‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 125 sur 158 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Tous les monstres crKgypte ont leurs temples dans Rome; Nos aïeux à leur j^i-é l'aisoiont un Dieu d'un homme ; Et leur sang parmi nous conservant leurs erreurs, 1423 Nous remplissons le ciel de tous nos empereurs, Mais il parler sans fard de tant d'apothéoses, I/elTet est hien douteux de ces métamorphoses.

Les chrétiens n'ont qu'un Dieu, maître absolu de tout, De qui le seul vouloir fait tout ce qu'il résout; 1430 Mais si j'ose entre nous dire ce qui me semble, Les nôtres bien souvent s'accordeitt mal ensemble; Et me dût leur colère écraser à tes yeux, Nous en avons beaucoup pour être de vrais Dieux *. Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentes, Les vices détestés, les vertus florissantes ^; Ils font des vœux pour nous qui les persécutons ^ ;

1. Après ce vers Corneille avait ccril ceux-ci, qu'il supprima en 1660 :

Peul-èlrc qu'après tout ces croyances publiques Ne sont qu'inventions de sages politiques, Pour contenir un peuple ou bien pour l'émouvoir, El dessus sa foiblcssc ufTcrmir leur pouvoir. La crainte qu'il eut que l'incrédulité n'abusût de ces vers contre lo christianisme lui fit supprimer ce, passage. — Pour être de vrais Dieux. Être n'a pas pour sujet le sujet de la phrase principale; la grammaire actuelle condamne cette tournure et veut qu'on dise : pour qu'ils soient de vrais Dieux.

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