ANHALT-DESSAU IN DESSAU
Pot s dam, 29. Juli 1749.
Durchlauchtiger Fiirst, freundlich geliebter Vetter. Da die Um-
stànde zwischen Russland und Schweden wiederum von neuem sehr critique
zu werden anfangen, indem der russische Hof sich mit der bekannten
bereits geschehenen Déclaration des schwedischen Ministerii,* dass nàm-
lich nach Absterben des jetzigen Kônigs von Schweden keinesweges eine
souveraine Regierungsform introduciret werden wiirde — um so weniger,
als kein Mensch in Schweden dergleichen proponiren dôrfe, ohne sich
der in denen Gesetzen des Landes darauf geordneten Strafe schuldig zu
machen — nicht contentiren, sondem mehrere Sicherheit desfalls fordem
will, auch zu dem Ende entschlossen sein soll, dem schwedischen Hofe
die Déclaration mit nàchstem thun zu lassen, dass die russische Kaiserin
entschlossen sei, vorangefilhrter Ursachen halber ein in Bereitschaft
habendes Corps d'armée von ohngefahr 30,000 Mann in Schwedisch-
Finnland einriicken zu lassen, welches dann nicht als Feind, sondern als
Freimd kommen und nicht anders als vor sein eigenes Geld leben, auch
niemanden molestiren, vielmehr die genaueste Disciplin halten wiirde,
jedennoch bis zu dem uber kurz oder iiber lang erfolgenden Todesfall
des jetzigen Kônigs von Schweden in gedachtem Finnland einquartieret
bleiben solle — so habe Ich nicht anstehen woUen, Ew. Liebden von
solchen Mir zugekommenen Nachrichten ganz vertraute Communication
zu thun, jedoch mit dem Ersuchen, ailes dièses noch zur Zeit bei Sich
bestens zu secretiren und davjon niemandem etwas zu erôffnen. Sollte
dièse Nachricht continuiren und der russische Hof sothane Déclaration
thun und reahsiren woUen, so kann der Krieg in Norden nicht anders
als ohnvermeidlich sein, welches sich dann in den nàchstbevorstehenden
beiden Monaten August und September developpiren muss und davon
Ich das nâhere Ew. Liebden vertrautest zu communiciren nicht ermangeln
werde. Ich bin iibrigens Ew. Liebden freundwilliger Vetter
Nach der Ausfertigung. Friderich.
I Vergl. Bd. VI, 375.
Potsdam, 29 juillet 1749.
Monsieur le Marquis de Vajory. J'ai bien voulu vous donner une nouvelle marque de la confiance particulière que j'ai mise en vous, en vous communiquant la copie ci -close d'une pièce assez intéressante qui m'est tombée en mains, mais dont il est de la dernière conséquence que vous soyez en garde que vous usiez du plus religieux secret, et que vous n'en touchiez mot à âme qui vive à Berlin, pas même à mon ministre, le comte de Podewils.
Nous pourrez bien envoyer cette pièce à votre cour, mais la prudence demande, et je l'exige de vous, que vous ne l'envoyiez absolument pas autrement que lorsque vous aurez trouvé une occasion où vous pourrez le faire en toute sûreté et où vous n'aurez aucunement à risquer par rapport au secret, en quoi je me fie sur votre discrétion. Cependant vous pourriez bien marquer, en attendant, à M. le marquis de Puyzieulx que je venais de vous communiquer encore une pièce qui m'était parvenue par un canal très sûr et qui confirmait les premières nouvelles que vous aviez mandées, par le courrier que vous aviez envoyé en dernier lieu,^ mais que vous étiez obligé de garder encore cette pièce auprès de vous jusqu'à ce que vous sachiez trouver quelque occasion pour l'envoyer en toute sûreté à votre cour. Et sur ce, je prie Dieu
Federic.
An die Rômische Kaiserin.
Berlin, 28. Juli 1749.
