SI
façons sur le tapis, il sera à voir laquelle on en adoptera; mais telle qu'elle sera adoptée, elle nous éclaircira toujours sur le dénouement des affaires du Nord. Je voudrais cependant parier que ce ne sera point celle qui vous est revenue, parceque je ne saurais point m' imaginer que le chancelier Bestushew serait aussi imprudent que d'avertir les Suédois d'avance de ce qu'il leur voudrait faire du mal à l'événement de la mort du roi de Suède. Après cela, je ne jurerais pas qu'il ne s'agisse encore parmi ce chipotage d'un concert secret entre les deux cours impériales, afin de s'entre-aider dans les différentes vues qu'elles ont, l'une peut-être pour attraper la Finlande, et l'autre pour reprendre la Silésie. Avec tout cela, il se peut fort bien que la cour de Vienne, dont les arrangements ne sont pas encore faits, déhorte celle de Russie de ne point précipiter les choses.
Comme les troupes autrichiennes dans les pays héréditaires vont entrer dans les différents campements qu'on formera pour les exercer, je voudrais bien savoir de vous qui paiera les frais de ces campements, si c'est l'Impératrice -Reine qui les portera, ou si l'on en chargera les États des provinces, sans leur en tenir compte.
Au surplus, vous ne manquerez pas de remercier poliment de ma
part l'évêque de Waitzen de l'attention qu'il a eue pour moi en me
faisant communiquer le plan qu'il a fait lever de la montagne qui s'est
affaissée en Hongrie.' ^ ,
Federic.
Nach dcm Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 12 août 1749.
J'ai bien reçu votre dépêche du i*''^ de ce mois. Comme mes dernières lettres de Russie m'annoncent des chipotages sans relâche entre les ministres des cours de Vienne et de Londres avec le chancelier Bestushew, et que les courriers entre les deux cours impériales vont et reviennent sans discontinuation, il n'est point à douter qu'il ne s'y agisse de nouveaux arrangements relatifs aux affaires du Nord, et principalement de la forme à donner à la déclaration que la Russie ira faire à la Suède. Parcequ' aussi tout s'y traite avec un grand secret, il faut attendre le temps où l'on pourra développer quel a été le résultat de ces chipotages; mais ce qui m'en présage rien de bon, c'est que la cour de Londres vient de nommer le sieur Guy Dickens pour aller relever le lord Hyndford, et qu'elle presse même son départ, d'où je crois tirer avec raison la conséquence qu'elle a sa part dans ce que le chancelier Bestushew médite de faire de mal à Suède, puisque sans cela elle n'aurait point envoyé en Russie un homme aussi fougueux, et très mal intentionné à l'égard de la Suède, que ce Guy Dickens.
1 Vergl. Bd. VI, 341.
Par toutes ces circonstances - là , et vu l'état extrêmement critique et compliqué où les affaires du Nord se trouvent dans le moment présent, je me vois nécessité de vous ordonner par la présente que vous ne deviez nullement vous presser dans la négociation dont je vous ai chargé à l'égard du payement des dettes de la Silésie, mais traîner l'affaire au possible.
Je vous ai envoyé avec ma précédente dépêche un plan selon lequel j'ai pensé de m'acquitter de cette dette; je m'y tiendrai aussi et je satisferai honnêtement aux intéressés de cette dette, pourvu que la tranquillité du Nord ne soit point troublée; mais dans la grande incertitude où je suis encore par rapport au dénouement des affaires du ^ Nord, je ne pourrais pas me décider tout-à-fait sur le payement de ces dettes, ni me dépouiller de sommes aussi fortes qu'il y faut, avant que de voir clair s'il y aura moyen d'éviter la guerre au Nord ou non ; ainsi donc, vous ne devez point conclure avec les intéressés de la dette en question, jusqu'à ce que je puisse juger du dénouement des affaires du Nord.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Potsdam, 12 août 1749.
J'ai reçu votre dépêche du i^^ de ce mois, sur laquelle je n'ai cette fois-ci qu'à vous dire que mes vœux sont que les bonnes nouvelles de la Finlande continuent et que tout y reste tranquille. Comme je n'ai point assez de connaissance sur ce que la Suède a de troupes dans cette province, et encore à combien peut aller le nombre des troupes que la Russie entretient actuellement dans sa Finlande et ses provinces voisines, quel est le général en chef qui les commande, combien il pourrait mettre de ces troupes en campagne si lui revenait des ordres de tenter quelque entreprise, vous satisferez fort à ma curiosité quand vous m'en informerez aussi exactement que vous le sauriez. Je souhaiterais d'ailleurs de savoir de vous si on a des nouvelles en Suède, comme il en a couru ici,^ que la Russie fait défiler ou transporter encore des troupes dans sa Finlande, pour y renforcer celles qu'elle y a déjà eues.
Nach dem Concept. * e G e r 1 C.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 12 août 1749.
Vous VOUS donnerez bien de garde pour ne point ajouter croyance à ce que vous paraissez insinuer, par votre dépêche du 20 de juillet
1 Vergl. S. 14. 15.
dernier, que tous les arrangements militaires de la Russie n'étaient à regarder que comme de simples ostentations, et vous éviterez de donner dans l'opinion, comme quoi l'impératrice de Russie ne pourra jamais être disposée à entrer dans une guerre offensive contre aucun de ses voisins. La mauvaise volonté, l'emportement, les ruses enfin du comte Bestushew doivent ne vous être que trop connus, pour que vous puissiez jamais vouloir tabler sur l'opinion que l'impératrice de Russie ne saurait être entraînée, même contre son gré, par son chancelier dans des démarches les plus préjudiciables à ses propres intérêts. Aussi ma façon de penser à cet égard ne saurait -elle point vous être inconnue par mes dépêches antérieures. C'est pourquoi vous devez persuader le baron de Hœpken d'instruire soigneusement le sieur Lagerflycht de ne point négliger de faire son rapport des moindres circonstances de ce qui se passait à Pétersbourg et dans ces contrées, mais de nous communiquer toutes celles qui parviendraient à sa connaissance, puisqu'il se pourrait très bien que telles choses qui ne lui paraîtraient que bagatelle, nous donnassent grand jour sur les desseins
et sur les vues de la cour de Russie. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Pot s dam, 13 août 1749.
J'ai vu tout ce que vous m'avez mandé dans votre rapport du 12 de ce mois touchant les dépêches que le marquis de Valory vient de recevoir de sa cour. Quelque spécieuse que paraisse l'offre de la cour de Vienne de vouloir, de concert avec la France, travailler à terminer les différends qu'il y a entre la Russie et la Suède, je ne saurais cependant la regarder que comme une leurre de cette cour pour flatter et amuser la France, sans que sa vraie intention soit de s'y employer sérieusement.
En attendant, vous remercierez fort obligeamment de ma part le marquis de Valory de la communication amicale et confidente que sa cour avait bien voulu nous faire relativement à la dépêche du sieur Blondel, et vous lui donnerez les assurances les plus fortes que nous en garderions le secret le plus absolu et n'en ferions rien communiquer à aucun de mes ministres aux cours étrangères.
Vous lui témoignerez encore la satisfaction particulière que j'avais de ce que tout était encore tranquille dans la Finlande, et de ce que jusqu'au moment présent nous n'avions rien entendu que le sieur Panin avait fait usage des ordres que, selon nos avis, sa cour doit lui avoir envoyés par rapport à cette déclaration menaçante à faire à la Suède; que j'espérais d'ailleurs que la médiation de la France, jointe à celle de la cour de Vienne, ne manquerait pas de l'effet qu'on s'en promet, pour terminer une affaire aussi importante que celle-là, et que l'alliance qui était sur le point d'être constatée entre la Suède et le Danemark
ne laisserait pas d'y contribuer et de mettre l'équilibre du Nord sur un bon pied; qu'au reste, comme nous attendions d'un jour à l'autre la nouvelle de la signature de cette alliance, et que M. de Puyzieulx avait déclaré au baron Le Chambrier combien la France souhaitait que, dès que cette affaire serait réglée , je pusse me lier avec le Danemark par quelque alliance,* je demandais à M. de Valory de vouloir bien marquer au marquis de Puyzieulx que je le faisais prier de vouloir bien faire en sorte que, quand je ferai entamer la négociation pour me lier avec le Danemark, le ministre de France à Copenhague eût ordre d'appuyer et de seconder cette négociation, et que je souhaitais d'ailleurs d'avoir l'avis de M. de Puyzieulx si la France aimerait mieux qu'elle entamât elle-même cette négociation, ou si je la devais faire entamer, puisque je voudrais bien me régler sur ce qui pouvait être agréable là -dessus à la France.
Au surplus, j'entrevois bien, dans tout ce que la France vient de marquer, qu'elle pose toujours pour base dans ce qu'il y aura à faire, au cas que la Suède fût attaquée par la Russie, que je doive envoyer en Suède le nombre des troupes auxiliaires stipulé dans le traité d'alliance qui subsiste entre moi et la Suède. •
J'avoue que c'est une chose qui ne laisse pas que de m'embarrasser, de façon que, si jamais le cas de l'alliance devait exister, je ne verrais d'autre moyen pour m'en tirer que d'engager des troupes étrangères contre des subsides, pour les y envoyer. Et sur ce, je prie Dieu etc.
Nach der Ausfertigung. F e d e r i C.
Potsdam, 14. August 1749.
Des Kônigs Majestât haben mir heute befohlen, an Ew. Excellenz zu melden, wie Hôchstdieselbe vor nôthig fanden, dass zuvorderst dem p. von Goltz zu Moskau dasjenige extractsweise in einem Rescript communiciret werde, was nach des Herrn Grafen von Podewils zu Wien letzterer Relation der Graf von Ulfeld sich gegen M. Blondel tiber das Sujet der Déclaration, so Russland an Schweden thun woUen und was der wienersche Hof deshalb gegen den russischen vor Sentiments bezeiget, umstàndlich gemeldet hat,» damit der p. von Goltz seine weitere Recherches dortiger Orten damach dirigiren kônne.
Demnâchst finden Se. Kônigl. Majestât vor nôthig, dass weil es fast schiene, als ob das franzôsische Ministerium in den Gedanken stehe, dass Russland durch einen Articul des Nystâdtschen Friedenstractats ein gewisses Recht erhalten habe, sich von der schwedischen Regierungsforme zu meUren ,3 dem Baron von Chambrier ein umstàndliches Éclaircissement tiber gedachten Articul des Nystâdtschen Tractats ge-
1 Vergl. S. 36. 46. — 2 Vergl. S. 57. — 3 Vergl. Bd, VI, 375.
geben und ihm kiirzlich gezeiget werden soUte, wie Russland aus solchem gar kein Recht erhalten, sich jemalen von den schwedischen domestiquen Affaires zu meliren, sondem dass, was darunter conveniret, lediglich zum Faveur der schwedischen Nation geschehen sei und dass ûbrigens etliche wenige missvergnugte oder vielleicht gar in russischen Pensions stehende schwedische Individua niemalen den Namen einer ganzen Nation ftihren noch sich anmassen kônnten, russischen Beistand zu reclamiren, sonder als Verrâther des Vaterlandes angesehen zu werden und sich des Crime de lèse Majesté theilhaftig zu machen.
Nach der Ausfertigung. £ 1 C h e 1.
Potsdam, 15 août 1749.
C'est avec beaucoup de satisfaction que j'ai appris, par votre rapport du 13 de ce mois, la nouvelle de la déclaration sérieuse que la Porte Ottomanne a fait faire au ministre de Russie à Constantinople.^ Je ne doute point qu'elle n'ait fait bien de l'impression à la cour de Russie, à moins qu'elle n'en ait été informée assez à temps pour révoquer les ordres qu'elle a apparemment donnés pour procéder à quelques démarches violentes contre la Suède.
Au surplus, voici la réponse que je viens de faire à la lettre du marquis de Valory que vous venez de m'adresser. Et sur ce , je prie
Dieu etc. t- j •
xT t. j A c^' Federic
Nach der Ausfertigung.
A BERLIN
Potsdam, 15 août 1749.
Monsieur le Marquis de Valory. La voie que vous avez choisie, en conséquence de votre lettre du 13 de ce mois, pour faire parvenir à votre cour les pièces anecdotes que je vous ai adressées pour elle,^ a toute mon approbation, et je vous sais bon gré des mesures justes que vous avez prises, afin que le secret n'en soit point risqué.
Je ne saurais qu'applaudir parfaitement à la réponse que M. de Puyzieulx a faite au sieur de Blondel sur ce que la cour de Vienne a proposé relativement à une négociation à entamer entre la Russie et la Suède, et je vous suis bien obligé de la communication confidente que vous avez bien voulu m'en faire. En attendant, je présume que, si la cour de Russie n'a pas actuellement commis quelque hostilité contre la Suède, elle pourra bien laisser tomber son dessein cette fois-ci et se ménager quelque autre temps pour le réaliser. Federic
Nach dem Concept. x- c u c ri i..
I Neplujew. — a Vergl. S. 50.
1 odewils berichtet, Berlin 14. August: ,J'ai insinué au marquis de Valory tout ce que Votre Majesté m'a ordonné de lui dire par Sa lettre d'hier x . . . J'ai glissé aussi dans ma conversation avec ce ministre ce que Votre Majesté m'a fait la grâce de me mander par rapport à la nature du secours qu'EUe serait en état de fournir à la Suède, le cas existant.
Il me répliqua qu'il fallait espérer qu'il n'en serait pas besoin, si les affaires dans le Nord et avec le Danemark continuaient à prendre le pli avantageux qu'on s'en promet, mais surtout depuis la déclaration mâle et nerveuse que le Grand-Visir avait faite à la Russie sur les affaires du Nqrd, selon mon très humble rapport d'hier."
Mundliche Résolution. Nach Aufzeichnung
Pots dam, 15. August 1749.
Wegen dièses Punktes habe eben nicht gewollt, dass er dem Marquis de Valory davon sprechen soUte, weil solches eine Confidence gewesen, die Ich ihm nur alleine gemachet habe. Im tibrigen fange Ich an zu hoffen, dass die Sachen wenigstens vor dièses Jahr still und ruhig bleiben werden.
des Cabinetssecretârs.
Potsdam, 16 août 1749.
L'avis que vous venez de me donner, par votre dépêche du 9 de ce mois, de la signature de la convention préliminaire entre le Danemark et la Suède,» m'a été tout des plus agréables, et j'attends avec impatience vos rapports ultérieurs à ce sujet.
Nach dem Concept.
Federic.
A STOCKHOLM
Potsdam, 16 août 1749.
Les nouvelles que vous me mandez par vos dépêches du 5 de ce mois d'août ,3 n'auraient guère pu m'être plus agréables qu'elles l'ont été. Je veux cependant ne point vous cacher que, selon moi, le comte de Tessin commet de grandes fautes en la présente occurrence, en ce qu'il néglige de faire ce que, pourtant, le salut de la Suède semble exiger indispensablement. Car dès le moment même qu'il a pu se tenir assuré du Danemark, il aurait dû par ses représentations faire en sorte qu'un plus grand nombre de troupes eût été envoyé dans la Finlande suédoise,'* pour y renforcer celles qui y sont déjà. Le sénateur Rosen qui commande en chef dans cette province, aurait, aussi, dû être muni d'ordres suffisants pour savoir la conduite qu'il aurait eu à tenir selon les
X Nr. 3810 S. 53. — a Die Unterzeichnung hatte àm 7. August stattgefunden. — 3 Ueber die Verhandlungen zwischen Schweden und Danemark. — 4 Vergl. S. 47.
occurrences des cas différents, puisque, supposé que les troupes rùssiennes lui fussent tombées sur le corps, ce général aurait été dans l'incertitude pour savoir que faire ou ne pas faire.
Quoique, au reste, nous apprenions ici que les bruits d'une déclaration menaçante à faire de la Russie en Suède soient tombés, vous pouvez néanmoins vous tenir bien assuré que la cour de Russie a effectivement été intentionnée de faire faire semblable déclaration en Suède sur le pied que je vous l'ai écrit par le courrier que je vous ai envoyé en dernier lieu,^ les avis qui m'en étaient entrés s'étant vérifiés de plusieurs bons endroits, et le chancelier autrichien, comte d'Ulfeld, l'ayant avoué sans le moindre détour au ministre de France, le sieur de Blondel.
Aussi mon intention est-elle que vous vous expliquiez à ce sujet con-
fidemment envers le sieur de Rudenschôld, homme de grande pénétration,
et que vous lui disiez qu'il me paraissait que la Suède devait prendre
ses mesures pour être prête à tout événement, puisque tant que les
Russes ne retiraient leurs troupes de la frontière de la Finlande, mais
qu'au contraire ils les y tenaient rassemblées, la Suède ne pouvait se
tenir assurée de n'être en butte à quelque entreprise de la part de la
Russie. „ ,
F e de ne.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Pots dam, 16 août 1749.
J'ai vu très volontiers, par votre dépêche du 6 de ce mois, que le sieur Blondel a enfin pu se détromper par lui-même sur la façon d'agir de la cour de Vienne, et je suis persuadé que le rapport qu'il en a fait à sa cour, ne servira pas peu à lui ouvrir encore davantage les yeux sur les comportements de la susdite cour de Vienne. Pour ce qui est de la déclaration en question de la Russie, nous savons positivement, à l'heure qu'il est, quelle n'en a point encore fait usage en Suède; il est même à espérer qu'elle n'y voudra point insister, d'autant plus que, la saison propre à faire quelque opération militaire en Finlande étant déjà passée,» il ne pourrait qu'être très difficile aux Russes d'y faire quelque chose d'efficace qui pût tourner à leur avantage. Cela n'empêche cependant pas que les circonstances ne soient d'ailleurs si critiques qu'il devra se manifester en peu si la Russie en voudra faire tant que d'obliger la Suède à en venir à une guerre avec elle, ou bien si la tranquillité
pourra encore se conserver dans le Nord. ^ ,
'^ Federic.
Nach dem Concept.
X Vergl. S. 19. — 2 Vergl. Bd. VI, 473,
A DRESDE
Potsdam, i6 août 1749.
J'ai reçu vos deux dépêches du 9 et du 12 de ce mois. J'approuve la conduite que vous vous êtes proposé de tenir relativement aux prétentions de mes sujets sur la Steuer de Saxe, et je vois bien, quant aux subsides que la cour de Dresde serait bien aise de pouvoir se procurer, que l'Angleterre n'est point disposée à lui en donner pendant la paix; je ne saurais non plus trouver la moindre raison qui dût mouvoir la France à donner les mains au renouvellement de son traité de subsides avec ladite cour et à jeter ainsi son argent à pure perte, si ce n'est qu'elle voulût bien en faire un sacrifice à la Dauphine.
L'imputation^ qu'on fait au maréchal de Saxe qu'il aurait parlé au roi de Pologne en faveur du comte Briihl, pour engager celui-ci à faire son possible pour le faire élire duc de Courlande, ne me paraît point digne de foi, et je serais assez porté à croire que ce n'est simplement qu'une mauvaise fiction, inventée par quelque envieux dudit maréchal.
Je m'étais imaginé que les États de Saxe ne laisseraient pas de faire leurs conditions avec la cour de Dresde avant la conclusion de la présente Diète; aussi m'est-il jusqu'à présent assez incompréhensible qu'ils dussent avoir manqué cette occasion si favorable, sans avoir su se les procurer.
Toutefois le comte Briihl agit -il prudemment et en homme prévoyant quand il tâche de s'établir de plus en plus en Pologne.' Au reste, vous pouvez compter que je vous fournirai l'argent qu'il faudra pour amorcer les canaux que vous vous êtes procurés là où vous êtes, dès que l'occasion en vaudra la peine, quoique d'ailleurs, comme nous avons d'autres bons canaux pendant les circonstances présentes, il pourrait bien ne point être tant nécessaire d'y employer de l'argent au
moment présent. ^ , .
Federic.
Nach dem Concept.
v^hambrier berichtet , Compiègne 31. Juli, Puyzieulx habe ihm gesagt: „Si l'Angleterre est de la partie, la guerre
commencera présentement par le Nord, et le printemps prochain elle sera en Flandre, parceque le Roi votre maître réclamera notre secours en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle; je viens de le dire à M. d'Albemarle, qui sort d'ici, je l'ai dit à M. de Yorke, et je le ferai répéter en Angleterre assez fortement, pour qu'ils
X Vergl. S. I. 5.
Potsdam, 16 août 1749.
C'est avec une vraie satisfaction que j'ai appris, par vos dépêches du 31 du juillet dernier et du 3 de ce mois, la bonne intention où la France est actuellement à mon égard et à l'égard de la Suède. Persuadé que je suis de la droiture des sentiments du mar-
puissent croire que nous n'abandonnerons pas le roi de Prusse ni la Suède. Il est certain que , si cette guerre a lieu , me dit le marquis de Puyzieulx , ce sera l'opinion où l'on est que là France restera tranquille, qui aura déterminé l'Angleterre . . . Pourquoi les Anglais et leurs alliés se sont -ils mis dans l'esprit que nous ne ferions rien pour le roi de Prusse, s'il venait à être attaqués? Parcequ'ils ont cru que la conduite qu'il avait eue pendant la guerre, nous avait laissé un mécontentement secret qui nous ferait regarder indifféremment ce qui serait entrepris pour lui. Mais le Roi ne pense pas comme cela."
