faire à ce sujet ce qui lui semblera bon, et je n'en serai nullement embarrassé. En attendant, comme je suis a^ez curieux de savoir si l'on fera faire quelques nouveaux exercices ou manœuvres aux troupes qu'on assemblera, je souhaiterais bien que vous puissiez trouver quelque émissaire ou espion, vers le temps que ces campements se formeront, pour y observer les manœuvres que les troupes feront, afin que vous sachiez m'en faire un rapport exact.

Nach dem Concept. F 6 d 6 r i C.

A STOCKHOLM

Berlin, 19 mai 1750.

J'ai reçu votre dépêche du 8 de ce mois. Vous pourrez hardiment assurer au comte Tessin que, si jamais les dépêches suédoises se trouvaient avoir été ouvertes en chemin, cela ne s'était nullement fait au passage par mes États, et que lui, comte Tessin, pouvait tout-à-fait compter làdessus. Je crois avec tout cela qu'il y a du malentendu là -dedans, soit de la part du comte Tessin, soit de votre côté, et, pour vous 1

X Vergl. die vorige Nummer. — « Vergl. S. 378. ^

mettre mieux à même de pouvoir juger là -dessus, je veux bien vous dire que, sur de bons avis que j'ai reçus par des canaux bien sûrs, j'ai averti Madame ma sœur, la princesse royale de Suède, qu'il fallait qu'elle eût quelques domestiques infidèles auprès d'elle, puisque la cour de Pétersbourg était informée de bien des particularités qui regardaient la Princesse.^ H se peut donc que, la Princesse en ayant parlé au comte Tessin, celui-ci l'ait mal comprise, ou bien qu'il se soit mal expliqué à vous.

Quoi qu'il en soit , vous pourrez toujours assurer le comte Tessin que, s'il était constaté que les dépêches suédoises avaient été ouvertes en chemin, en ce cas-là les curieux impertinents n'avaient nullement été

dans mes États. ' , .

Federic.

Nach dem Concept.

43 2 r. AU CONSEIIXER PRIVÉ DE LÉGATION ERNEST -JEAN

DE VOSS A VARSOVIE

Berlin, 19 mai 1750,

Votre dépêche du 9 de ce mois m'a été bien rendue, sur quoi je

vous dirai que, comme vous savez vos instructions et que vous n'ignorez

d'ailleurs pas mes intentions relativement à la Diète présente, je tiens

pour suffisant de vous y renvoyer, d'autant plus que je ne saurais vous

donner d'autres instructions que celles que vous tenez en mains,* avant

que je ne voie plus clair sur le tour que les affaires de Pologne

prendront, quoique en attendant je sois fâché que les intrigues du

ministre saxon et la mollesse et la cupidité des principaux d'entre les

Polonais vous rendent l'exécution de vos ordres également difficile et

épineuse. t- j .

^r 1. . ^ Federic.

Nach dem Concept,

DE VOSS A COPENHAGUE

Berlin, 23 mai 1750.

J'ai vu ce que vous m'avez marqué par votre rapport du 16 de ce mois, au sujet de l'entretien que M. de Berckentin a eu avec le sieur Lemalre, relativement aux affaires de Suède. Comme il m'a paru que le premier a fort biaisé dans ses propos, vous devez tâcher de bien pénétrer s'il n'y a pas du changement dans la façon de penser de la cour de Danemark, depuis que feu M. de Schulin est mort, sur quoi vous ne manquerez pas de m' instruire exactement

Nach dem Concept. F e d e r 1 C.

I Vergl. Bd. VI, 342. — 2 Vergl. S. 341.

A SAINT-PÉTERSBOURG

Berlin, 23 mai 1750.

La présente n'est que pour accuser les dépêches que vous m*avez faites du 5 et du 12 de ce mois, par lesquelles j'ai appris avec bien de la satisfaction les assurances que vous me donnez que la Suède ne court aucun risque, dans la situation présente des affaires, d'être attaquée de la Russie.

J'ai été d'ailleurs bien content du détail que vous m'avez fait de la conversation intéressante que vous avez eue avec l'ami connu, et des autres détails assez» dignes de mon attention que vous y avez ajoutés et que je crois tous exacts et vrais, mais qui ne laissent guère espérer que le grand antagoniste serait culbuté du parti opposé à lui.