Die seit wenigen Tagen, nach meinem am 22. dièses an Grafen von Ulfeld erlassenen Schreiben, an dem schwedischen Minister bemerkte besondere Activitàt beginnt sich aufzudecken, indem mir der russische Minister gestern dem hergebrachten Vertrauen zu Folge erôfFnet hat, dass die russische Kaiserin den Entschluss gefasset habe, in Schweden declariren zu lassen, welchergestalt sie ein Corps d'armée nach Schwedisch- Finnland aufbrechen zu lassen in Bereitschaft stehe, welches fur baar Geld leben, die schârfste Mannszucht halten und zur Maintenirung der Freiheit der schwedischen Nation, so bei dem iiber kurz oder lang erfolgeten Ableben des jetzigen Kônigs in Schweden betrofifen zu werden Gefahr liefe, allda einquartiret bleiben soUe. Gross hat keine Ordre, gegen den hiesigen Hof davon einigen Gebrauch zu machen. Vermuthlich aber hat Wulfwenstjerna und dessen Anhang schon davon Licht und ist sonder Zweifel dieserhalb gestern nach Potsdam zum Kônige berufen worden. Hier làsset man, wenigstens bis nun zu, keine Unruhe merken, es kann aber ohnmôglich lange verborgen bleiben, was man fur Massregeln zu
I Vergl. S. 25.
ergreifen gedenke, falls Russland dièse Déclaration zu realisiren wirklich
gemeinet sein soUte. Ich empfehle mich etc. ^ ^ ^,
^ ^ GrafChotek.
Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswartigen Ministeriums zu Paris; die Beilage nach Abschrift der preussîschen Cabinetskanziei, ebendaseibst.
Potsdam, 29 juillet 1749.
Il m'a fait plaisir de voir que le marquis de Puyzieulx jugç à présent aussi sainement des vues secrètes des cours de Vienne, de Londres et de Russie par rapport à la Suède et à ses amis, qu'il le fait selon le rapport que vous m'en avez fait par votre dépêche du 17 de ce mois.
Comme il m'est revenu encore, depuis la dernière que je vous ai faite, un avis par un très bon canal que la Russie n'a point encore abandonné son plan de vouloir faire entrer un corps de ses troupes dans la Finlande suédoise, même pendant la vie du roi de Suède, sous prétexte de vouloir maintenir par là la liberté de la nation, j'ai bien voulu vous en faire part.
Au surplus, on vient de me mander de Vienne qu'il y avait des lettres de Constantinople touchant les différends qui subsistent entre la Porte Ottomane et la Russie, qui disent qu'il n'y avait nulle apparence que ces bisbilles eussent des suites, et que les deux cours impériales comptaient beaucoup sur l'humeur pacifique du Sultan qui règne, et qu'elles se tenaient assurées de l'amitié du Grand -Visir. Vous ne manquerez pas d'en parler au marquis de Puyzieulx, en lui demandant de vouloir bien m'éclaircir là-dessus et m'en dire ses sentiments.
Nach dem Concept. F 6 d e r i C
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 29 juillet 1749.
Puisque vous êtes déjà assez instruit dans quels termes sont actuellement les affaires entre la Suède et la Russie, et ce qui regarde la déclaration que la dernière va faire à celle-là, je veux bien vous dire encore, quoique pour votre direction seule, que j'ai conseillé à la Suède que, lorsqu'on lui fera la déclaration en question, elle ne saurait mieux faire que d'y prêter les mains. Reste à savoir si, quand même le successeur à la couronne de Suède se sera prêté à donner cette déclaration que la cour de Russie lui demande, celle-ci n'en deviendra pas plus impertinente et continuera à demander de nouvelles déclarations, que la Suède ne saura nullement donner. En attendant, je ferai tout de mon côté pour prévenir au possible une nouvelle guerre.
Pour ce qui est des différends entre la Porte Ottomane et la Russie, ne vous imaginez pas que la cour de Vienne les regarde aussi indifféremment qu'elle le voudrait bien faire accroire aux autres, et il se pourrait bien arriver des choses qui ne laisseraient pas de lui causer bien de la peine. Quant au sieur Blondel, je connais depuis longtemps la légèreté de son esprit; aussi ferez-vous bien d'agir prudemment avec lui.
Comme j'ai reçu depuis peu encore un avis par un très bon canal
que la cour de Russie n'avait point encore abandonné son plan de faire
entrer un corps d'armée dans la Finlande suédoise, sous le prétexte de
maintenir par là la liberté de la nation suédoise, vous devez être bien
vigilant sur ce que la cour de Vienne voudra faire dans le cas que les
troupes russiennes entreraient dans la Finlande, et si alors elle voudra
envoyer ces troupes auxiliaires que la Russie a réclamées d'elle; et, au
cas que cela arrivât, vous devez alors m'en avertir par un courrier, que
vous m'enverrez expressément à ce sujet -là. „ ,
,^ u. ^ Federic.
