‹ Politische Correspondenz Friedrichs des GrossenChapitre 8 sur 42 · WERDEN SOLL · texte numérisé non relu

WERDEN SOLL

Se. Kônigl. Majestàt in Preussen, unser allergnàdigster Herr, haben mit mehrerem ersehen, was Dero Ministres vom Département derer Auswârtigen Affairen bei Gelegenheit des von dem sàchsischen Minister von Biilow eingegebenen Schreibens von des Kônigs von Polen Majestàt, betreffend die Capitalia, welche die hiesige Unterthanen aus der sàchsischen Steuer zu fordern haben, berichten woUen.

Wenn gedachte Minister die iiblen Folgen etwas reiflicher eingesehen hàtten, welche ohnfehlbar entstehen miissten, wenn Se. Kônigl. Majestàt Sich dem Verlangen des sàchsischen Hofes hieriiber fugen woUten, so wurden selbige nicht so leicht angetragen haben, dass Hôchstdieselbe in dièse weitaussehende und inpracticable Sache entriren môchten.

Pour adoucir ce refus, il faut y ajouter que, si j'étais personnellement le créancier du roi de Pologne, je me ferais un plaisir de souscrire à tout ce qui lui ferait plaisir, mais qu'ici le cas est différent, qu'il s'agissait des mes sujets.

Maassen, da Se. Kônigl. Majestàt nicht eigentlich der Creditor von der sàchsischen Steuercasse, sondern solches vielmehr Dero Unterthanen, welche ihre Capitalia dahin geUehen, seind, so kônne eines Theils Dieselbe solchen keineswegs anbefehlen, ihre ausstehenden Schulden nicht beizutreiben, als welches eine Art von Tyrannie wàre ; andern Theils aber wiirde durch dergleichen Befehl aller Crédit in Dero Landen gestôret und das Commercium in solchen auf verschiedene Art ruiniret werden, indem unter denjenigen, so an der Steuer zu fordern haben, Familien seind, welche, wenn sie ihre Capitalia auf so viele Jahre entbehren miissten, bei Erbschaften sich nicht wurden auseinandersetzen kônnen, andere aber, so Giiter ankaufen und sich der Steuercapitalien dazu mit bedienen woUten, gehindert werden wurden, auf einen Handel entriren zu kônnen; Kaufleute und Negocianten aber, welche bei ihrem Handel

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auf ihre Steuercapitalia gerechnet haben, wiirden dadurch in ihrem Négocie behindert, und ihr Commercium sistiret werden.

Zu geschweigen, dass, wenn Se. Kônigl. Majestat Dero Unterthanen anbefôhle, ihre Capitalia in der sàchsischen Steuer binnen einer Zeit von elf Jahren (die ohnedem vielen Événements unterworfen) nicht einzufordern, dièse wiederum mit allem Rechte verlangen kônnten, dass Se. Kônigl. Majestat auch ihnen dagegen Induite gegen ihre in sie dringende Creditores ertheileten, wodurch nothwendig ein totales Bouleversement ailes Crédits unter Dero Unterthanen entstehen miisste.

Nicht zu gedenken, dass, wenn Se. Kônigl. Majestat von der in einem solennen Friedenstractat versprochenen richtigen Bezahlung Dero Unterthanen, so aus der Steuer zu fordern haben, durch eine neuerliche Convention abgingen, solches zu vielem Préjudice hiernàchst ausschlagen kônnte, und dass, wenn der dresdensche Hof in der Stelle von Sr. Kônigl. Majestat wàre und von Dero Cassen oder Unterthanen dergleichen Forderung hàtte, solcher gewiss mit vielmehr Aigreur und Heftigkeit auf seine Bezahlung dringen wiirde.

Bei welchen Umstânden denn Se. Kônigl. Majestat Dero Ministres vom Département der Auswàrtigen AfFairen hierdurch allergnàdigst anbefehlen, das Schreiben des Kônigs von Polen nach Maassgebung aller vorangefuhrten Umstànde zu béant worten und solchen annoch beizufiigen, wie zwar Se. Kônigl. Majestat gegen die neugemachten Arrangements mit der sàchsischen Steuer nichts zu sagen hàtten, auch endlich aus personneller Freundschaft gegen den Kônig von Polen wohl so viel thun und Dero bei der sàchsischen Steuer interessirte Unterthanen nicht verhindern, vielmehr selbigen wohl zureden lassen woUten, dass, wenn ihre particulâre Umstànde es litten, sie ihre Steuerscheine zur Verfallzeit mit ihrem eigenen und freien Willen prolongiren und ohne Noth nicht auf die Bezahlung dringen môchten; denselben aber solches aufzugeben und sie dazu zu obligiren, solches stiinde nicht in Dero Vermôgen, und wàren Se. Kônigl. Majestat von des Kônigs von Pplen Majestat Recht und Billigkeit liebendem Gemiithe persuadiret, dass, wann Dieselbe aile desshalb angefUhrte Umstànde in reifliche Enyàgung ziehen woUten, Sie von Sr. Kônigl. Majestat dergleichen nicht einmal praetendiren wurden.

Friderich.

Il faut encore ajouter que le roi de Pologne ne pourrait rien plus prétendre de plus contraire au crédit de la Steuer que d'exiger que je forçasse mes sujets à prolonger malgré eux de pareilles obligations, à cause que rien ne marque si visiblement le mauvais état d'une banque que lorsqu'elle manque d'exactitude, aux termes, et que j'étais trop ami de la Saxe, et comme voisin trop intéressé au maintien de leur crédit, pour vouloir leur rendre un aussi mauvais service.

Nach der Ausfertigung (praes.^ 38. September). Die franzôsischen Zusâtze ei^enhàndig. Das auf Grund dieser Weisung im Ministerium ausgearbeitete, von Podewils und Finckenstem contrasignirte deutsche Kanzleischreiben an den Kônig von Polen datirt von Berlin, 30. September 1749.

A BERLIN

Potsdam, 30 septembre 1749.