Au surplus, je ne saurais point goûter le conseil que l'ami connu vous a donné de suspendre la déclaration dont vous êtes chargé ; ' aussi ^ ne veux-je point croire que vous vous serez laissa ébranler p^r cet avis, et je serais sûrement bien mécontent de vous, quand vous n exécuteriez pas mes ordres là-dessus au pied de la lettre et tels que je vous les ai prescrits. Ce que vous ne manquerez pas de bien observer.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

v^hambrier berichtet, Paris 15. Mai, Saint - Séverin babe ihm gesagt: „Nous conimuniquerons toujours au Roi Totre maître tout ce que nous croirons qui peut l'intéresser; mais nous espérons qu'il nous rendra le change, et que la réciprocité qui doit être entre amis et des alliés, aura lieu entre nous. Je ne vous cacherai pas que le Roi est touché de la confiance qu'on lui marque.*'

Potsdam, 26 mai 1750.

Votre dépêche du 15 de ce mois m'a été rendue. La façon de penser du ministère de France sur les affaires du Nord est également juste et solide. Rien de plus désirable que l'affermissement de la paix ; mais quant à la- Russie , je crois qu'il coûtera encore de disposer celle-ci à finir ses ostentations sur les frontières de la Suède, quoiqu'on ait tout lieu de croire qu'indépendamment de ces dénxonstrations la Russie ne veuille pas entamer la Suède.

Pour ce qui concerne le propos que M. de Saint-Séverin vous a tenu relativement à la communication confidente à entretenir entre la France et moi, je crois que jamais la France ne saura se plaindre comme si j'y avais manqué de ma part, et vous et le marquis de Valory roe serviront de témoins que j'y ^.i agi toujours sans réserve.

Nach dem Concept. F C d e ri C.

I Vergl. S. 278.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 26 mai 1750.

J'ai reçu votre dépêche du 16 de ce mois. Il paraît assez, par tout^ la manœuvre que fait la cour de Vienne dans les affaires du Nord, pour qu'on en puisse juger que cette cour ne le* croit pas être de sa convenance de souffler efficacement pour faire éclater, à l'heure qu'il est, la guerre dans le Nord, quoiqu'elle tâche de son mieux à en fomenter le feu sous les cendres jusqu'au temps qu'elle ait trouvé une occasipn favorable à nie séparer d'avec la France et de pouvoir pêcher en eau trouble ; en quoi cependant je me confie qu'elle se trompera dans l'opinion pleine de bonne espérance dont elle se berce à cet égard. Ih^ H *

, Nach dem Concept. X" COeriC.

DE VOSS A COPENHAGUE

Potsdam, 26 mai 1750.

Dès. qu'il plaira, selon que vous me le marquez par votre rapport du 19 de ce mois, à la cour de Danemark de rappeler d'ici le baron de Rosenkrantz pour l'employer ailleurs, toute personne que voudra nommer cette couir pour l'y envoyer à sa place , më sera toujours agréable.

Je souhaite, au reste, que l'avis qu'on vous a donné, que le voyage du baron de Bernstorff à Hanovre n'aurait point lieu, vienne à se confirmer. Mais quoi qu'il en soit, je vous ordonne que, dès- que ce ministre arrivera à Copenhague, vous deviez veiller de bien près sur tous les pas qu'il fera, pour vous bien orienter sur sa façon de penser.

Nach dera Coacept. F 6 d e r i C.

Potsdam, 26 mai 1750.

La réponse que vous avez faite, en conséquence de votre relation du 19 de ce mois, aux gens qui se sont informés auprès de vous de ce qui regarde les établissements dans mes États, n'est nullement dans le sens que je l'aurais souhaité; tout au contraire, vous auriez dû dire à ceux qui -ont pris des informations de vous si l'établissement d'une compagnie de commerce aurait lieu à Emden, qu'on n'y refuserait personne et que, s'il y avait des personnes qui voudraient former là une compagnie de commerce, elles n'avaient que de m'adresser directement un mémoire sur les conditions qu'elles demandaient de former là une compagnie de commerce, en y qualifiant le négoce