Nacn dem Concept.
A STOCKHOLM
Potsdam, 29 juillet 1749.
J*ai bien reçu les deux dépêches que vous m'avez faites à la date du 18 de ce mois. Comme depuis ma dernière que je vous ai faite, il m'est entré de nouveau un avis, par un très bon canal, qui me donne tout lieu de présumer que les premières nouvelles que mon coiurier vous a apportées relativement à la résolution que l'impératrice de Russie doit avoir prise pour faire déclarer à la Suède qu'elle ferait entrer incontinent un corps de ses troupes dans la Finlande suédoise, qui y devra prendre ses quartiers jusqu'à l'événement de la mort du roi de Suède, quoiqu'en y subsistant à ses propres frais, sous prétexte de maintenir la liberté de la nation suédoise, ne sont point du tout mal fondées ni exagérées, — je vous ordonne d'en avertir d'abord encore la Princesse ma sœur et le Prince - Successeur , de même que le comte Tessin et le sieur Rudenschôld, afin qu'ils ne négligent point d'y avoir égard et d'aviser sur la réponse qu'on donnera au sieur Panin, quand il ferait la déclaration susdite, de même que sur les arrangements à prendre dans la Finlande, en cas que la Russie voudrait réaliser ces menaces, afin de n'y être point surpris. Le cas me paraît trop important pour que la cour de Suède ne doive pas penser à se préparer sur un événement d'une si grande conséquence, et je ne saurais nier que je ne sois encore dans l'appréhension que le mois d'août qui vient ne nous amène encore des événements très fâcheux à la tranquillité du Nord.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Corresp. Fricdr. H. VII,
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 29 juillet 1749.
Votre dépêche du 18 de ce mois m'a été rendue. Comme il m'est revenu de nouveau un avis qui me donne tout lieu de soupçonner que la nouvelle que j'ai déjà eue de la résolution que la cour de Russie doit avoir prise de faire entrer un corps d'armée dans la Finlande suédoise, qui y doit prendre quartiers, quoiqu'à ses propres dépens et sans agir hostilement, jusqu'à l'événement de la mort du roi de Suède, sous prétexte de maintenir la liberté de la nation suédoise, [ne soit point mal fondée] — je vous le communique pour votre direction et vous recommande d'être extrêmement vigilant sur tout ce qui pourra l'intriguer à la cour où vous êtes dans un moment aussi critique que le présent. Au surplus, vous pouvez être d'autant plus assuré de l'existence d'un nouveau traité fait entre les deux cours impériales dans le mois de février passé, que j'en ai une copie en mains.' Federic
Nach dem Concept.
Potsdam, 29 juillet 1749.
La dépêche que vous m'avez faite du 22 de ce mois, m'a été rendue. J'ai tout lieu d'être satisfait de la conduite que vous avez tenue tant à l'égard des ministres de France et de Suède que par rapport à la commission dont je vous ai chargé * relativement à ce qui se négocie entre eux et la cour de Danemark. Continuez d'agir sur le pied que vous avez commencé ; mais, s'il arrivait que cette cour voudrait chicaner le terrain, et que les deux ministres susdits s'avisent de vous presser à parler au ministre de Danemark dans des termes plus forts, gardez-vous bien d'outre-passer les ordres que je vous ai donnés à ce sujet, et n'expliquezvous alors précisément que dans les termes que je vous ai prescrits.
J'attends avec impatience le rapport que vous me ferez sur le dénouement de la négociation de ces ministres. J'ai trop bonne opinion des lumières et du^ savoir-faire que je connais au sieur Lemaire, pour ne pas être assuré qu'il mènera tout à une heureuse issue et qu'il ne doive empêcher que le Danemark ne soit escamoté à la France pour se lier avec l'Angleterre, et en conséquence avec la Russie, en quoi je crois qu'il trouvera assez de facilité, puisque je ne saurais m'imaginer que le Danemark veuille oublier ses vrais intérêts au point de préférer les offres de l'Angleterre 3 pour jouer gros jeu, aux avantages que la France lui offre sans faire la guerre,^ qui le livrait à des hasards qui pourraient ne lui être aussi favorables qu'il aurait cru peut-être. -p ^
Nach dem Concept.
