‹ PologneChapitre 55 sur 103 · MORT DE SOIÎ ( ES K. T · texte numérisé non relu

MORT DE SOIÎ ( ES K. T

1696. Il fallut bien que Sobieski re- 9* Livraison. (Pologne.)

nonçât enfin à de chimériques espérances, mais quand le royaume était couvert de ruines et quand son âge, joint à une obésité prononcée, le rendait désormais incapable de poursuivre une guerre si impolitiquement entamée. Le chagrm commença à s'emparer alors de I âme du roi, èt une erreur de son médecin, le juif Jonas, précipita encore le terme de son existence. Il mourut, à l'âge de soixante-douze ans, au séjour de prédilection qu'il s'était fait construire à Willanow, près de Warsdvie.

On remarqua que, par une coïncidence assez bizarre, le jour de sa mort, celui de la Fête-Dieu, avait été également le jour de sa naissance et de son élection.

L'extérieur de Sobieski était majestueux, et inspirait tout à la fois, du premier abord , la crainte et l'attachement. Comme Vespasien, son mérite militaire lui fraya le chemin du trône, et , comme Vespasien encore , il eut peut-être plus d'avidité qu'il ne convenait à un homme placé si haut d'en montrer. Quoi qu'il en soit, intrépide dans les combats, digne au conseil, simple dans son intérieur, Sobieski , s'il eût suivi ses propres inspirations , eût parcouru avec honneur et succès toute la durée de sa puissance ; malheureusement sa condescendance pour une épouse orgueilleuse et vindicative entacna de fautes graves certaines parties de ce règne. Aimant les lettres et les sciences, capable de comprendre toutes les grandes choses, Sobieski fit beaucoup pour la gloire du nom polonais, mais, par suite de sa déplorable faiblesse, rien pour l'avantage réel du pays. Il fournit ainsi une nouvelle preuve, après tant d'autres, qu'il était plus facile en Pologne d'être grand capitaine que grand monarque. Le nom de Sobieski, inscrit aux plus belles pages des fastes de l'histoire , rappellera à jamais l'héroïsme de la Pologne et l'ingratitude de l'Autriche.

ACCCSTK II.

Le jugement que la nation porta

L'UNIVERS

sur Sobieski, après sa mort, prouva à quel point la fausse- politique suivie avait détruit l'ancienne affection des sujets. Au mécontentement de ceux-ci vinrent se joindre les dissensions de la famille royale; et, dans sa rage, Marie-Kasimire, outrée contre sa bru aînée, fut la première à conjurer publiquement les Polonais de ne choisir aucun des fils du souverain défunt, surtout le prince Jacques. L'arrêt que les États rendirent, et qui excluait toute candidature nationale-, fit voir combien on jugeait les indigènes peu propres à la couronne.

II ne resta plus alors en première li-

8 ne que deux compétiteurs, le prince e Conti , appuyé par le primat , cardinal ftadziejowski, et le plus fort, et l'électeur de Saxe , Fnidéric-Auguste.

Mais ce dernier, profitant de l'avantage des distances, parut à Krakovie avant seulement que I escadre française, sous les ordres du célèbre Jean Bart, et qui amenait son rival, eût jeté l'ancre dans la rade de Dantzig. Accompagné, en outre, de huit mille hommes de troupes saxonnes, Frédéric- Auguste ayant juré les chartes et abjuré le protestantisme, obtint d'être sacré. Le prince de Conti n'avait donc plus qu'à remettre à la voile, et c'est ce qu'il fit. .

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