Monsieur le Marquis de Valory. Je suis satisfait des arrangements que vous me marquez dans votre lettre du 27 de ce mois d'avoir pris pour faire passer sûrement à votre cour les originaux des pièces que je vous ai communiquées. Quant aux chiffres dont je vous ai parlé/ l'on est après pour les copier exactement, et comme cela pourra être fait à la fin de cette semaine, je souhaiterais bien que vous voudriez passer ici le dimanche qui vient =* pour les prendre vous-même et vous instruire en même temps sur la manière dont il faut se prendre pour en pouvoir faire usage.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

Potsdam, 30 septembre 1749.

Je suis bien aise que vous m'ayez fait le portrait du sieur de Rosenkrantz dans votre dépêche du 23 de ce mois. Nous serons d'ailleurs à même ici, dès son arrivée à Berlin, de porter un jugement solide sur sa façon de penser et à quel point sa cour voudra se porter pour entrer dans ce qui pourra lui être proposé de notre part.

Nach dem Concept. . Federic.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Potsdam, 30 septembre 1749.

Vous pouvez compter là -dessus quand je vous ai dit que c'est la cour de Russie qui tâche d'entraîner en guerre la cour où vous êtes, et qu'il est avéré qu'elle travaille sérieusement de retenir la Russie des démarches indécentes que celle-ci voudra faire contre la Suède. Dans le moment présent, il n'est point l'intention de la cour de Vienne de s'embarquer dans quelque nouvelle guerre, parceque leurs nouveaux arrangements ne sont point encore achevés, qu'elle aimerait bien de voir faits et consolidés avant que d'entreprendre quelque affaire de conséquence. Ce que j'ai bien voulu vous dire en réponse de la dépêche que vous m'avez faite du 20 de ce mois. -^ , ^ ^ Federic.

Nach dem Concept.

X Valory berichtet an Puyzieulx, Berlin 30. August: „Je ne sais comment il m'est échappé", l'ordinaire dernier, de ne vous point mander que le roi de Prusse m'avait dit qu'il était parvenu à avoir le chiffre du comte de Kaunitz, qui doit être ambassadeur de l'Empereur auprès de Sa Majesté [le roi de France] ; qu'il me le donnerait, à condition, m'ajouta-t-il, qu'on me fera part de tout ce qui pourra m* intéresser. Je ne crois pas avoir mal fait de le lui promettre." (Archiv des Auswârtigen Ministeriums zu Paris.) — a 5. October.

A DRESDE

Voss berichtet, Dresden 23. September: ,Je dois marquer à Votre Majesté qu'ayant suivi Ses ordres de faire des découvertes sous main, sans faire le curieux et en parlant peu d'affaires, on ne me croit guère dangereux, et comme dans les discours que j'ai eus avec le premier ministre et avec le comte de Hennicke., j'ai plutôt fait l'ignorant que de faire remarquer la connaissance que je crois avoir de leurs affaires, on s'imagine peut-être que je prends pour vrai tout ce qu'on me dit. Il parait même que ces deux ministres commencent d'avoir quelque confiance en moi , et comme je crois de l'intérêt de Votre Majesté de me soutenir sur ce pied, je dois La supplier de garder le secret de tout ce que j'ai l'honneur de Lui rapporter, afin que M.

de Bttlow n'en remarque rien et qu'on ne commence pas à me soupçonner ici."

Nach dcm Concept.

Potsdam, 30 septembre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 23 de ce mois, et vous pouvez fermement être assuré que je vous ferai garder le secret le plus impénétrable concernant toutes les affaires dont vous me faites votre rapport.

La lettre que vous dites qui me viendrait de la part du roi* de Pologne, m'est effectivement entrée,* et je vous ferai adresser la réponse que j'y fais du département des affaires étrangères, qui d'ailleurs n'est point autre que celle dont je vous ai déjà marqué le précis.

Federic.

' DE GOLTZ A MOSCOU

Potsdam, 30 septembre 1749.

Je ne sais pas si le premier ministre de la cour où vous êtes est aussi alarmé de la déclaration faite par le Grand-Visir^ que vous le pensez en conséquence de votre relation du 8 de ce mois, et, si mes lettres qui me viennent d'autre part, accusent droit, les deux cours impériales ne regardent cette déclaration que comme une démarche de pure ostentation et comme des menaces que la Porte ne voudra pas exécuter quoi qu'il arrive.

En attendant, tous les arrangements que la Russie continue de

faire, indiquent quelque grand dessein; je présume cependant que cette

année pourrait bien s'écouler encore sans qu'on parvienne à des éclats.

Votre grande attention doit être, dans le moment présent, premièrement

de vous instruire exactement du vrai objet des délibérations du grand

conseil qu'on a tenu dernièrement en présence de la souveraine de

Russie,^ et quel en a été le résultat, et, en second lieu, quelle impression

la réponse de la Suède à la déclaration du ministre Panin a faite sur

la cour de Russie et quel parti elle prendra là-dessus. Deux points sur

lesquels j'attends vos éclaircissements avec impatience. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

I Vergl. S. 116 Anm. 6 und Nr. 3896. — 2 Vergl. S. 55. — 3 Vergl. S. iio.

Potsdam, ler octobre 1749.

Le sieur de Voss à Dresde ayant fait par la relation ci -close sa justification touchant l'indiscrétion qu'on lui a imputée,* je vous en adresse l'original avec ordre d'inviter le marquis de Valory de venir vous voir et de lui faire lire alors toute la relation d'un bout à l'autre, sans cependant lui en donner copie, afin qu'il en puisse faire son rapport à sa cour et la désabuser des fausses suggestions qu'on lui a malignement faites à cet égard. Vous ferez en même temps remarquer au marquis de Valory que, quant au propos qu'on m'attribue avoir tenu au maréchal de Saxe, quoique je n'aimerais point d'être commis avec le maréchal de Saxe, il fallait cependant absolument qu'il y eût du malentendu de sa part, puisqu'il ne m'était point échappé de dire pareille chose à lui, mais qu'il était absolument controuvé, comme le marquis de Valory le saura lui-même, ayant été présent à tous les entretiens que j'ai eus avec ledit Maréchal. Vous ne manquerez pas de me faire votre rapport sur ce qu'il vous aura répondu là -dessus, et de renvoyer l'original de la relation du sieur de Voss. Et sur ce, je prie Dieu etc.

Federic.

' Copie de la relation du Conseiller Privé de Voss,

de Dresde 27 septembre 1749.