X Vergl. Bd. VI, 470. — a Vergl. S. 8. 9. — 3 Vergl. S. 36. — 4 Vergl. S. 9 Anm. I.
A STOCKHOLM
Potsdam, 2 août 1749.
Votre dépêche du 22 de juillet dernier m'est bien entrée, et je suis fort sensible à l'attention que le Prince -Successeur vient encore de me témoigner.^ Ce que je souhaite au moment présent, c'est que le sieur de Panin ne soit point chargé de faire de mauvaises déclarations à la Suède de la part de sa cour. H est sûr cependant qu'il en fera de deux une, ou pour avoir des assurances formelles du Prince- Successeuç de ne point vouloir se prêter au rétablissement de la souveraineté en Suède lors de son avènement au trône, ou pour annoncer l'entrée d'un corps de troupes russiennes dans la Finlande suédoise.
Au premier cas, il y aurait encore de quoi espérer pour la conservation de la tranquillité du Nord; mais au second, la guerre serait inévitable.
Je me flatte que le ministère suédois aura pris des mesures convenables pour obvier à l'un et à l'autre, ne pouvant d'ailleurs guère manquer d'arriver que les affaires se développeront dans le courant du mois présent, de manière qu'on verra plus clair sur le pli qu'elles
voudront prendre. t^ , .
" Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 2 /tout 1749.
Mes dépêches précédentes vous auront appris combien je suis encore incertain sur le parti que la Russie prendra relativement à la déclaration qu'elle veut faire à la Suède par son ministre à Stockholm.
Si elle fait déclarer qu'elle n'exige qu'une assurance de la part du successeur à la couronne de Suède que, lorsqu'il ira monter au trône, il ne donnera nullement les mains à ce qu'il se fasse aucun changement à la forme présente du gouvernement, alors la tranquillité du Nord pourra se conserver. Mais si, au contraire, la Russie fait déclarer qu'elle ne saurait se dispenser de faire entrer un corps d'armée dans la Finlande suédoise, aucun homme raisonnable ne saurait envisager autrement cette démarche que comme une infraction de paix et une hostilité ouverte.
Je conviens avec M. de Puyzieulx qu'il serait très désirable pour la tranquillité du Nord que l'accommodement entre la Suède et le Danemark se puisse conclure; aussi, pour faciliter cet ouvrage salutaire,
I Durch eine verbindliche Antwort, Stockholm 28. Juni a. St. (im Original verschrieben 28. Juli), auf den Ed. VI, 574 erwâhnten Brief des Kônigs.
le Prince - Successeur a condescendu à tout ce que le Danemark a demandé de lui. Malgré cela, je ne suis pas tout -à- fait tranquille sur le succès de cette négociation, vu les grands efforts que le ministre anglais à Copenhague, le sieur Titiey, fait pour la traverser et pour faire entrer le Danemark dans les vues du roi d'Angleterre, et qui vont si loin qu'il a un plein -pouvoir où on lui a donné carte blanche pour sa négociation, déclarant en même temps qu'on n'avait qu'à parler et que sa cour accorderait tout ce qu'on pourrait raisonnablement demander. Au surplus, vous direz à M. de Puyzieulx que je ne trouvais rien de plus simple et de plus naturel que ce traité entre poi et le Danemark dont il a fait mention envers vous, et que je m'y acheminerais, dès que l'accommodement de la Suède et du Danemark serait venu à sa perfection. Vous finirez en disant à M. de Puyzieulx que j'envisageais absolument le mois où nous venions d'entrer comme celui où il serait décidé du sort que le Nord aurait, et qu'il nous développerait si la tranquillité du Nord continuera ou non.
Nach dem Concept.
Federic.
GR^FFEN A LONDRES.
K.lmggrâfFen berichtet, London 22.
Juli: „I1 m'est revenu de bon lieu qu'il a été question de faire entrer le Danemark dans toutes les mesures à prendre et que cette puissance y a paru à la fin assez disposée, moyennant 50,000 livres sterling par an. La chose a été mise au tapis dans le Conseil du Roi. Le duc de Newcastle a représenté avec force qu'il ne fallait point balancer à fournir cet argent, étant un coup de partie pour ce pays-ci, qui devait par là s'attacher des puissances étrangères, à moins qu'on ne voulût donner cause gagnée à la France et à ses alliés, et être entièrement exclus des affaires du Continent, où l'Angleterre avait jusqu'ici été à la tête. Le Roi a pensé de même, mais le duc de Bedford, secondé par le sieur Pelham et le Grand- Chancelier i et autres du Conseil, ont représenté à leur tour fort énergiquement que la vraie considération d'un État consistait par commencer à remettre les finances, afin d'être à même de s'attacher solidement les puissances étrangères , ce que l'Angleterre n'était point en état de faire dans la situation où se trouvent actuellement ses finances: enfin, tous les
Potsdam, 2 août 1749.
