‹ PologneChapitre 66 sur 103 · GUERRE CONTRE LA RUSSIE · texte numérisé non relu

GUERRE CONTRE LA RUSSIE

1792. Au moment où une lutte sanglante et décisive allait encore une fois s'engager entre la Pologne et sa vieille ennemie, la M skovie, 011 songea à invoquer l'appui des puissances alliées, sur lequel on croyait devoir compter à bon droit, car Joseph II avait déclaré qu'il ne souffrirait pas que l'on ôtât un seul arbre de ce qui restait de la Pologne, et Frédéric-Guillaume, lié par le traité de 1791, ne pouvait pas reculer à cette heure solennelle. Dans cette confiance, Ignace Potocki fut donc envoyé à Berlin, afin de réclamer du souverain prussien l'exécution du casus fœderis, et l'envoi des troupes promises par les traités. Mais honteux et embarrassé , Frédéric ne sut que répondre; et il fallut que le ministre Schulemberg vînt en aide à la déloyauté de son maître, en disant :.

« Sa Majesté a pris d'autres engagements vis-à-vis de l'impératrice de Russie, posteriora ligant! En vain l'ambassadeur polonais rappela la fidélité due au traité signé et motivé de la main du roi de Prusse : à toutes ses instances chaleureuses Schulemberg se contenta d'opposer le même argument (*).

(*) Frédéric-Guillaume, qui avait poussé les

Le prince Czartorvski, dépéché à Vienne , y fut accueilli avec plus de faveur; mais Joseph II, tout en plaignant les Polonais, objecta qu'étant engagé dans une guerre avec la France et contraint de lutter contre l'envahissement des doctrines subversivesdont ses États, comme l'Europe entière, étaient menaces, il ne pouvait,' à son grand regret , voler au secours de la Pologne (*).

Abandonnés ainsi à eux-mêmes, les Polonais ne perdirent pas courage. Au contraire, l'enthousiasme redoubla au moment de la crise, et de toutes parts arrivaient des citoyens qui offraient le sacrifice de leurs fortunes et de leurs personnes pour la défense de la patrie. Le roi Stanislas- Auguste, emporté par le mouvement général , promit de se mettre à la tête des troupes , et Gt serment, sur la constitution, de tout employer pour assurer le salut du pays.

Alors* la diète constituante, sentant Vimportance du moment, se sépara, après avoir remis entre les mains du souverain des pouvoirs illimités; mais on commit la faute impardonnable de laisser résider à Warsovie l'ambassadeur russe, qui fut libre dès lors de donner pleine carrière à ses intrigues.

Deux grandes batailles furent livrées aux Moskovites : l'une à Ziélincé, sous les ordres du prince Joseph Poniatowski, neveu du roi; et l'autre à Dubienka, sous ceux du général Kosciuszko. Dans les deux, les Russes eurent beaucoup à souffrir.

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