Vah. Et par un sacrifice en rendre grâce aux Dieux
3. L'urdre d'un sacrifice, c"est-i-dirclo soin do l'ordonner, de le régler.
94 POLYELCTE
11 nous perdra, ma fille. Ah ! regret qui me tue
De n'avoir pas aimé la vertu toute nue! 330
Ah ! Pauline, en effet, tu m."as trop obéi;
Ton courage * étoit bon, ton devoir Ta trahi. ■
Que ta rébellion m'eût été favorable!
Qu'elle m'eût garanti d'un état déplorable!
Si quelque espoir me reste, il n'est plus aujourd'hui 335
Qu'en l'absolu pouvoir qu'il te donnoit sur lui;
Ménage en ma faveur l'amour qui le possède,
Et d'où provient mon mal fais sortir le remède.
PAULINE
Moi, moi! que je revoie un si puissant vainqueur,
Et m'expose à des yeux qui me percent le cœur ^ ! 340
Mon père, je suis femme, et je sais ma foiblesse;
Je sens déjà mon cœur qui pour lui s'intéresse,
Et poussera sans doute, en dépit de ma foi,
Quelque soupir indigne et de vous et de moi ^.
Je ne le verrai point.
«ÉLIX
Rassure un peu ton âme. 345
PAULINE
11 est toujours aimable, et je suis toujours femme; Dans le pouvoir sur moi que ses regards ont eu,
1. Ton courage, c'esl-à-dire ton cœur, les sentimentis. Quelle admirable peinture d'une lâcheté inconsciente, qui' ne veut pas accepter la responsabilité des fautes même qu'elle a commandées!
2. Dans ce cri, l'amour mal étouffé éclate. Qu'on ne nous oppose pas les vers 217 et 219. La vertu do Pauline se faisait alors illusion à elle-même ; Sévère est toujours dans son cœur : mais l'héroïsme de Polyeucle, la pitié, l'admiration qu'il lui inspire, changeront bientôt ce cœur et confondront l'amour avec le devoir. Voyez ci-dessus, Notice, page 36.
3. Dans Mithridate, Racine fait dire à Monime parlant à Xipharès :
De mes faibles efforts ma vertu se délie.
Je sais qu'en vous voyant un tendre souvenir
Peut m'arracher du cœur quelque indigne soupir.