Quoique je vous sache bon gré de l'anecdote intéressante que vous m'avez communiquée par le post-scriptum de votre relation du 22 du mois passé, par rapport au chipotage avec le Danemark pour le faire entrer dans les vues du roi d'Angleterre, il faut cependant que je vous dise que l'avis du duc de Bedford et du sieur Pelham n'ont point su empêcher le duc de Newcastle qu'il n'ait fait offrir par le sieur Titiey à la cour de Danemark un subside de 600,000 écus par an, en demandant un corps de 6,000 hommes que celle-ci devait toujours tenir prêt à la disposition du roi d'Angleterre. Aussi le sieui* Titiey a-t-il fait tous les efforts imaginables pour avancer sa négociation, jusque là qu'il a fait voir au ministre de Danemark, le sieur
X Lord Hardwicke.
trois ont insisté sur leur redressement préalable, et la demandé pour le Danemark a été déclinée pour cette fois.'^
de Schulin, un plein-pouvoir où on lui donne carte blanche pour sa négociation, et qu'il a déclaré en conséquence au sieur Schulin qu'on n'avait qu'à parler et que sa cour accorderait tout ce qu'on pourrait raisonnablement demander. Il s'en est expliqué dans le même sens au roi de Danemark dans une audience particulière qu'il lui a demandée tout exprès, et quoiqu'on ait voulu m'assurer que, malgré toutes ces offres éblouissantes, la cour de Danemark préférait de renouveler son traité de subsides avec la France, j'avoue cependant que je ne suis pas hors de toute appréhension que l'Angleterre ne l'emporte sur celle-ci.
Enfin, les affaires du Nord se trouvent, au moment qu'il est, dans une aussi grande fermentation et à un point tellement critique qu'il faut qu'un temps de quinze jours ou de trois semaines nous développe clairement le fond des vrais intentions des deux cours impériales et de celle de Londres relativement à ces affaires, et si la paix s'y conservera cette année-ci ou non. Car, si la Russie persiste de vouloir faire entrer des troupes dans la Finlande suédoise, la guerre en sera inévitable, au lieu , que , si elle n'exige de la Suède qu'une déclaration de la part du Prince, successeur à la couronne, que lorsqu'il sera vis-à-vis de monter au trône, il ne voudra donner les mains à aucun changement de gouvernement, le repos du Nord se pourra conserver encore.
Nach dem Concept. . F e d e r i C.
Pot s dam, 2 août 1749.
J'ai reçu votre rapport du 25 de juillet dernier, et c'est avec beaucoup d'impatience que j'attends celui que vous me ferez sur la réponse définitive qui aura été donnée, là où vous êtes, aux ministres de France et de Suède; car je ne saurais vous cacher qu'il me naît diverses appréhensions sur ce que le sieur de Schulin n'a point d'abord fait ouverture au ministre de France du résultat en question du Conseil danois, mais qu'il l'a appointé à cet égard pour quelques jours après à sa maison de campagne.
Les autres circonstances, d'ailleurs, que vous me touchez par votre
susdit rapport, savoir les nouvelles attentions qu'on témoignait au ministre
de Russie, et que la Reine a recommencé a paraître en public au même
jour que le Conseil danois s'est décidé sur l'affaire de la négociation
entamée avec la Suède, ces circonstances, dis-je, quoique peu importantes
et presque indifférentes en elles-mêmes, ne me parraissent aucunement
de bonne augure pour en pouvoir inférer une heureuse . issue de cette
négociation. ,
■Kx ^, A n . Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 2 août 1749.