Sire. Les ordres immédiats de Votre Majesté du 20 de ce mois m'ont été bien rendus. Votre Majesté m'y ordonne de me justifier et de m' expliquer exactement si, à l'occasion du traité d'alliance conclu entre la Suède et le Danemark, j'ai fait au marquis des Issarts et au comte de Briihl une déclaration telle que le premier doit avoir rapporté au marquis de Puyzieulx et que celui-ci a confiée au baron Le Chambrier. Je crois me pouvoir rapporter hardiment à mes dépêches qu'à ce temps-là j'ai eu l'honneur de faire à Votre Majesté. Car Elle verra par là que, bien loin de déclarer la moindre chose, j'ai été sur mes gardes lorsque l'homme attaché au comte de Briihl tâcha de me tirer les vers du nez. Ma dépêche du 16 août' montre ma réponse que je lui ai âonnée, et dans mes dépêches suivantes j'ai rapporté à Votre Majesté que j'avais fait confidence au marquis des Issarts et au ministre de Suède du raccommodement en question et du renouvellement du traité de subsides avec la France, afin que ces deux ministres pussent observer avec moi quelle impression cette nouvelle ferait sur cette cour -ci.

Voilà, Sire, tout ce que j'ai fait, et je puis L'assurer, sur le serment que je Lui ai prêté, que jamais je n'ai parlé le mot de toute cette affaire au comte de Bruhl. Je ne comprends donc point comment le marquis des Issarts a pu rapporter que j'avais déclaré à lui et au comte de Briihl que Votre Majesté avait signé Son traité avec la Suède et Te Danemark, et comme jusqu'au moment présent je n'ai rien appris d'une

I Vergl. S. 100. loi. 103 — 105. — 3 Vergl. S. 64.

estafette envoyée à cette occasion à Vienne et à Copenhague, je ne sais que croire d'un tel rapport. Ce qui peut-être a donné lieu à ce discours et au rapport du marquis des Issarts, c'est que le maréchal de Saxe, à un dîner chez le premier ministre, doit avoir raconté après son retour de Berlin que Votre Majesté avait dit à table qu'EUe venait de signer un traité par lequel Elle croyait empêcher les troubles dans le Nord, d'où peu à peu le discours d'une quadruple alliance doit avoir tiré son origine. Personne ne m'en a jamais demandé des nouvelles, et même il n'y a pas longtemps que j'ai appris le discours du maréchal de Saxe. Le marquis des Issarts venant à me parler dernièrement de la nouvelle que ce maréchal avait débitée à Paris et dont j'ai fait mention dans ma dépêche du i6 de ce mois,^ me dit qu'il avait causé par son discours un galimatias terrible, qu'il était l'auteur de tout, que le ministère de Versailles le savait bien, mais qu'on ne voulait pas entrer avec lui en discussion. Je ne me suis jamais mêlé de tous ces discours, n'étant guère accoutumé de parler beaucoup d'affaires, et c'est pour cela que je suis d'autant plus étonné qu'on me prête une déclaration à laquelle je n'ai jamais pensé. Si c'est le comte Briihl qui fait débiter de pareilles choses sur mon compte, je n'en dois pas être surpris, car je suis persuadé qu'il ne cherche pas mieux que de causer quelque brouillerie entre Votre Majesté et la France; mais si le marquis des Issarts a fait le rapport tel que le marquis de Puyzieulx a soutenu, j'avoue que je n'y comprends rien, ayant tout lieu de croire que ce ministre est de mes amis. Toutefois ai -je l'honneur d'assurer Votre Majesté qu'excepté ce que je viens de marquer, je n'ai pas fait la moindre chose. Je me flatte qu'EUe sera gracieusement contente de ma conduite. Conformément à Ses ordres je ne marque rien de tout ceci au département des affaires étrangères. J'ai l'honneur d'être etc.

Nach der Ausfertigung. ^ g V O S S.

Potsdam, 4 octobre 1749.

La dépêche que vous m'avez faite du 22 du septembre passé, m'a été bien rendue. Le sieur de Voss, mon ministre à Dresde, ayant fait son exacte justification par rapport à l'indiscrétion qu'on lui a imputée, je vous la fais communiquer par le rescrit du département des affaires étrangères qui vous va arriver par cet ordinaire. Comme je m'y suis expliqué bien amplement sur tout ce qui regarde cette affaire, j'espère que les ministres de France verront par là que tout n'a été que malentendu et babil. J'ai fait lire au marquis de Valory la dépêche du sieur Voss en original, qui a promis d'en faire son fidèle rapport à sa cour et qui a reconnu que ce n'a été qu'une tracasserie que le comte

X Vergl. S. 105. .

Brtihl paraissait avoir faite par malice et à laquelle quelque mésentendu

du maréchal de Saxe pourrait peut-être avoir fourni occasion. Voilà

tout ce que j'ai pu faire pour faire revenir le ministère de France des

préjugés dont il a été imbu contre ma façon d'agir et de penser.

Au surplus, vous pouvez être très assuré que je souhaite, plus que

jamais le ministère de France ne le saura faire, la conservation de la paix,

et qu'il n'y a rien de plus avantageux pour moi que sa durée, sur quoi

vous pouvez compter hardiment. „ ,

^ ^ Federic.

Nach dem Concept.

A DRESDE

Pots dam, 4 octobre 1749.

La justesse avec laquelle vous avez fait votre relation du 27 de septembre, et toutes les circonstances que vous y avez alléguées, vous ont justifié pleinement dans mon esprit à l'égard des imputations dont on a voulu vous charger relativement à une prétendue indiscrétion commise envers l'ambassadeur de France et envers le comte Briihl. Ainsi que je me confirme dans le sentiment^ où j'ai été que tout n'a été qu'une tracasserie de la façon du comte Brtihl, faite par malice pour mettre de la mésintelligence entre la France et moi, mais dont j'espère de désabuser celle-là.

Pour ce qui est des affaires relatives à la Steuer, la dernière dépêche qu'on vous a faite de la part du département des affaires étrangères, en vous adressant ma réponse à la lettre du roi de Pologne,' vous aura instruit que ces affaires sont toujours sur le même pied où elles ont été auparavant, et qu'il faudra en conséquence que vous continuiez toujours à parler, à toute occasion, en faveur de mes sujets et tâchiez d'arracher autant que vous pourrez pour la satisfaction de ceux-ci.