Compiègne 3. August: „I1 m'est revenu, depuis ma dernière dépêche, que, lorsque le marquis de Puyzieulx avait rapporté dans le Conseil la situation dans laquelle se trouverait la Suède, en cas qu'elle fût attaquée par la Russie, on y avait arrêté que, si Votre Majesté Se trouvait attaquée en haine du secours qu'Elle donnerait à la Suède, la France entrerait dans les Pays-Bas, parceque cette nation ne devait pas regarder le Rhin comme ses frontières, mais la Silésie.
Quelque justes que soient ces paroles, quand la France regardera ses intérêts comme elle -doit le faire, pour ne pas se faire illusion il sera cependant toujours nécessaire, si on en venait à une rupture contre Votre Majesté, de faire ici les plus grands efforts pour établir entre tous les ministres de France qui composent le Conseil de conférence, l'unanimité nécessaire dans les sentiments pour le soutien des grands principes qui obligent la France à en montrer les effets en faveur de Votre Majesté , aussitôt que Votre Majesté sera dans le cas de réclamer le secours de cette couronne."
quis de Puyzieulx, je tiens pour assuré que, si le malheur voulait que l'orage qui menace le Nord ne saurait point être conjuré, on pourrait alors espérer au moins quelque chose de la France et compter sur elle qu'elle n'abandonnera ses amis et alliés. C'est pourquoi je veux aussi que vous deviez entretenir le ministère de France par toutes les flatteries possibles dans de si bons sentiments et remercier en particulier le marquis de Puyzieulx le plus obligeamment de ma part des assurances amicales qu'il avait bien voulu me donner à ce sujet. Ajoutez-y qu'il saurait compter que mes vœux les plus sincères étaient que la tranquillité se conserve et que la paix puisse durer sans aucune altération.
Au surplus, vous m'avez rendu un véritable service en ce que vous m'avez mis au fait, d'une manière sincère et toute naturelle, sur la façon de penser du ministère de France, et je vous en sais d'autant plus de gré qu'il est difficile de remarquer ces choses quand on est de loin ; aussi vous pouvez compter que je suis tout-à-fait sensible de l'attention que vous avez eue à ce sujet pour moi. Je vous adresse deux lettres,* que je vous recommande fort, pour que vous les fassiez sûrement parvenir à leur
direction. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 17. August 1749.
Ew. Excellenz habe auf allergnâdigsten Befehl Sr. Kônigl. Majestàt hierdurch ganz gehorsamst melden soUen, dass da Hôchstdieselbe aus
I Dièse Schreiben liegen nicht vor.
denen Aeusserungen , so der Marquis de Puyzieulx gegen den Baron Chambrier nach Inhalt dessen letzteren Dépêchen {Paris 7. August] gethan, urtheilen miissen, es stehe derselbe in den Gedanken, als ob Se. Konigl. Majestat in dem letzteren Kriege légèrement von der dermaligen Alliance mit Frankreich abgegangen wâre und deshalb einiges Ressentiment von dieser Krone zu besorgen habe, Sie deshalb vor nôthig fanden, dass Ew. Excellenz gedachten Baron Chambrier dahin instruireten, wie derselbe, wenn er einmal eine sehr bequeme Gelegenheit dazu habe und auf eine Art thun kônne, ohne den Marquis de Puyzieulx zu chagriniren, noch dass es einen ublen Effect auf ihn thàte, demselben ganz délicatement expliciren sollte, wie Sr. Konigl. Majestat dermalige Alliance mit der Kron Frankreich conditionnelle gewesen, nâmlich dass Russland auf ein oder die andere Weise zurUckgehalten werden sollte, sich nicht von dem Spiele zu meliren, wie dann Se. Konigl. Majestat aile Dero dermalige Engagements darauf ausgesetzet hàtten.' Nachdem aber die Sachen zu der Zeit darauf gestanden hàtten, dass die Russen der Kônigin von Hungarn zu Hiilfe kommen woUen und der ersteren Truppen so zu sagen auf Sr. Konigl. Majestat Grenzen gestanden hàtten,* so wàren Hôchstdieselbe gezwungen gewesen, auf Mittel zu denken, dergleichen grossen Embarras zu evitiren, welches auch die Kron Frankreich dermalen selbst nicht ganz in Abrede sein kônnen, und da vielleicht dem Marquis de Puyzieulx dièse Umstande nicht allerdings bekannir sein môchten, so habe er, der Baron Chambrier, nicht Anstand nehmen kônnen, ihm solche zu expliciren, in der Hoffnung, dass der Marquis de Puyzieulx daraus sehen werde, wie man Sr. Konigl. Majestat deshalb nichts Hauptsàchliches zur Last legen kônne.
Weil es auch nach der heutigen Relation des von Chambrier geschienen, als ob gedachter Marquis de Puyzieulx iiber das erstere Avertissement 3 von der russischen Déclaration gegen Schweden etwas piquiret sei, so sollte ermeldetem Baron Chambrier rescribiret werden, dass er sich zwar gegen den Marquis de Puyzieulx nichts von nachstehendem Avis merken lasse, zu seiner Direction aber wissen sollte, dass letzterer durch den Blondel zu Wien selbst die Zeitung von der Wahrheit der auf dem Tapis gewesenen Déclaration der Russen erhalten und vernommen haben wtirde, dass der Graf Ulfeld gegen diesen die Realitat der Sache selbst zugestanden habe. Im Uebrigen wàren Se, Konigl. Majestat von allem demjenigen , so er nach seiner heutigen Dépêche dem Marquis de Puyzieulx geantwortet, sehr zufrieden, wie er dann demselben versichem kônnte, dass bei allem dem Làrm und Ostentationes, so die Russen gemachet. Se. Konigl. Majestat^ geschienen hàtten, als ob Sie Sich deshalb nicht im geringsten inquietiret noch einiges Feuer deshalb gefasset hàtten. Welches das stàrkeste Argument des Baron Chambrier sein sollte, um dem Marquis de Puyzieulx die
I Vergl. Bd. III, 132 Anm., 210. — 2 Vergl. Bd. IV, 328. 340. — 3 Vergl. S. 20.
Gedanken zu benehmen, als ob Se. Kônigl. Majestât Sich mal à propos allarmiret und durch Dero Ministres Sturm lâuten lassen.
Nach der Ausfertigung. £ 1 C h e 1.
Potsdam, 19 août 1749.
Pour vous répondre à la dépêche que vous m'avez faite du 7 de ce mois, je vous renvoie à ce que je vous ai fait mander aujourd'hui par un post-scriptum à la dépêche du département des affaires étrangères relativement aux insinuations à faire au marquis de Puyzieulx, pour le désabuser des fausses impressions qu'il s'est peut-être faites relativement à ce qui s'est passé entre la France et moi du temps de la dernière guerre, vous recommandant encore que vous ne deviez faire ces insinuations que quand vous y trouverez l'occasion tout-à-fait propre, et encore d'une manière extrêmement délicate, sans en donner le moindre chagrin au marquis de Puyzieulx et sans risquer de l'aigrir, et que, du reste, vous devez vous donner toutes les peines du monde pour lui ôter tous les soupçons qui, à ce que je vois, lui restent encore dans l'esprit des insinuations qu'on lui a faites, comme si je ne visais qu'à brouiller de nouveau les affaires. Je me remets en tout ceci sur votre prudence.
Au surplus je crois que la déclaration énergique que la Porte a fait faire au ministre de Russie à Constantinople,* du contenu de laquelle mes ministres du département des affaires étrangères vous ont déjà instruit, fera passer l'envie au chancelier de Russie à mettre en exécution ses mauvaises desseins contre la Suède, au moins cette année-ci; mais quand même la Russie voudrait continuer dans ses démonstrations guerrières, il me saurait être indifférent, et elle ne laissera de s'en épuiser d'autant plus, de sorte que, quand le cas de la mort du roi de Suède arrivera, elle se trouvera hors d'état de mettre en exécution ses projets.
Si vous le trouvez à propos, vous pourrez faire usage de mon post-scriptum de main propre. v a '
Je serais bien fâché que nous perdissions Valory,* pas à cause que je sois en doute d'une infinité de sujets aimables par lesquels on pourrait le remplacer à choix, mais à cause que c'est un très honnête homme et qui est déjà connu.
Nach dem Concept. Der Zusatz nach Abschrift der Cabinetskanziei. Der Erlass selbst wurde wie immer Wort fiir Wort in Chiffem ausgefertigt.
I Vergl. S. 55. — 2 Vergl. S. 41.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 19 août 1749.
J'ai reçu à la fois vos dépêches du 5 et du 8 de ce mois. Si la Russie a changé de résolution par rapport à la déclaration fulminante qu'elle s'était proposé de faire à la Suède, je l'attribue principalement à la déclaration énergique que la Porte Ottomane a faite au ministre de Russie à Constantinople ,^ du contenu de laquelle mes ministres du département des affaires étrangères vous auront déjà instruit par la poste précédente. Déclaration qui, avec ce qui s'est passé à Copenhague,^ a apparemment rompu la mauvaise volonté et les desseins que le chancelier de Russie avait contre la Suède.
J'apprends avec satisfaction que vous avez tout lieu d'être content jusqu'ici de l'ambassadeur de France,^ et que vous comptez de le mettre sur la bonne voie. Cependant, il faut que je vous dise pour votre direction que vous devez agir là-dessus avec beaucoup de prudence et bien mesurer vos expressions, afin qu'il ne saurait paraître comme si vous visiez à vouloir aigrir la France contre l'Angleterre, pour les commettre entre elles ; car il faut que vous sachiez que le ministère de France est extrêmement délicat et soupçonneux à ce sujet et qu'il n'est pas encore tout-à-fait revenu des soupçons qu'on lui avait inspirés que je ne cherchais qu'à brouiller de nouveau les affaires et entraîner la France malgré elle dans une guerre.
Au surplus, quelque envie que j'aie de vous faire plaisir et de vous
aider autant qu'il m'est possible, il faut néanmoins que je vous dise
qu'il est impossible que la caisse de légation vous puisse faire une avance
de mille écus sur vos appointements, vu qu'elle ne s'est point encore
acquittée des dettes qui sont à sa charge et qu'elle en est encore en
arrière de plus de dix mille écus. Au reste, dès que je verrai que
l'orage qui a menacé le Nord passera encore cette fois-ci, je me tiendrai
au plan que je vous ai envoyé pour l'acquittement de la dette de
Silésie.-* t- , •
Federic.
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Potsdam, 19 août 1749.
Si le comte de Tessin est dans l'opinion, comme il le paraît être par ce que vous m'en marquez dans votre dépêche du 8 de ce mois, que l'avis que je vous ai donné relativement à la déclaration menaçante que la Russie a voulu faire par le sieur Panin, ait été prématuré ou non fondé, il en sera désabusé par la première lettre qu'il aura de Vienne,
I Vergl. S. 55. — 2 Vergl. S. 56. — 3 Mirepoix. — 4 Vergl. S. 49. 52.
OÙ, à ce que j'espère, le comte de Barck lui expliquera assez nettement
la réalité du susdit avis, et que le chancelier Ulfeld a avoué ingénument
au ministre de France à Vienne que la déclaration mentionnée a été
résolue du chancelier Bestushew et toute prête à être faite, et que celui-ci
n'en a changé de résolution que sur le refus que l'Angleterre a fait de
payer des subsides, sur les déhortations que le ministre de Hollande
â faites, par ordre de sa République, et sur les instances de la cour
de Vienne, qui n'a pas trouvé convenable que celle de Russie éclatât
mal à propos. Quoi qu'il en soit, la déclaration que la Porte Ottomane
a fait faire au ministre de Russie à Constantinople , dont je vous ai
déjà fait informer, et le renouvellement de l'alliance entre la Suède et
le Danemark, me font espérer que l'orage qui a tant menacé le Nord,
passera cette fois-ci. Ce qu'il a de fâcheux encore, c'est que des gens
mal intentionnés en Suède continuent encore à mander aux cours de
Vienne et de Russie que, nonobstant tout ce que le ministère de Suède
déclarait publiquement de ne vouloir point à un changement de
gouvernement, il ne laissait pas d'y travailler sous main. Quoique la
fausseté de pareils avis soit assez connue, ils ne laissent cependant pas
de tenir lesdites cours en alarme, ne sachant pas jusqu'où ils s'en
peuvent fier ou non. ^ , .
Federic.
DE GOLTZ A MOSCOU
Pots dam, 19 août 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 28 du juillet dernier. Vous faites très bien de continuer à observer attentivement les démarches du premier ministre de la cour où vous êtes, et les mouvements que les ministres des cours de Vienne et de Londres s'y donnent. Continuez à me communiquer tout ce que vous apprenez de nouvelles de Pétersbourg: malgré l'absence de la cour , elles me sont toujours importantes et m' éclairent sur les desseins que celle-là peut avoir ou non. Au surplus, la déclaration énergique que la Porte Ottomane a fait faire au ministre de Russie à Constantinople, le renouvellement de l'alliance entre la Suède et le Danemark, Téloignement où l'Angleterre est de se mettre en frais pour une nouvelle guerre dans le Nord, et le peu d'envie que la cour de Vienne témoigne de vouloir se rembarquer dans une nouvelle guerre, me font espérer que l'orage qui a menacé jusqu'ici le Nord, passera
encore cette fois -ci. ., ,
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 19 août 1749.
Il s'en faut beaucoup que la cour de Vienne soit déjà arrangée de façon qu'elle puisse tenir ses troupes prêtes à agir, dès le moment qu'elle aurait l'occasion convenable pour recouvrer la Silésie, comme vous le marquez dans votre dépêche faite à moi seul du 9 de ce mois ; il est sûr que la moitié de sa cavalerie est sans chevaux et qu'il manque à chacun de ses régiments d'infanterie cinq à six cents hommes pour être sur un état complet. Ce Sont pourtant des choses qu'il faut que cette cour arrange, avant que de pouvoir passer outre.
Je conviens qu'elle aimerait bien à me voir embarrassé du côté du
Nord, mais l'embarras ne serait pas aussi fort qu'on le croit peut-être,
vu les liaisons où je suis avec des puissances respectables, et que la cour
de Vienne ne saura jamais me voir entamé sans qu'elle eût à craindre
d'être enveloppée elle-même dans une guerre générale, où elle aurait bien
à risquer et peut-être rien à gagner. Quant aux mouvements présents
qu'elle se donne et aux campements qu'elle fait former, je sais à quoi
me tenir là-dessus et que je n'en ai rien à craindre. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept. /
Pots dam, 19 août 1749.
J'ai été fort content du détail contenu dans votre dépêche du 12 de ce mois, et, la convention préliminaire venant d'être signée entre la Suède et le Danemark, on en peut juger sans craindre de se tromper qu'il faut que l'abbé Lemaire soit bien assuré du renouvellement du traité de subsides,^ mais que, comme vous pensez très juste, il ne veut point le signer avant qu'il ne voie consolidé l'accommodement entre la
Suède et le Danemark. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A DRESDE
Voss berichtet, Dresden 16. August: „Un homme attaché au premier ministre ' . . . qui a été envoyé de cette cour à Copenhague, me trouvant en compagnie, vint me parler du choix que Votre Majesté ferait pour envoyer un ministre en Danemark, a et, lui ayant répondu que
Potsdam, 21 août 1749.
Vous VOUS êtes très bien tiré d'affaire dans l'entretien que vous me marquez, par votre dépêche du 16 de ce mois, avoir eu avec cette personne que vous soupçonnez vous
X Es handelt sich um den franzôsisch-dânischen Subsidienvertrag yom 15. Mârz 1742, Bd. II, iio. Vergl. auch Bd. VI, 266. — a Vergl. S. 25.
j'ignorais si Votre Majesté y enverrait un ministre accrédité , il me répondit que le tout dépendrait de la résolution que cette cour prendrait, et comme il n'y avait point à douter que cette cour acceptât des subsides de la France, il était naturel que Votre Majesté y enverrait un ministre.
Il me fit entrevoir en même temps qu'on pourrait peut-être encore y accepter les offres de l'Angleterre. Je me bornai à lui dire simplement que les nouvelles du Nord me venaient fort tard ici. Quoique son discours était fort étudie et peut-être même dicté par le comte de Brtthl , je remarquai assez par sa façon de s'énoncer qu'on ne sera guère charmé ici de cette alliance."
avoir été détachée par le comte Brûhl.
Vous aurez pu suffisamment vous instruire, par mes dépêches précédentes, sur la façon dont j'envisage le renouvellement du traité de subsides de la France avec la cour de Dresde. Il faudra voir à présent quel sera le succès des peines que l'ambassadeur de France à Dresde se donne à cet égard auprès de sa cour.
En attendant, je puis vous dire pour votre direction que le ministre de Saxe en France, le comte de Loss, ayant en dernier lieu parlé au ministère français des troubles dont pourrait être agité le Nord, et lui ayant entre autres insinué que, si la guerre avait lieu et que le roi de Prusse vînt à se jeter sur la Saxe, sa cour comptait bien que la France l'assisterait, la réponse dudit ministère y a été que sa cour comptait mal dans ce cas -là; que le roi de Prusse était le principal allié de la France, qui le secourrait par préférence à tout autre, et que la France n'irait pas donner de l'argent à la cour de Dresde pour qu'il serve même contre la première; ainsi que c'était à la dernière de se conduire de manière à ne pas se trouver engagée dans ce qui pourrait arriver, puisque le roi de France n'assisterait pas la cour de Dresde contre le roi de Prusse. Je vous communique cette circonstance pour votre unique direction, avec défense expresse de n'en rien donner à connaître ou même laisser entrevoir seulement à qui que ce soit, là où
vous êtes. „ -
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 22 août 1749.
Comme selon votre rapport du 15 de ce mois les choses en sont dans une telle fermentation là où vous êtes qu'on a même lieu d'en appréhender un soulèvement général, je suis curieux de savoir de vous quel vous pensez que serait l'effet, le cas existant, qu'un pareil soulèvement produirait dans l'état de la République, et de quelle nature pourraient bien être proprement les suites qui lui en résulteraient.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Corresp. Friedr. II, VII.
A STOCKHOLM
Pots dam, 22 août 1749.
Le chasseur Krause m'a bien rendu les lettres que vous lui avez confiées, et je viens de recevoir presque en même temps^la dépêche que vous m'avez faite du 12 de ce mois. J'approuve les assurances que vous avez données au comte Tessin de la satisfaction particulière que j'ai eue de l'heureux succès de la négociation avec le Danemark, et elle vient d'être augmentée encore par l'avis qui m'est revenu aujourd'hui que le nouveau traité de subsides entre la France et le Danemark vient d'être signé encore.*
Mais pour ce qui regarde les affaires de Russie, relativement à la déclaration que celle-ci s'est proposé de faire faire à la Suède, il faut que je vous dise qu'il me paraît que le ministère de Suède prend un peu trop à la légère une chose qui serait cependant de la dernière conséquence pour la Suède, si la Russie s'opiniâtrait de la vouloir réaliser encore; au moins aurais -je fort souhaité que les ministres de Suède auraient pris leurs mesures [sur] ce qu'ils auraient à faire, le cas supposé que la Russie voudrait faire une pareille démarche. Il est bon qu'ils aient lieu de se reposer sur l'activité et la vigilance du sénateur Rosen ; mais fallait -il négliger pour cela de lui donner des instructions sur la manière dont il eût à se conduire à tout événement? Et comptentils pour rien l'embarras où,- faute d'instruction, cet honnête et brave homme serait, si la Russie s'avisait de vouloir faire entrer de ses troupes dans la Finlande suédoise, comme elle a menacé? Autant qu'il me paraît, ce n'est qu'une illusion que de croire que la Russie ne saurait y faire passer un corps de troupes parcequ'elle ne saurait les faire subsister là. Ne pense-t-on pas que la Russie a des magasins formés en derrière et peut faire charrier ce qu'il faut pour la subsistance de ses troupes là où elle voudra? Ignore-t-on en Suède que la Russie peut faire transporter en trois ou quatre jours un nombre assez considérable de troupes en Finlande? Mon sentiment est donc qu'on ne devrait nullement négliger de penser et de réfléchir sur ce qu'on aurait à faire, en cas qu'un pareil malheur arrivât. S'il n'arrive pas, il n'y aura rien de perdu; au lieu que, s'il arrive, ce serait bien trop tard que de vouloir alors y aviser.
Ce qui m'a donné à penser sur cette affaire -là, c'est le dernier entretien que le comte Ulfeld à Vienne a eu avec le ministre de France, le sieur Blondel," où le premier a positivement dit à celui-ci que la nouvelle de la déclaration de la Russie n'était pas destituée de fondement; et je ne saurais m'imaginer qu'il en eût paWé d'une manière aussi positive et circonstanciée qu'il a fait au ministre de France , si la chose avait manqué de réalité. Qu'on ne m'objecte pas que c'est peut-
X 14. August. — 2 Vergl. S. 57. 60. 63.