J*ai reçu la dépêche que vous m'avez faite du 22 de ce mois passé de juillet. N'envisagez point les arrangements militaires que la cour où vous êtes pourra prendre, comme des indices peu propres pour juger de ses intentions secrètes, et considérez que, quoique l' Impératrice-Reine ne voudra pas se déclarer d'abord quand la guerre s'élèvera au Nord, elle ne saurait s'empêcher de fournir, malgré cela, des troupes auxiliaires à la Russie, vu les engagements qu'elle a contractés avec celle-ci, puisque sans cela la situation où la Russie se trouve présentement ne lui saurait pas permettre d'entreprendre quelque chose de considérable du côté de la Courlande. Ainsi je n'ai nul lieu de douter que, dès que la Russie voudra venir à des éclats de ce côté-là, elle ne réclame le secours de l'Impératrice -Reine, qui ne saura que fort difficilement se soustraire de l'en aider; aussi m'a -t- on appris qu'elle a effectivement fixé le nombre de 14,000 hommes, partie cavalerie, partie Croates, qu'elle enverra par la Pologne vers la Courlande, dès que les troubles y commenceront, et voilà les raisons qui vous doivent mouvoir d'avoir une attention particulière sur ce que la cour de Vienne fait d'arrangements militaires.
Au surplus, si cette cour-là réussit à duper le sieur de Blondel par ses prétendus sentiments pacifiques, elle ne parviendra point à en imposer au marquis de Puyzieulx. Comme d'ailleurs les affaires du Nord sont actuellement dans la plus grande fermentation, il faut qu'elles se décident dans le mois où nous venons d'entrer, pour qu'on puisse juger si la paix durera ou non. C'est pourquoi vous devez redoubler d'attention et m'informer bien exactement de tout ce qui viendra à votre connaissance relativement à mes intérêts. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
DE GOLTZ A MOSCOU
Pots dam, 2 août 1749.
Si le capitaine Stackelberg est effectivement ce prisonnier qu'on garde dans la maison du Chancelier de la façon que vous le marquez dans votre rapport du 10 du mois passé de juillet, j'avoue que je ne saurais comprendre quelles dépositions il saurait faire relativement à moi dont on pourrait faire usage pour m'en noircir encore dans l'esprit de l'Impératrice, puisque je n'ai jamais été en quelque relation particulière avec cet officier ni ne l'ai chargé d'aucune commission ni affaire de ma part; et d'ailleurs, je le crois encore trop honnête homme pour qu'il voudrait se prêter à des mensonges indignes.
Au surplus, dans les circonstances critiques où les affaires du Nord ont été jusqu'ici, il faut que le mois où nous venons d'entrer décide si
la Russie en veut réellement à la Suède, ou si les démonstrations guerrières de celle-là n'ont été que pour en imposer à ceUe-ci; car si la cour de Russie reste à ne vouloir qu'une nouvelle assurance de la part du successeur au trône de Suède que, lorsqu'il montera sur le trône, il ne veuille point donner les mains à quelque changement de gouvernement, je croîs que la paix pourra se conserver; mais si la Russie continue dans le dessein de vouloir faire entrer des troupes dans la Finlande suédoise, alors la guerre en sera inévitable. Comme toutes ces circonstances ne vous sont point inconnues, je me persuade que vous aurez redoublé d'attention sur tout ce qui se passe là où vous êtes, pour m'en
informer avec toute l'exactitude possible. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A DRESDE
Pot s dam, 2 août 1749.
J'ai reçu vos dépèches du 26 et du 29 de juillet dernier, et je suis fort curieux d'apprendre de vous la suite du détail de ce qui se passe à la Diète de Dresde et quels seront les résultats qui y seront pris, de sorte que vous devez m'en faire souvent vos rapports.
Je devrais presque juger que ce ne sera qu'à grande peine que le maréchal de Saxe sera entièrement satisfait sur ses prétentions^ de la cour où vous êtes. Pour ce qui est de mes sujets créanciers de la Steuer^ je ne saurais rien vous dire à leur égard au moment présent, si ce n'est que vous ayez à faire le possible et tout ce que les circonstances voudront permettre, pour leur procurer leur payement.
Quant au renouvellement du traité de subsides entre la France et
la Saxe, mon intention est que vous vous teniez tout boutonné là-dessus
et ne vous en mêliez ni en blanc ni en noir. Je veux bien que vous
sachiez confidemment que je souhaiterais que ce renouvellement du
traité en question ne se fît point, par raison que la Saxe, à cause de
sa grande impuissance, ne se trouve point en état de rendre réellement
service à la France et qu'ainsi la France ne ferait au fond, en lui
prolongeant ses subsides, que jeter son argent, et que d'un autre côté
le premier ministre saxon n'en resterait pas moins attaché et dévoué
aux deux cours impériales, au point même de tâcher de rendre
sous main tout mauvais service à la France et aux amis de cette
dernière. .