Quant aux chipotages du sieur Guy Dickens dont vous faites mention dans un de vos post-scriptums de votre dépêche du 30 du mois passé, je pense comme vous qu'ils rouleront principalement sur un traité de subsides entre l'Angleterre et la cour de Dresde. Si cela se confirme, il m'importera peu que ce traité parvienne à sa consistance, auquel cas on saura, au moins, où l'on sera avec la Saxe, qui jusqu'à présent n'a été ni chair ni poisson. Il m'importe, en attendant, que vous soyez attentif, afin de savoir au possible de quoi il s'est agi dans les conférences avec ledit Guy Dickens. Au surplus, je suis content que vous profitiez de la permission que je vous ai accordée de faire un tour à Berlin et dans le Mecklembourg, dès que la foire présente de

Leipzig sera finie. ^ ,

'^ ° Federic.

Nach dem Concept.

I Vergl. S. 117. 118.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Ciraf Otto Podcwils berichtet, Wien 24. September, nach den Mittheilungen des Grafen Barck, ûber eine Conferenz des letzteren mit dem Grafen Kaunitz, der dem schwedischen Gesandten gesagt hat: „Qu'on était persuadé que, si la guerre s'allumait dans le Nord, elle se communiquerait bientôt au reste de l'Europe ; que c'étaient précisément ces notions qui faisaient souhaiter fortement à l'Impératrice-Reine de conserver la tranquillité dans le Nord . . . mais qu'il s'en fallait beaucoup qu'elle eût assez de pouvoir sur la Russie pour la diriger à son gré; que^ si cela était, elle l'employerait à persuader la Russie de se contenter de la déclaration publiée dernièrement en Suède, z mais que c'était une cour fort difficile à ménager, et qu'il doutait beaucoup qu'elle s'en contentât; qu'au reste, dès qu'une fois elle serait contente, son désarmement en serait une suite naturelle."

Nach dem Concept.

Potsdam, 4 octobre 1749.

Quand le comte Kaunitz s'est expliqué au comte de Barck, par rapport aux affaires du Nord, de la manière que vous me l'avez marqué dans votre dépêche du 24 du mois passé de septembre, il a parlé vrai, et je sais que c'est à présent la véritable façon de penser de sa cour relativement à ces affaires. Je me confirme de plu^ en plus que le sieur Blondel est incorrigible et un homme qu'on ne saura mener à rien qui vaille.

Quant au comte d'Ulfeld, vous pourrez aisément vous consoler de ce qu'il ne vous veut pas du bien;* cela doit être le dernier de vos

soucis.

Federic.

Potsdam, 4 octobre 1749.

Il s'en faut beaucoup que la cour de Vienne soit, comme vous

paraissez le croire selon votre dépêche du 11 du mois passé, dans une

espèce de dépendance de celle où vous êtes; la première voudrait au

contraire gouverner plutôt celle-ci, dont cependant elle se plaint de ce

qu'elle était fort difficile à ménager. Au reste, quand vous aurez parlé

à l'ami connu, je compte que vous aurez tiré de lui les éclaircissements

que je désire d'avoir relativement au grand conseil qui s'est tenu en

présence de l'Impératrice, et sur l'impression que la réponse de la Suède

à la déclaration de Panin a faite sur le Chancelier — deux points que

je vous ai recommandés déjà comme les plus principaux sur lesquels

vous devez diriger votre attention dans le moment présent, afin de

pouvoir m'en instruire exactement. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

X Vergl. S. 84. — 2 Vergl. S. 92.

GR^FFEN A LONDRES.

Je crois ne pas me tromper quand je n'attribue l'embarras du duc de Newcastle dont vous m'avez rendu compte par vos dépêches du 19 et du 23 du septembre passé, que principalement à deux causes, primo à ce que le chancelier de Russie, Bestushew, est mécontent de l'Angleterre, parceque celle-ci n'a pas voulu se laisser diriger à son gré, et, en second lieu, parceque la Russie a fait faire par son ministre à Stockholm la déclaration connue contre l'avis et le gré de l'Angleterre. A présent, il nous reste à voir quelle impression la réponse de la Suède aura faite sur la cour de Russie.

Pour ce qui regarde les affaires des dettes de Silésie et la nouvelle

convention à faire sur ce sujet, vous vous trouverez à présent tout-à-fait

instruit de mes intentions, par mes dépêches antérieures que je vous ai

faites à cet égard, ainsi qu'il ne me reste que d'apprendre de vous

jusqu'où vous avez réussi. -r. •.

•^ ^ Federic.

Nach dem Concept.

Podewils berichtet, Berlin 5. October: „ Ayant écrit en conformité des ordres que Votre Majesté a bien voulu ma donner de bouche pendant Son dernier séjour ici, au sieur d'Asseburg, ministre d'État de Hesse - Cassel , touchant les deux bataillons de troupes hessoises que Votre Majesté souhaiterait qu'on tienne en tout cas prêts pour passer à Son service, si Elle en peut un jour avoir besoin, moyennant de subsides convenables, il m'a répondu, comme Votre Majesté le verra par la lettre ci -jointe [Neuendorf 2 octobre 1749], d'une façon qui ne donne pas beaucoup d'espérance de réussir dans cette négociation, quoique la défaite dont ce ministre se sert, parait assez faible, et que tout le monde sait que la cour de Hesse ne saurait se passer de subsides et qu'elle aurait mauvaise grâce d'en refuser, pendant que la Suède et le Danemark en prennent. Mais je crois que c'est par ménagement pour la cour de Londres et celle de Vienne qu'on voudra décliner à Cassel d'en prendre de Votre Majesté.

Cependant, comme le sieur d'Asseburg demande s'il en doit faire la proposition

Potsdam, 6. October 1749.

