‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 103 sur 158 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Ho-':eux attachements de la chair et du monde, Que ne me quittez- vous, quand je vous ai quittes? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre : t^-

Toute votre félicité, IHO

Sujette il l'instabilité,

En moins de rien tombe par terre;

Et comme elle a l'éclat du verre,

Elle en a la fragihté '.

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire : 1115

Vous étalez en vain vos charmes impuissants; Vous me montrez en vam par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. Il étale à son tour des revers équitables

Par qui les grands sont confondus; 1120

Et les glaives qu'il ti>nt pendus

de son modèle pour qu'il y ait intérêt à les comparer longuement ; nous citerons seulement ces vers, quoiqu'ils gâtent un peu, par quelque affectation dans la pensée, le nuh-itc de la précision et de la force dans le style :

Nos jours n'ont pas une heure sûre;

Chaque instant use leur flambeau;

Chaque pas nous mène au tombeau ;

El l'art, imitant la nature

Bitit d'une même figure

Notre bière et notre berceau.

1. Godeau (plus tard évèque de Vence) avait dit dans une ode au Roy, en 1628 :

Mais leur gloire tombe par terre, Et comme elle a l'éclat du verre.

Elle en a la fragilité.

Los vers de Corneille sont donc une rencontre, ou une réminiscence; car ils ne sauraient être un plagiat. M. Marty-Laveau.x rapproche ce ver» tiré des Mimes do Publius Syrus :

Fortuna vitrea est ; lum r/iium splendfl, frangitur.

Il La fortune est de verre; au moment qu'elle resplendit, elle se brise. » Voy. ci-dessus page 43.

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Sur les plus fortunés coupables ^

Sont d'autant plus inévitables,

Que leurs coups sont moins attendus ^.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable ^, 1125

Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les sien3 ; De ton heureux destin vois la suite effroyable : Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens * ; Encore ua peu.plus outre ^ et ton heure est venue;

Rien ne t'en sauroit garantir; 1130

Et la foudre qui va partir,

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par l'attente du repentir.

Que cependant Félix m'immole à ta colère; 1135

Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux •"'; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père, Et q'j'à titre d'esclave il commande en ces lieux ; Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.

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