Federic.
Nach dem Concept.
z Voss giebt in seinem Bericht vom 26. Juli die Hôhe der Schuldforderungen des Maischalls auf 100,000 Reichsthaler an.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 4 août 1749.
Je VOUS dois beaucoup de remercîments des mémoires intéressants que vous m'avez fait parvenir, joints à votre dépêche du 25 de juillet dernier, lesquels j'ai trouvés très instructifs.'
Je me flatte d'être à même de vous communiquer par l'ordinaire
prochain de bien bonnes nouvelles. Ce que je puis vous dire, en
attendant, c'est que la Russie continue toujours ses armements et ses
démonstrations guerrières sans relâcher et qu'elle fait transporter encore
un plus grand nombre de troupes en Finlande que celui qui y a déjà
été auparavant. Au reste, j'ai ordonné à la caisse de légation de vous
faire payer les trois postes en question, conformément à la demande que
vous m'en avez faite. „ ,
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Cjrraf Otto Podewils bcrichtet, Wien 26. Juli : „Blondel persiste fort et ferme dans l'opinion que la cour d'ici travaiUe sérieusement à prévenir les troubles dans le Nord et il m'a dit .. . qu'il soupconnaît que la Russie n'était rien moins que satisfaite de la cour d'ici et que c'était la raison de la retraite ^e l'Ambassadeur [Michel Bestushew] à la campagne; qu'il avait aussi, à l'heure qu'il est, des notions assez précises que c'était le roi d'Angleterre qui excitait la Russie.
... Je' ne rapporterais pas ces propos du sieur Blondel, s'il ne m'avait paru clairement qu'ils sont l'effet des insinuations qui lui ont été faites par le ministère d'ici, qui cherche^ même aux dépens de ses alliés, à se justifier et à se rendre innocent aux yeux de la France."
au contraire ils en imposent audit apercevoir bientôt.
Quant à l'affaire concernant et les États autrichiens,* j'attendrai
Fotsdam, 4 août 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 26 de juillet dernier, à laquelle je vous dirai, au sujet du sieur Blondel, que, quelque prévenu qu'il puisse être en faveur de la cour de Vienne, il ne manquera pas, au bout du compte, d'ouvrir les yeux sur la conduite de cette cour; car on ne sera pas longtemps sans voir le dénouement des vues de la cour de Russie, de manière que, si les Autrichiens accusent juste au sieur Blondel en ce qu'ils lui rapportent au sujet de la Russie, cela ne saurait guère rester caché encore pendant bien longtemps, mais que, si sieur Blondel, il faudra, aussi, s'en
le tarif des douanes entre la Silésie fort tranquillement d'en voir la fin.
ï Idée générale du fonds d* amortissement; Observations sur les dettes nationales et sur la brochure qui a pour titre: L'état de la Nation etc.; Extrait des dépenses ordinaires de la Grande-Bretagne sur le pied de ceUes de 1749; Précis de la situation de la nation anglaise; Sommes payées entre le 31 décembre 1747 et le 31 décembre 1748; Dépenses de la dernière guerre en Flandre. — a Vergl. Bd. VI, 474.
et je. ne m'impatienterai en aucune façon à cet égard. Cela n'empêche pourtant pas que vous n'ayez très bien fait d'avoir présenté un mémoire ^ pour demander le redressement de l'impôt extraordinaire que les Autrichiens ont exigé sur la cire de Silésie, quoique ce soit là une affaire propre à nous fournir matière à récrimination, dès qu'un jour nous
pourrions le juger à propos. ^ , .
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 4 août 1749.
J'ai été content de la dépêche que vous m'avez faite du 24 de juillet dernier, bien que ce serait avec peine que je verrais rappeler d'auprès de moi le marquis de Valory, * lequel, étant un bon et digne homme, plein de la meilleure intention, s'est acquis une certaine confiance de ma part qui ne saurait être donnée de prime abord, mais seulement par l'usage et le temps. Si, nonobstant de cette considération, le marquis de Valory devait effectivement être rappelé d'ici, il faudra que vous ayez surtout soin de diriger ainsi l'aflfaire pour qu'il soit remplacé par un homme d'esprit qui d'ailleurs ne soit point enclin à s'emporter ou à prendre feu facilement, mais doué d'un caractère tout propre pour que
je puisse prendre confiance en lui. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept*
Diestel berichtet, Kopenhagen 29.
