SCENE V
POLLY , iMORTIMER , YORRICK.
MOUTIMF.R , sa seri'ielie <i la main. Pas un de ct-s diôKsI ( Il aperçoit Yonick uuv oieds de PoUy.) Ali! ah!..
lijeltc sa serviette de cAtc.)
YOnniCK , Cl part. Il m'a vuî... ( Haut en ayant l Hir de compter les /oints sur sa
mesure qu'il a tirée de sa p»chr.) Neuf
sur treize... un peu découverts, n'est-ce pas, miss?... Tous aurez cela sous deux jours !. .
roi.i.v. Sir IMorlimer...
YOnniCK. Ah I pardon...
MOnmirn. paiement. Restez donc
vous êtes fort bien!. . Je ne savais pas, maître Yorrick . que vous chaussiez aussi les dames.
YOnuiCK , Oirr intention. Je ne les eliaus.-^e pas lontfS, votre grâce!., mais quand le pied me convient... et peut me faire honneur. ..
rOLLY , l'interrompant. Y'ous désiriez quelque diose, monsieur !.. je vais...
MOP.TIMER , la legardant avec plaisir.
Non pas, ma gentille Polly ce n'est pas
à loi à prendre cette peine... chère enfant!., je ne sais trop ce que je demandais... Ces coquins n'ont pas j)lus de mémoire.. .
YORRICK , souria/it d'un air malin. Si ce n'est que cela que votre seigneurie désire [mettant la main ii sa poche), j'en ai toujours sur moi [lui présentant un papier), et voici !..
MOUTIMER. Qu'est-ce que c'est que ça?..
YORRICK. Votre mémoire de l'année passée.
MORTlMER. Mais j'ai déjà vu ça.... mon cher...
YORRICK. Oui!., mais je n'en ai rien reçu.
MORTlMER. Dam !... si vous n'avez pas
d'ordre ce n'est pas ma faute Moi,
voyez-vous, c'est réglé comme un papier de musique.... quand on ne se trouve pas
là, les jours de paiement, je ne sais plus
quand ça vient [A put t.) Si toutefois ça
vient.
YORRICK. Cependant comme [regardant Polly ) j'ai des projets d'établissement.... tiè.s-prochain.
MORTlMER. Ah ! vous allez vous marier?... c'est très-bien, cela... Peste! — mistriss Y'orrick ne sera pas malheureuse ! \0\K\\\c.K, flatté et regardant Polly d'un air modeste. Je le crois.. .
MOUTIMER. Comment diable!.. Si je la connaissais... je lui conseillerais de ne pas hésiter... un artiste de premier ordre, un hoiiime indispensable... dans le gouveiiienieiit.
YORRICK. Le fait est que sans moileministère ne marcherait pas.
l'OLLY. C'est vous qui le chaussez?
YORRICK. Semelles de liège, et double couture.
MOUTIMER. Toyez-vous ça I YORRICK. Je chausse même des tètes couronnées... Je viens d'envoyer au suUan Mahmoud des bottes à l'écuyère , qui avanceront furieusement la civilisation en Orient!
MORTlMER, aoec enlliousiasme. Ah !... on ne lui paiera jamais tout ce qu'on lui doit...
YORRICK. J'en ai peur... [Montrant son mémoire. ) Si votre grâce voulait me donner un à-compte... snr ce qu'on me doit !
mortimi;r. Impossible . cher ami!
J'ai pris une nouvelle mesure pour ce genre de paperasses j 'en reçois tant !
Ain : f'tiudei'ille </f Partie et Rfi anc/ie.
Mesure gcner.aU', unique!...
<'.lia({ue créancier est classé, Payé par ordre alpliabctif[iie...
Et je n"ea suis encor qu'au C.
YonniCR.
Pion ! me voila bien avance', Yorrick ! mon y grec me dérange; Ne pourriez-vous, comme je suis pressé, M'avoir une lellic de change Lt me remettre ;i T^, li, C?
MORTlMER. Oh ! mon cher... tout l'alphabet se révolterait — Mariez-vous toujours... je signerai votre contrat... je vou.s le promets... ( J^oyant Jark entrer du fond arec des bouteilles, et se dirigeant à droite.) Ah ! je me rappelle... c'est du Champagne
que j'avais demandé pardon , vous
concevez... un déjeuner de garçons!., mes amis qui m'attendent... au revoir... [A Polly.) Polly I... n'oubliez pas le thé.
( Il suit Jack et rentre à droite; brnit de joie ea dehors.)