être un tour de finesse de la cour de Vienne, pour avoir, du consentement de la France, la médiation des différends entre la Suède et la Russie. Cette médiation est encore trop éloignée, et avant que la cour de Vienne puisse savoir si la France voudra disposer la Suède d'accepter cette médiation, il faut absolument qu'il se développe si la Russie veut frapper le coup ou non. Enfin, pour combiner tout ce que j'ai à dire, je conseille toujours à la Suède de ne point se fier trop aux apparences, de penser de bonne heure sur tous les cas qui sauraient arriver, et d'y aviser sans éclat ni fausse démarche, afin de ne pas être
prise au dépourvu. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 23 août 1749.
Votre dépêche du 31 de juillet dernier m'est bien entrée, et vous ne sauriez mieux faire que de ne point vous fier aus gens du pays où vous êtes, et de donner une attention bien grande à leurs menées et chipotages, pour vous mettre autant qu'humainement possible au fait du but où ils peuvent tendre. Je présume cependant que, vu les circonstances d'à présent, vous vous trompez dans vos conjectures, en soupçonnant les ministres autrichien et anglais de travailler actuellement à embrouiller de plus en plus les affaires du Nord, puisque, selon toute apparence, il ne répondrait point aux convenances ni des Anglais ni de la cour de Vienne que la Russie fît quelque acte contre la Suède qui se ressentît, ou eût même seulement l'air, de violence. C'est pourtant vous qui, étant présent sur les lieux, jugerez le mieux de ce qui se
passe à la cour où vous êtes. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept. *
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 23 août 1749.
La demande que le sieur Blondel vous a faite de vous informer auprès de moi d'où l'avis que j'avais reçu , m'était parvenu , est trop impertinente et indiscrète pour que je ne dusse pas lui faire apercevoir que j'en ai été choqué, et c'est à cette fin que j'ai trouvé bon de vous faire une lettre un peu forte, mais ostensible, que vous trouverez à la suite de celle - ci et qui est chiffrée du chiffre dont le sieur von der Hellen s'est servi autrefois, dont je vous avertis cependant qu'elle ne vous regarde aucunement et qu'elle n'est que pour la laisser lire au sieur de Blondel, après que vous l'aurez déchiffrée. Au surplus, pour
vous répondre à ce que vous me demandez par rapport à la manière dont vous devez vous conduire avec ce ministre relativement aux informations à lui donner, ou à ce que vous aurez à lui cacher, je vous dirai que vous pouvez bien continuer à le rectifier sur des impressions qu'on voudra lui donner contre mes intérêts, quoique toujours avec prudence et autant que vous le trouverez convenable, mais que vous devez vous garder bien, vu son mauvais caractère, de lui faire d'autres insinuations que celles que je vous ordonnerai moi-même par mes dépêches immédiates, en ne lui disant alors ni plus ni moins que ce que je vous prescrirai. Vous observerez d'ailleurs que, quand même il arriverait qu'il vous fût enjoint de la part de mes ministres du département des affaires étrangères de faire au sieur Blondel quelque ouverture ou quelque insinuation, vous ne devez pas l'exécuter, puisqu'il n'y a plus moyen de se fier à un homme d'une sprit tel que celui-là, aussi faible que prévenu, qui gâterait plutôt mes affaires, moyennant de pareilles ouvertures, qu'il ne les aiderait.
Pour ce qui regarde le secours que la cour de Vienne pourrait prêter à la Russie, en cas qu'une guerre eût lieu, je présume ou que cette cour se voudra tenir tout-à-fait derrière le rideau et laisser agir seule la Russie, jusqu'au moment ou elle croira qu'elle pourrait se déclarer, ou qu'elle voudra, plutôt, agir au commencement en auxiUaire de la Russie et se déclarer à la suite hautement, si les choses succédaient à leur gré.
Au reste, je ne comprends pas comment la cour de Vienne pourrait jamais se vanter de s'être offerte à remplir les engagements qu'elle avait pris par le traité de Dresde, aussi longtemps qu'elle refuse ouvertement de satisfaire à l'article principal, qui est de vouloir procurer la garantie de l'Empire sur mes possessions de la Silésie.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 23 août 1749.
J'ai été bien surpris de voir, par la dépêche que vous m'avez faite, l'empressement que M. de Blondel vous a témoigné de savoir de moi le canal d'où j'avais reçu l'avis de la déclaration que la Russie a été intentionnée de faire à la Suède; mais ma surprise a été plus grande encore de ce que vous avez osé prendre sur vous de m'en faire votre rapport. Sachez qu'il doit vous suffire quand je vous fais part de mes nouvelles, et qu'il ne vous reste que d'en faire l'usage que je ^ vous prescris ; mais passez-vous de la curiosité de vouloir vous informer du canal par où ces nouvelles me parviennent. Dites à M. de Blondel
que vous ne sauriez point le contenter à ce sujet et que je m'étais déjà suffisamment expliqué avec sa cour sur la réalité de l'avis en question.
Nach dem Concept. F e d e T i C.
Potsdam, 23 août 1749.
J'ai bien reçu la relation que vous m'avez faite du 10 de ce mois avec la copie de la dépêche intéressante que vous m'aviez envoyée par le courrier du marquis de Valory, dont cependant l'original m'avait été déjà fidèlement rendu, comme vous^ l'aurez vu par la réponse que je vous y ai faite à la date du 16 de ce mois. Ce que le marquis de Puyzieulx a répliqué au ministre saxon sur les demandes captieuses que celui-ci lui a faites et dont vous venez de me rendre compte,* m'a fait infiniment de plaisir. L'on s'aperçoit cependant par ces demandes du comte Loss que la façon de penser de la cour de Saxe n'est point du tout nette, parcequ'on y voit clairement qu'elle voudrait bien me nuire en cas que la guerre eût lieu, sans avoir à risquer que je m'en prisse làdessus à elle. Ce que je ne vous dis pourtant que pour votre direction.
Au reste, je viens de donner mes ordres au banquier Splitgerber
à ce qu'il vous fasse payer par son correspondant à Paris les 72 livres
que vous avez déboursées au sujet de la consultation de médecins
relativement à la maladie du maréchal Keith. " ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A DRESDE
Voss berichtet, Dresden 19. Au-
gust : „Quoique le comte de Brtthl affecte d'être charmé de l'alliance faite à Copenhague, je sais pourtant qu'il en est aussi étonné que peu satisfait. Il a dit à l'Ambassadeur [des Issarts] qu'après que la France avait été si facile à accorder des subsides au Danemark, il se flattait qu'on ne ferait plus de difficulté à renouveler le traité de subsides avec le Roi son maître. Le marquis des Issarts est du même sentiment, et ce ministre ne me parle d'autre chose que de ce renouvellement, étant persuadé qu'il ne peut rendre de meilleur service à sa cour qu'en s' employant à cette affaire ... Je n'entre
Potsdam, 23 août 1749.
La réponse contenue dans votre dépêche du 19 de ce mois que vous avez donnée au marquis des Issarts lorsqu'il vous a parlé touchant le renouvellement du traité de subsides entre sa cour et celle de Dresde, est bonne et a, par conséquent , mon approbation.
Quand, à une autre occasion, cet ambassadeur viendra encore à vous parler de ce renouvellement, vous lui répondrez, en lui jetant pour
X Vergl. Nr. 3827. — a Durch einen Immediaterlass vom 26. Juli war Ch/imbrier beauftragt worden, den geschicktesten Aerzten von Paris einen Bericht uber den Zustand des an einem Brustleiden erkrankten Feldmarscballs Keith vorzulegen.
point dans cette matière, et lorsque dernièrement l'Ambassadeur voulut me sonder si Votre Majesté ne voudrait point faire quelque démarche pour cela, je lui répondis, conformément aux ordres de Votre Majesté, que j'étais persuadé qu'Elle ne Se mêlerait pas d'une affaire qui paraissait Lui être fort indifférente."
Nach dem Concept.
ainsi dire, que je ne concevais aucune bonne raison qui dût mouvoir la France à jeter son argent dans l'eau. Je compte au reste de voir arriver les pièces qui doivent me servir d'éclaircissement sur le véritable état de la Steuer.
Federic.
Potsdam, 26 août 1749.
Quoique je convienne avec vous, comme vous le dites dans votre dépêche du 19 de ce mois, que le traité d'alliance qui vient d'être conclu entre la Suède et le Danemark, ne contribuera pas peu à retenir la République d'entrer dans les vues des deux cours impériales, il n'en est cependant pas moins constant qu'aucune puissance de l'Europe ne fait à l'heure qu'il est grande attention aux Hollandais, puisque, ne pouvant faire rien ni en bon ni en mal, ils ne sauraient contribuer à faire pencher la balance de l'Europe.
Nach dem Concept.
Federic.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 26 août 1749.
Le contenu de votre dépêche du 16 de ce mois qui roule encore sur le caractère singulier et sur la façon toute particulière de penser du sieur Blondel, me porte à me remettre ici à ma précédente dépêche que je vous ai faite à son sujet, et à vous avertir derechef d'être bien sur vos gardes avec cet homme, de conserver les dehors avec lui, mais, pour le reste, de vous comporter fort prudemment dans les insinuations que vous aurez à lui faire, en mesurant le tout de manière que cet étrange homme n'en puisse prendre occasion de vous blâmer auprès de sa cour comme si vous cherchiez à aigrir la cour de Vienne pour tâcher de la commettre avec la France, article sur lequel le ministère de France est extrêmement délicat. Il vous sera permis, au reste, et je serai bien aise que vous vous procuriez par vos bonnes manières envers le sieur Blondel toutes les connaissances qu'il vous sera possible d'acquérir par le canal de ce ministre de France.
A ce qu'en disent mes dernières lettres de Suède, le ministre russien n'y doit pas encore avoir fait de déclaration ni même touché préalablement la moindre chose qui y fût relative. Si ce silence est encore
de durée, je serais assez tenté de croire que le comte d'Ulfeld ne fait envisager les affaires du Nord au sieur Blondel que sur un pied à le persuader que la cour de Vienne faisait de son mieux, afin de s'emparer de la médiation entre la Russie et la Suède, et qu'il voudra le faire prendre ensuite à la Russie comme un service qui devait lui importer autant que si elle avait réellement été assistée en guerre par la cour de Vienne, qui de son côté s'en croirait d'autant plus en droit à lui demander, à son tour, des services, alors que des occasions s'y
présenteraient. ^ ^ .
Nach dem Concept.
A STOCKHOLM
Potsdam, 26 août 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 15 de ce mois, à laquelle je n'ai cette fois qu'à vous dire que, quand même le courrier que le sieur Panin a reçu en dernier lieu, ne serait que son valet de chambre qui est venu de retour de Russie , il ne s'en suit point de là qu'il n'ait pas pu lui porter des dépêches de la cour de Russie relatives à la déclaration que celle de Vienne continue à assurer qu'elle sera faite encore de la part de la Russie. Aussi faut -il que je vous avoue [que je ne serais pas surpris] d'apprendre tout d'un coup que la Russie ait pris le mors aux dents et poussé à quelque démarche violente contre la Suède.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Potsdam, 26 août 1749.
J'ai trouvé très solides et excellentes les réflexions que le marquis de Puyzieulx vous a encore faites relativement aux affaires du Nord, selon votre relation du 15 du mois courant, et j'avoue que je suis si satisfait de la façon de penser de ce ministre que je ne la saurais souhaiter meilleure.
La cour de Vienne continue d'assurer que celle de Russie est au point de faire faire en Suède la déclaration dont on a parlé depuis bien du temps, et comme les lettres de Suède marquent que le ministre de Russie à Stockholm, Panin, a "reçu en dernier lieu un courrier de sa cour — quoiqu'on ajoute que ce soit un valet de chambre de ce ministre, lequel, passé quelque temps, il avait envoyé en Russie et qui en venait de retourner — il faudra voir à présent si ce courrier lui a porté des instructions relativement à la susdite déclaration, et, dans ce cas, il faut qu'on sache par le contenu de la déclaration ce que l'on doit espérer ou craindre par rapport à la tranquillité du Nord. Il est
vrai que la saison est déjà trop avancée pour que l'on dût présumer que la Russie voudrait encore faire quelque démarche violente contre la Suède, mais quand on a à faire avec des gens passionnés et du caractère du chancelier Bestushew, l'on ne sait point calculer ce qu'ils sauront faire raisonnablement, puisque leur passion leur fait souvent entreprendre des choses diamétralement opposées à la raison et à leur propre intérêt; enfin, il faut que nous voyions bientôt le dénouement de l'affaire. Au reste, j'attends à présent votre tableau du caractère du sieur de Hautefort que la France a destiné pour être son ministre à la cour de Vienne et que je vous ai demandé il y a quelque temps.
Nach. dem Concept. F e d e r i C.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 26 août 1749.
Vos dépêches du 12 et du 15 de ce mois me sont parvenues à la fois. Comme, selon que le portent mes lettres de Vienne, le ministère autrichien s'explique au ministre de France sur les affaires du Nord presque sur le même pied que l'a fait le duc de Bedford envers vous, il ne saurait presque être douteux qu'il n'y ait un concert de pris entre les deux cours impériales et celle d'Angleterre relativement à ces dites affaires, dont il se pourrait peut-être que le duc de Bedford ne fût pas entièrement au fait. Toutefois, je sais que la Russie est intentionnée de faire faire une déclaration de sa part par son ministre de Panin en Suède; je compte même que ce dernier s'en sera déjà acquitté, et j'attends à tout moment d'en recevoir la nouvelle, pour savoir sur quel pied elle aura été faite. Dès que j'en aurai été informé, je vous en ferai communication. Vous ne devez, au reste, point douter que les offres que le ministre anglais Titley a faites à la cour de Danemark, et dont je vous ai averti en son temps,* ne soient fondées, et vous pouvez être très persuadé que ce n'a point été une nouvelle qui s'est vu destituée en suite de fondement, mais que la vérité en est constante et avérée.
Nach dem Concept. F e d e r i C
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 26 août 1749.
Nonobstant tout ce que vous me dites de bon dans votre dépêche du 4 de ce mois, à l'occasion de l'aversion de l'Impératrice pour une guerre, et que je souhaite que la suite du temps justifie les assurances
I Vergl. S. 36.
que vous me donnez à ce sujet, je ne saurais pourtant presque me figurer que les affaires du Nord, vu l'état compliqué dans lequel elles se trouvent, dussent être composées aussi tranquillement; car, quoiqu'il pût arriver que l'Angleterre ne voulût fournir à la Russie les frais nécessaires pour une guerre contre la Suède, je vous donne à considérer si le Chancelier pourrait se voir empêché par là de faire entrer un corps de troupes dans la Finlande suédoise, en vue de l'y faire subsister à discrétion, pour diminuer ainsi fort considérablement les frais de la guerre.
Ce qui, outre cela, me donne à penser, c'est que l'Impératrice, comme le portent les avis que je vous fais communiquer par mon département des affaires étrangères,* a tout-à-coup, et sans que personne s'y attendît, pris la résolution de retourner à Pétersbourg, et je me souviens que dans la convention secrète qui a été signée au commencement de la présente année entre les deux cours impériales,' il se trouve un article qui porte expressément qu'en cas que l'importance des conjonctures le demande, l'impératrice de Russie voulait retourner alors à Pétersbourg, pour être ainsi plus à portée de recevoir les communications nécessaires , afin de pouvoir donner ses ordres en conséquence. Vous ne sauriez donc mieux faire que de redoubler d'attention de tâcher de vous mettre au fait de tout et de m'en faire souvent vos rapports.
Au surplus, le sieur de Panin, à ce que disent mes lettres de
Suède, ayant reçu un courrier de Moscou, j'attends à savoir si, comme
le bruit en a couru depuis longtemps, il aura enfin fait une déclaration
de la part de sa cour à celle de Suéde, et ce qu'elle aura porté en
substance. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A DRESDE
Pot s dam, 28 août 1749.
J'attends cette spécification exacte et détaillée des dettes de la Steuer de la Saxe que vous m'avez fait espérer par votre dépêche du 23 de ce mois, et, comme vous me marquez d'ailleurs que les États assemblés à la Diète avaient été assez mécontents de leurs députés des Engeren AusschusseSy de ce que ceux-ci avaient accordé avec trop de facilité les demandes de la cour, je désire que vous m'expliquiez le problème suivant, savoir, quand la cour de Dresde saurait mener les États à ce que ceux-ci lui accordassent toutes ses demandes, si alors ces États seraient à même de remplir ces engagements, et si le pays, assez chargé déjà d'impôts, saurait fournir les grandes sommes qu'il faudrait pour
z Das petersburger Postamt hatte das zu Memel aufgefordert, die Briefschaften far Bernes, Hyndford und Funcke nicht mehr nach Moskau, sondern nach Petersburg zu senden. — « Vergl. Bd. VI, 470.
tirer la cour hors d'affaire et pour rétablir le crédit de la Steuer^ ou si
le pays ne saurait plus fournir à de nouveaux impôts sans être exposé
à sa perte totale et sans voir ruiné son commerce. Sur quoi j'attends
vos éclaircissements bien exacts. „ ,
Federic,
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 29 août 1749.
La déclaration énergique que la Porte Ottomane a fait faire au ministre de Russie à Constantinople ,* a fait grande impression sur la cour de Russie, après qu'elle en a été avertie par son dit ministre, dès les premiers jours de ce mois d'août. Comme d'ailleurs la tranquillité commence à se rétablir de tous côtés, vous pouvez vous en tenir fondé à regarder avec des yeux d'indifférence toutes ces menées et faiblesses du sieur Blondel que vous me rapportez par votre dépêche du 20 de ce mois, d'autant plus que le séjour de ce ministre de France à la cour où vous êtes n'y sera plus de fort longue durée. Ma curiosité principale est présentement de savoir de vous, touchant le militaire de la cour de Vienne, quelles peuvent être les dispositions et les règlements que cette cour a faits sur les manœuvres de ses troupes dans leurs différents campements, et en quoi doivent consister à l'avenir leurs nouveaux exercices.
Vous n'oublierez pas non plus, outre cela, de me parler fréquemment dans vos rapports de tout ce que vous pourrez déterrer des arrangements que continue à prendre la cour de Vienne pour l'intérieur de ses États.
Nach dem Concept. r e Q e r 1 C.
A STOCKHOLM
Potsdam, 30 août 1749.
J'ai lieu d'être content des nouvelles contenues dans votre dépêche du 19 de ce mois; aussi serai-je satisfait, autant qu'elles continueront sur le même pied; mais il faut que je vous dise que je ne suis point encore sans toute appréhension sur la déclaration que pourra vouloir faire la Russie à la cour où vous êtes, puisque mes dernières lettres de Russie assurent que la cour de Moscou était encore intentionnée de demander une déclaration à la Suède, quoiqu'elle le ferait en termes plus modérés que l'on ne s'était pris à tâche de le débiter il y a quelque temps. Federic
Nach dem Concept. r e U C r 1 C.
X Vergl. S. 55.
Potsdam, 30 août 1749.
Je joins mes vœux aux vôtres pour la conservation du comte de Saint - Séverin et pour le rétablissement de sa santé. Ce que vous m'en marquez dans votre dépêche du 18 de ce mois, me confirme dans ridée où j'ai été à son égard, qu'il a des sentiments favorables à mon égard et à l'égard de l'union de la France avec moi.
Comme le traité entre la Suède et le Danemark est venu à sa consistance et qu'en même temps le nouveau traité des subsides entre la France et le Danemark a été actuellement signé,* il ne nous reste à présent que de savoir le sentiment de la France de quelle manière elle aimerait le mieux que j'entrasse en négociation avec le Danemark pour me lier aussi avec lui, tout comme je vous l'ai déjà marqué par mes dépêches précédentes ,= avec ordre de sonder le marquis de Puyzieulx là -dessus; ainsi donc je n'attends que votre réponse, afin de me décider sur
' ce sujet.
1^ Les dernières lettres de Russie m'assurent de nouveau que la cour
de Russie exigera encore une déclaration formelle du ministère de Suède, et particulièrement du Prince - Successeur , de ne vouloir jamais rien changer à la forme présente du gouvernement de Suède. L'on ajoute que, quoique cette demande mettrait le ministère de Suède dans un grand embarras, il serait cependant à espérer qu'il s'en tirerait par sa sagesse. Il n'est pas à douter que la déclaration énergique que la Porte Ottomane a faite en dernier lieu au ministre de Russie à Constantinople, n'ait fait bien de l'impression sur la cour de Russie, et quand j'y joins le renouvellement de l'alliance entre le Danemark et la Suède , ces événements , pris ensemble , me font juger que la Russie se
i verra à la fin obligée de changer de mesures et de suspendre au moins
I ses mauvais desseins. ^ ,
^ Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 30 août 1749.