Des Kônigs Majestat haben auf das hierein befindliche Schreiben von Ew. Excellenz zur miindlichen allergnâdigsten Resolution zu melden befohlen, wie Ew. Excellenz zu Dero Direction dienen kônne, dass wann Russland die letztere Antwort des schwedischen Ministerii auf die Paninsche Déclaration hoch nehmen und Schweden daruber attaquiren woUte, sodass Se. Kônigl Majestat Sich nicht entbrechen kônnten, das allianzmàssige Contingent Truppen an Schweden zu geben , alsdann Hôchstderoselben Intention sei, solches Contingent von einigen derer teutschen Ftirsten gegen Subsides zu negociiren und zu iibernehmen. Bevor aber auch dergleichen Ruptur zwischen Schweden und Russland nicht wirklich

dans les formes au Prince-Stathouder . . . , ; geschàhe, SO waren Se. Kônigl. Maj'attends^^ les ordres ultérieurs de Votre ; j^g^^^. j^^ht gemeinet, Sich mit der-

^"'^^ ' : gleichen Auxiliàrtruppen zu char-

j giren, noch deshalb in einige Négociation zu treten. Was Sie wegen des von Asseburg mit Ew. Excellenz gesprochen, wàre gewesen, um diesen nur vorlâufig iiber ein paar Bataillons Hessen zu sondiren. Hôchstdieselbe glaubten auch, dass es deijen Hessen ein leichtes sein werde, wenn das quàstionirte Evénement sich ereignen sollte, ein paar Bataillons zu riisten und solche vor Subsides zu geben, und zwar auf eine Art, wie sonsten wohl mehr geschehen, ohne dass der wienersche und londensche Hof solches hoch nehmen kônnten noch wtirden, als welche ohnedem von den violenten Démarches derer Russen gegen Schweden gar nicht zufrieden waren. Inzwischen waren des Kônigs Majestàt versichert, dass wann die Noth an den Mann ginge, man in Kassel mit Geld schon etwas ausrichten werde. Bis dahin môchten Ew. Excellenz dem p. von Asseburg nur sehr obligeant antworten und ihm insinuiren, dem Statthalter noch nichts von der Sache zu sagen; bei welcher Gelegenheit aber Ew. Excellenz in ganz polien Terminis einige Erinnerung thun oder vielmehr nur hinwerfen môchten wegen derer Leute, so der Statthalter des Kônigs Majestàt zu schicken versprochen hàtte.

Nach der Ausfertigung.

Eichel.

rodewils berichtet, Berlin 6. October: „Le sieur de GreifFenheim, ministre de Suède pour la cour de Russie , étant arrivé ici hier à midi de Dresde, a continué aujourd'hui sa route pour Pétersbourg. Il a passé à ma porte , mais je n'étais point chez moi. Le comte de Finck l'a vu et m'a dit que c'était un homme fort doux et fort réservé , mais d'aiUeurs pas encore assez rompu dans les affaires, quoique, avec tous les talents supérieurs qu'on pourrait avoir, il ne ferait que de l'eau toute claire en Russie, sur le pied que celle-ci est dans le moment présent avec la Suède."

Mûndliche Resolution. Nach Aufzeichnung

Pots dam, 7. October 1749.

Ich bin sehr von seinem Sentiment, dass bei den jetzigen Umstânden in Russland ein guter Minister so wenig als ein schlechter ausrichten wird; inzwischen ist es doch allemal gut, dass ein Minister von guter Conduite dahin gesandt wird, um wenigstens zu sehen, was der Kanzler vor hat, und wohin die russischen Absichten gehen.

des Cabinetssecretars.

Potsdam, 7 octobre 1749.

La réflexion que le marquis de Puyzieulx a faite sur la réponse que la Suède a faite à la déclaration que le ministre de Russie , le

sieur Panin, a lue aux ministres de Suède, selon que vous me la

marquez par votre dépêche du 26 du septembre passé, est bien

judicieuse, et je crois tout comme M. de Puyzieulx que la Suède n'a

qu'à en rester là, pourvu qu'elle ait pris des mesures justes, surtout en

Finlande, de n'avoir à craindre quelque affront ou insulte de la part de

la Russie. Cependant je souhaiterais bien que vous sondiez le marquis

de Puyzieulx sur ce qu'il pense de, la déclaration de la Russie et s'il

ne la trouve pas fort impertinente; vous lui ferez observer, en même

temps, qu'au moins la déclaration, telle que la Russie l'a fait faire

actuellement par son ministre, ne diffère guère de celle dont j'ai fait

avertir la France il y a quelque temps que la Russie voudrait faire

alors, et qu'ainsi l'on ne saurait point m'accuser avec justice comme si

j'avais donné alors de fausses alarmes à ce sujet-là. ^ , .

F e de ne.

Nach dem Concept.

GR^FFEN A LONDRES.

Potsdam, 7 octobre 1749.

Si l'ambassadeur de France ne parle pas toujours avec cette

vivacité au ministère d'Angleterre, relativement aux affaires du Nord,

comme il serait à souhaiter et que les circonstances le requerraient, il

faut cependant que vous ne le releviez pas trop envers lui, mais que

vous le dissimuliez plutôt et que vous le ménagiez extrêmement, pour

que, par les rapports qu'il fait à sa cour, il ne fortifie pas les soupçons

qu'on a déjà tâché d'inspirer à celle-ci comme si mes ministres dans

différentes cours soufflaient le feu tant qu'ils pouvaient, et que leur

conduite ne quadrait nullement avec le désir que je témoignais que le

Nord restât tranquille. Ce que j'ai bien voulu vous dire sur la dépêche

•que vous m'avez faite 26 du septembre dernier. ^ ,

Federic.

NacK dem Concept.

DE GOLTZ A MOSCOU

Potsdam, 7 octobre 1749.

Votre dépêche du 15 du septembre dernier m'a été rendue. Ne doutant point que vous n'ayez eu occasion de vous informer exactement sur l'eflfet que la réponse du ministère de Suède à la déclaration du sieur Panin a fait à la cour de Russie, j'attends avec une sorte d'impatience le rapport que vous m'en ferez. Si tout reste tranquille à cette cour-là, il est à présumer qu'elle se contente de la réponse et dissimule le dépit qu'elle en a; mais si elle en fait du bruit et prend en même temps de certains arrangements militaires, alors l'on ne saura plus s'y

fier. L'entrevue que vous aurez eue avec l'ami connu, vous en aura apparemment éclairci.

Nach dem Concept.