Jnli: „Le conseiller privé de Schulin se rendit hier chez Tabbé Lemaire pour lui déclarer la résolution que Sa Majesté Danoise avait prise de renouveler ses alliances avec la France et la Suède, et les deux ministres mirent d'abord la main à l'œuvre pour ajuster les traités."
Potsdam, 5 août 1749.
Vous n'auriez pu me donner une nouvelle plus agréable et réjouissante que celle que vous m'avez marquée par votre dépêche du 29 du mois dernier de juillet, et j'espère d'apprendre par la première dépêche que j'aurai de vous, que la signature du traité aura été effectivement faite. La conduite que le ministre de Suède a tenue à cette occasion, a été admirable, et je suis persuadé que sa cour approuvera tout ce qu'il a fait à cet égard, puisqu'il est sûr qu'un plus long délai aurait pu exposer le négociation.
Au surplus, je viens de donner mes ordres à ce que les frais de voyage que vous avez été obligé de faire et dont vous m'avez envoyé
les comptes, vous soient bonifiés. ,
'^ Federic.
Nach dem Concept.
X Vergl. Bd. VI, 188. 209.
A STOCKHOLM
Rohd berichtet, Stockholm 25. Juli :
„Avant-hier le ministre de Russie, ayant été voir le comte Tessin, lui a insinué qu'il avait ordre de sa cour, en cas qu'on lui demandât ici quelque éclaircissement sur l'apparition de l'escadre russienne dans la Baltique, de déclarer qu'elle n'y avait été envoyée que pour exercer les matelots dans la manœuvre et en même temps pour la conservation du repos dans le Nord, en cas qu'il vînt à être troublé.
Le président de la chancellerie m^a fait part ensuite de cette insinuation-là."
Potsdam, 5 août 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 25 du juillet passé. Mes vœux sont que le sieur de Panin ne fasse d'autre déclaration que celle que vous venez de m'apprendre qu'il a faite au comte Tessin.
J'espère que, lorsque celle-ci vous arrivera, vous aurez déjà appris la bonne nouvelle que je viens de recevoir de Copenhague que la négociation des ministres de France et de Suède est parvenue à une heureuse conclusion, le roi de Danemark ayant préféré les avantages solides qui sont attachés à l'alliance avec la Suède et avec la France, aux offres éblouissantes de l'Angleterre. Comme cet événement ne saurait que changer la façon de penser de plusieurs cours, il est à souhaiter que la cour de Russie en soit bientôt informée, afin qu'elle se puisse ^^ aviser de ne point faire quelque démarche violente, si tant est qu'elle en ait résolu. En attendant, vous observerez la contenance que le sieur Panin tiendra quand il apprendra cet événement, qui ne saura
que déranger le système de sa cour. „ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 5 août 1749.
Mon très cher frère. Je suis charmé de voir par votre lettre que vous jouissez d'une parfaite santé et que vous vous amusez. J'aurai pour cette fois des nouvelles à vous mander qui, je crois, vous seront agréables toutes ensemble. La paix à été conclue et ratifiée entre Henri et moi.' Les Danois ont signé leur alliance avec la France et la Suède, à laquelle nous accéderons, et hier Balby a remporté le prix de la course à pied contre Creutz ; * si vous aviez vu ce spectacle, je crois qu'il vous aurait diverti. Les Balbistes lui donnèrent du vin et un œuf frais pour l'animer à la course, les Creutzistes ne s'avisèrent pas de l'expédient qui aurait le plus provoqué leur champion à la course; aussi ont -ils perdu la gageure. Cette importante course fait à présent ici la nouvelle du jour. Daignez, mon cher frère, me continuer votre précieuse amitié
I Vergl. S. 23. — 3 Sic. Gemeint ist vermuthlich des Kônigs Flûgeladjutant von Kreytzen.
et soyez persuadé de la tendresse avec laquelle je suis constamment,
mon très cher frère, votre très fidèle frère et serviteur ^ ,
Federic.
Nach der Âusfertigung. Eigenhandig.
3796. AN DEN GENER ALFELDMARSCHALL FÛRST VON