J'ai été charmé de voir par votre rapport du 23 de ce mois que les affaires entre les deux cours de Suède et de Danemark continuent de prendre le meilleur pli qu'on saurait imaginer, et je souhaite tout ainsi que je l'espère que les liens de cette amitié et de cette harmonie, si heureusement établis entre ces deux cours, se resserrent de jour en
jour de façon à en devenir absolument indissolubles. ^ ,
Nach dem Concept.
I Vergl. S. 56 Anm. 2; 66 Anm. i. — 2 Vergl. S. 36. 46.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 30 août 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 19 de ce mois. Me remettant sur ce que vous je vous ai fait mander de particularités intéressantes par la dépêche d'aujourd'hui que vous recevrez à la suite de celle-ci du département des affaires étrangères,^ je n'ai qu'à y ajouter encore que vous pouvez compter que jusqu'au moment présent la Russie n'a point reçu de nouveaux subsides en argent de l'Angleterre, et que plutôt le chancelier de Russie, Bestushew, est bien mécontent de la dernière réponse de l'Angleterre et qu'on est sur le point d'y répliquer, de sorte qu'il n'est pas impossible que cette affaire causât à la fin quelques brouilleries entre les deux cours.
Au surplus, ma curiosité est de savoir de vous [quelle contenance]
les ministres anglais et en particulier le duc de Newcastle tiennent à
l'occasion de la nouvelle des nouveaux traités constatés entre la Suède
et le Danemark et entre celle-ci et la France, et s'il n'en pourra
arriver des brouilleries entre les ministres anglais. ,
r e Cl er 1 c.
Nacb dem Concept.
Potsdam, 30 août 1749.
Je suis bien aise de pouvoir vous témoigner la satisfaction particulière que j'ai eue de la dépêche intéressante que vous m'avez faite à la date du 7 de ce mois,» de sorte [que j'attends] avec quelque impatience ce détail plus circonstancié que vous m'en avez promis.
En attendant, pourvu que le mécontentement de la favorite et de son mari contre le ministre soit bien ménagé, l'on en pourra tirer tout l'avantage désirable, et en conséquence vous ne sauriez me rendre un service plus grand et plus signalé que quand vous vous emploierez à travailler sous main et sans pouvoir être remarqué à lier partie entre l'ami connu et entre le comte Rasumowski et la susdite favorite et son mari, pour qu'ils travaillent d'un concert commun à écarter celui qui fait l'objet de leur haine. Je regarde ce concert comme indispensable; car, si chacun n'agit que séparément, ils ne feront que de l'eau claire. Je vous autorise même d'insinuer à l'ami connu, quoique d'une manière convenable et adroite, que, s'il croit de pouvoir réussir dans le dessein
ï Ueber ein Mémoire, das nach O. Podewils' Bericht, Wien 20. August, der wiener Hof in London sollte haben tibergeben lasseD, des Inhalts : „Que l'Impératrice- Reine, bien loin de se trouver dans un état d'épuisement et d'impuissance, comme le public se l'imaginait, était, par les arrangements qu'elle avait pris, plus en état que jamais d'assister ses alliés et de seconder leurs desseins." — « Vergl. die folgende Nummer.
en question et qu'il ne s'agit que des faux-frais qu'il y faut employer, je serai toujours prêt de l'en soulager. Je me remets, en tout ce qui concerne cette importante affaire, sur votre prudence et savoir-faire et vous le répète encore que ce sera le plus grand service que vous sauriez jamais me rendre, quand vous saurez la mener à une fin désirable.
Au surplus, vous direz à l'ami connu que depuis [bien] du temps je n'avais d'autre nouvelle, du ministre de la Russie à Vienne,' sinon qu'il se tient retiré dans une maison de plaisance auprès de Vienne, et qu'il ne vient en ville que quand les affaires le demandent absolument.
Nach dcm Concept. F e d e r i C.
Pots dam, ler septembre 1749.
Je viens de recevoir votre dépêche à la date du 22 d'août passé. Autant que j'ai lieu d'être content des sentiments du marquis de Puyzieulx et de sa façon de penser bonne et solide, autant en ai-je d'être mécontent du ministre de France à Vienne, le sieur Blondel, qui se gouverne là si pitoyablement que cela surpasse l'imagination; car non seulement donne -t- il dans toutes les pièges que la cour de Vienne lui tend, mais se conduit encore plutôt en ministre de Russie que de France. Je vous en épargne le détail, puisque ma volonté est que vous
• deviez bien vous garder d'en parler au marquis de Puyzieulx ni à qui que ce puisse être.
Au lieu de cela, vous direz à ce ministre qu'il me paraissait que le feu des Russiens commençait à se ralentir et qu'il venait d'ailleurs d'arriver en Russie un incident qui pourrait bien tirer à conséquence et dont je voudrais bien faire part à M. de Puyzieulx, toutefois en le suppliant de vouloir bien m'en garder le secret, pour ne pas me faire perdre le bon canal dont j'avais eu ces particularités. Il s'agit d'une
. forte brouillerie qui vient de s'élever entre le grand-chancelier Bestushew et le comte Schuwalow, sénateur de Russie et mari de la première favorite de l'Impératrice. Le chancelier Bestushew ayant pris le dessein de vouloir opprimer et perdre un des plus riches particuliers étrangers de ce pays -là, nommé Millier, à l'occasion d'un excès où les gens de celui-ci s'étaient portés contre un des valets de chambre de Bestushew, le sieur Millier, voyant l'orage qui le menaçait, a cru ne pas devoir tarder à implorer l'assistance de plusieurs personnes de la cour de Russie, et surtout à se mettre sous la protection du comte Schuwalow, lequel, irrité déjà contre le Chancelier par l'affront qu'il croyait lui avoir été fait par l'arrêt d'un d« ses domestiques, impliqué dans l'affaire du valet de chambre, a pris chaudement le parti du nommé Millier — qui apparemment ne lui aura pas caché la demande exorbitante et injuste
î Graf Michael Bestushew. Vergl. Bd. VI, 553.
que le Chancelier lui avait fait faire de lui payer à l'instant 30,000 roubles pour faire cesser ses poursuites. Ce Schuwalow ne s'est pas borné à porter à l'Impératrice des plaintes amères contre le Chancelier, il est allé plus loin et a présenté par écrit à la souveraine plusieurs chefs d'accusations très graves contre celui-ci, dont l'Impératrice a marqué son ressentiment au Chancelier dans des termes bien forts, de façon que, si cet incident n'entraîne pas la ruine.de celui-ci, elle lui pourra faire perdre au moins pour longtemps la confiance que la souveraine lui a marquée jusque là.
Au surplus, si cet incident baisse le crédit du Chancelier à sa cour , ^ mon espérance augmente de plus en plus que tout pourra se passer encore tranquillement au Nord, surtout quand j'y combine l'impression que le renouvellement de l'alUance entre la Suède et le Danemark, la déclaration de la Porte Ottomane faite au ministre de Russie à Constantinople , et, après tout, le manque d'argent en Russie doit
naturellement faire sur cette cour-ci. ,
Federic.
Nach dem Concept.
DE GOLTZ A MOSCOU
Pot s dam, ler septembre 1749.
Avant que d'entrer en matière sur toutes les particularités intéressantes que vous me mandez dans votre relation ordinaire, cotée numéro 62, et surtout dans celle que vous y avez ajoutée pour moi seul, je veux bien vous dire que j'en ai été très content et que je suis bien satisfait de la manière dont vous entrez présentement dans le détail des affaires qui m'intéressent. Les conjectures que vous faites sur les desseins du Chancelier, par la demande que le sieur Panin a été chargé de faire à la cour de Suède, et sur les artifices qu'il y cache, me paraissent bien solides ; mais, quoi qu'il en soit, je me persuade presque que l'événement de l'alliance renouvelée entre la Suède et le Danemark, la déclaration que la Porte a faite au sieur Neplujew à Constantinople, la fermeté avec laquelle la France se déclare envers l'Angleterre au sujet des affaires du Nord, et le chagrin que le Chancelier doit naturellement ressentir de l'affaire avec le sénateur Schuwalow, l'arrêteront dans sa fougue et le feront réfléchir à ce qu'il ne doit point entamer une affaire qui, selon toutes les apparences, ne saurait qu'entraîner sa perte totale. Ainsi que je présume que, si la déclaration en question n'est pas encore faite, il n'en sera peut-être rien, ou au moins la fera - 1 - on dans des termes modérés , afin d'avoir lieu de se contenter de la réponse telle que la Suède la donnera.
Quant à l'affaire du Chancelier avec ce sénateur, je suis bien curieux d'apprendre de vous quelles en auront été les suites. Il serait bien à souhaiter qu'elle pourrait disposer le président de l'académie
des sciences^ d'épouser leur querelle et de se rendre par là favorable le grand-veneur. Mais quelle que soit l'issue de cette brouillerie, j'estime cependant que, si le Chancelier n'en est pas culbuté, il en perdra au moins la grande confiance dont sa souveraine l'a honoré jusqu'ici et qu'il ne la regagnera peut-être jamais au point qu'il l'a eue.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
GRiEFFEN A LONDRES.
Potsdam, ler septembre 1749.
La dépêche que vous m'avez faite du 20 du mois passé m'est bien parvenue. Mes lettres de Russie continuent à m'assurer que jusqu'ici le roi d'Angleterre n'avait point accordé de subsides, et que la nouvelle que le comte Tschemyschew avait commencé à en toucher une partie, était prématurée. Ces lettres m'assurent d'ailleurs qu'il était constaté que le sieur Panin, ministre de Russie à Stockholm, était chargé de faire la demande à la cour de Suède relativement aux sûretés qu'on prétend d'avoir à ce que le gouvernement présent de Suède ne serait pas changé; l'on regarde cette demande comme un nouvel artifice que le chipotage perpétuel entre les deux cours impériales avait fait éclore. L'on marque encore que les ordres au sieur Panin étaient de commencer sa demande en exigeant simplement du Prince-Successeur la déclaration en question, sans faire aucune mention du Comité Secret, et que le chancelier Bestushew ne s'était, d'abord, porté à cette démarche que par le motif d'une manigance, pour sonder les sentiments du Prince- Successeur, se flattant de trouver, dans la manière dont ce Prince s'expliquerait, de quoi autoriser l'injuste imputation d'avoir formé le dessein de rétablir la souveraineté en Suède après la mort du Roi, et de pousser alors sa pointe en demandant un tel acte du Comité Secret, signé par le Roi et le Sénat, et d'acheminer ainsi insensiblement les choses à une convention des États en Diète. L'on remarque, de plus, que le Chancelier n'espérait pas moins de pouvoir, par cette voie de moyens, augmenter les appréhensions de la cour de Londres, en lui insinuant qu'après la preuve peu équivoque que le Prince - Successeur venait de donner en cette rencontre de ses dangereux desseins, il n'était plus temps de temporiser, et qu'il fallait de bonne heure songer à prévenir l'orage — et de porter par là la cour de Londres à se prêter à ses desseins et à offrir des subsides à la Russie.
Quoi qu'il en soit, je crois que l'alliance conclue entre la Suède et le Danemark, la déclaration que la Porte Ottomane a fait faire à la
I Graf Cyrillus Rasumowski (vergl. S. 6. 28), Bnider des Grossjâgermeisters und Giinstlings. Der letztere hatte nach Goltz' Bericht vom 10. August in dem Streit zwischen Schuwalow und Bestushew fur den Kanzler Partei genommen.
Russie, et la fermeté avec laquelle la France continue à se déclarer,
détourneront la cour de Londres de se prêter aux idées du chancelier
de Russie et [la feront] changer de sentiments à cet égard, supposé
qu'elle y soit encore. ,
^ ^ Federic.
Nach dem Concept.
Pot s dam, ler septembre 1749.
Quoique je sois assez mal édifié du comportement du sieur Blondel, et de ce qu'il donne aussi lourdement dans toutes les pièges que la cour de Vienne lui tend, le plus souvent assez grossièrement, je ne vois cependant aucun moyen pour y remédier, ne voulant point m'en plaindre à sa cour, pour ne pas paraître comme si je me mêlais de son domestique. Si vous le saviez faire rectifier encore par le ministre palatin ou par celui de Suède, j'en serais bien aise; si cela est encore sans succès, il faut le laisser aller son train, et je ne saurais prétendre de vous des choses impossibles.
Ce que je vous recommande toutefois, c'est que vous deviez être fort vigilant sur tous les arrangements que la cour où vous êtes prend dans l'intérieur de ses provinces et de l'éclaircir surtout de bien près dans ce qu'elle fait et dispose dans son militaire, afin de m'en pouvoir instruire bien exactement et de me mettre par là en état de pouvoir juger de ses desseins.
En attendant, il est sûr que son jeu n'est plus si beau qu'il était il y a six mois passés, et s'il avait été de sa convenance d'exécuter alors ses projets formés, le moment est à présent passé. Notre parti est devenu pendant ce temps-là plus fort que le sien, et si elle voulait à présent procéder à des démarches violentes, elle nous trouverait arrangés, et nos batteries toutes prêtes à la recevoir comme il faut.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Potsdam, ler septembre 1749.
Comme il y- a presqu'une année qu'il n'y a plus de ministre de Hollande à ma cour, et que je m'aperçois bien que l'on veut se contenter d'y laisser seulement un homme d'affaires, et que d'ailleurs je n'ai rien d'important à négocier avec la République dans le temps où nous sommes, j'ai résolu à mon tour de rappeler le sieur d'Ammon et de lui substituer quelque secrétaire d'ambassade, uniquement pour me marquer ce qui s'y passe dans le public. Ma volonté est donc que vous devez faire expédier les lettres de rappel du sieur d'Ammon
et les lui envoyer, en lui enjoignant de se congédier convenablement et de revenir sans délai à Berlin. Vous me proposerez en même temps quelque sujet que je pourrais accréditer à sa place comme secrétaire d'ambassade, avec des appointements modiques.^ Et sur ce, je prie Dieu etc.
Nach der Ausfertigung. J? e d e r 1 C.
A STOCKHOLM
Potsdam, 2 septembre 1749.
Il est sans contredit nécessaire que la nouvelle alliance qui vient d'être conclue entre la Suède et le Danemark, commence à s'ébruiter, pour que la Suède en ressente les effets qu'elle doit. C'est aussi à cette fin que j'ai trouvé expédient d'en parler moi-même, toutefois avec un air de secret, afin qu'on en pût soupçonner davantage que l'affaire n'est réellement.
Pour ce qui est du sentiment de ce sénateur qui, comme vous me le rapportez par votre dépêche du 22 d'août dernier, vous a entretenu sur ce nouveau traité, je le trouve très fondé en raison; je ne doute cependant nullement que les Danois ne puissent être attirés dans le jeu, en cas qu'il en fût besoin et que les mal intentionnés envers la Suède ne voulussent entreprendre quelque chose d'ennemi contre elle.
Nach dem Concept. F e d C r i C.
Potsdam, 4. September 1749.
„Se. Kônigl. Majestat haben mir befohlen, an Ew. Excellenz hierdurch zu vermelden , wie Hôchstdieselbe es nunmehro von der rechten und besten Zeit zu sein erachteten, dass der Herr Geheime Rath Cagnony seine Reise nacher Spanien antràte und die bekannte Commission wegen der Forderungen, so des Kônigs Majestat an die Kron Spanien hâtten,= ûbemàhme, auch nach Hôchstderoselben vorhin schon genugsam bekannten Intention bestmôglichst auszurichten suchen soUte" ....
Auszug aus der Ausfertiguns. E 1 C h 6 1.
A BERLIN
Potsdam, 6 septembre 1749.
Monsieur le Marquis de Valory. Une pièce secrète, mais très intéressante, étant encore ^ tombée par un effet d'hasard entre mes mains,
I Die Wahl des Kônigs lenkte sich demnachst auf den bisherigen Legationssecretar Ammon's, Hofrath Du Commun. — 2 Vergl. Bd. IV, loi. — 3 Vergl. S. 31. Corresp. Friedr. II, VI. 6
j'en ai bien voulu vous confier une copie exacte et fidèle, quoique sous le dernier sceau d'un secret le plus absolu et sous les mêmes conditions sous lesquelles je vous ai communiqué la dernière que vous eûtes de moi. D'ailleurs, vous voudrez bien user de la précaution de ne la point faire sortir de vos mains, avant que vous n'ayez une occasion bien sûre pour la faire parvenir à M. de Puyzieulx. Sur ce, je prie Dieu etc.
Federic.
An den Grafen von Sternberg in Dresden.
Moskau, 14. August 1749.
Ew. Excellenz erstatte fur die mir unter dem 18. Julii zu ertheilen beliebte Nachrichten hiermit den verbindlichsten Dank. Solche sind des Grafen von Keyserlingk Berichten, welche mir der Grosskanzler Graf von Bestushew zum Theil communiciret , allenthalben ziemlich gleichlautend ; und wie die von Ew. Excellenz dabei gemachte Reflexiones und Betrachtungen aile Aufmerksamkeit verdienen, so ist insonderheit die nach des Keyserlingk Projet zwischen uns, Russland und dem chursàchsischen Hof zu machende Convention die allergegriindetste , und der Graf von Keyserlingk hàtte gewiss am besten gethan, wann er seines Hofes Gedanken liber die Chursachsen zu machende Convenienzen vorher eingeholet hàtte, als dass er vor der Zeit den Grafen von Bruhl hierûber schon gesprochen hat; allein es zeiget dièses seine ubermàssige Neigung an Sachsen anzuschmieden. Ûbrigens ist Keyserlingk schon unter dem 17. Julius alten Styli der gemessene Befehl zugeschicket worden, mit denen tibrigen alliirten Ministres dahin bedacht zu sein, dass der sâchsische Hof eines Theils von Erneuerung des Subsidientractats mit Frankreich auf aile Art abgehalten werde, andemtheils aber er, Keyserlingk, trachten soUe, Chursachsen zur Accession der zwischen den beiden kaiserlichen Hôfen getroffenen Defensifallianz zu vermôgen, und endlich Graf von Briihl in seinem Crédit und Ansehn zu erhalten trachten [soUe]. Der Chevalier de Williams hat neulich dem Mylord Hyndford geschrieben, dass sich Graf von Briihl gegen ihn vemehmen lassen, dass sie die englische denen franzôsischen Subsidien allezeit vorziehen woUten ; es ist aber ganz zuverlâssig weder Frankreichs noch Englands Intention, sich hierzu verstehen zu woUen. Dem Grafen Keyserlingk wird ebenfalls der Befehl zukommen, das Liberum Veto keinesweges zu unterstutzen, sonderh sich diesfalls an der seinem Vorfahren aufgegebenen Instruction genau zu achten, und ich habe schon gesorget, dass zwischen Ew. Excellenz und ihm kein Missvergnugen entstehen môge. Wegen Kurland hat der dortige Hof durch den Funcke wegen des ungliicklichen Herzoges, vormaligen Grafen von Biron, Loslassung und Restitution in sein Herzogthum die nachdriicklichsten Vorstellungen thun lassen ; es stehet aber zu erwarten, was solche nach sich ziehen werden; welche Nachricht aber nur zu Dero geheimen Wissenschaft zu behalten bitte.
£w. Ëxcellenz wird tibrigens unverborgen sein, dass Russland unsem Hof mit Gewalt in einen schwedischen Krieg zu verwickeln suche; daher man russischerseits anfanglich die mir unterm 8. Maji zugeschickte Riickantwort auf das mir hier zugestellte Réclamationspromemoria nicht annehmen wollen. Da aber Ihro Kaiserl. Majestat nude und crude, ohne zu wissen ob der Casus Fœderis existiren werde, nicht sich in einen neuen Krieg einlassen wollen, auch nach wie vor darauf bestehen, dass AUerhôchstdieselben zwar Dero allianzmâssigen Obliegenheit nach dem buchstablichen Sinne eine getreue Gentigeleistung thun wollen, nicht aber den Casum Fœderis (wie man es hier prâtendiret hat), anders als wann Russland von Schweden attaquiret werden sollte, erkennen kôimten, so hat endlich doch der Grosskanzler vor vier Tagen unsere Antwort anzunehmen sich nicht mehr zu entziehen vermôget.
Schliesslich kann nicht umhin, noch £w. Ëxcellenz anzumerken, dass nicht allein in Berlin, sondern auch hier ein gewisser Mann sich befunden, welcher fast aile Ziffem aufzulôsen weiss. £s ist also hôchst nôthig, dass die unserm ZilQfer angefugete Information fleissig in Obacht genommen werde. Wer weiss, ob man meine Briefe nach Hofe, welche in eben diesem ZifFer geschrieben sind, hier nicht autlôsen kônne. Ich bitte Ew. Ëxcellenz angelegentlich, dem Herm Generalmajor von Frankenberg nebst meiner gehorsamsten Empfehlung occasionaliter zu vermelden, dass weil sein Brief mir gewiss nicht durch den bewussten Canal zugekommen, ich in Verlegenheit gesetzet worden seie, denselben nicht beantworten zu kônnen. Womit verharre etc.
