WLADISLAS IV, WASA
Rien différent de son père Sigismond par les nobles qualités du cœur et de l'esprit, "Wladislas réunît l'immense majorité dçs suffrages des électeurs; et si, à la fin du règne précédent, le parti des dissidents, guidé par Christophe Radziwill, sembla offrir quelques espérances sur la couronne polonaise à Charles-Gustave de Suède, la conduite sage et tolérante de l'héritier légitime éloigna bientôt
8 e Livraison. (Pologne.)
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toute crainte et toute pensée hostile.
Wladislas IV fut donc couronné sans obstacle à Krakovie en 1633. L'électeur de Brandebourg et le duc de Poméranie, tous deux vassaux de la Pologne, prêtèrent hommage au nouveau souverain ; et Thomas Zamoyski , fils de l'illustre grand-général, vint lui offrir, à la tête d'un nombreux cortège de guerriers, le drapeau pris par son père à Byczyna et sur lequel on voyait le chiffre de l'archiduc Maximihen, ainsi que les armes de la maison d'Autriche.
Wladislas épousa, en 1037, la fille de l'empereur d'Allemagne Ferdinand II, Cécile, qui sut, par ses bonnes qualités, mériter l'amour de ses sujets ; mais sa mort prématurée ayant, à peu d'années de là, laissé le roi veuf, il dut songer à un second mariage. Deux partis s'offrirent alors à lui : Christine de Suède, et Marie-Louise, fille de Charles de Gonzague, duc de Mantoue et de Nevers. La France, qui cherchait à étendre son influence en Pologne, appuyait vivement cette dernière alliance; d'un autre côté, l'union avec Christine présentait plus d'avantaçes sous le rapport politique; mais soit que l'âge de la princesse suédoise effrayât le roi ou que les diplomates français fussent plus adroits que leurs rivaux, la fille du duc de Nevers l'emorta. La maréchale de Guébriant accompagna à la cour, et portait le titre assez singulier d'ambassadrice extraordinaire. Marie de Gonzague fut couronnée en 1646 ; mais, reine malgré elle, cette princesse, qui avait un autre amour dans le cœur , ne montra qu'un caractère hautain, peu bienveillant , et donna mainte preuve du déplaisir qu'elle énrouvait en Pologne, surtout pendant le règne suivant. Ce mariage demeura stérile.
TRAITÉ DE rOLAZTOW.
1634. Le tzar ayant rompu les traités et mis le siège devant Smolensk , la guerre contre la Moskovie fut décidée a la diète de couronnement. L'avautgarde, sous les ordres du brave Chris-
L'UNIVERS
tophe Radziwill , ne tarda pas à battre l'ennemi à Pokrowa, et rouvrit ainsi au souverain les portes de Smoiensk , où Wladislas aonna au chef vainqueur le bâton de connétable.
Le chef Sehin , bien qu'il commandât à seize mille Moskovites et seize mille hommes de troupes allemandes et autres salariées, tandis que Wladislas ne comptait que vingt mille soldats, espérait plus en la disette et les rigueurs de la saison qu'en ses propres forces :
aussi, dans ce but, évitait-il toute rencontre avec l'armée polonaise , et , à l'abri de retranchements formidables, il attendait que les neiges et les glaces vinssent le délivrer de ses rudes adversaires. Mais le courage de Wladislas se montra digne de la circonstance; durant pinq mois consécutifs il habita une misérable cabane, de laquelle, par les temps les plus rigoureux, les nuits les plus âpres, il allait visiter lui-même les avant-postes et relever les sentinelles perdues. Tant de persévérance méritait d'avoir le succès pour récompense, et Sehin, pris le premier par la famine, se vit réduit à implorer grâce. Sans perte de temps, Wladislas se dirigea alors sur Moskou ; Drohobuz, Wiazma tombèrent bientôt en son pouvoir; et le tzar, tout tremblant dans sa capitale, s'empressa , à la nouvelle de triomphes aussi rapides, de venir demander la paix au monarque victorieux.
Elle fut conclue à Polanow. D'après les clauses du traité, Wladislas renonça aux droits et au titre de tzar, que lès boyards moskovites lui avaient offert en 1610, lors de la prise deMoskoupar Zolkiewski , et il reconnut pour tzar Michel Fiédorovitch. De son côté , ce dernier renonça à jamais à tous droits et prétentions sur la Livonie, PEsthonie, la Kourlande, Smolensk, Siéwierz et Czerniécbow. Il s'obligea, en outre, à supporter tous les frais de la guerre.
Ce traité de paix était sans doute fort beau ; mais le génie actif de Wladislas ne se serait toutefois pas contenté des avantages qu'il renfermait, si, avant sa conclusion, les Moskovites n'eussent pas réussi à soulever la Porte
contre la Pologne, et si les Tatars n'eussent pas envahi de nouveau le pays.
Bientôt la victoire de Konieçpolski, remportée sur les Tatars près de Sasowyrog, en Moldavie, et la défaite des Turcs, par le même général, près de Kamiénieç, décidèrent le sultan à faire étrangler Ali-Pacha, l'instigateur des hostilités, et à renouveler la paix avec la Pologne. %# «