Federic.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

(jrraf Otto Podewils berichtet, Wien 27. September: ,Je n'ai parlé à personne de la déclaration que le chambellan de Panin a faite à Stockholm et dont Votre Majesté a daigné me marquer le précis . . .

Le sieur Blondel m'a dit que le comte Desalleurs n'avait réussi à obtenir de la Porte Ottomane la déclaration qu'elle a fait faire à la Russie, qu'en Tassurant que c'était le seul moyen de prévenir une guerre entre elle et la Suède, mais que, la réponse de la Russie ayant fait connaître à la Porte qu'elle s'était abusée, ceux qui avaient appuyé le conseil du comte Desalleurs, ont été déposés, savoir le Mufti, le Tefterdar ou Grand-Trésorier et le Kislar-Aga.'*i

Potsdam, 7 octobre 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 27 septembre dernier. La réserve que vous avez observée vers le sieur Blondel à l'égard de la réponse que la Suède a faite sur la déclaration du ministre de Russie, Panin, a toute mon approbation, et vous ne sauriez mieux faire que de vous ménager bien avec lui; du moins éviterez - vous d'être le premier à lui donner des nouvelles qui ne sont pas conformes à sa façon de penser, et, au bout du compte, je conçois parfaitement bien la nécessité qu'il y a de prendre sçs précautions avec lui. Les nouvelles de Turquie que vous me marquez ne sont guère consolantes; en attendant, il faudra voir si l'humeur inquiète des janissaires, qui ont déjà révolté différentes fois pour vouloir avoir de la guerre, n'obligera pas, à la fin, la Porte d'entrer en guerre bongré malgré elle. J'ai observé à cette occasion — au moins me le paraît-il — que la cour de Vienne connaît bien mieux les Turcs que les Français ne les connaissent.

Federic.

Soli. Ayant trouvé nécessaire de vous envoyer de nouveaux chiffres, dont vous vous servirez désormais tant pour les dépêches que vous ferez à moi immédiatement que pour celles que vous enverrez au département des affaires étrangères, vous les recevrez à la suite de celle-ci, qu'un exprès de Neisse vous rendra.

Au surplus, voici le portrait du marquis de Hautefort, ministre de la France destiné à être envoyé à la cour de Vienne, tel que je l'ai reçu par un assez bon canal* et que je vous ai promis ^ de vous communiquer, afin de pouvoir vous diriger là-dessus. C'est un homme entre cinquante et soixante ans, plus grand que petit, fort maigre, ayant

I Vergl. S. 109. — 2 Vergl. S. 116. — 3 Vergl. S. 4.

la physiognomie assez grêle et peu significative. Il est parvenu dans le service jusqu'au grade de maréchal de camp, qu'il a obtenu en 1740. N'ayant pas été employé pendant la dernière guerre, il n'a pas eu de réputation distinguée comme militaire, et on n'avait pas imaginé qu'il dût jamais être mis à portée à l'acquérir comme ministre. En effet, on ne lui connaît pas jusqu'à présent les talents estimés nécessaires pour ce métier. Il a très peu de connaissances des affaires publiques, il passe pour avoir l'esprit faux, il est altier et autant prévenu que gentilhomme de France en faveur de la noblesse, de son extraction, sur laquelle il aime à parler peut-être plus que sur aucune autre matière. Il a cependant la bonne qualité de ne pas avoir la même prévention sur sa capacité. Il avoue assez ingénument qu'il n'espère de réussir que par sa modestie et sa droiture. L'on dit qu'il appuie jusqu'à présent beaucoup sur ce dernier article, disant en toutes occasions qu'il croit la ruse, la finesse et la fausseté aussi inutiles dans les négociations qu'indignes d'un honnête homme négociateur. Il est parent du marquis de Puyzieulx par sa femme, qui est fille du maréchal d'Harcourt, et il n'aura jamais sur les affaires d'autres principes que ceux qui lui seront dictés par ce ministre. Il est à présumer qu'il ne se laissera pas subjuguer de la cour de Vienne à l'exemple du sieur Blondel, parceque les caresses et les distinctions qui ont pu séduire ce dernier, ne seront regardées par lui que comme des choses dues à son caractère et à sa naissance. Il est, au surplus, fort rangé dans ses affaires, il jouit de 60,000 livres de revenus et il dit ouvertement qu'il veut bien les manger à Vienne avec ce que le Roi son maître lui donnera, mais qu'il n'est point d'humeur à se ruiner pour faire parler de sa dépense;

Nach dem Concept. F e d e T i C.

Pots dam, 8. October 1749.

Es haben Se. Kônigl. Majestât bei Gelegenheit dessen, so der p.

Diestel in seiner Relation vom 30.

vorigen Monates von denen Aeusserungen, so der franzôsische Minister Lemaire gegen ihn gethan, berichtet hat, mir befohlen an Ew.

Diestel berichtet, Kopenhagen 30.

Septeraber: ,J'ai dit ce matin à l'abbé Lemaire ce que Votre Majesté a daigné me marquer par l'ordre de cabinet du 23 de ce mois ... Il m'a répondu qu'il importait extrêmement pour le succès de cette négociation d'attendre encore quelque temps avant que de l'entamer ; qu'on avait à faire à une cour timide ... et que l'affaire pourrait échouer, si on la mettrait trop tôt en mouvement."

Excellenz zu melden, wie zufolge dessen Sie also resolviret hàtten, die Sache wegen der mit der Kron Danemark zu errichtenden Alliance vor der Hand noch nicht zu pressiren, sondem den Insinuationen des Abbé Lemaire zu folgen ; weshalb denn Ew. Excellenz besorgen wurden,

Corresp. Friedr. II. VII. 9

dem Herm von Voss' in seinen Instructîonen mit aufzugeben, dass er

sich wegen solcher Alliance nicht pressiren, sondem das dânische Mi-

nisterium vorerst deshalb kommen sehen sollte* ....

Da auch des Kônigs Majestât von ohngefahr der zwischen Ihro

und dem wienerschen Hofe zu Dresden geschlossene Friedenstractat in

die Hànde gekommen und Dieselbe darin gelesen haben, was in dessen

Articulo 7 wegen der Sr. Kônigl. Majestât von des verstorbenen Kaisers

Karl' s VII. Majestât bewilligten Prârogativen stipuliret worden,^ so haben

Hôchstdieselbe befohlen, Ew. Excellenz zu melden, wie Dieselbe bei

allen in der Investitursache vorkommenden Umstânden darauf ohn-

beweglich appuyiren môchten. t- • i. i

Eichel.