Graf von Bernes.
Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswaitigen Ministeriums zu Paris ; die Beilage nach Abschrift der preussischen Cabinetskanzlei, ebendaselbst.
Potsdam, 6 septembre 1749.
J'ai bien reçu votre dépêche du 25 d'août passé. Pour ce qui regarde la négociation de l'abbé Lemaire qui a été heureusement terminée, je vous renvoie à ce que je vous fais mander sur ce sujet par le rescrit qui vous va venir, à la même date que cette dépêche, du département des affaires étrangères. Comme le traité d'alliance entre la Suède et le Danemark est conclu et les ratifications échangées et la négociation du traité des subsides entre la France et le Danemark terminée, et que je suis au point de faire partir le sieur de Voss' pour la cour de Danemark, afin d'entamer l'alliance à faire entre cette dernière et moi, je me conformerai exactement aux conseils bons et sages que le marquis de Puyzieulx m'a fait inspirer par vous à ce sujet, et dont vous
X Friedrich von Voss, Bruder des Gesandten am chursachsischen Hofe.
ne laisserez pas <ie le bien remercier en mon nom. Mais comme je ne voudrais pas m' exposer à quelque refus de la part de la cour de Danemark, qui, peut-être par un ménagement, quoique hors de saison, pour les COUTS d'Angleterre et de Russie, voudrait hésiter d'y donner les mains, je regarderais comme surcroît de la bonne volonté du marquis de Puyzieulx à mon égard, s'il voulait bien y contribuer et qu'il fût ordonné à l'abbé Lemaire d'en tâter préalablement le pouls à la cour de Danemark et la sonder si elle est disposée d'entrer en liaisons avec moi, pour voir ce qu'il y en aura à espérer, afin que je puisse me décider là-dessus. Vous ne manquerez d'en parler au marquis de Puyzieulx, au plus tôt, et de marquer la réponse que vous en aurez eue. Quant aux deux étrangers dont vous m'avez envoyé le mémoire par rapport à une manufacture de porcelaine qu'ils souhaitent de pouvoir établir dans mes États, vous leur direz que, pourvu qu'ils veuillent faire cet établissement à leiurs propres frais et dépens, ils n'ont qu'à venir à Berlin, pour y faire leurs conditions, et que je leur tiendrai compte alors des frais de leur voyage et les favoriserai en tout ce qui sera possible, la seule condition exceptée qu'ils ne demandent pas que j'y doive mettre du mien.
Nach dem Concept.
Federic.
Potsdam, 6 septembre 1749.
Selon la façon que vous vous exprimez par votre dépêche du 29 d'août dernier, il me paraît que les suites qui pourraient résulter d'un soulèvement 'là où vous êtes, n'aboutiraient sans doute qu'à y augmenter la confusion, et que le peuple, quand même il tenterait d'entreprendre quelque chose, s'y trouve trop impuissant pour le soutenir par la suite.
Nach dem Concept.
Federic.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 6 septembre 1749.
J'applaudis parfaitement à la réponse que le comte de Barck a donnée au comte d'Ulfeld dans l'entretien qu'il a eu avec celui-ci, selon le compte que vous m'en avez rendu dans votre relation du 27 du mois dernier d'août. Le
Graf Otto Podewils berichtet, Wien 27. August, nach den Mittheilungen des schwedischen Gesandten Graf Barck ûber eine Conferenz des letzteren mit dem Hofkanzler Grafen Ulfeld, in welcher Barck demselben die in Schweden verôffentlichte Erklârungi tlbergeben und ein begleitendes Schreiben des Grafen Tessin vorgelesen hat. Barck hat hinzu-
1 Vergl. S. 47.
geftigt: Que, s'il [Ulïeld] voulait qu'il [Barck] hasarderait son sentiment particulier, il doutait infiniment que la SuMe f!t rien au delà de ce qu'elle avait fait jusqu'ici. Le comte d'Ulfeld repartit qu'il doutait, de son côté, que la Russie se contenterait de cet acte, et qu'il croyait qu'elle exigerait une déclaration particulière pour elle, si l'on voulait qu'elle en donnât une à la Suède de ne pas troubler l'ordre de succession qui y était établi. Le comte de Barck répondit que la Suède n'avait jamais demandé une pareille déclaration à la Russie, qui serait contraire à son indépendance; . . . que, si la Russie, malgré tout ce que sa cour voulait faire, voulait pourtant l'attaquer, la Suède aurait la consolation de n'y avoir donné aucun sujet; à quoi il ajouta d'un ton ferme qu'elle trouverait, dans le besoin, des alliés pour la défendre et qu'elle se tenait assurée de l'assistance de la Porte. Le comte d'Ulfeld parut fort frappé à ce propos."
récit que vous m'en avez fait, avec d'autres particularités qui me sont revenues du depuis, m'ont donné beaucoup de lumières par rapport à la façon de penser de la cour de Vienne relativement aux affaires du Nord. On a voulu tâter le pouls à la Suède jusqu'où on aurait pu pousser avec elle, pour s'en faire un mérite auprès de la cour de Russie ; mais dès qu'on s'aperçoit que la Suède parle d'un ton ferme, l'on baisse de ton ; et comme d'ailleurs le comte d'Ulfeld est connu pour être fort altier, et qu'il a parlé d'abord d'un ton assez haut quand le comte de Barck a commencé de lui lire sa dépêche du comte Tessin, mais qu'il en a fort rabaissé quand ledit comte de Barck lui a répondu avec fermeté, l'on s'en aperçoit assez que la cour de Vienne n'a nulle envie de pousser les affaires à l'extrémité, et que la Russie n'est pas sans appréhension que la Porte Ottomane ne se mêle de la querelle.
Quant au sieur Blondel,' j'estime que ses préventions pour la cour de Vienne seront de peu d'effet; sa cour est à présent trop éclairée sur toutes les manigances de celle-ci et de ses adhérents pour qu'on ait lieu de craindre que les rapports du sieur Blondel lui puissent faire de l'impression. Au surplus, la cour de Vienne n'a point lieu de trouver étrange quand mes officiers vont voir leur campements,' puisqu'il n'y a eu presque aucune revue en Silésie où ne se soient trouvés de ses officiers, auxquels on a toujours permis d'être du nombre des spectateurs.
Nach dem Concept. F e d C r i C.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 6 septembre 1749..
Je n'ai rien à vous répondre par cette présente dépêche, si ce n'est que, selon votre rapport du 14 d'août dernier, il ne me semble pas qu'il y ait rien de dangereux à craindre pour la Suède. Je me fortifie d'ailleurs dans l'appréhension où j'ai été jusqu'ici, que l'ami connu pourrait bien ne pas avoir la résolution nécessaire pour vouloir profiter
X Vergl. S. 43. 87.
de l'incident du sénateur Schuwalow» de façon à donner à l'affaire une heureuse issue et la faire tourner à l'avantage de la bonne cause.
Nach dem Concept. Federic.
Potsdam, 7. September 1749.
„Ew. Excellenz gnâdiges Schreiben vom gestrigen Dato habe heute frûh die Ehre gehabt zu erhalten, worauf ganz unterthânig vermelde, wie dass, als ich heute occasione gewisser schlesischer Handlungsangelegenheiten halber nicht umhin gekonnt, bei Sr. Kônigl. Majestât anzufragen, ob Dero allergnadigste Intention nicht sei, dass der Herr Geheime Rath Cagnony bei Gelegenheit der ihm aufgetragenen Commission'» auch chargiret und autorisiret werden sollte, bei dem madrider Hofe einen Commercientractat zu negociiren, Hôchstdieselbe darauf in Antwort ertheilet, wie allerdinges solches Dero Willensmeinung sei, dass der Herr Cagnony zugleich mit eine secrète Négociation liber einen zwischen Deroselben und der Kron Spanien zu schliessenden reciproquen Commercientractat zu entamiren und allen Fleiss und Adresse anzuwenden, um solche Négociation reussiren zu machen". . . .
Auszug aua der Aasfertifi^ng. E i C h e 1.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 9 septembre 1749.
Ce que vous marquez encore dans votre dépêche à la date du 30 du mois dernier, au sujet du sieur Blondel, me confirme dans l'opinion où je suis que c'est le plus misérable négociateur, imbécile au dernier point, ainsi que je vois bien que toutes les peines qu'on se donnerait pour le rectifier, seraient à pure perte.
Je viens de savoir par un canal bien sûr que le comte Bernes s'est amèrement plaint à un de ses amis intimes,^ qu'il paraissait que la cour de Russie voudrait entraîner la sienne presque par force dans la guerre que la Russie voulait susciter à la Suède, et qu'il lui était arrivé que, quand il avait voulu présenter au chancelier Bestushew la réponse que sa cour lui avait envoyée au mémoire de la cour de Russie par lequel celle-ci avait réclamé de la reine de Hongrie le secours stipulé dans les traités entre les deux cours impériales, ledit chancelier avait refusé tout [plat] de vouloir accepter cette réponse. Mais comme, depuis, l'Impératrice- Reine avait fait déclarer énergiquement par lui. Bernes, qu'elle ne saurait point s'engager dans une nouvelle guerre, avant que d'être exactement
1 Vergl. S. 76 ff. — a Vergl. S. 83. — 3 Vergl. S. 82. Dieselbe Mittheilung erhalt unter gleichem Datum KlinggrSffen in London.
instruite s'il y avait le cas de l'alliance, et quoiqu'elle persistât dans la résolution qu'elle voudrait remplir fidèlement ses engagements avec la Russie au pied de la lettre des traités, néanmoins elle ne saurait reconnaitre le casus fœderis pour donner le secours prétendu de la Russie, hormis que quand la Suède l'attaquerait, et que cette déclaration du comte Bernes avait à la fin tant opéré sur le chancelier Bestushew qu'il n'avait plus refusé d'accepter la réponse en question de la cour de Vienne — particularité que je ne vous marque cependant que pour votre direction seule et dont vous ne toucherez le mot que dans les rapports que vous me ferez immédiatement.
n s'en faut beaucoup que cet officier de mes troupes dont vous me marquiez dans une de vos dépêches antérieures qu'il était arrivé dans le campement autrichien de Bisentz, y. ait été [traité] aussi poliment que vous me le disiez, car j'ai appris depuis qu'on en a été bien jaloux et que le général Saint-Ignon, à qui il s'était adressé fort poliment pour avoir la permission de voir manœuvrer les troupes, après l'avoir fait attendre presque deux heures dans son antichambre, lui a déclaré fort grossièrement que tout officier prussien était suspect dans le campement où les troupes autrichiennes manœuvraient, et qu'ainsi il n'avait qu'à rebrousser chemin. Si un jour l'on traite de la même façon des officiers autrichiens, à qui on fait jusqu'ici toutes les politesses quand ils sont venus voir manœuvrer mes régiments, ils ne sauront point s'en plaindre.
Au surplus, comme il y a quelque temps qu'un ci-devant capitaine déserté de mes troupes, nommé Thoss, a été à Vienne pour y chercher emploi, et que je n'ai plus entendu parler de lui, vous satisferez à ma curiosité si vous m'apprenez ce qu'il est à la fin devenu.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
DE GOLTZ A MOSCOU
Groltz berichtet, Moskau 18. August :
„Le sieur Warendorff a eu, vendredi passé^x occasion de sonder de nouveau 3 le sieur Swart ... et celui-ci lui a dit que les ordres expédiés au ministre russien pour faire la nouvelle déclaration à la cour de Suède, étaient partis le 16 juin, mais qu'il n'était pas surprenant que celle d'ici n'ait pas encore reçu ladite réponse, puisqu'on avait enjoint au courrier, chargé de ces ordres, de passer préalablement en Norvège, pour faire part au roi de Danemark, avec qui on allait de concert dans cette
Potsdam, 9 septembre 1749.
Je ne doute nullement que tout ce que le sieur de Swart a dit au sieur Warendorff, et dont vous m'avez rendu compte par votre relation du 18 du mois passé d'août, n'ait été conforme aux idées que le comte Bestushew s'est faites et au système qu'ils s'est bâti, quand il a pris la résolution de faire faire cette déclaration à la Suède dont
^ 15. August. — a Vergl. S. 19.
affaire, de la résolution que l'impératrice de Russie venait de prendre ; qu'en attendant il faudrait voir de quelle manière les Suédois s'expliqueraient sur les demandes de Sa Majesté Impériale, justes et raisonnables selon le sentiment du ministre de Hollande, et qu'alors, suivant les circonstances > les troupes russiennes entreraient dans la Finlande; que si on ne les y avait déjà fait filer, on avait eu pour cela ses raisons, et que les mois de septembre et d'octobre étaient les plus propres à une pareille expédition."
VOUS faites mention; mais comme il est arrivé du depuis bien des circonstances qui ne favorisent point son projet, il est raisonnablement à croire qu'il y pensera deux fois, avant que d'user de violence contre la Suède, à moins que la tête ne lui tourne.
En attendant, vous pouvez compter que les cours de Vienne et de Londres n'aiment nullement que celle de Russie veuille pousser les affaires à l'extrémité, et que celles-là désapprouvent la conduite que la dernière tient à cet égard. Je sais même, à n'en pouvoir douter, que la cour de Vienne a fait déclarer par Bernes que, quoiqu'elle accomplirait religieusement ses engagements envers la Russie en cas que la Russie fût attaquée de la Suède, elle ne saurait regarder comme un cas de son alliance si la Russie attaquait la Suède, ni se mêler alors de cette guerre, particularité cependant que je vous ne dis que pour votre direction seule. Reste à savoir si tout cela sera suffisant à retenir la fougue du comte Bestushew et pour faire faire à la cour de Russie ce que l'on demande avec autant
de raison qu'elle doive faire. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 9 septembre 1749.
J'ai bien reçu la relation que vous m'avez faite du 29 d'août passé. J'approuve parfaitement le conseil que vous avez donné à M. de Puyzieulx de vouloir bien inspirer à la cour de Copenhague des sentiments qui puissent contribuer à rendre mutuelle la confiance entre elle et la Suède et à établir une parfaite intelligence entre ces deux cours. Mes lettres de Suède m'apprennent que le ministre de Russie, le sieur Panin, est venu demander une conférence avec le ministère de Suède; comme on a assez d'indices que la conférence qu'il demande a pour objet de faire aux ministres de Suède la déclaration dont on a tant parlé jusqu'ici, on en verra à la fin ce que la Russie demande et où ses desseins pourront aller.
Au surplus, quoique j'approuve que vous ayez pris l'occasion de parler au marquis de Puyzieulx au sujet du marquis de Valory,' vous observerez cependant de ne pas trop pousser cette affaire-là et de garder de certaines mesures là -dessus; car si une fois la cour de France est
1 Vergl. S. 61.
déterminée de rappeler absolument le marquis de Valory, je ne saurais
pas m'ingérer de bonne grâce de la vouloir en empêcher et le lui
défendre. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept
A STOCKHOLM
Pot s dam, 9 septembre 1749.
Les dépêches que vous m'avez faites à la date du 26 et du 29 du mois passé d'août, me sont bien parvenues. Quoique je convienne de ce que l'ambassadeur de France vous a dit relativement à la déclaration que le sieur Panin doit faire au ministère de Suède, et que le sieur Ekeblad ne fasse point mal de ne pas trop se presser d'accorder au ministre russien, autant que décemment se pourra faire, la conférence qu'il a demandée, cependant je ne saurais point vous cacher que j'ai été frappé quand j'ai vu ce que le sieur Rudenschôld vous a répliqué aux insinuations que vous lui avez faites par mon ordre sur la situation de la Finlande^ et dont vous m'avez rendu compte par le dernier de vos rapports susmentionnés, puisque je ne saurais point comprendre comment et par quelles raisons bonnes et fondées les ministres de Suède pourront s'imaginer que la Russie ne fera rien contre la Suède, et il faut que je vous avoue que je trouve les ministres de Suède un peu trop assurés sur cet article-là.
Ce que vous ne leur cacherez, aussi, point du tout, en les priant de vouloir bien m'ajouter foi là-dessus. Vous ajouterez que je leur donnais à cette occasion un avis militaire, que je leur demandais avec instance et pour le vrai bien de la Suède de ne point négliger, et que vous leur direz tout nettement: c'est qu'il n'y avait point de pays au monde qu'on saurait défendre avec 9,000 hommes — comme il y a effectivement de troupes suédoises en Finlande, et des troupes peu exercées encore, puisqu'elles n'ont été employées, à ce que j'ai appris de bon lieu, qu'à travailler aux fortifications qu'on a fait faire en Finlande — contre un ennemi de 20,000 hommes. Vous leur direz, de plus, qu'autant qu'il me paraissait, ils comptaient sur les gens qu'ils voudraient assembler de leurs paysans pour renforcer les troupes en Finlande, comme si ceux-là y étaient déjà actuellement ; mais qu'ils pourraient bien risquer d'avoir mal compté; car, si une fois les troupes russiennes entraient dans ce pays -là, 41 n'y aurait plus temps d'assembler et d'y transporter ces gens -là, pendant un temps où l'ennemi poussait ses opérations, et que je les priais en conséquence de se bien imprimer que des choses qui sont possibles et praticables aujourd'hui, pourront devenir inpraticables le jour qui suit. Que je n'ignorais point que la Suède
ï Vergl. S. 47. 56.
go
était présentement pourvue de fort bonnes alliances, mais que je les priais que, malgré toutes ces alliances, ils devaient se reposer le plus sur leurs propres arrangements et sur les bonnes dispositions qu'il leur convenait de faire pour une bonne défensive; et comme la guerre, si ^Ue venait à s'élever, regardait principalement la Suède, il faudrait aussi que celle-ci fît les premiers arrangements pour se défendre contre l'ennemi qui venait l'insulter. Qu'ils devaient penser qu'ils avaient à faire avec un ministre tel que Bestushew, dont il était assez connu qu'il ne suivrait pas ce que la raison lui pourrait dicter, mais qu'il se laissait emporter par la fougue de ses passions, sans penser aux suites qui en pourront résulter, et qui apparemment serait fortifié dans ses desseins lorsqu'il savait la Finlande point assez fournie de troupes pour pouvoir faire résistance à ses entreprises; que cette facilité de pouvoir parvenir à ses desseins, serait peut-être un nouvel appas pour lui pour envahir toute la Finlande, et qu'enfin il n'était que trop avéré que la méfiance était la mère de la sûreté, et que je savais par un bon canal que le chancelier Bestushew travaillait actuellement pour vouloir entraîner presque par force la cour de Vienne dans une guerre contre la Suède.' Vous tâcherez de votre mieux pour insinuer tout ce que dessus, dans des termes convenables quoique énergiques, aux ministres de Suède et me ferez votre rapport de l'impression qu'il a faite
sur eux. ^
Federic.
Nach dem Concept.
A BERLIN
Potsdam, 10 septembre 1749.
Monsieur le Marquis de Valory. La pièce secrète que je vous ai envoyée," n'est pas si pressante qu'elle demande une diligence extraordinaire pour être envoyée à votre cour; elle demande plus de secret que de célérité. Mais comme il y a de certains points là -dedans qui me paraissent être intéressants à votre cour et dont j'estime qu'elle aimerait bien d'en être instruite, je veux de bien bon cœur me prêter à votre demande et. vous communiquer à la suite de celle - ci une traduction que j'ai fait faire au pied de la lettre de la pièce, afin que vous la sauriez insérer chiffrée avec soin dans le corps d'une de vos lettres que vous ferez à M. de Puyzieulx, en attendant quelque occasion sûre par laquelle vous sauriez lui faire passer l'original.
X^ C vL C X X w.
Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Auswartigen Ministeriuins xu Paris.
t Vergl. S. 83. — 2 Vergl. Nr. 3855.
gi —
A STOCKHOLM
Potsdam, 13 septembre 1749.
Il m'a été très agréable d'apprendre, par votre dépêche du 2 de
ce mois, que tout s'est passé tranquillement jusqu'ici là où vous êtes
et que le ministère de Suède a trouvé moyen de traîner d'une bonne
et décente manière à donner la conférence, demandée en dernier lieu
par le ministre de Russie, de Panin, et qu'il tâche d'éloigner cette
conférence autant que la bienséance le peut permettre, puisque la Suède
ne laisse toujours que de gagner au temps qui s'écoule de cette manière
en sa faveur. „ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Pots dam, 13 septembre 1749.
Votre dépêche en date du 21 d'août m'est bien parvenue. Comme le sieur de Panin à Stockholm est sur le point, à ce qui m'en revient, d'y faire la déclaration russienne à la cour de Suède, j'espère que je serai en état alors de pouvoir former un jugement assuré et solide de la nature des prétentions contenues dans ladite déclaration. S'il se rencontrait que la cour de Russie pût n'être point satisfaite par la déclaration que vient de faire la Suède en dernier lieu,* et que cette cour continuât à chicaner la Suède de point en point, je devrais presque croire, en ce cas, que le chancelier Bestushew se serait formé une idée pour arracher la Finlande entière à la Suède, afin de l'incorporer à la Russie.
