‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 149 sur 158 · FEUX · texte numérisé non relu

FEUX

Ma fille, il n'appartient qu'à la main qui le fait.

SÉVÈRE

Qui ne seroit touche d'un si tendre spectacle? De pareils changements ne vont point sans miracle. Sans doute vos chrétiens, qu'on persécute en vain, Ont quelque chose en eux qui surpasse l'humain : 1790 Ils mènent une vie avec tant d'innocence, Que le ciel leur en doit quelque reconnoissance : Se relever plus forts, plus ils sont abattus, N'est pas aussi l'effet des communes vertus. Je les aimai toujours, quoi qu'on m'en ait pu dire; 1793 Je n'en vois point mourir que mon cœur n'en soupire •; Et peut-être qu'un jour je les connoîtrai mieux. J'approuve cependant que chacun ait ses Dieux, Qu'il les serve à sa mode, et sans peur de la peine. Si vous êtes chrétien, ne craignez plus ma haine; 1800 Je les aime, Félix, et de leur protecteur Je n'en veux pas sur vous faire un persécuteur ^. Gardez votre pouvoir, reprenez-en la marque ; Servez bien votre Dieu, servez notre monarque *. Je perdrai mon crédit envers Sa Majesté *, 1803

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