‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 143 sur 158 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Joins ta fille à Ion gendre; ose : que tardes-tu? Tu vois le même crime, ou la même vertu : Ta barbarie en elle a les mêmes matières. Mon époux en mourant m'a laissé ses lumières; ■ Son sang, dont tes bourreaux viennent de me couvrir, 'M'a dessillé les yeux ', et me les vient d'ouvrir -.

Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée : j\ De ce' bienheureux sang tu me vois baptisé'e;'' Je suis chri'tienne enfin, n'est-ce point assez dit? Conserve en me perdant ton rang et ton crédit; 1730 Redoute l'Empereur, appréhende Sévère :

Si tu ne veux périr, ma perte est nécessaire; Polyeucte m'appelle à cet heureux trépas; Je vois >'éarque et lui qui mu tendent les bras. Mène, mène-moi voir tes Dieux que je déleste : 173'î Ils n'en ont brise qu'un, je bi-iserai le reste; On m'y verra braver tout ce que vous craignez. Ces foudres impuissants qu'en leurs mains vous peignez-', Et saintement rebelle aux lois de la naissance. Une fois envers toi manquer d'obéissance. 1740

Ce n'est point ma douleur que par là je fais voir; C'est la grâce qui parle, et non le désespoir. Le faut-il dire encor, Félix? je suis chrétienne *t AfTermis par ma mort ta fortune et la mienne :

mage; il ne reste plus que le mot de victime; plus on a de termes pour exprimer la même chose, plus la poésie est variée. >• (Voltaire.) — Corneille avait employé ce mot avec le môme sens dans Horace :

Le funeste succès de leurs armes impies

De tous les combattants a-l-il fait des hosties?

(Vers 768.)

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