En attendant, il ne m'est point concevable que la Russie voulût
encore pendant la présente année réaliser quelque entreprise de sa part
contre la Suède, et je pense que, si le roi de Suède pouvait vivre encore
une couple d'années, la Russie ne laisserait que de se trouver par là à
la fin rassasiée de toutes ses ostentations guerrières. ,
° Federic.
Venant d'être informé qu'un certain gentilhomme polonais, nommé Gurowski, est parti de Dresde il y a quelques jours, chargé de lettres du ministre Briihl au chancelier Bestushew, j'ai bien voulu vous en avertir, afin que vous puissiez l'éclairer à son arrivée à Moscou et l'observer sur ce qui pourra être l'objet de sa mission. L'on en a voulu dire comme s'il pouvait être chargé des intérêts du maréchal de Saxe relativement à la Courlande, mais comme cela est peu vraisemblable et que l'on m'assure que le comte de Briihl fait assez grand cas de ce
X Vergl. S. 84.
cavalier, il se pourrait bien que l'objet de son envoi regarde d'autres points intéressants.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 13 septembre 1749.
Autant que j'ai compris par tous les avis secrets qui me sont parvenus par de bons canaux, la cour où vous êtes n'a nulle envie de faire présentement quelque démarche d'éclat en faveur de la Russie, à moins que la Suède ne fasse effectivement quelque changement dans la forme présente de son gouvernement. Quoi qu'il en soit, ce que vous me marquez dans votre dépêche du 3 de ce mois, me confirme de plus en plus qu'il n'y a que duplicité et mauvaise volonté qui régnent dans tous les procédés de la cour de Vienne; aussi, pour en faire convenir le sieur Blondel, vous lui ferez observer que toutes les fois que cette cour parle aux Français, elle affecte de relever son impuissance à se mêler de nouvelles troubles et l'impossibilité où ses arrangements domestiques la mettent de rien entreprendre, au lieu que, quand elle fait parler aux Anglais, elle ne fait que prôner ses nouveaux arrangements qui, à ce qu'elle déclare, la doivent mettre en état de ne plus être tant à charge à ses alliés et de les assister bien plus efficacement que par le temps passé. Ce qui est cependant une contradiction formelle.
Au surplus, j'approuve fort la façon dont vous vous conduisez
maintenant avec le sieur Blondel; très sensée qu'elle est, vous ferez
bien d'y continuer. Je me suis aperçu ici qu'il faut que le chancelier
Ulfeld soit extrêmement piqué contre vous;* j'en ai des preuves assez
claires. Mais que cela ne vous embarrasse en aucune manière, puisque
je sais trop à quoi me tenir là-dessus. Quand celui-ci a dit au sieur
Blondel qu'il devrait être fort douloureux à sa souveraine de voir de
jour en jour se multiplier les engagements entre la France et moi, le
sieur Blondel aurait dû naturellement réfléchir d'abord qu'il faudrait bien
que la cour de Vienne eût des raisons cachées pourquoi elle était aussi
piquée de voir régner la bonne intelligence entre la France et moi, et
qu'en conséquence les intérêts de la France, autant que les miens,
demanderaient de rester bien unis ensemble. Mais comme je juge le
sieur de Blondel autant imbécile que dangereux, le meilleur pourra être
toujours de n'en toucher rien envers lui et de vous tenir bien sur vos
gardes à son égard. ^ ,
° ^ Federic.
Nach dem Concept.
■^ Vergl. Bd. V, 579; VI, 534.
A DRESDE
Pots dam, 13 septembre 1749.
Les dépêches que vous m'avez faites des 2 , 6 et 9 , m'ont été bien rendues, chacune à son temps, et je suis très satisfait de l'exactitude avec laquelle vous m'avez instruit de tout Ce qui s'est passé à l'égard de la déclaration que le ro! de Pologne a faite lui-même aux députés des États de la Diète assemblée qui ont été obligés de comparaître devant lui.
Quoique les espérances que le comte Hennicke a données par rapport au payement de mes sujets qui ont à prétendre à la Steuer, ne soient pas tout-à-fait consolantes, je vois bien que ceux-ci seront obligés de faire vertu de nécessité, et je conviens avec vous que vous ne saurez faire mieux que de continuer à employer tous vos soins et peines pour tirer tant qu'il y aura moyen. Au surplus, j'attendrai le rapport que vous me promettez sur ce sujet, après que la Diète sera finie.
Puisque vous n'avez pu rien découvrir là où vous êtes, du contenu des dépêches que le comte de Keyserlingk a reçues par l'estafette qui lui est arrivée en dernier lieu, je crois pouvoir vous mettre assez au fait de ce qu'elles ont pu contenir, par des avis qui me sont parvenus de très bon lieu, et que je ne vous communique que pour votre direction seule et sous le sceau d'un secret absolu.
Il s'agit d'un plan que le comte de Keyserlingk a projeté et envoyé à sa cour pour faire une convention particulière entre les deux cours impériales et celle de Dresde. Il ne m'a pas été possible d'apprendre jusqu'ici quels sont proprement les articles de cette convention que le comte Keyserlingk a proposée; j'espère pourtant de l'apprendre encore. En attendant, je sais qu'elle roule principalement sur l'accession de la cour de Dresde au traité définitif fait et conclu entre les deux cours impériales l'année 1746, et que le comte Keyserlingk a joint à son projet plusieurs convenances particulières que les deux cours doivent faire à celle de Saxe, qui ont même excité quelque jalousie aux Autrichiens, en sorte que ceux-ci se plaignent d'un trop grand attachement du comte de Keyserlingk à celle de Saxe, et de ce qu'il s'en est ouvert au comte Briihl avant que d'avoir su les sentiments de sa cour là -dessus.
L'on a, de plus, enjoint au comte Keyserlingk de travailler de tout son mieux pour retenir la cour de Dresde qu'elle renouvelle le traité de subsides avec la France, quoiqucL l'Angleterre ne voulût point se prêter à lui en fournir. L'on a encore ordonné au comte Keyserlingk de travailler de son mieux pour le soutien du crédit et du pouvoir du comte Briihl, et, au reste, de ne point soutenir le liberum veto tn Pologne, quand cette affaire pourrait être mise sur le tapis.
Voici ce que j'ai bien voulu vous apprendre pour votre direction, en vous en recommandant encore une fois le dernier secret, avec défense
de faire mention de tout ceci dans vos relations ordinaires, mais seulement dans celles , que vous faites à mes mains propres et dont vous n'envoyez pas de duplicata au département.
Au surplus, je sais par un bon canal que le comte Briihl a donné des assurances assez fortes.au chevalier Williams, avant son départ de Dresde, que sa cour préférait toujours les subsides de l'Angleterre à ceux de la France, et que d'ailleur^ la cour de Dresde a fait présenter un mémoire à celle de Russie par lequel elle a fait des instances bien pressantes à ce que le comte Biron soit relâché de son arrêt et remis en possession du duché de Courlande, anecdote dont je vous recommande encore le secret.^
Quant au paquet dont j'ai fait prier le ministre de Suède de vouloir
bien se charger pour le rendre au baron de Goltz,» je vous dirai que
cela ne demande pas autant de célérité que de sûreté, et que je serai
bien obligé audit ministre, quand il voudra rendre ce paquet au baron
de Goltz dès qu'il verra lui-même celui-ci. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Potsdam, 13 septembre 1749.
Je suis assez content de la dernière conversation que vous avez eue encore avec le marquis de Puyzieulx, selon le rapport que vous m'en avez fait du i^^ de ce mois. Pour ce qui regarde cependant ce qu'il vous a touché relativement à mes ministres dans les cours étrangères, vous lui direz que je les envisageais comme des sentinelles qui doivent m' avertir des mauvais desseins que mes voisins brassent contre moi, et que, dans cette supposition -là, M. de Puyzieulx savait bien qu'on aimait plutôt à une sentinelle d'avoir donné une fausse alarme que d'avoir manqué de vigilance et de s'être laissé surprendre. Que d'ailleurs lui, le marquis de Puyzieulx, pouvait sûrement compter que, quoique je serais bien fâché de voir éclore un nouveau feu de guerre, et quelques soins que je me donnasse, autant que mes forces me le permettraient, pour empêcher qu'une nouvelle guerre ne fût suscitée, malgré tout cela je ne faisais point apercevoir de l'inquiétude, et qu'au surplus M. de Puyzieulx n'ignorait pas que, quand on m'accusait d'une chose, ce n'était pas de la timidité qu'on m'imputait, mais qu'on me peignait plutôt comme un homme plus remuant que je ne l'étais effectivement.
Comme la cour de France est déjà informée que le ministre de Russie à Stockholm, le sieur Panin, est sur le point de faire de la part
' Vergl. S. 82. 83. — 2 Der schwedische Gesandte in Dresden von Greiffenheim war im Begriff, sich als Nachfolger des verstorbenen Freiherrn von Hôpken nach Russland zu begeben.
de sa cour la déclaration dont on a tant parlé, nous sommes à présent
dans l'attente d'apprendre à la fin les vraies intentions de la Russie à
l'égard de la Suède, et si les bons offices de la France et de ses amis
pourront composer la querelle ou non.
En attendant, je compte pour un grand avantage que la Suède et
moi ayons gagné au moins cette année-ci sans avoir été enveloppés dans
des troubles. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 16 septembre 1749.
J'ai reçu votre dépêche du 6 de ce mois. Puisque la proposition dont le sieur de Lilien, conseiller du prince de Thurn et Taxis, vous a pressenti, par rapport à un chariot de poste à établir entre Neisse et Jgegerndorf, pour en faciliter le commerce de la Silésie, me paraît assez acceptable, vous n'avez qu'à l'adresser au ministre d'État comte de Mûnchow, auquel je fais savoir mes intentions là-dessus, avec qui il pourra correspondre à ce sujet et prendre les arrangements nécessaires pour cet établissement-là.
C'est un homme bien ridicule que le sieur Blondel, mais avec tout cela d'un caractère bien dangereux, qui se mêle de bien des finesses, quoique fort mal à propos, et avec qui il faut user de beaucoup de circonspection. H est sûr, comme vous dites, que toute la prudence dont on use à son égard, ne saura mettre quelqu'un qui a à faire avec lui, à l'abri de ses faux rapports, et ce que mon ministre à Paris, Chambrier, m'a marqué en dernier lieu, savoir que le marquis de Puyzieulx lui avait donné à entendre que mes ministres dans les cours étrangères pourraient satisfaire à tout ce que le bien de mes intérêts demandait, sans marquer d'inquiétude ni vouloir exciter les esprits ni les aigrir, confirme assez les soupçons où vous êtes à l'égard de Blondel, qu'il fait tenir aux gens des discours auxquels ils n'ont jamais pensé. Ainsi encore une fois, gardez tous les dehors avec lui, mais agissez avec bien de la circonspection à son égard.
Au surplus, comme l'on dit que l' Impératrice-Reine continue à faire
argent de tout et à amasser de grandes sommes, pensez un peu s'il n'y
a pas moyen de savoir jusqu'où peuvent aller à présent les sommes
qu'elle a pu assembler et le lieu où elle met ses épargnes, de même ce
qu'elle y peut mettre par an. Comme l'on ne saurait cacher cela
tout-à-fait au public, vous m'obligerez particulièrement si vous savez me
donner quelques informations là-dessus. ^ ,
Nach dem Concept.
Ohambrier berichtet, Paris 5. September: „La première chose que le marquis de Puyzieulx me dit, la dernière fois que je l'ai vu, est que le bruit courait ici depuis peu, à ce qu'il lui était revenu le même jour, d'une quadruple alliance entre le Roi son maitre, Votre Majesté, la Suède et le Danemark; et ce qui a donné lieu à ce bruit, m'ajouta le marquis de Puyzieulx, est un discours qu'a tenu M. le maréchal de Saxe. Il a dit à quelqu'un que, lorsqu'il s'était congédié du Roi votre maître, le roi de Prusse lui avait dit: Je m'en vais signer mon traité avec le Danemark."
Potsdam, 16 septembre 1749.
J'ai été très frappé de voir, par votre dépêche du 5 de ce mois, ce que l'on a bien voulu m'attribuer par rapport à un propos confident que je dois avoir tenu au maréchal de Saxe relativement à l'alliance à faire entre moi et le Daiîemark.
J'ai de la peine à m' imaginer qu'un pareil discours soit venu de la part du maréchal, à qui de pareils propos ne me sont point sortis; mais en supposant qu'il se soit effectivement énoncé de la sorte, il faudrait qu'il entrât de la malice dans son fait pour vouloir nuire au marquis de Valory, après avoir su peut-être tirer de lui quelque confidence à cet égard. Car de ma part, vous pouvez hardiment assurer au marquis de Puyzieulx qu'il n'en est rien sorti de moi, et que je ne me suis entretenu autrement avec le maréchal qu'en présence du marquis de Valory, à qui, il est vrai, il m'est échappé un jour, étant en compagnie avec le maréchal, que, autant que j'apprenais, les affaires en Danemark prenaient un assez bon train, et voilà les seuls termes dans lesquels je me suis expliqué, puisqu'aussi on changea d'abord de discours.
Je suis très content de ce que vous avez répondu au marquis de Puyzieulx quand il vous a informé de la demande que la cour de Vienne s'avisait à former par rapport à ma garantie pour ses États que je ne lui avais pas garantis par le traité de Dresde. Quand ce ministre vous en parlera encore , vous devez lui dire que , comme je me réglais toujours avec plaisir sur les bons et sages conseils que la France voulait bien me donner, je voudrais bien me prêter à donner encore cette garantie à la cour de Vienne, si la France le trouvait à propos, mais que je priais M. de Puyzieulx de réfléchir un peu sur les deux cas suivants, savoir qu'en premier lieu la cour de Vienne pourrait être attaquée par les Turcs en Hongrie et qu'il me serait impossible de l'aider alors; qu'en second lieu il se pourrait arriver à divers événements que la cour de Vienne fût embarquée dans quelque nouvelle guerre en Italie, et comme elle ne laisserait pas alors de réclamer ma garantie, je serais, encore, hors d'état de la lui prêter, et quoique je n'ignorasse pas tout ce que je pourrais alors lui dire, elle ne laisserait pas d'en crier plus fort et de m' accuser de mauvaise foi, ce qui ne saurait que m' embarrasser encore.
Comme il me paraît, par tout ce que le marquis de Puyzieulx vous a répondu à la nouvelle insinuation que vous lui avez faite en
faveur du marquis de Valoiy, que le parti des ministres de France est pris là -dessus, vous ferez prudemment de ne plus toucher cet article envers eux. Au surplus, je vous recommande toute l'attention imaginable pour le marquis de Puyzieulx, afin de lui conserver les sentiments favorables où il est relativement à mes intérêts. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 16 septembre 1749.
Je ne doute nullement que vous n'ayez pu vous mettre au fait de différentes particularités intéressantes, dans cet entretien avec l'ami connu que vous espériez avoir avec lui, selon que vous le marquez par votre dépêche du 25 d'août dernier, et je suis présentement à en attendre votre rapport.
Le sieur Panin vient enfin de faire à Stockholm, le 3 de ce mois, la déclaration dont la Russie avait menacé depuis si longtemps.
Comme le temps ne permet pas de vous transcrire le détail de cette déclaration d'une manière circonstanciée, je me bornerai à vous dire que, selon que le portent mes nouvelles, elle doit avoir consisté dans un rescrit d'environ six feuilles entrelardées d'expressions grossières et I odieuses et dont la conclusion avait été que la Russie aurait à la vérité
b trouvé assez satisfaisantes les assurances que la Suède lui avait données, si l'expérience du passé ne lui eût donné à connaître sa mauvaise foi ; qu'en conséquence la Russie serait obligée de prendre des mesures plus I efficaces, afin de remplir ses engagements par rapport au traité de
Nystad;^ qu'à la vérité la Russie n'y avait rien à craindre durant la vie du roi de Suède, mais qu'après sa mort, si elle voyait qu'on voulût introduire la souveraineté sans le consentement unanime des quatre ordres de l'État, elle ne pourrait s'empêcher de faire entrer alors un corps de ses troupes en Finlande, qui y resterait sur le pied de l'année 1743, en payant argent comptant et en gardant une exacte discipline, et que ce corps n'en reviendrait qu'après que le nouveau Roi aurait confirmé par serment la capitulation et la présente forme du gouvernement et qu'après que l'on aurait passé une nouvelle garantie du septième article du traité de Nystad, moyennant quoi la Russie promettrait de son côté de ne jamais troubler la succession établie en Suède.
Voici le précis en raccourci de la déclaration en question, sur
laquelle je suspends de porter mon sentiment jusqu'à ce que j'aie vu la
réponse qu'y aura faite le ministère de Suède. .^ ,
^ ^ "^ Federic.
Nach dem Concept.
I Vergl. S. 54.
Corresp. Friedr. II. VIL
A STOCKHOLM
Potsdam, i6 septembre 1749.
Ce que vous m'avez appris dans votre dépêche du 5 de ce mois, par rapport à la déclaration, que le sieur Panin vient, à la fin, de faire par ordre de sa cour au ministère de Suède, m'a rendu content et bien aise, parceque j'en suis à présent moralement assuré que ce n'est point tout de bon que la Russie en veut à la Suède et qu'elle se contentera de menacer. J'attribue ce changement inopiné principalement à la déclaration énergique que la Porte Ottomane a fait faire au ministre de Russie à Constantinople, qui l'a bridée, et, en second lieu, à la nouvelle qu'elle a eue de l'alliance conclue contre la Suède et le Danemark, qui a fort dérangé ses batteries. Tout ce que je désire maintenant, est que la réponse que les ministres de Suède rendront à la déclaration faite du sieur Panin, ne soit ni trop altière ni choquante, afin de ne pas donner prise sur eux aux ennemis de la Suède en Russie. Si d'ailleurs, par un surcroît de bonheur, le roi de Suède continuait à vivre encore une couple d'années, la Russie s'affaiblirait tant, par ses démonstrations, qu'elle serait bien aise, à la fin, de pouvoir sortir avec quelque bienséance hors du jeu.
En attendant , comme je souhaiterais fort d'avoir une copie de la
déclaration de la Russie, vous devez tâcher de votre mieux de m'en
procurer une, in extenso, ou, dans le cas qu'il n'y eût moyen d'en
avoir, vous en ramasserez au moins tout ce que vous saurez trouver,
afin de pouvoir l'envoyer à moi immédiatement. Au surplus, je vous
sais fort bon gré de ce que vous vous êtes servi de l'occasion, pour
insinuer aux ministres de Suède le besoin indispensable de pourvoir à
la sûreté de la Finlande. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Potsdam, 20 septembre 1749.
J'ai trouvé bien raisonnable tout ce que l'ambassadeur de France vous a dit en conséquence du rapport que vous m'en avez fait du 5 de ce mois. Puisqu'aussi je vous ai fait communiquer, par un rescrit du département des affaires étrangères,^ le précis de la déclaration que la cour de Russie a faite par son ministre à Stockholm, je crois que vous en aurez vu que la grande ardeur de la Russie de venir à des ex-
I Eichel schreibt am 19. September an den Grafen Podewils in Berlin : „Haben des Kônigs Majestât sehr approbiret, dass Ew. Excellenz denen Ministres zu Wien, Paris, London, Moskau und wo es sonsten mehr nôthig gewesen, das erforderliche wegen der Paninschen Déclaration zu Stockholm bekannt gemachet haben."
trémités avec la Suède, s'est ralentie, et que, selon toutes les apparences, l'orage passera sans crever.
L'avantage que j'en ai retiré, en attendant, est que j'ai reconnu clairement la mauvaise volonté du roi d'Angleterre à mon égard et de ceux qui lui sont attachés, et combien j'ai lieu de ne point me fier aux Anglais.
Quant à la lettre du chancelier Janssen que vous m'avez envoyée, je crois vous avoir déjà suffisamment instruit par ma dépêche antérieure^ sur tout ce qui fait son sujet principal et du post - scriptum que vous avez fait en conséquence. Et comme vous savez d'ailleurs que, quand vous ne verrez nul jour à pouvoir réussir de stipuler les intérêts à trois et demi pour cent, vous devez faire l'accord moyennant un intérêt de quatre pour cent, je n'attends à présent que le rapport que vous me ferez sur la réussite de votre négociation à ce sujet -ci.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 20 septembre 1749.
J'ai VU, par le contenu de vos dépêches Ou 28 d'août dernier, le détail que vous m'y faites de la conversation que vous venez encore d'avoir avec l'ami important, et, quant à moi, je vous ai déjà tracé par ma dernière dépêche immédiate un précis en quoi consistait proprement la déclaration que le sieur Panin a eu ordre de sa cour de faire et qu'il a faite effectivement à celle de Suède, de laquelle je vous ai fait mander un plus long détail par la chancellerie du département des affaires étrangères.