qu'elles se proposent d'y établir, et qu'elles sauraient s'attendre à des résolutions favorables là -dessus, autant que les circonstances le permettraient. Quant aux autres qui vous ont demandé quels moyens il y avait pour faire valoir avantageusement leur argent dans mes États, vous auriez dû leur répliquer qu'il y avait tout moyen pour le faire valoir, mais, pour les. convaincre qu'on agirait honnêtement et de la façon la plus ouverte avec eux, on laissait à leur discrétion s'ils trouvaient bon d'y envoyer quelque personne de confiance de leur part pour prendre langue et pour voir par ses propres yeux si c'était de la convenance de ceux qui l'avaient envoyée d'y faire des établissements, et qu'au cas qu'elle ^'en trouvait, on tâcherait à leur procurer toutes les aisances qu'ils sauraient raisonnablement prétendre, tout comme ils ne risqueraient jamais avec moi, quand même ils ne trouveraient point convenable de faire ici des établissements.

Voilà ce* que j'ai bien voulu vous dire pour votre direction, en vous recommandant fort de ne négliger aucune occasion où vous sauriez faire usage de tout ce que dessus; aussi pouvez-vous compter que rien ne saura vous rendre plus recommandable auprès de moi que si vous

savez réussir là-dessus à mon gré. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

A STOCKHOLM

Pûtsdam, 26 mai 1750.

J'accuse votre dépêche du 15 de ce mois. Comme le colonel baron de Scheffer vient de retour de Stockholm pour aller à Paris, il a témoigné à moi de la part de la cour de la Suède combien on y était sensible aux ouvertures confidentes que j'avais faites sur le concert d'opération' proposé par le ministère de Suède, en cas de guerre avec la Russie, et qu'on ne discontinuerait point d'employer tous les soins pour mettre la Finlande en bon état de défense et de se procurer la supériorité par mer à l'égard de la Russie, quoiqu'on éviterait soigneusement tout ce qui saurait donner lieu aux imputations comme si la Suède nourrissait des vues offensives. Comme j'avais d'ailleurs fait la proposition à la Suède de lui donner en cas d'attaque 6,000 hommes, au lieu des 9,000 stipulés par le traité d'alliance, à condition de les garder tant que la guerre durerait, quand même elle deviendrait commune, on a répondu par ledit colonel que la cour de Suède y entrait également et préférerait même l'évaluation de ce secours en argent. J'ai jugé à propos d'accepter cette proposition, pour éviter bien des embarras qui en résulteraient indispensablement à l'égard de la marche et du transport de ces troupes, si le cas venait à exister qu'il faudrait les envoyer

I Vergl. S. 332.

en Suède, et ferai faire cette évaluation en argent, afin de me régler

là-dessus avec la Suède.

Voilà ce que j'ai bien voulu vous dire, quoique pour votre direction

seule encore. Au surplus, ce que je trouve le meilleur dans toute cette

affaire, c'est que je crois que nous n'aurons guère plus à appréhender

la Russie, étant d'ailleurs persuadé qu'on ne saurait trop compter sur

les arrangements qu'on a faits en Suède pour repousser la Russie en

cas d'insulte. ^

Federic.

Nach dem Concept.

Potsdam, 26 mai 1750.

Voici la réponse que je viens de faire à la lettre que vous m'avez envoyée hier de la part du sieur de Wulfwenstjerna , que vous ne manquerez pas de lui faire parvenir. Comme ce ministre m'a marqué dans sa lettre que sa cour avait goûté la proposition que je lui avais faite de donner à la Suède en cas d'attaque 6,000 hommes au lieu des 9,000 stipulés par le traité d'alliance, à condition de les garder tant que la guerre durerait, quand même elle deviendrait commune, et que sa cour préférerait même l'évaluation de ce secours en argent, supposé que je le jugeasse à propos , j'ai bien voulu accepter cette proposition, vu les grands embarras, par rapport à la marche et au transport de ces troupes en Suède, qu'on évitera par là. Afin que je puisse ainsi m'àrranger de bonne heure sur les sommes qu'il faudrait que je payasse à la Suède, en conséquence de l'évaluation de ce secours en argent, ma volonté est que vous deviez faire faire cette évaluation et m'en faire votre rapport.. Et sur ce, je prie Dieu etc.

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