Auszug axa der Ausfertigung.

A BERLIN

Potsdam, 10 octobre 1749.

Monsieur le Marquis de Valory. Je veux bien vous communiquer encore, quoique sous condition expresse que vous m'en gardiez le plus sacré et inviolable secret, une dépêche qui vient de me tomber par hasard entre les mains. ^

Je vous l'adresse ci -close avec son déchiffré et une traduction littérale en français que j'en ai fait faire pour votre intelligence particulière, vous requérant de faire passer la dépêche même avec son déchiffré à M. de Puyzieulx par une occasion toute sûre, pour que d'un côté ce ministre soit en état d'informer votre cour des nouvelles intéressantes qu'elle renferme, et que d'un autre on puisse s'en instruire de la méthode que les ministres autrichiens mettent en usage en se servant de ce chiffre allemand qui vous a été communiqué en dernier lieu 5 et dont est chiffrée la susdite dépêche.

La méthode donc qu'ils pratiquent en chiffrant, est de se servir même de chiffres significatifs manquants de sens dans la connexion de la dépêche, uniquement pour envelopper et cacher d'autant mieux le véritable contenu de la dépêche, de sorte qu'on est obligé, après avoir achevé l'entier déchiffrement d'une dépêche, savoir de tous les mots, syllabes et lettres dont elle est composée, d'en déchiffrer alors de nouveau le vrai sens qu'elle renferme. La dépêche ci-jointe en pourra servir d'échantillon, et la personne de confiance qu'emploiera votre cour à travailler par le grand chiffre allemand qui vient de vous être communiqué, sera en état de s'en former un modèle pour savoir dé-

« Vergl. S. 83 Anm. i. — a Durch einen Immediaterlass vom 11. October wird Diestel in gleichem Sinne beschieden. — 3 Vergl. Bd. V, 17. 82. — 4 Die Beilage, anscheinend ein Bericht des Ôsterreichischen Gesandten Graf Bernes, Moskau 15. September (vergl. Nr. 3920), liegt nicht vor, ihren Inhalt lassen Nr. 3916 — 3918 ersehen. — 5 Vergl. S. 119.

chiffrer ensuite elle-même selon ledit chiffre, de quoi je vous prie d'informer le M. de Puyzieulx en même temps que vous lui enverrez les

chiffres qui vous ont été remis. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

EXTRAORDINAIRE, A VIENNE

Pots dam, -II octobre 1749.

Sachant de bon lieu que milord Hyndford se donne bien des mouvements afin de déhorter la cour de Russie à ne procéder à aucune démarche violente contre la Suède, j'ai bien voulu vous en faire part, quoique pour votre direction seule. Il est encore vrai que le comte Bernes a appuyé les remontrances que ledit milord a faites à ce sujet, mais avec beaucoup de ménagement, ainsi qu'on s'en est bien aperçu que la cour de Vienne veut ménager au possible celle de Russie. Quoi qu'il en soit, toutes les apparences sont que les affaires du Nord resteront tranquilles et que l'orage qui l'a menacé, se passera encore cette fois-ci.

Vous donnez, dans la dépêche que vous m*avez faite à la date dû i^'de ce mois, vingt quatre millions d'écus de revenus à l' Impératrice- Reine; je trouve la somme un peu forte; mais pour savoir au juste le montant de ces revenus, je crois que vous y saurez parvenir quand vous tâcherez de vous instruire, peu à peu et avec le succès de temps, de province à province, à combien vont les revenus que la souveraine en retire. Au reste, je vous avertis qu'il y a actuellement un exprès en

chemin qui vous apportera un nouveau chiffre. ^ ,

Federic.

Nach dem Concept.

J'ai reçu votre dépêche du 18 du septembre dernier. Pour vous mettre au fait de tout ce qui m'est revenu par un très bon canal relativement aux affaires du Nord, je veux bien vous avertir que je sais, à n'en pouvoir douter, que milord Hyndford, en conséquence des ordres qu'il a eus de sa cour, a travaillé de son mieux pour retenir la cour où vous êtes des algarades à faire selon les intentions du comte Bestushew contre la Suède et qu'il a fait des déclarations énergiques à ce sujet au Chancelier. Que le comte de Bernes a des ordres de sa cour pour appuyer le lord Hyndford, mais que Bernes y procède avec tout le mén4gement possible pour la cour de Russie et qu'il voudrait bien se mettre derrière les rideaux, en attendant que le lord Hyndford rompît la glace. Que nonobstant cela les insinuations que le dernier

a faites à ce sujet au chancelier de Russie, n'ont pas manqué de faire

de l'impression à celui-ci, ainsi qu'il n'a pas pu empêcher que le résultat

de la grande conférence tenue des membres de tous les collèges de

Russie en présence de la souveraine,^ ait été qu'il ne convenait point à

la Russie de rompre avec la Suède. De tout cela, je présume que la

cour de Russie restera armée et continuera sesT démonstrations jusqu'à

l'événement de la mort du roi de Suède, qu'elle verra alors quelle face

les affaires relativement à la Suède auront , et que , quand celle - ci ne

changera rien à la forme du gouvernement présent, elle restera coi et

se Ussera à la fin de ses démonstrations guerrières, ne sachant point

tirer de subsides ni de secours de ses alliés. ^ ,

„ , . ^ Federic. •

Nach dem Conoept. !

A STOCKHOLM

Potsdam, 11 octobre 1749.

