LACHETE DE STANISLAS-AUGUSTE
179*2. Pendant ce temps, l'ambassadeur russe ne demeurait pas oi-
Polonais aux réformes et qui s'était lié à eux par un traité précis, répondit un peu plus tard , par l'eniremise de son ambassadeur à Warsovie, Luehessini, que n'ayant pris aucune part à la constitution du 3 mai, il ne se croyait pas obligé de venir à son aide. En présence du casus fctderis prévu par le traité , rien ne peut excuser cet acte de déloyauté.
(*) M. J. U. Niemcewicz, Notice sur le général Kosciuszko.
sif à "Warsovie. Connaissant la flexibilité du roi et sa faiblesse envers ses anciennes maîtresses, il sut rappeler adroitement les précédentes relations de la tzarine avec Poniatowski; et ce dernier, indigne de la noble mission de libérateur de son pays , que la Providence l'avait appelé à remplir, osa solliciter par écrit la clémence de Catherine. Kile la lui promit , mais soûs la condition qu'il accéderait entièrement à la confédération de Targowica ; et voici le projet de déclaration qui tut soumis au roi , le 25 août : « Des « novateurs insensés , attachés aux a principes destructeurs de la sécurité « des États, ont osé renverser les lois « fondamentales de la république, con- « sacrées par tant de siècles , et lui « donner une constitution monarchi- « co-démocratique. J'accède à la conféa dération de Targowiça; je m'attache « sincèrement à elle, et je promets, « d'accord avec elle , d'agir d'autant « plus volontiers pour le bien de l'É- « tat, que je reconnais pour bonnes et « utiles les choses qu'on veut obtenir, « et que l'appui magnanime et désinté- « ressé de S. M. l'impératrice de toutes « les Hussiesnous promet une glorieuse « issue et garantit une complète sécu- « rite à la république. »
La trahison triomphait. Foulant aux pieds les serments prêtés et la gloire nouvellement acquise, méprisant le iuement de ses contemporains et celui e la postérité, Stanislas-Auguste signa l'écrit dicté par la tzarine. Il voulait à tout prix sauver son trône; mais ce trône, acquis précédemment par lui d'une façon honteuse, devait bientôt, malgré tous ses sacrifices, lui être enlevé non moins honteusement.
Le brave prince Joseph Poniatowski reçut l'ordre de cesser les hostilités et de' se replier sur Warsovie, ce qui réduisit l'armée au désespoir. Puis, en exécution des mesures arrêtées, les munitions de guerre furent livrées aux Russes , et les soldats renvoyés sans aucune espèce de solde, comme des mendiants. Tout ce qui marquait dans l'armée , dans la diète ou dans le gouvernement , se vit forcé de fuir à Té-
L'UMVERS
tranger devant îa vengeance moskovite. La Russie dominait de nouveau et pleinement en Pologne.