Je ne saurais d'ailleurs assez m' étonner que notre ami en question ait pu proposer que le prince-successeur de Suède fît encore une déclaration spéciale de sa part, pareille à celle que souhaite la cour, où plutôt le chancelier, de Russie, et il faut que je vous dise que je doute fort que la Suède, après la dernière déclaration qu'elle vient de faire ,2 veuille encore se prêter à semblable déclaration spéciale sur le pied que la demande la Russie, d'autant plus qu'on ne saurait guère approfondir les raisons qui peuvent mouvoir la Russie de la demander, la Suède étant reconnue indépendante, et dont la Russie n'a jamais prétendu être supérieure, considération que vous insinuerez à l'ami connu, pour la faire valoir auprès de lui, à la première occasion que vous y trouverez.
Au reste, je suis entièrement persuadé que la Russie, ayant laissé passer cette année sans entreprendre quelque chose, et ayant accroché l'exécution de toutes ses menaces à des événements futurs, l'on s'en peut
I D. d. Potsdam 16. September, enthâlt nur Einzelheiten fiir die Abmachungen wegen Tilgung der schlesischen Schuld. — 2 Vergl. S. 47. 84.
tenir fondé, pour se rassurer à l'égard de l'incertitude où l'on était sur les intentions de la Russie. „ ,
Nach dem Concept.
P o t s d a in , 20 septembre 1 749.
La dépêche que vous m'avez faite du 10 de ce mois, m'a été rendue. Mes dépêches de France me font assez sentir que, quoique les ministres de France connaissent assez la faiblesse du sieur Blondel, malgré cela sa présence à Vienne ne me convient guère, mais comme je n'y saurais rien changer, il faut que vous traîniez encore l'hiver avec lui et que vous tâchiez à vous en accommoder, aussi bien que vous pourrez. Jusqu'à ce que son successeur viendra le relever.
Quant aux affaires du Nord, on vous aura déjà instruit du département des affaires étrangères en quoi a consisté proprement la déclaration que la cour de Russie a fait faire par son ministre à Stockholm. Quelle qu'elle soit, on s'en aperçoit bien que la Russie a ralenti de sa première ardeur, et puisque ses menaces ne portent que sur des événements éloignés, je crois en gpuvoir conclure que l'envie de venir à des extrémités envers la Suède lui est passée, et qu'elle se veut ménager une retraite honorable pour ne point faire trop apparaître qu'elle a fait gratuitement ses démonstrations.
Pour ce qui regarde les nouveaux exercices des troupes autrichiennes, mes officiers qui s'en sont informés,* m'en ont mis assez au fait, mais je les trouve très différents des nôtres. Ma curiosité principale est à présent de savoir les arrangements domestiques de la cour . de Vienne et surtout combien on lui donne de revenus après ses nouveaux arrangements faits, ainsi que vous devez vous appliquer pour vous en faire une idée juste et exacte, afin de pouvoir m'en informer.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
Potsdam, 20 septembre 1749.
L'on ne saurait être plus surpris que je l'ai été, quand j'ai vu tout ce que vous m'avez marqué par votre dépêche du 8 de ce mois concernant la. lettre que le marquis de Puyzieulx vous a dit avoir reçue de M. des Issarts à Dresde au sujet d'une indiscrétion que mon ministre là, le sieur de Voss, doit avoir commise. J'avoue sincèrement que je n'entends rien de toute cette tracasserie-là, ni de ce qui l'a pu occasionner; car, pour ce qui est du discours qu'on m'attribue avoir tenu au maréchal de Saxe," je vous l'ai déjà dit et je l'ai confirmé
X Vergl. S. 43. 87. — 2 Vergl. S. 23. 96.
lOI
encore qu'il ne m'en est rien de pareil échappé,, ni que je lui ai parlé mot des affaires qui concernent ce sujet -là, et qu'enfin je ne me suis entretenu là-dessus qu'avec le marquis de Valory.
Pour ce qui regarde mon ministre à Dresde, le sieur Voss, je puis vous dire que, supposé pour un moment qu'il se soit expliqué de la façon que M. des Issarts le doit avoir mandé, il aurait absolument agi sans mon ordre; d'ailleurs je ne saurais comprendre d'où il aurait pu tirer une nouvelle aussi apocryphe que celle que j'avais signé un traité avec la Suède et le Danemark, ni comment il aurait osé la débiter, sans m'en avoir informé préalablement et sans demander mon aveu là-dessus. Comme je viens de lui ordonner de la manière la plus énergique de s'en expliquer et de m'en faire sa justification, je n'attends que son rapport, pour vous en instruire fidèlement.
Mais ce qui me persuade presque qu'il faut qu'il y ait absolument du malentendu, c'est ce qu'il me marque encore, par une dépêche à la date du i6 de ce mois,^ et avant que mon ordre par où je demande sa justification ait pu partir, en termes exprès que l'ambassadeur de France lui avait raconté que, le maréchal de Saxe ayant débité à Paris que j'avais conclu un traité défensif avec le Danemark, sa cour lui marquait son étonnement de ce que lui, Voss, ne lui avait parlé que d'un accommodement entre la Suède et le Danemark; qu'il lui avait répondu qu'il ne savait rien d'un traité défensif conclu avec moi et que ce n'avait été uniquement qu'en confidence qu'en ce temps-là il lui avait parlé d'un accommodement entre la Suède et le Danemark. Voilà tin rapport difficilement à accorder avec ce que la lettre de M. des Issarts a voulu mettre à sa charge.
En attendant, pour en assurer le marquis de Puyzieulx, j'ai commandé à mes ministres du département des affaires étrangères de faire lire au marquis de Valory la relation du sieur de Voss en original et d'un bout à l'autre, afin d'en pouvoir faire son rapport à sa cour. Mais plus j'envisage cette affaire, plus j'y crois entrevoir de la manigance du comte de Briihl, que je soupçonne d'avoir artificieusement controuvé toute cette affaire, dans la vue de mettre par là de la tracasserie entre la cour de France et moi. J'emploierai tous mes soins pour en développer l'artifice et j'espère de parvenir à même de convaincre à la fin le marquis de Puyzieulx que je ne me suis point trompé dans mes soupçons.
Au surplus, quand vous aurez l'occasion de parler à ce ministre de tout ce que dessus, vous ne laisserez pas de lui insinuer convenablement que je ne saurais pas comprendre avec quelle raison l'on pourrait nous imputer des sentiments que ni la France ni moi n'avons, lorsque nous faisons des alliances pendant un temps où d'autres puissances, qui ne pensent nullement bien sur nous , tâchent de s'en fortifier partout où elles peuvent. Encore auraient - elles lieu de le relever si c'étaient des alliances offensives ; mais comme il ne s'agit que d'alliances défensives, qui
I Vergl. S. 105.
jusqu'ici ont passé chez tout le monde pour innocentes, je n'y vois aucun sujet d'ombrage pour elles. Vous lui ferez faire encore la réflexion qu'en considérant naturellement les liaisons que la Suède avait prises avec le Danemark, l'on trouverait aisément qu'il y avait peu de réalité là-dedans et que la Suède en aurait retiré peu d'avantage si l'on n'en avait fait une certaine ostentation, afin d'en imposer aux autres, de façon que j'étais presque assuré que la déclaration ferme que la France avait faite relativement aux affaires du Nord, et ce que la Porte Ottomane avait fait déclarer si énergiquement au ministre de Russie à Constantinople , avec la nouvelle qu'on a eue de l'alliance renouvelée entre la Suède et le Danemark, ont été les seuls motifs qui ont inspiré au chancelier Bestushew des sentiments plus modérés, au point qu'il a bien radouci les termes de la déclaration que le sieur Panin a faite à Stockholm — à ce que vous aurez vu par ce que je vous en ai fait communiquer — à proportion de ce qu'elle a été selon le premier projet qu'on en avait couché, et que nous en avons retiré au moins cet avantage que nous sommes sûrs que la tranquillité du Nord sera conservée aussi longtemps que le roi d'à présent de Suède restera en vie, et qu'en gagnant du temps nous avons peut-être gagné tout le reste.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
A DRESDE
Voss berichtet, Dresden 13. September : „La noblesse est fort mécontente ici et ne peut revenir de son étonnement comment le comte de Brûhl a pu engager le Roi à signer un rescrit tel que celui que ce ministre a lu aux Etats dans la dernière audience. C'est la pièce la plus intéressante de toute la Diète. Le Roi y témoigne son mécontentement contre la noblesse en général, promet de soutenir le Engeren Aus schuss ^ et, monantz qu'il savait fort bien les dettes de la Steucr et qu'aucun capital n'avait été emprunté sans sa volonté, il donne, pour ainsi dire, pleine quittance au comte de Brûhl comme directeur de la Steuer ... La comtesse de Sternberg, sous prétexte d'aller aux noces de sa sœur, a partira en peu pour Vienne. Comme elle est aimée de toute la cour et du premier ministre et aime se mêler d'affaires, il se pourrait bien qu'elle se charge de quelque commission ou chipotage."
Potsdam, 20 septembre 1749.
J'attendrai la relation détaillée avec les pièces intéressantes concernant les affaires de la Diète que vous me faites espérer dans votre dépêche du 13 de ce mois.
Le tour dont le comte de Briihl s'est servi pour se tirer de toute recherche de son administration de la Steuer^ sent son homme adroit et qui sait ce qu'il faut pour son avantage et pour se mettre en sûreté.
Il ne me paraît point que le voyage que la comtesse Sternberg va faire, dût renfermer du mystère, ne connaissant point d'affaire importante sur laquelle la cour de Vienne saurait négocier avec celle de Dresde dans le moment présent.
t Sic Œ rappelant. — 2 Grâfîn Josepha Starhemberg.
Si, en tout cas, il s'agissait de l'accession de la Saxe au traité d'alliance défensive entre les deux cours impériales, fait l'année 1746, je regarderais ce chipotage fort indifféremment.
n y a une affaire qui m'embarrasse un peu plus que tout le reste, et sur laquelle il faut que vous vous expliquiez avec toute la clarté et exactitude possible. Il s'agit d'une dépêche que je viens de recevoir de mon ministre en France, le baron Le Chambrier,^ par laquelle il me marque qu'après que le marquis de Puyzieulx l'avait invité pour lui parler d'une affaire intéressante, il lui avait dit que, comme il courait présentement un bruit en France d'une quadruple alliance conclue entre la France, la Prusse, la Suède et le Danemark, et que ce bruit était fondé peut-être sur un discours qu'on disait que le maréchal de Saxe devait avoir tenu un peu légèrement à son retour en France, le ministère de France n'avait pas fait grande attention là-dessus , mais que lui, marquis de Puyzieulx, venait de recevoir une lettre de Dresde, de M. des Issarts, par laquelle il lui marquait que vous étiez venu le voir pour lui dire que j'avais signé mon traité avec la Suède et le Danemark, et que d'ailleurs le dernier avait renouvelé son traité de subsides avec la France; que M. des Issarts avait ajouté que vous aviez dit la même chose au comte de Briihl et à plusieurs autres, qui en avaient été extrêmement surpris et fâchés, par le peu de bien qu'ils me voulaient; que le comte de Briihl avait dépêché tout aussitôt deux estafettes, l'une à Vienne et l'autre à Copenhague, pour savoir la vérité de cette nouvelle; que les avis qui étaient venus de Vienne portaient que l'Impératrice - Reine ne savait pas un mot de ce prétendu traité entre moi, la Suède et le Danemark et qu'on écrivait de Copenhague que cette nouvelle était fausse.
Comme je ne vous ai point donné mes ordres pour faire une pareille déclaration ni à M. des Issarts ni au comte de Briihl, ni à qui que ce soit, et que je ne saurais croire que vous en eussiez jamais parlé de votre propre chef, je présume encore qu'il faut absolument qu'il y ait quelque malentendu de la part du comte des Issarts, ou que toute cette tracasserie soit encore un jeu du comte Briihl, pour causer des brouilleries entre la France et moi.
Mais comme l'affaire m'est importante, je veux que vous en fassiez votre justification et que vous vous expliquiez exactement si vous avez parlé à M. des Issarts et au comte de Bruhl, et en quels termes propres vous vous êtes expliqué à l'un et à l'autre là-dessus. Ce que vous ne manquerez pas de faire le plus tôt le mieux, afin de me mettre par là à même de pouvoir désabuser la France sur les fausses insinuations qu'on lui a faites à ce sujet, et la tranquilliser des inquiétudes et des ombrages qu'elle a pris là -dessus. Vous ferez d'ailleurs votre justification à moimême immédiatement.
X Vergl. S. 100.
Au surplus, je veux bien vous accorder la permission que vous me demandez d'aller faire, d'abord après la foire prochaine de Leipzig, un tour à Berlin et sur vos terres dans le Mecklembourg pour un temps de six semaines, et qu'en attendant le sieur Hecht ait soin de mes affaires.
Nach dem Concept. F e d e T i C.
Potsdam, 21. September 1749.
Weilen Se. Kônigl. Majestat die lieut eingelaufene Relation des p. von Chambrier [Paris 12. September] bereits dechiffriret gelesen haben, so haben Dieselbe darauf zu antworten befohlen, wie Sie die ganze Sache, so die Tracasserie occasionirete , dergestalt einsehen und dechiffriren, nàmlich, dass als der Graf Saxe hier gewesen, er ganz par Hasard etwas von der dànischen und schwedischen Négociation miisste gehôret und gemuthmasset haben; dass derselbe darauf die Imprudence gehabt haben musste, dem Grafen Bruhl davon zu sagen, welcher dann der ganzen Sache eine malitiôse Tournure gegeben und herumgedrehet, dem p. des Issarts davon gesprochen und ailes Micmac gemachet haben wtirde, wie dann die ganze Sache das Ansehen einer Weiberplauderei habe; und bezôgen Se. Kônigl. Majestat Sich ubrigens auf das, so Sie ihm, Chambrier, gestem deshalb geschrieben.
Ausserdem aber, und die Sache an sich selbst genommen, so sàhen Se. Kônigl. Majestat nicht ab , was der Marquis de Puyzieulx vor besorgliche Intentiones daraus ziehen kônne, wann auch Hôchstdieselbe eine Alhance mit Danemark gemachet und alsdenn davon gesagt hâtten, weil M. de Puyzieulx selbst conveniren dôrfte, dass solches eher den Frieden conserviren, als solchen zu alteriren oder zu rompiren Gelegenheit geben wiirde. Ueberdem glaubten Se. Kônigl. Majestat, dass aller ausgesprengten Bruits ohnerachtet die Union zwischen Deroselben und Danemark dennoch geschehen werde, weil beide Hôfe ihr Interesse dabei fânden ; soUten aber beide Hôfe nicht ihr communes Interesse darin finden, so wiirde die Sache nicht zu Stande kommen, wann auch nie dergleichen Bruits divulgiret worden wâren, sodass letztere zur Hauptsache weder hindern noch helfen kônnten. Was der von Chambrier inzwischen dem Marquis de Puyzieulx geantwortet, solches habe Sr. Kônigl. Majestat Approbation ; Sie glaubten auch , dass seine ubrige Muthmassungen ^ fondiret wàren. Man kônnte ja aber Deroselben die-
I Chambrier sagt in seinem Berichte vom 12. September: ,Je crois, par quelques mots qui m'ont été lâchés indirectement, être parvenu à démêler 1* arrière-pensée qu'il [Puyzieulx] a dans l'âme et qu'il n'a pas voulu me dire. La voici. On craint ici que Votre Majesté ne veuille mettre la France dans le cas de rentrer en guerre contre l'Angleterre et la cour de Vienne, afin que Votre Majesté puisse en tirer le parti qui conviendra à Ses intérêts, et qu'EUe soit d'autant plus à couvert des entreprises de Ses ennemis pour Elle. Toutes les fois que Votre Majesté fera quelque chose qui
— los —
jenige Plaudereien nicht imputiren, welche Dero Feinde malitiôser Weise
ausbrâchten, und glaubten Sie, Frankreich soUte einmal die Malice derer
Feinde von Sr. Kônigl. Majestàt und was solche von Deroselben auszu-
sprengen capable wâren, kennen, dahergegen von Hôchstderoselben
Droiture und dass Sie mit Frankreich Ein Système, Interesse und
Sentiments wegen Conservation des Friedens hàtten, iiberzeuget sein
und nicht so légèrement gegen Dieselbe neue Soupçons fassen.
Ganz maligner Weise hâtten Deroselben Feinde in der Utrechtschen
Gazette vom 12. September unter dem Article von Kopenhagen mit vieler
Ostentation verschiedene Umstande setzen lassen, die man aber des
Kônigs Majestàt nicht zur Last legen kônnte, ohne Deroselben gewiss
grosses Unrecht zu thun. t-- t ,
lii 1 c h e 1.
Nach der Ausfertigung.
A DRESDE
Voss berichtet, Dresden 16. September: „ L'ambassadeur de France m'a raconté que, le maréchal de Saxe ayant débité à Paris que Votre Majesté avait conclu un traité défensif avec le Danemark , sa cour lui marquait son étonnement de ce que je ne lui avais parlé que d'un raccommodement entre la Suède et le Danemark. Je lui ai répondu que je ne savais rien d'un traité défensif conclu avec Votre Majesté, et que ce n'avait été uniquement qu'en confidence qu'en ce temps -là je lui avais parlé du raccommodement entre la Suède et le Danemark."
Potsdam, 22 septembre 1749.
Ma dépêche précédente vous aura appris pourquoi je dois être bien content de ce que vous me marquez dans celle que vous m'avez faite du 16 de ce mois, au sujet de la réponse que vous avez donnée à l'ambassadeur de France, quand celui-ci vous a raconté ce que le maréchal de Saxe doit avoir débité à l'égard d'un prétendu traité défensif entre moi et le Danemark.
Comme ces bruits -là ont alarmé bien des cours, et qu'on vous accuse d'avoir été le premier qui avait débité cette nouvelle indiscrètement, j'attends les explications et la justification que je vous ai demandées bien sérieusement sur ce sujet.
Quant au discours que le comte Hennicke vous a tenu pour vous insinuer que je ne devrais plus tant presser sur le payement de mes sujets créanciers de la Situer, vu les arrangements qu'on avait pris pour leur payer les intérêts et peu à peu le capital, mon intention est que, quand le comte Hennicke reviendra à vous avec de pareils propos, vous devez lui dire tout naturellement que ce n'était point moi qui avais à prétendre de la Steuer^ mais que c'étaient plutôt des particuliers, mes
inquiétera ce ministère. Votre Majesté peut compter, comme je le connais, qu'il l'envisagera d'abord dans cet esprit-là, et je tromperais Votre Majesté si je Lui parlais autrement."
ÎOÔ
sujets, qui demandaient leurs capitaux, parcequ'ils en avaient extrêmement besoin, quelques-uns, pour subsister avec leur famille, d'autres, puisqu'ils étaient pressés eux-mêmes par leurs créanciers, et d'autres encore pour soutenir leur commerce et leur crédit, et que ces bonnes gens ne prétendaient encore leur payement qu'après que le terme qu'on leur y avait stipulé fût échu; qu'en conséquence le comte Hennicke conviendrait lui-même que je ne saurais sans injustice ouverte empêcher ces gens d'insister à ce qu'on les satisfasse de ce qu'ils ont à prétendre, et dont ils ne sauraient se passer sans leur ruine, surtout après que je leur avais garanti le payement par un article exprès d'un traité solennel de paix. *
Au surplus, l'on me marque que le sieur Guy Dickens, ministre nommé de l'Angleterre à la cour de Russie, vient d'arriver de Londres à la Haye et continuera incessamment son voyage, en prenant sa route par Dresde, où, à ce qu'on prétend, il doit s'acquitter de quelques commissions. J'ai bien voulu vous en avertir, afin que vous le puissiez guetter à son arrivée à Dresde, pour voir s'il aura là quelques pourparlers avec les ministres, et pour l'éclairer s'il a des commissions pécuniaires à régler — parceque l'on a débité avec ostentation dans des gazettes publiques que la Saxe aurait un prêt de quatre millions des Anglais — ou s'il est chargé de renouer avec la cour de Dresde un
traité de subsides, à ce que d'autres conjecturent. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
Berlin, 23 septembre 1749.
J'ai reçu à la fois vos relations du 13 et du 16 de ce mois. Très content que je suis de l'exactitude avec laquelle vous m'informez de tout ce qui concerne les affaires qui se négocient entre la France et la Suède avec la cour de Danemark, je serai bien aise quand vous me marquerez que tout est parvenu à sa consistance entière. Au surplus, vous devez dire au sieur Lemaire que je n'attendais que le départ du sieur de Rosenkrantz qu'on va envoyer à ma cour, pour faire partir le ministre que j'ai destiné d'envoyer à celle de Copenhague, qui sera instruit de proposer l'alliance entre le Danemark et moi. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept*
A STOCKHOLM
Berlin, 23 septembre 1749.
