SCENE VI
YORRICK, dans le fond, POLLY.
VORRICK, à part. Là... tout est disposé, connue elle me l'a ordonné.
POLLY, se croyant seule. S'il était vrai pourtant... oh ! que je serais heureuse !
YOURICK, à /iur/. Elle s'occupe de moi!., amour des amours, va î
POLLY, de même. Pouvoir l'aimer, sans rougir... le voir sans cesse... ne jamais le quitter!
YORRICK, s'aparicant, et avec amour, ^on, jamais, jamais, jamais, jamais!., je ne te quitterai jamais!
POLLY , surprise. Ah ! voilà l'autre, à présent... je n'y pensais plus. (Haut.) Coniment, c'est vous, déjà?...
YORRICK. Déjà!... mot d'une pudeur enchanteresse... Je le prends du bon côlé, vous voyez !.. Oui, ravissante déité... tout est prêt.
Air de l'.-irtiste.
Enivré d'espéiance, J'ai déployé du nerf...
Les témoins, la dispense...
J'ai couru comme un cerf!...
Enfin, ô bien-aimée!
Ma tant' met le couvert, Ma boutique est fermée Et le temple est ouvert.
POLLY, à part. Ah ! mon Dieu ! comment lui dire niiiintenanl?..
YORRICK. Venez, cher ange.... il me tarde de prononcer le serment éternel.
POLLY, à part. Je n'aurai jamais le courage..... (Soununt.) Cependant je ne peux pas en éfiouser doux.
YOnmCK, attendant sa réponse. Plaît-il?
POLLY. Hein?
YOKRICK. Ouoi ?
POLLY. Eh bien ! qu'est-ce que vous attendez?
Y^ORRiCK. Votre jolie petite main...
POLLY. Pourquoi?
YORRICK. Pour aller nous marier.
POLLY. Nous marier?
YORRICK. Sans doute.
POLLY, d'un air étonné. Qu'est-ce qui vous prend donc ?
YORRICK. Conunent! ce qui me prend?
mais c(; qui m'a toujours pris... un amour désordonné... volcanique... excentrique...
et, puisque vous avez consenti...
POLLY. Moi?
YORRICK. Vous m'avez dit...
fOLLY, viifcme/il. Du tout... Ne me fai-
tes pas parler, monsieur Yorrick c'est
très-inconvenant.
YORRICK, plus étonné. Vous avez même ajouté...
POLLY. Je n'en ai pas soufflé le mot... Je vous ai dit que je réfléchirais... et que dans quelque temps...
YORRICK. Vous m'avez dit... Tout de suite... tout de suite... tout de suite!...
POLLY, virement. Ça n'est pas vrai...
c'est très-déplacé, monsieur Yorrick
Vous feriez croire que je me suis jetée à votre tète.
YORRICK., i^oulant lui prendre la main.
Oh I non pas, chère petite... mais...
POLLY', ui>ec dignité en retirant sa muin. Monsieur !.. je vous prie de prendre garde... Ces manières-là me déplaisent.
YORRICK, confondu. Qu'est-ce qu'elle a donc?... Je vous ai marché sur le pied?..
POLLY, à part. Et mylord qui peut revenir !..