ACTE IV, SCÈNE V
Brisons Là : je crains de trop entendre, FA. qne cette chaltiur, qui sent vos premiers feux. Ne pousse ' quelque suite indigne de tous deux. Sévère, connoissez Pauline tout- entière. 133b
Mon Polyeucte touche à son heure dernière; Pour achever de vivre il n'a plus qu'un moment : Vous en êtes la cause encor qu'innocemment. Je ne sais si votre âme, à vos désirs ouverte, Auroit oser former quelque espoir sur sa perte; 1340 Mais sachez qu'il n'est point de si cruels trépas Où d'un front assuré je ne porte mes pas. Qu'il n'est point aux enfers dhorreurs que je n'endure. Plutôt que de souiller une gloire si pure. Que d'épouser un homme, après son triste sort, 1345 Qui de quelque façon soit cause de sa mort; Et si vous me croyiez d'une âme si peu saine. L'amour que j'eus pour vous tourneroit toute ^ en haine. Vous êtes généreux; soyez-le jusqu'au hout. Mon père est en état de vous accorder tout, 13;jO
Il vous craint; et j'avance encor cette parole, Que s'il perd mou époux, c'est à vous qu'il l'immole; Sauvez ce malheureux, employez-vous pour lui; Faites-vous un effort * pour lui servir d'appui. Je sais que c'est beaucoup que ce que je demande; 1335 Mais plus l'effort est grand, plus la gloire en est grande. Conserver un rival dont vous êtes jaloux,
t. Sur l'emploi fréquent de pousser, voy. la note du v. 440.
2. Dans les textes publiés du vivant de Corneille : loitte. Sur cetlo orthographe, voyez ci-dessus, la note du vers 695.