Les dépêches que vous m'avez faites le 8 et le 12 de ce mois, m'ont été rendues à la fois. J'ai trouvé la réponse faite de la part du
I Vergl. Bd. V, 503 Anm. i.
ministère de Suède à la déclaration du sieur Panin,^ fort ferme, mais j'appréhende qu'elle ne soit un peu trop forte. Dans la situation où la Suède se trouve, il me paraît qu'elle a à éviter soigneusement une nouvelle guerre ; mais autant que je puis juger des circonstances qui me sont revenues par mes lettres de Russie, le chancelier Bestushew prendra la réponse de la Suède tout à travers et en fera une interprétation la plus maligne, pour avoir seulement l'occasion d'agacer sa souveraine à ce qu'elle parvienne à une rupture ouverte avec la Suède. D'un autre côté il faut que je dise, aussi, pour la justification du ministère de Suède que, si la Russie a absolument résolu de rompre avec la Suède, toutes les complaisances de celui-là ne lui serviraient de rien et que celle-ci trouverait toujours de nouveaux sujets pour chicaner la Suède. Comme le ministre d'Espagne, le marquis de Grimaldi, qui va en Suède, vient d'arriver ici et qu'il partira demain pour poursuivre son voyage, je le chargerai d'une lettre à ma sœur, la Princesse Royale,* dans laquelle j'appuierai sur tout ce que je vous ai dit ci -dessus et insisterai sur la nécessité absolue qu'il y a que le gouvernement de Suède prenne plus de sûretés qu'il n'a fait jusqu'ici, pour la Finlande et contre les démarches que la Russie pourra tenter contre la Suède. Tout ce que je saurais faire en bon allié de la Suède, est de représenter au gouvernement les circonstances comme elles sont naturellement, et ce que la prudence exige qu'il fasse. Si, après cela, il ne veut point faire réflexion à ce que je lui insinue, j'ai la conscience nette et je ne saurais plus faire.
Nach dem Concept.
DE GOLTZ A MOSCOU
Goltz berichtet, Moskau i. September: „Il se pourrait que le Chancelier trouvât moyen d'engager sa souveraine à réaliser la menace de faire passer un corps de ses troupes dans la Finlande ... Le discours que le sieur Swart a tenu en dernier lieu au secrétaire Warendorff, y semble donner un nouveau degré de probabilité . . . L'animosité dudit ministre de Hollande va si loin qu'il n'a pas fait difficulté de dire que les assurances du monde les plus fortes, données de la part de la Suède, ne seraient pas capables de calmer les appréhensions de la Russie, et que le général Lieven recevrait ordre de
Potsdam, 23 septembre 1749.
Kn conséquence de tout ce que vous me mandez par vos dépêches du i«' de ce mois, je ne saurais point prévoir ce que le comte Bestushew voudra faire encore relativement à la Suède, un homme aussi fougueux et d'un caractère comme lui étant capable de faire des choses qui ne sont point du tout de saison. Nonobstant de cela, je crois que le moment propre où il aurait peut-être pu agir avec
X Vergl. S. 97. 98. Die Antwort wurde dem russischen Gesandten in der Conferenz vom 10. September ertheilt; Uber den Inhalt vergl. den Erlass an Goltz vom 27. September, Nr. 3890. — a Das Schreiben liegt nicht vor.
io8
faire embarquer à Reval un bon nombre de régiments sur les galères , pour faire une descente à Frédéricsham, nonobstant la mauvaise saison qui approche."
succès, est perdu pour lui, et j'avoue que je ne sais pas démêler au juste comment il saura entreprendre quelque chose avec succès, ni dans cette année-ci ni dans celle qui suit, après avoir laissé échapper le moment favorable à lui. Comme nous avons le temps d'hiver devant nous, et qu'il ne sera pas aisé d'entreprendre quelque chose avant le mois de juin de l'année qui vient, nous aurons, je crois, en attendant, le loisir de voir et d'apprendre où il voudra porter ses vues. Il est étonnant qu'un ministre tel que le sieur de Swart puisse se comporter de la façon qu'il a fait envers la Suède, et je regarde tout ce qu'il a dit en conséquence au sieur WarendorfF, comme prononcé par un motif de rage et de furie. Enfin, peu de temps développera ce qu'on pourra attendre de la Russie. En attendant, vous pourrez bien insinuer à l'ami connu, quand vous trouverez l'occasion de le faire convenablement, que, quand le Chancelier poussera les affaires aussi loin que le sieur de Swart l'a voulu dire, je croyais que la Russie jouerait un gros jeu. ,
JL^ w vX w X X v/*
Nach dem Concept.
GR^FFEN A LONDRES.
Pot s dam, 23 septembre 1749.
J'ai reçu à la fois vos dépêches du 9 et du 12 de ce mois. Je suis porté à croire que c'est la déclaration que la cour de Russie a fait faire par son ministre Panin à Stockholm — dont vous êtes déjà informé — qui a causé cet air embarrassé que vous avez remarqué au duc de Newcastle, quand vous l'avez vu la dernière fois, et je crois avoir déjà observé à différentes fois que, lorsqu'il s'agit d'affaires d'une pareille sorte, il fait comme les enfants qui, après avoir fait quelque faux-pas, tâchent de cacher leur mauvaise honte et d'en éluder tout discours.
Tous mes avis, combinés ensemble, confirment unanimement que l'Angleterre n'a point fourni jusqu'ici de sommes en argent à la Russie. Si je n'ose pas vous soutenir cela comme une vérité, il y a pourtant toute la probabilité que jusqu'ici la Russie n'a point tiré d'argent de la cour de Londres. Au surplus, vous me rendrez un service signalé, si vous pouviez m'informer exactement et avec précision ce que les articles secrets du traité de 1746' renferment.
Nach dem Concept. F e d e r i C.
I Vergl. Bd. V, 187.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 23 septembre 1749.
Quand vous dites, dans la dépêche que la dernière poste m'a apportée de votre part, que la cour où vous êtes a perdu pour le moment présent l'envie d'interrompre la tranquillité de l'Europe, mais que cela ne l'empêchera pas de guetter le temps favorable où elle estimera de pouvoir mettre en exécution ses desseins, je crois que vous avez rencontré fort juste. La nouvelle de la déposition du Mufti à Constantinople me paraît un peu sujette à caution et je la regarde encore comme de l'invention- du comte d'Ulfeld, pour en imposer à la Suède. Au surplus, ce que vous me marquez au sujet du sieur Blondel, m'oblige de vous dire encore que vous devez agir avec cet homme aussi dangereux qu'étourdi et présomptueux avec tout le ménagement et toutes les précautions possibles. ^ ,
Federic.
Nach dem Concept.
A BERLIN
Potsdam, 26 septembre 1749.
Monsieur le Marquis de Valory. Je vous communique derechef en grande confidence, et sous les mêmes conditions que j'ai déjà exigées de votre part, une pièce intéressante ci-jointe qui m'est tombée fortuitement entre les mains et dont vous pourrez vous informer du contenu par la traduction littérale que j'y ai fait ajouter.
Les remarques que je puis faire à cette occasion, sont qu'il paraît presque que les cours de Vienne et de JL.ondres procèdent de bonne foi à déhorter la Russie de n'en pas venir à des troubles et encore moins à une rupture ouverte avec la Suède, mais que, ce nonobstant, le chancelier Bestushew serait très capable d'en venir à des extrémités envers la Suède, quand bien même la Russie ne pourrait point s'attendre d'abord à des secours efficaces des cours de Vienne et de Londres.
C'est, au reste, à votre prudence que je me rapporte sur l'usage
que vous jugerez à propos de devoir faire de cette confidence auprès de
votre cour; seulement exigé -je de vous que vous y apportiez toute la
prévoyance et circonspection humainement possible, afin que le secret
m'en soit gardé inviolablement. ,
° Federic.
An den Grafen von Ulfeld.
M o s k a u , 4. September 1 749 .
Der Lord Hyndford ist heute gegen Mittagszeit bei dem Grosskanzler gewesen und hat sich bemiihet, den Graf von Bestushew zu bewegen, damit hiesiger Hof in diejenigen Wege, so dem Keith pro-
— no —
poniret, einschlagen mochte. Der Hyndford hat, um der Sache den rechten Nachdruck zu geben, noch beigefiiget, dass er von Hofe aus zu Ueberreichung dièses Vorschiages angewiesen worden seie. Allein es hat ihm der Grosskanzler eben das , was ich bereits unter dem 30. August allerunterthànigst angezeiget, geantwortet, dass man nâmlich ohne ihr Wissen dergleichen Passum nicht hàtte thun soUen. Der Mylord hat weiter aile gute und lible Folgen, welche aus der Anoder Nichtannehmung dièses unanstândigen Vorschiages fiir Russland entstehen kônnten, emstlich vorgestellet , und da man morgen das bewusste grosse Conseil aus denen Collegiis in der russischen Kaiserin Gegenwart uber die schwedische Sachen halten wird, so werde ich durch den Courier allerunterthànigst das mehrere berichten. Kunftigen Sonntag^ hat der Mylord seine Abschiedsaudienz. Danemark will der russischen zweiten Déclaration» keineswegs beitreten, sondem hat sich nur anheischig gemacht, die erstere^ in passu der Erhaltung des Friedens zu souteniren. Womit den Empfang des gnàdigen vom 13. August iiber Breslau gehorsamst accusire und mich empfehle etc.
Graf von Bernes.
Nach der von Valory eingesandten Abschrift im Archiv des Ausv«ràrtigen Ministeriums zu Paris ; die Beilage nach Abschrift der preussischen Cabinetskanzlei, ebendaselbst.
Cela est déjà fait. ^
Jr odewils und Finckenstein berichten, Berlin 26. September : „ Votre Majesté nous ayant fait ordonner par le conseiller privé Eichel de préparer de bonne heure les instructions pour le conseiller privé de Voss, destiné à la mission de Copenhague,* nous ne pouvons nous dispenser , avant d'y mettre la main, de demander préalablement les intentions de Votre Majesté sur les points suivants:
lo Comme la négociation d'une alliance défensive, accompagnée de garanties réciproques, fait le principal objet de cette mission^ et que nous sommes persuadés que, si c'est Votre Majesté qui en fait la première proposition, la cour de Danemark se fera beaucoup tirer les oreilles, avant que d'y entrer, nous soumettons aux lumières de Votre Majesté , au cas qu'EUe Se sentît de la répugnance d'y employer directement les bons offices de la France, si Elle ne juge pas à propos de Se servir du canal de la Suède et
I 7. September. — 2 Vergl. S. 97. — 3 Vergl. Bd. VI, 375. — 4 Vergl. S. 83. — s Vergl. S. 46. 54. 75. 84.
d'acheminer les choses de la sorte que l'ouverture en paraisse venir principalement de la cour de Stockholm, et que celle-ci ordonne au baron de Fleming de sonder, de concert et conjointement avec l'abbé Lemaire, les dispositions de celle de Copenhague par rapport à cette alliance, avant que le sieur de Voss fasse aucune démarche directe pour cet effet.
20 Si Votre Majesté souhaite qu'on stipule par le traité en question une garantie réciproque pour la totalité des États que les parties contractantes possèdent actuellement, ou si Elle aime mieux limiter la garantie de Son côté à la possession du duché de Sleswig, et, du côté du Danemark, à celle de la Silésie et de la comté de Glatz.
30 Si l'intention de Votre Majesté est de conclure un traité formel avec Sa Majesté Danoise directement, ou si Elle juge plus convenable de tâcher de former cette liaison moyennant l'accession du Danemark au traité déjà conclu entre Votre Majesté et la Suède,» dans lequel la Silésie est également garantie, ou bien par l'accession de Votre Majesté au traité fait entre le Danemark et la Suède, a moyennant que le premier garantisse à Votre Majesté — comme les autres puissances, contractantes de la paix d'Aix-la- Chapelle, ont fait — le duché de Silésie et la comté de Glatz, tels que Votre Majesté les possède actuellement. En prenant ce dernier biais, on risquerait moins de se commettre avec la Russie. Par ce dernier moyen, et en ne stipulant de cette façon la garantie spéciale du Sleswig autrement qu'à l'égard du prince royal de Suède, sa postérité et ses frères, on désobligerait moins le grand-duc de Russie. 3
40 Si Votre Majesté trouve à propos d'entamer et de terminer cette négociation il Copenhague, ou si Elle aime mieux, dès qu'on sera d'accord sur la question ont <ie la faire transférer ici et de conclure le traité sous Ses yeux , d* autant que , si l'on voulait l'achever à Copenhague, la reine de Danemark et les ministres d'Angleterre et de Russie trouveraient plus d'oc- -casion d'intriguer contre et de la traverser."
Nach der eigenhandigen Au&eichnung (praes
Cela est indifférent, car ce n'est qu'un.
Il y a trois moyens, qui me sont égaux:
i** Que le Danemark accède au traité que nous avons fait avec la Suède,
2 ^ Que nous accédions à celui qu'ils viennent de renouveler,
30 Que nous en fassions un particulier avec le Danemark.
Tous les trois me sont indifférents, pourvu qu'on y mette les garanties de la Silésie.
Tout cela sont des choses indifférentes. Apprenons premièrement dans quelles dispositions sont les Danois, et le reste se fera selon le
cas et les conjonctures. ^
Fr.
37* September) am Rande des Berichtes.
X Vergl. Bd. V, 406 Anm. i. — 2 Vergl. S. 56 Anm. 2.-3 Vergl. Bd. VI, 476.
A STOCKHOLM
Potsdam, 27 septembre 1749.
Tout ce que le comte Tessin a dit encore au sieur Panin à l'occasion de la conférence tenue pour répondre à celui-ci, à la déclaration qu'il a faite de la part de sa cour, et dont vous me rendez compte dans votre dépêche du 16 de ce mois, est bon et bien pensé; mais j'appréhende fort que la réponse que le ministère de Suède a donnée à la déclaration en question, ne soit un peu trop forte et que le chancelier de Russie, Bestushew, ne la prenne fort haut. Heureusement nous voilà dans la saison où la Russie ne saura guère plus entreprendre quelque démarche violente contre la Suède.
Au surplus, je viens d'apprendre par un canal bien sûr' que le ministre anglais, lord Hyndford, va à présent d'assez bonne foi pour calmer le chanceher Bestushew, et qu'il lui a fait toutes les représentations possibles pour lui faire comprendre les suites qu'il y aurait s'il ne se prêtait à quelque accommodement avec la Suède, mais qu'il n'a guère pu réussir jusqu'à présent et qu'on a assemblé, le 5 de ce mois, un grand conseil de tous les collèges à Moscou, pour y délibérer en présence de l'Impératrice sur les affaires de Suède. Reste à apprendre quel en aura été le résultat; en attendant, je veux bien permettre que vous fassiez confidence à vos amis du ministère de Suède de cette circonstance, afin qu'ils s'en aperçoient que la cour de Russie n'est pas encore décidée sur le parti qu'elle prendra vis-à-vis de la Suède, et qu'on a à appréhender encore qu'elle ne puisse procéder à quelque démarche violente, quand même elle ne saurait être trop assurée du secours
des cours de Vienne et de Londres. ^ ,
Federic.
' Nach dem Concept.
Rohd berichtet, Stockholm 16. September: „Le comte Tessin n'a pas négligé l'occasion de la dernière conférence avec le ministre de Russie z pour lui donner à connaître qu'en cas que sa cour eût des .preuves ou des indices qu'il y avait des gens ici qui travaillaient à faire changer la présente forme du gouvernement, la cour de Russie ne saurait agir plus amiablement envers celle de Suède qu'en l'informant du détail de ce qu elle en pourrait savoir, afin que le gouvernement suédois, en étant averti, pût sur ces indices tâcher d'en découvrir davantage et prendre làdessus les mesures les plus convenables pour éviter le danger d*un pareil changement, si en effet l'État en courait quelque risque, quoique le ministère n'en avait aucune connaissance. Le président de la chancellerie m'a dit lui avoir lâché cela exprès, après la conférence finie, par manière de conversation et sans dire qu'il lui en parlait par ordre, toutefois en lui insinuant qu'il ferait bien de se procurer sur cela les lumières de sa cour."
X Vergl. S. 107 Anm. i. — a Vergl. S. 109. iio.
Potsdam, 27 septembre 1749.
Votre relation du 4 de ce mois m'a été bien rendue. Puisque vous êtes déjà assez informé dans quels termes le sieur Panin a fait la déclaration au ministère de Suède dont il a été chargé par sa cour, je n'ai qu'à vous dire que celui-ci y a répondu avec un ton de fermeté que, le Prince - Successeur ayant de son propre mouvement renouvelé les assurances de ne vouloir en aucune manière s'écarter de sa capitulation, confirmée par serment, relativement à la présente forme du gouvernement, ni souffrir qu'il soit porté aucune atteinte aux droits de la liberté des États, toute crainte devait cesser et tout soupçon làdessus devenait injurieux, et si d'ailleurs, contre les sentiments mêmes du Prince-Successeur, on s'apercevait dans la suite de quelque tentative contraire aux droits et à la liberté de la nation à cet égard, on trouverait suffisamment dans les forces de la couronne et dans la vigueur du gouvernement les ressources nécessaires dont un pareil cas était susceptible, pour y remédier; mais si, nonobstant ces considérations, la Russie faisait passer à ses troupes les frontières du royaume sans une réquisition préalable et formelle, l'on devait déclarer d'avance qu'une pareille démarche, en quelque temps qu'elle se fasse, ne pourrait être regardée que comme une violation du droit des gens et une rupture ouverte qui forcerait la Suède, malgré le désir qu'elle avait de cultiver une parfaite intelligence avec la cour de Russie, à employer pour sa défense tous les moyens que Dieu lui avait mis en mains et que la dignité et l'indépendance de la couronne exigeaient.
Voilà à peu près les termes dont cette réponse a été conçue, mais que je ne vous communique que pour votre direction seule, avec défense expresse de vous en ouvrir à personne. C'est à présent de savoir quel effet cette déclaration fera sur la cour de Russie, qui se verra obHgée ou d'en acquiescer, ou qui la prendra fort haut et en jettera partout des cris furieux. Aussi tâcherez - vous de vous en bien orienter et de m'en faire votre rapport de la manière la plus exacte et de façon que j'y pourrais compter.
Au surplus, je viens d'être averti par un bon canal que milord Hyndford n'a point du tout été édifié de la conférence qu'il a eue le 4 de ce mois avec le Chancelier,^ à qui il a voulu faire goûter le moyen dont la cour de Vienne est convenue avec celle de Londres pour raccommoder les affaires entre la Suède et la Russie, mais qui lui a répondu sèchement que les deux cours n'auraient point dû faire semblable pas sans en communiquer préalablement avec celle de Russie. Je sais, de plus, que milord Hyndford a fait toute sorte de remontrances au Chancelier, pour lui faire entrevoir les suites qui en résulteraient si
1 Vergl. s. 109. iio.
Corresp. Friedr. IL VII. 8
la Russie refusait de se prêter à l'expédient proposé par les deux cours, pour accommoder les affaires avec la Suède. Toutes ces anecdotes-là ne doivent servir que pour votre direction seule et pour vous mettre sur des voies qui vous puissent mener à approfondir d'autant mieux les affaires, mais dont vous ne devez parler du tout d'ailleurs à qui que ce soit.
Au reste, comme l'on m'a averti qu'il y aura eu le 5 de ce mois un grand conseil de tous les collèges de Russie, en présence même de l'Impératrice, relativement aux affaires de Suède, j'attends que vous m'instruirez sur le résultat qui a été pris dans cette conférence extraordinaire. Quant à la cour de Danemark, je sais de bon lieu qu'elle n'approuve point la déclaration que la Russie a fait faire par le sieur Panin, et que ce ministre même n'a lu que contre son gré les termes indécents dont la déclaration a été conçue.
Comme l'on vient de m' apprendre encore que la récolte dans la Finlande russienne, de même que dans l'Ukraine, a été si chétive et que la cherté des vivres et du reste de ce qu'il faut pour subsister est si grande qu'on se voit obligé de nourrir les gens du pays des magasins qu'on y avait amassés, vous devez tâcher de bien approfondir si cet avis-là est fondé ou s'il est outré, et m'en faire votre
rapport. ^ ,
^'^ Federic.
Nach dcm Concept*
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Potsdam, 27 septembre 1749.
Je n'ai cette fois -ci qu'à vous dire, sur tout ce que vous me marquez dans votre dépêche du 17 de ce mois, que vous avez bien fait de m'avertir de l'avis qui vous a été donné du nommé Heil,* et quoique cet avis ne me paraisse pas être tout- à -fait pour y pouvoir tabler, que je saurais nonobstant de cela en faire mon usage. Au surplus, j'ai de bons et sûrs indices que la cour de Vienne, de même que celle de Londres, agissent dans le moment présent de bonne foi, pour retenir la cour de Russie de ne point venir à des extrémités avec les Suédois et de lui faire accepter le tempérament que le sieur Keith, ministre d'Angleterre, a proposé pour concilier la Suède avec la Russie, mais que ces affaires deviennent si intricates qu'il est fort difficile de prévoir quelle en sera l'issue et de quelle façon elles se tourneront encore.
Nach dem Concept.
Federic.
X Ueber Spione in der Dienerschaft des Kônigs.