A LA PRINCESSE ROYALE DE SUÈDE A STOCKHOLM
[Potsdam, 14 octobre 1749].
Les Anglais ont dissuadé les Russes d'en venir aux extrémités avec la Suède, de sorte qu'il y a toute apparence à présent que tout restera tranquille. Je crois qu'on ne ferait pas mal en Suède de passer l'éponge
I 19. September.
sur le passé et d'envoyer un ministre en Angleterre. Mes nouvelles de Russie sont sûres, vous pouvez tabler là-dessus. Dès que j'apprendrai quelque chose qui vous intéresse, je ne manquerai pas de vous la faire parvenir.
Nach dem eîgenhandigen Concept. Das Datum bestimmt sich aus dem Begleitschreiben an den Gesandten von Rohd in Stockholm vom 14. October.
DE GOLTZ A MOSCOU
Potsdam, 14 octobre 1749-
C'est avec satisfaction que j'ai vu les détails intéressants que vous m'avez mandés par vos dépêches à la date du 22 de septembre. Je me remets cependant à ce que je vous ai marqué de particularités par ma lettre précédente, auxquelles je n'ai rien à ajouter sinon que vous pouvez compter que les Anglais ont fort dissuadé la cour de Russie, par leur ministre Hyndford, de ne point venir aux extrémités avec la Suède, et que les remontrances de celui-ci ont tant opéré sur le Chancelier qu'il a déclaré assez intelligiblement que la Russie ne commettrait aucune hostilité contre la Suède. ^ Ce que je ne vous dis cependant que pour votre direction seule, avec ordre de me garder le secret là -dessus, de même que sur ce que je vous ai déjà mandé sur ce sujet. En conséquence de tout ceci, je regarde comme une fanfaronnade toute pure la déclaration qu'on a fait faire aux ministres étrangers là où vous êtes relativement au voyage que l'Impératrice ferait à Pétersbourg, au cas que les affaires le demanderaient, avec une petite suite,* et je présume que — que l'événement de la mort du roi de Suède arrive ou non — la Russie n'entreprendra rien contre la Suède et se bornera aux ostentatioMs. Dans toutes les choses du monde il y a un certain moment favorable ou l'heure du berger: si l'on s'en saisit dès qu'il se présente, l'on peut espérer de réussir, mais si l'on le laisse échapper, l'on ne le retrouve guère, et toutes les bonnes raisons qu'on a eues pour l'entreprise ne valent plus rien. C'est le cas où se trouve la Russie, et le moment qu'elle eut dû saisir pour réussir dans ses vues relativement à la Suède, est passé. J'ajoute encore qu'autant qu'il me paraît à cette heure, et que tous les avis que j'ai d'ailleurs me le confirment, il y a eu dans tout le fait de la Russie plus de démonstration que de réalité.
Au reste, j'approuve fort que vous ayez déclaré à l'ami connu d'absurdes, de ridicules et de controuvés comme ils le sont effectivement, les bruits qui ont couru d'une nouvelle triple alliance entre la France, la Suède et moi^ et les articles qu'on en a débités.
Nach dem Concept. F e d C r i C.
X Diesel be Mittheilung erhâlt unter gleichem Datum Klinggrâflfen in London. — a Vergl. Bd. VI, 303. — 3 Vergl. S. loi flf.
EXTRAORDINAIRE, A VIENNE
Graf Otto Podewils berichtet, Wicn 4. October, dass Graf Barck den Grafen Ulfeld und Kaunitz vertrauliche Mittheilung von der schwedischen Antwortx auf die Erklârung des russischen Gesandten Panin gemacht habe. „Le premier Ta voulu engager à en donner une copie . . . mais le ministre de Suède s'en est constamment excusé et s'est contenté de lui faire comparer la modération de la réponse de Suède avec l'indécence des termes dans lesquels la déclaration de la Russie était conçue. Le comte d' Ulfeld a paru en convenir; mais, sans entrer en aucun détail, il s'est borné à lui dire que l'indécence de ces termes était même une preuve que la déclaration n'avait pas été concertée avec la cour d'ici. Le comte Kaunitz est entré plus avant en matière, et a insinué au comte Barck que l'affaire ne lui paraissait pas désespérée . . . que la Suède ne devait pas s'arrêter à l'indécence des expressions de la cour de Russie, que c'était l'effet d'un reste de la férocité de la nation, et que la cour d'ici s'en ressentait journellement."
Pot s dam, 14 octobre 1749-
La modération que les deux ministres Ulfeld et Kaunitz ont marquée dans leur dernier entretien qu'ils ont eu avec le ministre de Suède, et dont vous m'avez rendu compte dans votre relation du 4 de ce mois, provient principalement de ce que les Anglais ne veulent absolument de nouvelles brouilleries, parcequ'elles sont tout- à- fait contraires au système présent qu'ils ont pris ; aussi aurez-vous senti que les termes dont le chancelier Ulfeld s'est servi dans sa dernière conversation avec le comte Barck, sont bien plus adoucis en comparaison de ceux dont il se servit au commencement envers celui-ci. Toutes mes nouvelles de Russie confirment qu'il y avait toute l'apparence que la grande ânimosité de la cour de
Russie contre la Suède et son désir à guerroyer se ralentissaient, et qu'on avait lieu d'espérer que tout resterait tranquille.
Quant à la nouvelle de la disgrâce du Mufti, je suis bien de votre sentiment que la cause à laquelle l'on a voulu l'attribuer,* est fausse et controuvée par la cour où vous êtes, pour en relever son parti. Pour ce qui est de Blondel, vous ne saurez mieux faire que de vous conduire envers lui avec toute la circonspection possible. Je comprends parfaitement toutes les difficultés qu'il y a de vous conduire de cette façon envers un homme de son caractère, mais il sera toujours glorieux pour vous si vous y réussissez, et, au bout du compte, vous gagnerez bien le temps jusqu'au mois d'avril avec lui, et jusqu'à ce que le marquis de Hautefort le relèvera. Comme je vous ai mis au fait sur ce qui regarde le caractère de celui,^ vous vous en servirez pour votre direction afin de vous mettre sur un bon pied avec lui. Ce qui est à craindre encore, c'est que Blondel ne tâche de le prévenir contre vous, et alorç il ne vous restera que de le faire rectifier sur votre sujet par les autres ministres avec qui vous êtes en liaison.
Nach dcm Concept.
F e de rie.
' Vergl. S. 97. — 3 Vergl. S. 128. — 3 Vergl. S. 128. 129.