‹ PollyChapitre 5 sur 54 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

POLLY, YORRICK.

YOiiniCK, à part. Boni., la livrée n'est |).is là .. J ai la liVK'e en lioireur.

roi.LY, .fe reloiuhaut. Ali ! c'est vous, iiionsienr Yonick... je ne vous avais pas V n . . .

YORRICK, /-/ir/r<'A««?/i/. Ingrate!., je vous vois toujours, moi!... partout!... où vous èies.. où vous n'êtes pas... où vous n'avez jamais été... ni moi non plus!..

• OLLT, souriant. Vraiment?

YOiiuiCK. C'est-à-dire que j'en ai Ja tèle connue une machine à vapeur... EbuUi-

lion continuelle!., je l)rouille tout je

(onfoiuis tout... Ce malin encore, j'ai porté une paire d'escarpins à un lieutenant de cuirassiers... et des bottes fortes à un maître de danse... et le plus désolant !.. c'est que je fais payer deux fois des nn'nioires déjà reçus... La tète n'y est phis du tout!., du tout! je n'y vais plus que d'instinct !

l'Oi.i.V. Vous m'aiinez donc bien?

YURRiCR. Si je vous aime... oli ! Dieu! j'en reste là, comme un iml)écile !... je crois même que je vous ai toujours aimée.

POLLY'. Vous ne nie coimaissez que depuis six mois.

YORRICK. C'est égal... je vous aimais avant...

POi.LY. Avant?..

YORRICK. Dans la personne d'une de mes cousines...

roLLY. Ah !..

YORRICK. Oui... je le confesse, Polly... j'ai eu autrefois un faible... mais un faible très-fort... pour cette jeune parente... et pourquoi ?.. paice qu'elle me représentait l'être idéal que mon cœur avait rêvé... elle voïis ressemblait. Ah !.. si ce n'est qu'elle avait les yeux bleus, le nez aquilin... et cinq pouces de plus !.. du reste , tout votre portrait !.. Elle tu'a préféré un brasseur... un énorme brasseur !. . luie masse... aussi quand je vous ai vue... j'ai dit :

.■\iii : Uiibiil ilisail n f.'lairf^

Seule, je vous adore !

Seule i)uis vous clierir.

Et ma voix vient encore Aujourd'liui vous ofl'rir...

Mon cvi-ur et mes /'unk-rmles.

Va si vdiis les vouliez, lieux cents |)yii<-s de Ij'illes <^)iie je mets it vo, pieds.

l'Oi.i.Y. C'est aller un peu vile...

Y'OiiRlCK, (e'ifJrrnie/it. Pounpioi?

VOLl.Y , at>ef r/iafire e/ /icsi/i. ni . C est que... par malheur, je n'ai pas eu de cousin qui vous ressemblât, moi.

YOnniCK , fn'^/e/iient. C'est-à-dire que vous ne m'aimez pas...

VOlA^Y, ai^ec (/ffection. Mais... cela viendra peut-être.

YORRICK. Tâchez que cela vienne

dans votre intéiéi !.. car vous ne pouvez pas rester plus long-temps dans cette maison .. SirMortimer est un excellent homme!., mais un fou !.. qui , nialgié ses cinquante ans... a tous les goius de nos d.indys, qui se ruine régulièrement nue foib par an. ( On e/itnid me à d-oitc.') £h ! tenez, le voilà encore attablé avec une foule de mauvais sujets de ma connaissance, le gros Barnstaple... il ne tardera pas à être

sous la table... Stewen... IVacock des

joueurs... des libertins!..

POLLY, iimidemenl. Et lord Ilveiton ?.... son meilleur ami?

YORKICK. Oh! lui, c'est différent... il est tout ça à la fois.

POLLY'. Qu'est-ce que vous dites?., avec cet air mélancolique?., lui... qui a été si affligé de la mort de sa femme.

YORRICK, acei: i/on/'e. 0\i\ , il avait i]u chagrin à son ciiapeau, oîi il poiiait un crêpe... mais il y avait un an qu'ils étaient séparés quand milady est morte... on dit même que c'est la mauvaise coiiduiie île mvlord qui a hâté...

POLLT, iwlignee. Par exemple... quelle horreur!.. Si vous voulez que noussovous amis, monsieur Yoirick.. . ne vous avis.z

pas de dire du mal de lord Ilverton

c'est l'ami de sir Mortimer... de mon protecteur... c'est un jetme homme tiès-c.-»liinable... et je ne souffrirai jamais...

YORRICK. ^lon Dieu... ne vous emportez pas !.. je ne parle que d'après le bruit public... mais ce qui est sûr, voyez-vous, c'est que tous ces élégans... ces jeunes st igneurs... il faut s'en défier... c'est aimable! ça fait frémir!.. Ils vous diront dts choses charmantes... ils vous offriront des voitures... des hôtels... des palais... mai.» pas un ne vous signera comme moi , ui b.iil authentique et à perpétuité.

MAGASIN TIIKATUAI..

PGl.LY, a part. Pour cela, je crois qu'il a raison... [Haut.) Eh bien! j'y penserai... j'v réfléchirai, et je vous promets une réponse.

YOunif.K. se précipitant à ses genoux.

Ali !.. c'est tout ce que je demande.

MO«TlMi:n, en dehors. Jack, Dick.

l'OLi.Y, effrayée. On vient... Levez-vous donc... vous nie perdez!

yOiiKU'.K, .".e penrht/nt loul-ii-fnt .<:ur son pieti.) Du tout!., je suis censé vous prendre mesure.

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