Vos dépêches du 26 et du 30 du mois dernier de septembre m^ont été bien rjendues. Je veux bien vous dire par celle-ci que je viens d'être averti par un bon canal que la face des affaires commence à se changer à la cour de Russie ; que, sur les remontrances sérieuses que le ministre anglais à ladite cour a faites au chancelier Bestushew, pour ne point rompre avec la Suède ni faire quelque démarche de violence contre elle hors de saison, il paraît que celui-ci commence de se prêter à entendre raison et que le résultat du grand conseil, assemblé en dernier lieu à la cour de Russie et en présence de la souveraine, a été qu'il ne convenait point à la Russie d'entrer présentement en guerre contre la Suède. Voilà des nouvelles qui font espérer que tout se passera encore tranquillement; aussi veux-je bien permettre que vous le pouviez communiquer confidemment de ma part aux ministres de Suède, en les assurant qu'ils peuvent compter sûrement là-dessus; mais vous leur insinuerez en même temps convenablement que la prudence exigeait qu'il ne fallait point pour cela qu'ils parlassent d'un ton trop haut à la Russie, mais qu'il serait toujours bon de tenir un juste milieu là-dessus ; car de vouloir compter tout -à- fait sur la déclaration énergique que la Porte Ottomane a fait faire au ministre de Russie,^ ce serait à pouvoir bien se mécompter et à donner lieu de le regretter à la fin. '

Nach dem Concept. F e d e r i C

A FONTAINEBLEAU

Potsdam, li octobre 1749. J

La dépêche que vous m'avez faite en date du 29 du septembre dernier, m'a été bien rendue. Comme vous êtes en possession de toutes

X Vergl. S. iio. — 2 Vergl. S. 55.

les instructions qu'il vous faut relativement à l'indiscrétion qu'on a imputée faussement à mon ministre à Dresde, et en partie à moi-même, je ne saurais que vous y renvoyer, et comme le marquis de Valory a lu en original la dépêche justificative du sieur de Voss,* j'espère qu'il en aura fait son rapport à sa cour pour la désabuser. Et pour vous dire ce que je pense sur toute cette tracasserie, je crois qu'au fond il n'y a que la grande antipathie que le ministère de France a contre le maréchal de Saxe, qui leur fait soupçonner comme s'il s'était agi de quelques affaires entre moi et celui-ci, ce qui est cependant nullement fondé. Je ne puis pas, au moins, trouver aucune autre raison pourquoi ledit ministère fît tant de bruit d'une affaire qui, considérée en soi-même, n'est qu'une bagatelle toute pure. Ce que je ne vous dis cependant que pour votre direction seule. 1? a -

Nach dem Concept. F e Q C r 1 C.

A BERLIN

Pots dam, 14 octobre 1749.

Monsieur le Marquis de Valory. Toutes les occasions m' étant chères où je puis communiquer confidemment à votre cour des nouvelles qui lui sauraient être intéressantes, je vous adresse la pièce ci-close qui m'est parvenue encore et qui confirme en quelque façon les bons avis que je vous ai envoyés en dernier lieu relativement à la conservation de la tranquillité du Nord. Le précis de la pièce est que le ministre autrichien en Russie marque à sa cour que, sur le mémoire que le lord Hyndford a présenté le 19 du septembre dernier au chancelier Bestushew, pour déhorter la cour de Russie d'en venir aux extrémités avec la Suède, et sur les remontrances que le ministre de Hollande avait faites le même jour également, il paraissait que ledit Chancelier se prêtait de plus en plus aux instances qu'on lui faisait à l'égard du maintien de la tranquillité du Nord, et qu'il avait donné à entendre assez clairement que les troupes russiennes ne sortiraient pas de leurs quartiers et que la Russie ne procéderait à aucune hostilité contre la Suède, sans en avoir communiqué préalablement avec ses alliés.

Vous voudrez bien avoir soin que cette pièce passe à votre cour,

quand vous saurez le faire en sûreté, et me garder, au reste, un secret

impénétrable sur tout ce que je vous communique à ce sujet. Sur quoi,

je prie Dieu etc. t^ j •

^ ^ Federic.

An den Grafen von Ulfeld.

Moskau, 22. September 1749.

Gleichwie ich Ew. Excellenz unterm 15. currentis» sowohl uber Breslau als Uber Polen von denen schwedischen Angelegenheiten gebuhrende Nachricht gegeben, so soU ich Hochderselben weiter gehorsamst

I Vergl. s. 121. — a Vergl. S. 130 Anm. 4.

anzeigen, dass sowohl der Mylord Hyndfoid das bewusste englische Mémoire vom 28. Julius dem russischen Grosskanzler letzten Freitag^ ubergeben, aïs auch dass der hollândische Gesandte von Swart den nâmlichen Tag die dahin einschlagende Vorstellung bei dem Grafen von Bestushew angebracht habe. Nach des Mylord mir bezeugeten vertrauten Aeusserungen soll sich des hiesigen Grosskanzlers Neigung zu Beibehaltung der Ruhe im Norden nicht vermindem, sondem merklich vermehret haben, und sich der Grosskanzler ziemlich deutlich gegen ihn, Hyndford, verlauten lassen, dass die Russen auf ihren Grenzen bleiben und ohne Vorwissen ihrer Alliirten zu keinen Feindseligkeiten schreiten wiirden. Ich habe bereits bei dem Kanzler um eine Stunde Anfrage thun lassen; sobald ich die Conferenz werde gehabt haben, so werde ungesâumt gleich einen Courier abfertigen. Womit etc.

Graf von Bernes.

Nach der von Valory eingesandten Absdirift im Archiv des Auswàrtisen Ministeriuqis zu Paris ; die Beilage nach Abschrift der preussischen Cabinetskanziei, ebendaselbst.

A FONTAINEBLEAU

, Potsdam, 14 octobre 1749.

Je veux bien vous dire pour votre direction que mes derniers avis de Russie m'apprennent qu'après que les Anglais ont énergiquement dissuadé la cour de Russie par leur ministre Hyndford de ne point venir aux extrémités avec la Suède, la face de ces affaires commence à se changer assez favorablement, de sorte qu'il y a toute apparence que les nuages qui ont menacé le Nord d'orage, se dissiperont et que tout restera tranquille.

Quant à la dépêche que vous m'avez faite à la date du 3 d'octobre, je n'ai qu'à vous dire que, comme vous êtes assez au fait à l'égard de toutes les circonstances par rapport au caquet par où on a voulu causer de la tracasserie entre moi et les ministres de France, j'espère qu'à l'heure qu'il est vous les en aurez entièrement désabusés, en leur expliquant naturellement les circonstances tout comme nous les avons éclairées; aussi n'entrerai-je plus en aucun détail là-dessus.

Nach dem Concept. F e d e r i C.

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